A B C D E F G H I K L M N O P Q R S T U W XYZ

    
KSubst. m. (Gramm.) si l'on confond à l'ordinaire l'i voyelle & l'i consonne, K est la dixieme lettre de notre alphabeth ; mais si l'on distingue, comme je l'ai fait, la voyelle I & la consonne J, il faut dire que K est la onzieme lettre, & la huitieme consonne de notre alphabeth, & c'est d'après cette hypothèse très-raisonnable que desormais je cotterai les autres lettres.

Cette lettre est dans son origine le Kappa des Grecs, & c'étoit chez eux la seule consonne représentative de l'articulation forte, dont la foible étoit , telle que nous la faisons entendre dans le mot gant.

Les Latins représentoient la même articulation forte par la lettre C ; cependant un je ne sais quel Salvius, si l'on en croit Salluste, introduisit le K dans l'ortographe latine, où il étoit inconnu anciennement, & où il fut vû dans la suite de mauvais oeil. Voici comme en parle Priscien (l. I.) K & Q quamvis figurâ & nomine videantur aliquam habere differentiam cum C, tamen eandem tam in sono quàm in metro continent potestatem ; & K quidem penitùs supervacua est. Scaurus nous apprend un des usages que les anciens faisoient de cette lettre : c'étoit de l'employer sans voyelle, lorsque la voyelle suivante devoit être un A, ensorte qu'ils écrivoient krus pour carus. J. Scaliger qui argumente contre le fait par des raisons (de caus. L. L. I. 10.) allegue entr'autres contre le témoignage de Scaurus, que si on en avoit usé ainsi à l'égard du K, il auroit fallu de même employer le C sans voyelle, quand il auroit dû être suivi d'un E, puisque le nom de cette consonne renferme la voyelle E ; mais en vérité c'étoit parler pour faire le censeur. Scaurus loin d'ignorer cette conséquence, l'avoit également mise en fait : quoties id verbum scribendum erat, in quo retinere hae litterae nomen suum possent, singulae pro syllabâ scribebantur, tanquam satis eam ipso nomine explerent ; & il y joint des exemples, dicimus pour dicimus, cra pour cera, bne pour bene : Quintilien lui-même assûre que quelques-uns autrefois avoient été dans cet usage, quoiqu'il le trouve erroné.

Cette lettre inutile en latin, ne sert pas davantage en François. " La lettre k, dit l'abbé Regnier, (p. 339) " n'est pas proprement un caractere de " l'alphabeth françois, n'y ayant aucun mot françois où elle soit employée que celui de kyrielle, qui sert dans le style familier à signifier une longue & fâcheuse suite de choses, & qui a été formé abusivement de ceux de kyrie eleison ". On écrit plutôt Quimper que Kimper ; & si quelques bretons conservent le k dans l'ortographe de leurs noms propres, c'est qu'ils sont dérivés du langage breton plutôt que du françois ; sur quoi il faut remarquer en passant, que quand ils ont la syllabe ker, ils écrivent seulement un k barré en cette maniere K. Anciennement on usoit plus communément du k en françois. " J'ai lu quelques vieux romans françois, esquels les auteurs plus hardiment, au lieu de q, à la suite duquel nous employons l'u sans le proférer, usoient de k, disant ka, ke, ki, ko, ku. Pasquier, Recherc. lib. VIII. chap. l. xiij.

K chez quelques auteurs est une lettre numérale qui signifie deux cent cinquante, suivant ce vers :

K quoque ducentos & quinquaginta tenebit.

La même lettre avec une barre horisontale au dessus, acquéroit une valeur mille fois plus grande ; vaut 250000.

La monnoye qui se fabrique à Bordeaux se marque d'un K.


K(Géogr.) cette lettre en Géographie est très-familiere aux étrangers, sur-tout dans les noms propres de l'Asie, de l'Afrique & de l'Amérique. Les François au contraire lui préferent volontiers le c, principalement devant les lettres a, o, u, à moins que le c n'ait sous lui une cédille, car alors il est équivalent à l's fortement prononcée. Ainsi les mots géographiques qui ne se trouveront pas sous le K, doivent être cherchés sous la lettre C ; si on ne les trouve point sous l'une ou l'autre de ces deux lettres, ce sont des lieux peu importans, d'une existence douteuse, ou même ce sont des omissions à rétablir dans le supplément de cet ouvrage ; il est pourtant vrai que nous passons exprès sous silence plusieurs lieux, comme par exemple les villes de la Chine, parce que ce détail nous meneroit trop loin : qu'on trouvera les villes chinoises dans l'Atlas sinensis, & qu'enfin ce sont souvent des noms, qu'on écrit de tant de manieres différentes, qu'il n'est pas aisé d'en connoître la véritable ortographe.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


K K (Ecriture) très-peu usité dans notre langue. Dans la figure ronde & italienne, c'est le milieu de L dans sa premiere partie, & d'un L à queue dans sa ronde. Le K coulé est une consonne & une L à queue ; aussi les deux premieres parties des K italiens & ronds, sont formées du simple mouvement des doigts, du plié & de l'allongé. Les ronds se forment du mouvement secret du bras, le pouce agissant dans la plénitude de son action. A l'égard du K coulé, il se fait du mouvement des doigts & du bras. Voyez le vol. des Plan.


KAALINGS. m. (Hist. nat.) espece d'étourneau fort commun dans la Chine & dans les îles Philippines. Il est noir, mais ses yeux, ses pattes & son bec sont jaunes. Il s'apprivoise facilement, & apprend à parler & à siffler ; on le nourrit de pain & de fruits. Supplément de Chambers.


KABAKS. m. (Commerce) on nomme ainsi en Moscovie les lieux publics où se vendent les vins, la biere, l'eau-de-vie, le tabac, les cartes à jouer, & autres marchandises, au profit du Czar qui s'en est réservé le débit dans toute l'étendue de ses états. Il y a de deux sortes de kabaks ; les grands où toutes ces marchandises se vendent en gros, & les petits où elles se vendent en détail. Dict. de Com.


KABBADEou CABBADE, s. m. (Hist. mod.) habit militaire des grecs modernes ; il se portoit sous un autre. Il étoit court, serré, sans plis, ne descendoit que jusqu'au joint de la jambe, ne se boutonnoit qu'au bas de la poitrine avec de gros boutons ; se ceignoit d'une ceinture, & étoit bordé d'une frange, que la marche faisoit paroître en ouvrant le kabbade. On croit que c'est le sagum des Romains qui avoit dégénéré chez les Grecs ; l'empereur & le despote portent le kabbade pourpre ou violet.


KABELITZ(Géog.) ville d'Allemagne, dans le duché de Magdebourg, près de la marche de Brandebourg.


KABERLAKES. m. (Hist. nat.) insecte de Surinam, qui s'attache à la laine des étoffes ainsi qu'aux fruits, & sur-tout à l'ananas. Sa couleur est d'un brun grisâtre. Il jette sa semence en monceaux, qu'il enveloppe d'une toile fine comme celle des araignées. Lorsque les oeufs sont dans leur maturité, les petits sortent d'eux-mêmes de leur coque qu'ils percent, & leur petitesse fait qu'ils s'insinuent par-tout.


KABESQUIou KABESQUE, s. m. (Com.) petite piece de monnoie de cuivre, qui se fabrique & n'a cours qu'en Perse. Elle vaut cinq deniers & une maille de France ; il en faut dix pour faire le chaye : il y a des demi-kabesques.


KABINS. m. (Hist. mod.) mariage contracté chez les Mahométans pour un certain tems seulement.

Le Kabin se fait devant le cadi, en présence duquel l'homme épouse une femme pour un certain tems, à condition de lui donner une certaine somme à la fin du terme lorsqu'il la quittera. Voyez MARIAGE & CONCUBINE.

Quelques auteurs disent que le Kabin n'est permis que chez les Perses, & dans la secte d'Ali ; mais d'autres assurent qu'il l'est aussi parmi les Turcs. Ricaut, de l'empire ottoman.

KABANI, s. m. (Hist. mod.) nom qu'on donne dans le levant à un homme public, dont les fonctions répondent à celle d'un notaire parmi nous : pour que les actes ayent force en justice, il faut qu'il les ait dressés. Il a aussi l'inspection du poids des marchandises. Pocok, Description d'Egypte.


KABSDORFF(Géog.) ville de la haute Hongrie ; dans le comté de Zips, fameuse par sa biere.


KACKERLACS. m. (Hist. nat.) nom d'une espece de scarabé des Indes orientales, qui a deux petites cornes & six piés armés de crochets ; il a environ un pouce de longueur & est d'un brun clair. On dit que nonseulement il ronge les bois avec ses dents, mais encore les ferremens des vaisseaux ; il se trouve à Malacque, & ne vole que la nuit. Il s'attache sur-tout aux ananas dont il est très-friand. Voyez Bruckmann. epistol. itiner. centur. I. epistol. 23. C'est le même que le kaberlake.


KACKERLACKESles, (Géog.) nom donné par les Hollandois aux habitans des îles situées au sud-est de Ternate.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KADALIS. m. (Hist. Bot. Med.) arbrisseau qui croît aux Indes orientales ; il y en a quatre especes. Les feuilles, le fruit, l'écorce & les fleurs sont d'usage ; on en fait une huile excellente dans les aphtes, si on s'en frotte la tête, elle guérit l'épilepsie & les spasmes cyniques.


KADARDou KADARI, s. m. (Hist. moder.) Nom d'une secte mahométane, qui nie la prédestination dont les Turcs sont grands partisans, & qui soutient la doctrine du libre arbitre dans toute son étendue. Voyez CADARI.


KADESADELITESS. m. pl. (Hist. mod.) secte de mahométans, dont le chef nommé Birgali Effendi inventa plusieurs cérémonies qui se pratiquent aux funérailles. Lorsqu'on prie pour les ames des défunts, l'iman ou prêtre crie à haute voix aux oreilles du mort, qu'il se souvienne qu'il n'y a qu'un dieu & qu'un prophete. Les Russiens & d'autres chrétiens rénégats qui ont quelqu'idée confuse du purgatoire & de la priere pour les morts sont attachés à cette secte. Ricaut, de l'emp. ottom.


KADOLES. m. (Hist. mod.) ministre des choses secrettes de la religion, aux mysteres des grands dieux. Les kadoles étoient chez les Hétruriens, & chez les Pélasges, ce qu'étoient les Camilles chez les Romains. Voyez CAMILLES. Ils servoient les prêtres dans les sacrifices, & dans les fêtes des morts & des grands dieux.


KADRIS. m. (Hist. mod.) espece de moines turcs qui pratiquent de très-grandes austérités ; ils vont tous nuds à l'exception des cuisses, en se tenant les mains jointes, & dansent pendant six heures de suite, & même quelquefois pendant un jour entier sant discontinuer, répétant sans-cesse hu, hu, hu, qui est un des noms de Dieu, jusqu'à ce qu'ils tombent à terre la bouche remplie d'écume, & le corps tout couvert de sueur. Le grand visir Kuproli fit supprimer cette secte comme indécente, & comme deshonorante pour la religion mahométane ; mais après sa mort elle reprit vigueur & subsiste encore aujourd'hui. Voyez Cantemir, hist. ottomane.


KAFFUNGEN(Géog.) autrement Cappung, Confugia, petite ville & monastere d'Allemagne, dans la Hesse, près de Cassel. Long. 27. 5. lat. 51. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAFRE-CHIRIN(Géog.) petite ville de Perse, bâtie par le roi Nouchirevon Aadel, surnommé le juste, dont les faits & les dits, sont le fondement de la morale des Persans. Long. selon Tavernier 71. 50. lat. 34. 40.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAIou TOKORO, s. m. (Hist. nat. Bot.) c'est une herbe des bois du Japon qui monte aux arbres, & qui approche de la coulevrée blanche. Sa racine ressemble à celle du gingembre & se mange. Ses fleurs formées en épis sont blanches, hexapétales, & de la grandeur d'une semence de coriandre, avec un pistil au milieu.


KAI(Géog.) province du Japon, dans la grande île de Lapon au N. de Lurunga, & à l'O. de Musasi, dont la capitale est Jédo. C'est de la province de Kai que les Japonois tirent leurs meilleurs chevaux.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAÏAS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est une sorte d'if du Japon, qui porte un fruit semblable à des noix ; il est commun dans les provinces septentrionales, & devient fort grand. Ses branches naissent vis-à-vis l'une de l'autre, & s'étendent presque sur un même plan. Son écorce est noirâtre, grosse, odorante & fort amere ; son bois est sec, léger, avec peu de moelle. Ses feuilles qui sont sans pédicules, ressemblent beaucoup à celles du romarin, mais sont roides, beaucoup plus dures, terminées par une pointe fort courte, d'un verd obscur par dessus, & clair par-dessous. Son fruit assez semblable aux noix d'Areka, croit entre les aisselles des feuilles, où il est fortement attaché sans aucun pédicule. Il naît à l'entrée du printems, pour meurir à la fin de l'automne. Sa chair qui est molle, fibreuse, verte, d'un goût balsamique & un peu astringent, renferme une noix ovale, garnie d'une pointe aux deux extremités, avec une coquille ligneuse, mince & fragile. Son noyau est d'une substance douce & huileuse, mais si styptique, qu'il est impossible d'en manger lorsqu'il est un peu vieux. On en tire une huile que les bonzes employent aux usages de la cuisine.

Cet arbre qu'on peut regarder comme une espece de noyer, croît fort haut. Ses noix, qui sont d'une forme oblongue, sont fort agréables au goût, après qu'elles ont été séchées ; mais d'astringentes qu'elles étoient, elles deviennent alors purgatives. L'huile qu'on en tire differe peu, pour le goût, de l'huile d'amande, & sert également pour l'apprêt des alimens & pour la Médecine. On brûle leur noyau, pour en recueillir une vapeur grasse, qui entre dans la composition de la meilleure encre.


KAIDAS. m. (Botan.) on se sert du suc de ses feuilles, de ses racines, de son huile pour la goutte, pour la manie, pour la dysurie. Le suc est détersif & bon pour les aphtes.


KAIEN(Géogr.) petite ville de Perse, remarquable par la bonté de son air & l'excellence de ses fruits. Long. selon Tavernier, 83. 20. lat. 36. 22.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAIRIOVACOU(Géogr.) petite île de l'Amérique, la plus belle des Grenadines, & l'une des Antilles. Elle a environ huit lieues de circuit, abonde en gibier & en faisans. Le P. du Tertre y a longtems séjourné, & auroit dû nous en donner une description fidele. Long. 316. 15. lat. 12. 20.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAIROAN(Géogr.) Cyrene, ville d'Afrique, capitale d'un gouvernement de même nom, au royaume de Tunis. Elle est soumise aux Turcs, & est peu de chose aujourd'hui. Long. 28. 30. lat. 35. 40.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAJOUS. m. (Hist. nat. Zoolog.) espece de singe qui se trouve dans l'Amérique méridionale, près de la riviere des Amazones ; il est velu par-tout le corps, a une longue barbe grise, des yeux noirs, une queue très-longue, & il ressemble à un vieillard.


KAKA-MOULOou MULLU, s. m. (Hist. nat. Bot.) arbre des Indes orientales qui produit des siliques dont l'écorce bouillie dans du lait est, dit-on, un remede souverain contre les diabetes & la gonorrhée.


KAKA-TODALIS. m. (Hist. nat. Bot.) arbrisseau des Indes orientales, dont la racine & le fruit verd bouillis dans de l'huile, forment un onguent qui appaise les douleurs de la goutte. Ses feuilles bouillies dans de l'eau font un bain excellent contre les tumeurs & les sérosités.


KAKABREKAVATou KAVADRE, s. f. (Lit.) pierre qu'on dit ressembler au crystal, & être d'une couleur d'un blanc sale, à laquelle on a attribué des vertus ridicules.


KAKAMA(Géogr.) montagne de la Laponie suédoise, à environ 20 minutes au nord de Torneo, & à quelques lieues à l'orient du fleuve de Torneo. Le sommet de cette montagne est d'une pierre blanche, feuilletée & séparée par des plans verticaux, qui coupent perpendiculairement le méridien. Mém. de l'Acad. des Scienc. 1737, p. 405.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAKANIARAS. m. (Botan.) le suc exprimé de ses feuilles pris avec la liqueur laiteuse des amandes de cacao, tue les vers ; & pris avec de la saumure, il les chasse.


KAKEGAWou KAKINGA ; (Géog.) grande ville de l'empire du Japon, avec un château, à une lieue de la grande riviere d'Ogingawa.


KAKUSJou KAWARA-FISAGI, s. m. (Hist. nat. Bot.) c'est un arbuste du Japon à feuilles de bardane, dont la fleur est monopetale, les siliques longues & menues, la semence petite en forme de rein, & garnie de poils aux deux extrémités. Il a peu de branches, mais elles sont fort longues. Le pistil de ses fleurs, qui sont de couleur pâle & d'une odeur assez douce, se change en une silique pendante, ronde & grosse comme un tuyau d'avoine, dont on fait boire la décoction aux asthmatiques. Les feuilles, qui ont de chaque côté deux especes d'oreillettes, s'appliquent sur les parties douloureuses & passent pour être amies des nerfs.


KALAAR(Géogr.) ville de Perse dans le Chilan ; on y fait une grande quantité de soye. Selon Tavernier, la long. 76. 25. lat. 37. 23.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALASSUI(Géogr.) riviere d'Asie dans la Tartarie, qu'on nomme présentement Orthon. Voyez ORTHON.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALDRAW(Géogr.) ville de Bohéme, dans le cercle de Pissen, près de Carlobad.


KALEBERG(Géog.) montagne de Pologne, dans le palatinat de Sandomir, au couchant de la Vistule. C'est la montagne la plus haute de tout le royaume, & on n'y voit point ou peu d'arbres ; d'où lui vient son nom de Kaleberg.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALENTAou KALANTAR, s. m. (Hist. mod.) c'est ainsi qu'on nomme en Perse le premier magistrat municipal d'une ville dont la dignité répond à celle de maire en France. Il est chargé de recueillir les impôts, & quelquefois il fait les fonctions de sous-gouverneur.


KALIS. m. (Botan.) genre de plante dont voici les caracteres. Sa fleur est en rose, composée de pétales disposés circulairement ; le pistil s'éleve du centre de la fleur, & devient un fruit membraneux, arrondi, contenant une seule graine, placée au centre du calice, roulée en spirale comme la coquille d'un pétoncle, & couverte ordinairement par les feuilles de la fleur. M. de Tournefort compte sept especes de kali. Nous ne décrirons que celle d'Espagne ou d'Alicante, qui est la principale. Voyez KALI d'Alicante. (Botan.)

On voit que pour éviter l'équivoque, nous conservons ici le nom arabe de kali à la plante, réservant le nom de soude aux sels fixes qui en sont le produit.

En effet le kali abonde en sel marin, & donne en le broyant une eau salée ; mais la différence du produit de cette plante, quand elle est verte ou seche, est étonnante dans les procédés chimiques.

Si on la distille verte & fraiche, elle ne fournit qu'une eau insipide. Si on en cueille une livre de verte, & qu'on la fasse sécher, elle ne rend que trois onces. Qu'on les brûle alors, on aura bien de la peine à les réduire en cendres ; enfin les cendres de cette quantité brûlée dans un creuset, donnent une drachme & demie de substance salée, blanchâtre, qui fermente foiblement avec l'eau forte. Quatre onces de cette herbe fraiche étant mises en décoction dans de l'eau de fontaine, & cette eau étant soigneusement évaporée, il se forme environ six drachmes d'un sel marin de figure cubique. Distillez la liqueur restante, en augmentant le feu graduellement, le phlegme passera d'abord ; ensuite il s'éleve un sel volatil sec qui s'attache au sommet & aux parois du vaisseau ; ces sels étant purifiés, on trouvera, par le résultat des expériences, que cette herbe fraiche contient environ une cinquieme partie de son poids de sel commun.

Si l'on seche cette plante & qu'on la mette en décoction dans cinq livres d'eau de fontaine, la décoction étant à moitié évaporée, le résidu donne successivement une odeur de miel & ensuite de chou, & d'autres herbes potageres. Enfin, si après tout cela on laisse putréfier l'herbe bouillie, elle répand une odeur d'excrémens d'animaux, devient de même le réfuge des mouches, ainsi que la nourriture & le lieu d'habitation propre aux vers, qui sortent des oeufs de ces insectes aîlés.

Toutes les expériences qu'on peut faire avec les crystaux cubiques de sel, formés dans la décoction évaporée de cette herbe, prouvent que c'est du sel commun ; & le sel volatil qui s'eleve ensuite par le feu lorsque le sel cubique ne se crystallise plus, se montre un fort alcali, par la fermentation avec les esprits acides.

Si l'on fait sécher par évaporation le suc de cette plante, après qu'on en a séparé tout le sel marin & qu'on en calcine le résidu, on aura finalement une substance seche, terreuse, qui tient de la saveur lixivielle, mais qui ne fond point en liqueur étant exposée à l'air. Cette substance calcinée, étant mêlée avec quelque esprit acide, & sur-tout avec l'esprit de vitriol, devient d'un bleu admirable, qui ne le cede point au plus bel outremer.

L'herbe fraiche kali mise en fermentation avec de l'eau commune, donne dans les différens états de fermentation, d'abord une odeur de chou aigre, ensuite celle des vers de terre tués dans l'esprit de vin enfin celle des harengs fumés. Si on distille le tout, il en sort d'abord un esprit assez semblable à l'esprit de tartre raffiné, & ensuite une huile empyreumatique, telle que celle des substances animales.

Mais une chose bien remarquable, c'est que par aucun art, même par la cohobation, on ne peut tirer le sel volatil de cette masse putréfiée. Le marc fournit une potasse qui fermente violemment avec les acides, devient un sel enixum avec l'acide de vitriol, donne le nitre avec de l'eau forte, du sel commun avec de l'esprit de sel ; & avec les acides de toutes especes, il produit une couleur bleue plus ou moins approchante de l'outremer, suivant l'espece d'acide & la conduite du procédé.

Le sel qu'on tire de cette potasse a une teinte verte comme celle du borax naturel ; enfin le marc, après l'extinction de ce sel, mis en digestion avec l'eau forte, se réduit en une substance gélatineuse d'une vraie saveur métallique.

Nous devons toutes ces curieuses expériences chimiques sur le kali d'Allemagne, à M. Jean Frédéric Henkel, dans son ouvrage allemand intitulé : Werwandschafft der Pflantin mit den Mineral Reiche, LÉipzig 1723, in -8°. avec fig. & ce titre veut dire, Affinité des végétaux avec les minéraux.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)

KALI d'Alicante, (Botan.) Kali hispanicum ; espece de kali d'Espagne. Sa description faite exactement par M. de Jussieu dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1717, nous intéresse, parce que c'est de cette espece de kali qu'on tire la meilleure soude, si recherchée dans la Verrerie, la Savonnerie, la Blanchisserie, arts utiles & nécessaires.

M. de Jussieu caractérise cette plante, dont il a donné la figure, kali hispanicum, supinum, annuum, sedi foliis brevibus : kali d'Espagne, annuel, couché sur terre, à feuilles courtes, semblables à celles du sédum.

Sa racine est annuelle, longue de quelques pouces, un peu oblique, blanchâtre, arrondie, ligneuse & garnie de peu de fibres.

De son collet sortent quatre à cinq branches couchées sur terre, subdivisées dans leur longueur en plusieurs petits rameaux alternes, étendus çà & là, les uns droits, les autres inclinés. Les plus longues de ses branches n'ont pas demi-pié, & leur diametre n'excede pas une ligne. Ces branches & ces rameaux sont arrondis, d'un vert pâle, & quelquefois teints légérement d'un peu de pourpre, sur-tout dans leur maturité.

Les feuilles dont ils sont chargés sont disposées par paquets, alternes, plus ou moins écartés, suivant l'âge de la plante ; elles sont cylindriques & succulentes, comme celles de la tripe-madame, ou sedum minus teretifolium, longue d'environ un quart de pouce, sur une demi-ligne d'épaisseur, d'un vert pâle, presque transparentes, lisses, sans poils, émoussées à leur extrémité ; & d'un goût salé. Chaque paquet est formé de deux, trois, quatre, & quelquefois de cinq de ces feuilles, de l'aisselle desquelles naît la fleur.

Elle est composée de cinq étamines blanchâtres, à sommets jaunâtres, & d'un pareil nombre de petits pétales, étroits & blanchâtres. Le jeune fruit qui en occupe le centre, est terminé par un petit stilet blanc & fourchu.

Cette fleur n'a point d'odeur, & ses pétales qui enveloppent plus étroitement le fruit à mesure qu'il grossit, d'étroits & cachés qu'ils étoient dans le paquet de feuilles, qui leur sert de calice, deviennent plus amples, plus épanouis, plus secs, membraneux, arrondis dans leur contour, un peu plissés & presque gaudronnés ; souvent deux de ces pétales s'unissent, de maniere qu'ils ne paroissent en faire qu'un, & pour lors la fleur semble être de quatre pieces seulement. Elle dure long-tems sans se faner ; & plus elle vieillit, plus le jaune clair dont elle est teinte devient roussâtre : son plus grand diametre est environ de deux lignes.

Le fruit mûr est de la grosseur d'un grain de millet, arrondi, membraneux, renfermant une seule petite semence brune & roulée en spirale. Il est si enveloppé des pétales de la fleur, qu'il tombe en même tems qu'elle.

Quoique l'espece de kali qu'on vient de décrire croisse sur les côtes maritimes de Valence, de Murcie, d'Almerie & de Grenade, elle peut néanmoins porter le nom de kali d'Alicante, parce qu'il n'y a point de lieu sur la côte orientale d'Espagne où il en naisse une si grande quantité qu'aux environs de cette ville.

La soude qu'on en tire fait une partie considérable de commerce : les marchands & étrangers la préférent à celle que l'on tire d'autres plantes ; & les habitans du pays sont si persuadés que cette espece ne peut prospérer également ailleurs, qu'ils se la regardent comme propre.

Cette plante croît d'elle-même, néanmoins pour la multiplier, on la seme dans les campagnes le long du bord de la mer. On en voit même dans des terres à blé, auquel elle ne peut nuire, parce que dans le tems de la moisson, elle ne commence presque qu'à pousser, & qu'elle n'est dans sa parfaite maturité qu'en automne.

La récolte du kali d'Alicante ne se fait pas tout-à-la-fois & sans précaution, comme celle des autres plantes dont on tire de la soude. On arrache successivement de celui-ci les rejettons les plus mûrs avant ceux qui le sont moins. On les étend sur une aire pour les faire sécher au soleil, & en ramasser le fruit qui tombe de lui-même.

Comme l'abondance & la pureté de la soude qu'il fournit fait son mérite reconnu par les marchands, ils sont fort circonspects à prendre garde que celle d'Alicante, qu'ils choisissent pour l'employer à des ouvrages exquis, n'ait été altérée en brûlant le kali d'où elle provient, par le mélange d'autres plantes qui donnent aussi de la soude, mais beaucoup inférieure en qualité à celle-ci.

Les ouvriers qui brûlent la plante kali, la nomment la marie ; on la coupe & on la fane comme le foin lorsqu'elle est seche ; l'on en remplit de grands trous faits exprès dans la terre, & bouchés en sorte qu'il n'y entre que peu d'air. On y met le feu, on la couvre ; & quand elle est réduite en cendres, il s'en forme après quelque tems une pierre si dure, qu'on est obligé de la casser avec des maillets. C'est cette pierre que nous appellons soude, & à qui les anciens ont donné le nom de salicore, salicot, ou alun catin. Voyez SOUDE.

La plante kali étoit autrefois très-cultivée en Languedoc, où on l'appelloit vitraire. Catel en parle dans ses Mémoires de l'histoire de cette province, chap. j. p. 50. " L'on retire aussi, dit-il, un notable profit dans le pays d'une herbe qu'on a coutume de semer & cultiver au bord de la mer, laquelle étant venue à sa perfection, on la coupe, & après on la brûle dans un creux qu'on fait dans la terre comme dans un fourneau, couvrant ce creux de terre pardessus, afin que le feu ne puisse prendre air & aspirer ; cette herbe étant brûlée, l'on découvre ce creux, qu'on trouve plein de certaine matiere dure, qu'on appelle dans le pays salicor, qui ressemble au sel en roche, & de laquelle on fait les verres ". Il se fabriquoit une si grande quantité de ce salicor dans le Languedoc, qu'outre la manufacture des glaces de Venise, qui s'en fournissoit, on en envoyoit encore dans d'autres pays de l'Europe. Aujourd'hui cette culture ne subsiste plus, & les directeurs de la manufacture des glaces de S. Gobin en France, tirent uniquement d'Espagne toute la soude dont ils ont besoin.

Le P. Roger, récollet, dans son voyage de la Terre-sainte, dit qu'à une demi-lieue à l'Occident de la mer-morte en Judée, toute la contrée est couverte de kali, que les Arabes brûlent, & dont ils portent vendre les cendres à Jérusalem & à Hébron, où il y a une petite verrerie : on en fait aussi du savon.

Cet ancien usage, qui peut nous induire à penser que l'herbe borith, dont il est parlé dans Jérémie, chap. ij. . 22, n'est autre chose que le kali qu'on brûle pour faire la soude & le savon. " Quand vous multiplierez la soude & le savon pour l'employer à vous laver, & vous nettoyer (dit l'Eternel,) vous seriez toûjours souillés de votre iniquité ".

Ce n'est pas ici le lieu de tâcher de justifier cette traduction ; nous renvoyons les curieux aux auteurs qui ont traité des plantes de la Bible, & en particulier à une grande dissertation de Jean Michel Langius sur cette matiere. On y trouvera les diverses interprétations que les critiques ont données au terme hébreu borith, & cette derniere n'est pas une des plus mauvaises. Pour qu'on ne la rejette pas du premier abord, il faut ajoûter que le mot kali est arabe. Scaliger, dans ses exercitations sur Cardan, écrit chali, mais mal, comme Bochard l'a fort bien remarqué. Le terme kali ne signifie point la soude, c'est une chose certaine ; peut-être signifie-t-il des pois chiches rôtis, fris : du-moins il veut dire en propre tostum, frictum, frixit.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALIMBOURG(Géog.) ou plûtôt KALLUNDBORG, Calumburgum, ville de Danemark dans l'isle de Zélande, chef-lieu d'un bailliage considérable. Long. 28. 56. lat. 55. 54.

Ce fut dans le château de cette ville que finit ses jours Christiern II, roi de Danemark, digne d'une fin plus tragique. On sait, dit M. de Voltaire, quel monstre étoit ce Christiern : un de ses crimes fut la source de son châtiment, qui lui fit perdre trois royaumes. Il emmena par trahison le jeune Gustave Vasa & six ôtages, qu'il mit aux fers. En 1520 il donna dans Stockolm la fête exécrable, dans laquelle il fit égorger le sénat entier & tant de braves citoyens. L'année suivante il fit jetter dans la mer la mere & la soeur de Gustave Vasa, enfermées l'une & l'autre dans un sac. Non moins cruel envers ses Danois qu'envers ses ennemis, il fut bientôt aussi abhorré du peuple de Copenhague, que des Suédois même. Les Danois alors en possession d'élire leurs rois, avoient le droit de chasser un tyran du trône. Tous joints ensemble, ils lui signifierent l'acte de sa déposition par Mons, premier magistrat de Jutland, qui se chargea de lui en porter l'arrêt. Christiern obéit sans oser repliquer, & s'enfuit en Flandres. On n'a jamais vû d'exemple d'une révolution si juste, si promte & si tranquille. Enfin abandonné de tout le monde, il se laissa mener en Danemark en 1532, fut arrêté à Kalimbourg en 1534, & confiné dans une espece de prison, où il demeura jusqu'à sa mort, arrivée en 1559, à 78 ans.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALIN(Géog.) ville de Perse, que Tavernier place à 87 degrés 5' de longitude, & 35d 15' de lat.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALIR(Géog.) petite ville d'Allemagne, au cercle de Souabe, au duché de Wirtemberg, avec un vieux château. Elle est divisée en deux par la riviere de Nagoldt. Long. 27. 20. lat. 48. 38.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALISCH(Géog.) Calisia, province de la basse Pologne, avec titre de palatinat, sur la riviere de Warte. Ses lieux les plus remarquables sont Gnesne & Kalisch, ville qui donne son nom au palatinat. Long. 35. 55. lat. 51. 55.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALKAS(Géog.) nom d'une nation Tartare, parmi les Mungales ou Monguls, qui sont soumis au roi de la Chine.


KALLAHOMS. m. (Hist. mod.) c'est un des premiers officiers ou ministres du royaume de Siam, dont la place lui donne le droit de commander les armées & d'avoir le département de la guerre, des fortifications, des armes, des arsenaux & magasins. C'est lui qui fait toutes les ordonnances militaires ; cependant les éléphans sont sous les ordres d'un autre officier : on prétend que ceux des armées du roi de Siam sont au nombre de dix mille ; ce qui cependant paroit contre toute vraisemblance.


KALNICK(Géog.) ville forte de Pologne, au Palatinat de Braclaw. Elle se rendit au roi de Pologne en 1674. Long. 47. 53. lat. 48. 59.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALO(Géog.) forteresse de la haute Hongrie, au canton de Zatmar, à 12 lieues sud-est de Tokai, 28 nord-est de Waradin. Long. 40. 5. latit. 47. 55.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KALTENSTEIN(Géog.) petite ville d'Allemagne dans la Silésie, dans la principauté de Neiss.


KAMA LA(Géog.) grande riviere de l'empire Russien, qui a sa source au pays des Czeremisses, va se perdre après un long cours dans le Wolga, au royaume de Casan. Adam Brant, Oléarius & Corneille le Brun disent qu'elle est fort large & coule avec beaucoup de rapidité.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAMAKURA(Géog.) fameuse isle du Japon, d'environ une lieue de circuit, sur la côte méridionale de Niphon. C'est-là que l'on envoye en exil les grands qui ont fait quelques fautes considérables. Les côtes de cette isle sont si escarpées, que les bateaux qui y portent des prisonniers ou des provisions, doivent être élevés & descendus avec des grues & autres machines. Voyez Kempfer dans son histoire du Japon.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAMAou KAKAMAN, s. m. (Hist. nat.) pierre blanche & marquée de différentes couleurs, qu'on dit se trouver dans les endroits de la terre qui sont remplis de soufre & qui brûlent.


KAMAN(Géog.) ville de l'Indoustan, dans la presqu'isle d'en deçà le Gange, au royaume de Carnate, à 18 lieues de Chandegri.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAMEN(Hist. mod.) Ce mot signifie roche en langue russienne. Les nations Tartares & payennes qui habitent la Sibérie ont beaucoup de respect pour les roches, sur-tout celles qui sont d'une forme singuliere ; ils croyent qu'elles sont en état de leur faire du mal, & se détournent lorsqu'ils en rencontrent dans leur chemin ; quelquefois pour se les rendre favorables, ils attachent à une certaine distance de ces kamens ou roches, toutes sortes de guenilles de nulle valeur. Voyez Gmelin, voyage de Sibérie.


KAMENOI-POYAS(Géog.) nom que les Russiens donnent à une chaine de hautes montagnes qui sépare l'Europe de l'Asie, & qui est plus connue de nous sous le nom des monts Ryphées. Voy. RYPHEES.


KAMENOIE MASLO(Histoire nat. Minéral) ou vulgairement KAMINA MASLA. C'est ainsi que les Russiens nomment une substance minérale onctueuse & grasse au toucher comme du beurre, qui se trouve en plusieurs endroits de la Sibérie, attachée comme des stalactites aux cavités de quelques roches, d'une ardoise noirâtre, chargée d'alun ; sa couleur est ou jaune ou d'un jaune blanchâtre ; ses propriétés font qu'en Allemand on a donné le nom de beurre fossile ou de beurre de pierre (steinbutter) à cette substance. M. Gmelin paroit être le premier qui l'ait décrite dans son voyage de Sibérie où il rapporte un grand nombre d'expériences qu'il fit pour s'assurer de ce qu'elle contenoit. On ignore si on doit la regarder comme une efflorescence vitriolique ; mais il paroit que c'est un composé d'acide vitriolique, de sel alcali minéral, de fer qui lui donne sa couleur jaune, & d'une matiere grasse inconnue. Cette substance devient plus blanche lorsqu'elle a été exposée à l'air. Voyez Gmelin, voyage de Sibérie, pag. 459 du tom. III. (-)


KAMINIECK(Géog.) Camenecia, forte ville de Pologne, capitale de la Podolie, avec deux châteaux & un évêché suffragant de Lemberg. Quelques-uns croient que c'est la clepidava des anciens. Les Turcs la prirent en 1672, & la rendirent par la paix de Carlowitz en 1690. Elle est sur une roche escarpée, au pié de laquelle passe le Smotrziez, qui tombe dans le Niester, à 36 lieues de Lemberg, 122 S. E. de Cracovie, 130 S. E. de Warsovie, 40 O. de Braclaw. Long. 45. 5. lat. 48. 58.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAMISANKA(Géog.) ville de l'empire Russien, sur le Wolga, à l'endroit où le czar Pierre I. a fait faire un canal pour joindre le Wolga avec le Don ou Tanaïs.


KAMMA-JAMMA(Géograph.) grande ville de l'empire du Japon ; elle peut contenir environ deux mille maisons ; elle est bâtie sur deux collines, séparées par un vallon.


KAMSKY(Géog.) riviere de la grande Tartarie en Sibérie ; elle se jette dans le Séniscei. Il y a sur ses bords des tartares payens qui demeurent dans des huttes d'écorces de bouleau, & vivent de poisson ou de venaison, avec des racines de lis jaune. Ce sont les Tartares Tunguses & les Tartares Burattes.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAMTSCHADALI(Géog.) nation Tartare qui habite près du golfe de Kamtschatka au nord de la Sibérie. Ils sont petits de taille, portent de grandes barbes ; ils se vétissent de peaux de zibelines, de loups, de rennes & de chiens ; en hiver ils demeurent sous terre, & en été ils habitent dans des cabanes fort élevées, où ils montent par des échelles. Ils se nourrissent de divers animaux & de poissons, qu'ils mangent souvent cruds & gelés. L'hyver ils font des fosses où ils mettent le poisson en magasin, & le couvrent d'herbes & de terre. Ils en vont prendre pour leurs repas lors même qu'ils sont pourris ; ils les mettent dans des vases, où ils jettent des pierres rougies au feu pour les faire cuire. Ils ont parmi eux des magiciens, qu'ils nomment schamans. On ne leur connoît aucun culte. Voyez description de l'empire Russien.


KAMTSCHATKA(Géog.) grande presqu'isle au nord-est de l'Asie, entre un golfe du même nom & la mer du Japon, à l'extrémité orientale de l'empire Russien & de notre continent.

Ce pays, ainsi nommé par les Russiens dans la grande carte de leur empire, semble être le même, selon Kempfer, que celui que les Japonois appellent oku-Jéso (le haut Jéso), dont ils ne savent presque rien, excepté que c'est un pays.

Suivant les meilleures descriptions que les Russiens en ayent pu donner, c'est une presqu'isle située entre les 150 & les 170 degrés de longitude, & 41 & 60 de latitude au nord du Japon.

Elle est contiguë au nord à la Sibérie, & s'étend jusqu'au cap Suétinos, qui est le dernier de la Sibérie au nord-est ; mais la mer la baigne au sud, à l'est & à l'ouest. Elle est habitée par diverses nations, dont celles qui occupent environ le milieu, payent tribut aux Russes ; au lieu que celles qui demeurent plus au nord, & en particulier les Olutorski (nom qu'on leur donne dans la carte de Russie), en sont les ennemis déclarés. Les Kurilski ou Kurilis qui demeurent plus au sud, étant moins barbares que les autres, sont regardés par les Russes comme une colonie des Japonois.

Le commerce entre la Sibérie & Kamtschatka se fait par deux routes différentes. Quelques-uns traversent le golfe de Kamtschatka, qui sépare ce pays de la grande Tartarie & de la Sibérie, à près de 58 degrés de latitude, & ils s'embarquent d'ordinaire à Lama, où les Russiens ont commencé à bâtir de grands vaisseaux pour passer à Pristan, ville qu'ils ont établie dans le Kamtschatka, & qui est habitée par une colonie russienne ; mais les habitans de la Sibérie qui demeurent aux environs du fleuve Lena, & le long de la mer Glaciale, font d'ordinaire par mer le tour du cap Sucotoinos, pour ne point tomber entre les mains des Tskalatzki & Tschatzki, deux nations cruelles & barbares qui habitent la pointe de la Sibérie au nord-est, & qui sont ennemies mortelles des Russes.

Par cette description il paroît qu'il y a un détroit qui sépare Kamtschatka du Japon, suivant les relations des Russes. Il y a dans ce détroit plusieurs petites isles, dont la principale est appellée Matmanska dans une carte publiée depuis 1730 par J. B. Homann, & cette isle pourroit bien être la même que le Matzumai de quelques cartes japonoises.

Il semble aussi qu'il n'est plus douteux, par les belles découvertes des Russes en 1731, qu'il n'y ait au nord du Japon un passage libre pour aller par mer au Kamtschatka ; qu'en suivant la côte on ne parvienne à un détroit qui joint la mer du sud à la mer Glaciale, & dont la partie la plus étroite, qui n'a pas plus de 40 lieues de large, se trouve sous le cercle polaire : qu'enfin à l'est de ce continent on ne trouve une terre qui, selon le rapport des habitans, fait une partie du grand continent, abondant en fourrures, & que, selon les apparences, il appartient à l'Amérique septentrionale.

Si toutes ces choses sont vraies, il y a longtems que la Géographie n'avoit fait un si grand pas vers la connoissance desirée du globe terrestre.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAMUSCHINKA(Géog.) petite riviere de l'empire russien, au royaume d'Astracan, entre le Don & le Wolga ; elle se jette dans le dernier fleuve, au midi d'une montagne, & vis-à-vis d'une ville qui porte son nom. Cette riviere & cette ville sont devenues fameuses par le dessein qu'eut Pierre le Grand, d'y faire une communication entre les deux fleuves, ou si l'on veut, entre la mer Caspienne & la mer Noire. Le capitaine Perri, ingénieur anglois, en parle beaucoup dans ses mémoires. Ce projet qui seroit extrèmement avantageux à l'empire de Russie, a été délaissé ; mais le succès entre les mains d'habiles méchaniciens, ne seroit pas si difficile que l'étoit le canal de Languedoc, puisqu'il ne s'agit que de faire de bonnes écluses dans les deux rivieres, pour les rendre navigables, & ouvrir ensuite un canal à-travers les terres, dans l'endroit où ces deux rivieres s'approchent le plus, ce qui n'est qu'un espace d'environ 4 milles de Russie.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KANS. m. (Hist. des Tartar.) titre de grande dignité chez les Tartares. Nos voyageurs écrivent ce nom de six ou sept manieres différentes, comme Kan, Kaan, Khan, Khagan, Kam, Chaam, Cham, & ces variétés d'orthographes forment autant d'articles d'une même chose, dans le Dictionnaire de Trévoux. Tous les princes ou souverains des peuples tartares qui habitent une grande partie du continent de l'Asie, prennent le titre de kan, mais ils n'ont pas tous la même puissance.

Les Tartares de la Crimée, pays connu dans l'antiquité sous le nom de Chersonese taurique, où les Grecs porterent leurs armes & leur commerce, professent le Mahométisme, & obéissent à un kan dont le pays est sous la protection des Turcs. Si les Tartares de la Crimée se plaignent de leur kan, la Porte le dépose sous ce prétexte. S'il est aimé du peuple, c'est encore un plus grand crime, dont il est plûtôt puni, ainsi la plûpart des kans de cette contrée passent de la souveraineté à l'exil, & finissent leurs jours à Rhodes, qui est d'ordinaire leur prison & leur tombeau. Cependant le sang othoman dont les kans de Crimée sont descendus, & le droit qu'ils ont à l'empire des Turcs, au défaut de la race du grand-seigneur, rendent leur famille respectable au sultan même, qui n'ose la détruire, & qui de plus est obligé de nommer à la place du kan qu'il dépossede, un autre prince qui soit du même sang.

Le kan des Tartares koubans ne reconnoît point les ordres du grand-seigneur, & s'est maintenu libre jusqu'à ce jour.

Quoique le kan des Tartares mongules de l'ouest soit sous la protection de la Chine, cette soumission n'est au fond qu'une soumission précaire, puisque loin de payer le moindre tribut à l'empereur chinois, il reçoit lui-même des présens magnifiques de la cour de Péking, & en est fort redouté, car s'il lui prenoit jamais fantaisie de se liguer avec les Calmouks, le monarque qui siége aujourd'hui dans l'empire de la Chine, n'auroit qu'à se tenir bien ferme sur le trone.

Les Tartares du Daghestan ne sont pas seulement indépendans de leurs voisins, à cause de leurs montagnes inaccessibles ; mais ils n'obéissent à leur propre kan, qui est élû par le chef de leur religion, qu'autant qu'il leur plait.

Les Tartares noghais n'ont point de kan général pour leur maître, mais seulement plusieurs chefs qu'ils nomment Murses. Voyez MURSA.

Si les Tartares de la Casastchia orda ont un seul kan pour souverain, les Murses brident encore son pouvoir à leur volonté.

Enfin les Tartares circasses obéissent à divers kans particuliers de leur nation, qui sont tous sous la protection de la Russie.

Il résulte de ce détail que la dignité de kan est très-différente chez les peuples tartares, pour l'indépendance, la puissance, & l'autorité.

Le titre de kan en Perse répond à celui de gouverneur en Europe ; & nous apprenons du dictionnaire persan d'Halinti, qu'il signifie haut, éminent, & puissant seigneur. Aussi les souverains de Perse & de Turquie le mettent à la tête de tous leurs titres ; Zingis conquérant de la Tartarie, joignit le titre de kan à son nom ; c'est pour cela qu'on l'appelle Zingis-Kan.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAN-JAS. m. (Hist. mod.) c'est une fête solemnelle qui se célebre tous les ans au Tonquin, à l'imitation de la Chine. Le bova ou roi du pays, accompagné des grands du royaume, se rend à un endroit marqué pour la cérémonie : là il forme avec une charrue plusieurs sillons, & il finit par donner un grand repas à ses courtisans. Par cet usage le souverain veut inspirer à ses sujets le soin de l'agriculture, qui est autant en honneur à la Chine & au Tonquin, qu'elle est négligée & méprisée dans des royaumes d'Europe où l'on se croit bien plus éclairé.


KANAKO-JURIS. m. (Hist. nat. Botan.) nom que l'on donne dans le Japon à un lis, lilium martagon majus ; c'est une fleur qui a quelque ressemblance avec un turban des Turcs ; elle panche comme la fritillaire ; elle est couleur de chair ; de son calice sortent sept étamines comme celles des lis blancs, elle croit à la hauteur d'environ deux piés ; ses feuilles sont fermes, épaisses, & remplies de beaucoup de fibres. La racine ou la bulbe est comme composée d'écailles. Les Japonois mangent cette racine, & cultivent cette fleur dans leurs jardins, sans qu'on en fasse usage dans la Médecine. Voyez éphémérid. nat. curios. décur. II. anno viij. observ. 191. pag. 490.


KANASTERS. m. (Commerce) nom que l'on donne en Amérique à des paniers de jonc ou de canne, dans lesquels on met le tabac que l'on envoie en Europe : c'est-là ce qui a fait donner le nom de tabac de kanaster, au tabac à fumer en rouleaux, qui vient d'Amérique : le plus estimé est celui qui vient de Makaribou.


KANDELS. m. (Botan.) arbrisseau dont Ray a fait mention. Les racines, l'écorce, les feuilles broyées ou cuites dans l'huile & le petit-lait, soulagent les douleurs, & calment les flatulences.


KANELLIS. m. (Botan.) arbre des Indes orientales. Les feuilles séchées & réduites en poudre, prises dans du lait, guérissent la diarrhée. Les bains faits de leur décoction, sont bienfaisans dans les douleurs des membres, de quelque espece qu'elles soient.


KANGISou KENGIS, (Géog.) bourg de Bothnie, au nord de Bornéo, remarquable par des mines de fer & de cuivre. Des mathématiciens suédois ayant pris avec un astrolabe la hauteur du soleil en 1695, supputerent la hauteur du pole de Kangis, un peu plus grande que 66. 45. De leurs observations M. Cassini l'estime de 66. 42. Voyez les mémoires de l'académie des Sciences, de l'année 1700.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KANGUES. f. (Hist. mod.) supplice qui est fort en usage à la Chine, & qui consiste à mettre au col du coupable deux pieces de bois qui se joignent l'une à l'autre, au milieu desquelles est un espace vuide pour recevoir le col. Ces pieces de bois sont si larges, que le criminel ne peut voir à ses piés, ni porter les mains à sa bouche, ensorte qu'il ne peut manger, à moins que quelque personne charitable ne lui présente ses alimens. Ces pieces de bois varient pour la pesanteur ; il y en a depuis 50 jusqu'à 200 livres : c'est la volonté du juge, ou l'énormité du crime qui décide de la pesanteur de la kangue, & du tems que le criminel est obligé de la porter ; il succombe quelquefois sous le poids, & meurt faute de nourriture & de sommeil. On écrit la nature du crime, & le tems que le coupable doit porter la kangue, sur deux morceaux de papier qui sont attachés à cet instrument. Lorsque le tems est expiré, on va trouver le mandarin ou le juge qui fait une réprimande & fait donner la bastonnade au coupable, après quoi il est remis en liberté.


KANIOWKaniovia, (Géog.) ville de Pologne en Ukraine, au palatinat de Kiowie, sur le bord occidental du Borysthène. Elle appartient aux Cosacks, & est près du Nieper, à 25 lieues sud-est de Kiowie, 50 nord-est de Braclaw. Long. 50. 5. lat. 49. 25.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KANISCA(Géog.) ou CANISA, ville de la basse-Hongrie, qui passe pour imprenable, & qui est capitale du comté de Salawar. Elle se rendit à l'empereur en 1690. Elle est sur la Drave, à 32 lieues sud-ouest d'Albe-Royale, 53 sud-est de Vienne. 42 sud-ouest de Bude. Long. 35. 12. lat. 46. 23.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KANNES. f. (Commerce) mesure dont on se sert en Allemagne & dans les pays-Bas, pour mesurer le vin, la biere & les autres liqueurs. Elle varie pour la grandeur, comme la pinte en France.


KANNOS. m. (Hist. mod. Superst.) c'est le nom sous lequel les Negres, habitans des pays intérieurs de l'Afrique vers Sierra Léona, désignent l'être suprème. Quoiqu'ils lui attribuent la toute-puissance, l'omniscience, l'ubiquité, l'immensité, ils lui refusent l'éternité, & prétendent qu'il doit avoir un successeur qui punira les crimes & récompensera la vertu. Les idées qu'ils ont de la divinité ne les empêchent point de rendre tout leur culte à des esprits ou revenans qu'ils nomment Jannanins, & qui, selon eux, habitent les tombeaux. C'est à eux que ces negres ont recours dans leurs maux ; ils leur font des offrandes & des sacrifices ; ils les consultent sur l'avenir, & chaque village a un lieu où l'on honore le Jannanin tutelaire : les femmes, les enfans, & les esclaves sont exclus de son temple.


KANSAKI(Géog.) ville du Japon composée d'environ sept cent maisons.


KANTERKAASS. m. (Commerce) espece de fromages de Hollande ; il y en a de blancs & de verds, de ronds & d'autres formes. On met ordinairement dans les blancs de la graine de cumin, ce qui en releve le goût ; mais alors ils ne sont plus réputés kanterkaas, & ne payent de sortie que deux sols le cent.


KANUNsub. masc. (Hist. mod.) on nomme ainsi parmi les Russes le repas que ces peuples font tous les ans sur les tombeaux de leurs parens. Kanun signifie aussi la veille d'une grande fête. Ce jour-là l'ancien de l'église en Russie & en Sibérie, brasse de la biere pour sa communauté, & la donne gratuitement à ceux qui lui ont donné généreusement à la quête qu'il est dans l'usage de faire auparavant. Les Sibériens chrétiens croient ne pouvoir se dispenser de s'enivrer dans ces sortes d'occasions ; & ceux qui sont payens ne laissent pas de se joindre à eux dans cet acte de dévotion. Voyez Gmelin, voyage de Sibérie.


KANUNIS. m. (Hist. mod.) nom de deux mois différens chez les Turcs. Le kanuni achir est le mois de Janvier & le kanuni evel est le mois de Décembre. Achir signifie postérieur, & evel premier.


KAOCHEU(Géog.) ville de la Chine, septieme métropole de la province de Quanton ; elle est dans un terroir où se trouvent beaucoup de paons, de vautours excellens pour la chasse, & de belles carrieres de marbre. Long. 129. lat. 22. 23.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAOLINS. m. (Hist. nat. Minéral.) c'est ainsi que les Chinois nomment une substance terreuse blanche ou jaunâtre ; elle est en poudre, entremêlée de particules brillantes de talc ou de mica, & l'on y trouve des petits fragmens de quartz ou de caillou. Cette terre jointe avec le petuntse, forme la pâte ou composition dont se fait la porcelaine de la Chine ; mais on commence par laver le kaolin pour en séparer les matieres étrangeres, talqueuses & quartzeuses qui sont mêlées avec lui, & qui le rendroient peu propre à faire de la porcelaine. Voyez PORCELAINE.

Il se trouve une terre tout-à-fait semblable au kaolin des Chinois, & qui a les mêmes propriétés, aux environs d'Alençon, & dans plusieurs autres endroits de la France ; les Anglois en emploient aussi dans leur porcelaine de Chelsea ; mais on ne sait d'où ils la tirent : ce qu'il y a de certain, c'est qu'on a trouvé une charge très-considérable de kaolin, sur un vaisseau qui fut pris sur eux pendant la derniere guerre.

M. de Reaumur, dans les Memoires de l'académie royale des Sciences, année 1727, paroît croire que le kaolin est une substance talqueuse, & a fait différentes expériences, pour voir si les différents talcs du royaume pourroient y suppléer ; mais la matiere talqueuse qui se trouve mêlée avec le kaolin, ne peut point être regardée comme la partie qui le rend propre à faire de la porcelaine, attendu que toutes les pierres talqueuses résistent au feu, & ne sont point susceptibles du degré de fusibilité convenable pour prendre corps & faire une pâte solide.

Les endroits où le kaolin se trouve en France, les différentes parties qui le composent, donnent lieu de conjecturer avec beaucoup de vraisemblance, que cette terre est formée par la destruction ou la décomposition d'une espece de roche ou de faux granit, qui se trouve en beaucoup de pays, & qui est composé d'un spath calcaire & rhomboidal, formé par l'assemblage de plusieurs feuillets, de particules de quartz ou de caillou, & de paillettes de talc. C'est le spath qui forme seul la terre propre à la porcelaine ; les deux autres substances y nuiroient, c'est pourquoi on les en dégage. Voyez PORCELAINE.

Les Chinois préparent le kaolin avant que de s'en servir pour faire de la porcelaine : il y a lieu de croire qu'ils le dégagent en le lavant, des particules de quartz avec lesquelles il est mêlé ; ils en forment ensuite des especes de pains & de briques. (-)


KAOUANNE(Hist. nat.) TORTUE.


KAPIS. f. (Hist. mod.) terme qui dans les pays orientaux signifie porte.

On appelle en Perse la principale porte par où on entre chez le roi, alla kapi, c'est-à-dire porte de Dieu. Delà vient que l'on donne au premier officier qui commande aux portes du palais du grand-seigneur le nom de kapighi pachi. Voyez CAPIGI.


KAPIGILAR KEAJASSIS. m. (Hist. mod.) colonel ou général des gardes du grand-seigneur.

Il fait à la porte l'office de maitre des cérémonies & d'introducteur de tous ceux qui vont à l'audience du sultan. Cet emploi est fort lucratif par les commissions dont le charge le prince, & par les présens qu'il reçoit d'ailleurs. Il porte dans sa fonction une veste de brocard à fleurs d'or, fourrée de zibelines, le gros turban comme les visirs, & une canne à pomme d'argent. C'est lui qui remet au grand-visir les ordres de sa hautesse. Il commande aux capigis & aux capigis bachis, c'est-à-dire aux portiers & aux chefs des portiers. Guer. moeurs des Turcs, tom. II.


KAPOCKvoyez CAPUCK.


KAPOSWAR(Géog.) forteresse de la basse-Hongrie, ainsi nommée de la riviere de Kapos, qui l'arrose à 12 lieues de Tolna. Long. 36. 38. latit. 46. 28.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAPTUR(Hist. mod.) nom qu'on donne en Pologne dans le tems d'un interregne pendant la diete convoquée pour l'élection d'un roi, à une commission établie contre ceux qui s'aviseroient de troubler la tranquillité publique. Elle est composée de 19 des personnes les plus constituées en dignité du royaume, & juge en dernier ressort des affaires criminelles. Hubner, dictionn. géogr.


KARA-ANGOLAMS. m. (Bot. exot.) grand arbre qui croit dans plusieurs contrées du Malabar, & qui porte en même tems, feuille, fleur, & fruit semblables à la pêche, mais extrèmement chaud, & rarement bon à manger. Voyez en la description dans l'Hort. Malabar.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARA-GROCHES. f. (Commerce) nom de la richedalle d'Allemagne à Constantinople. Elle y est reçue sur le pié de l'écu de France de soixante sols, ou pour quatrevingt aspres de bon aloi, ou pour sixvingts de mauvais.


KARABÉS. m. (Hist. nat. Minéral.) quelques naturalistes nomment karabé de Sodome la substance inflammable & bitumineuse que l'on nomme plus communément asphalte ou poix minérale, qui se trouve sur-tout nageante à la surface des eaux du lac de Sodome en Judée. Voyez BITUME & ASPHALTE. On donne aussi quelquefois le nom de karabé au succin ou ambre jaune. (-)

KARABE, (Hist. nat.) voyez AMBRE JAUNE.

KARABE, (Chimie & Mat. méd.) voyez SUCCIN.

KARABE, (syrop de) voyez la fin de l'art. succin, Chimie & Mat. Méd.


KARAHÉS. m. (Hist. nat.) suc qui se tire d'un arbre nommé arandranto ; les habitans de l'isle de Madagascar le font épaissir après y avoir joint du verd-de-gris, & ils s'en servent comme d'une encre pour écrire ; elle est aussi noire que celle d'Europe. Leurs plumes sont des morceaux de bambou.


KARAHISAR(Géog.) ville détruite de la Natolie, qui est, selon Paul Lucas, dans son voyage de l'Asie mineure, l'ancienne capitale de la Cappadoce. L'on y voit par-tout, ajoute-t-il, des ruines de temples, de palais, où les colomnes, les pié-destaux, les corniches, les pieces de marbre avoient été prodiguées.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARAKATIZAS. f. (Hist. nat.) nom que les Turcs ou Tartares donnent à une espece d'étoile de mer ou de zoophyte qui se trouve dans le pont Euxin. Il est cartilagineux ayant huit pointes, les Grecs s'en nourrissent dans leurs tems de jeûnes qui sont très-rigoureux. Voyez Acta physico-medica nat. curiosorum, tom. IX. pag. 335 & suiv.


KARASERA(Géog.) grande ville d'Asie, dont on ne voit plus que les ruines, dans la Mésopotamie, sur la route d'Ours à Mossul. Tavernier fait un détail des ruines de cette ville dans son voyage de Perse, liv. II. chap. iv.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARATS. m. (Commerce) est le nom de poids qui a été jugé propre pour exprimer le titre & la bonté de l'or ; il se divise en demi, en quarts, en huitiemes, en seiziemes, en trente-deuxiemes.

Le karat se prend en plusieurs sens.

1°. Le karat est le vingt-quatrieme degré de sa bonté.

2°. Le karat de prix c'est la vingt-quatrieme partie de la valeur du marc d'or fin.

3°. Le karat ou poids ; il ne pese que quatre grains, mais chaque grain se divise en demi, quarts, huitiemes, &c. c'est sur ce pié qu'on donne le prix aux pierres précieuses & aux perles.

Le denier pese 24 grains.


KARATAque d'autres appellent CARAGUATAMACA, s. m. (Hist. nat.) est une espece d'aloës qui croît en Amérique, & des feuilles duquel on tire en les faisant bouillir un fil qui est excellent pour faire de la toile, des filets pour la pêche, &c. Sa racine, ou ses feuilles broyées ou jettées dans la riviere, étourdissent si fort les poissons qu'on peut les prendre aisément avec la main. Sa tige quand elle est brûlée tient lieu de meche, & quand on la frotte rudement contre un bois plus dur, elle s'enflamme & se consume.


KARATASS. m. (Bot.) genre de plante à fleur monopétale en entonnoir, bien découpée & tenant au calice qui devient dans la suite un fruit conique charnu, couvert d'une membrane fendue en quatre parties, & divisé en deux loges remplies de semences oblongues. Plumier.

Le karatas est un ananas sauvage qu'il faut caractériser. Sa fleur est tubuleuse & en cloche, dont la circonférence se divise en trois segmens. Du calice s'éleve le pistil, planté comme un clou dans la partie reculée de la fleur ; ce pistil dégénere en un fruit charnu presque conique, & divisé par des membranes en trois cellules, pleines de graines oblongues.

Le P. Plumier s'est trompé en caractérisant cette plante, qui du reste est très-commune aux Indes orientales. Les Anglois font entrer quelquefois dans leur punch le suc du fruit, parce qu'il est acide & piquant. On en tire un vin très-fort, mais qui n'est pas de garde ; ce fruit ne parvient point à maturité dans nos climats modérés ; & quand il pourroit mûrir, son acreté est si grande que nous en ferions peu de cas, car il emporte la peau de la bouche de ceux qui en mangent.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARBITZ(Géog.) ville de Bohème, dans le cercle de Leitmeritz, à une lieue de Taeplitz.


KARBUSS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est le nom qu'on donne dans le pays de Karasme & chez les Tartares Usbecs, à une espece de melons d'eau, dont les voyageurs vantent beaucoup la bonté. Ils sont verds & lisses à l'extérieur, mais à l'intérieur ils sont d'un rouge plus vif que les melons ordinaires : cependant il y en a qui sont blancs intérieurement, mais ces derniers ne sont point les meilleurs. La graine de ces melons est toute noire & ronde, la peau en est dure ; le goût est délicieux, & l'on peut en manger une grande quantité sans aucun danger. Ce fruit se conserve pendant très-longtems, pour cet effet on le cueille avant d'être mûr. On en transporte une grande quantité d'Astracan jusqu'à Pétersbourg où l'on en mange jusqu'au coeur de l'hiver.


KARDEou QUARTÉEL en françois QUARTAUT, s. m. (Commerce) c'est une espece de futaille ou de tonneau, dans lequel les pêcheurs de baleine mettent le lard de ce poisson. Ces sortes de kardels contiennent jusqu'à soixante & soixante-quatre gallons d'Angleterre, à prendre le gallon sur le pié de quatre pintes de Paris. Kardel se dit aussi des petits quartaux dans lesquels on met les huiles de poisson, particulierement à Hambourg, & sur toute la riviere d'Elbe, il est d'environ 128 pintes de Paris. Voyez GALLON & PINTE. Dictionn. du commer.


KARESMAS. m. (Hist. des voyages) sorte d'hôtellerie commune en Pologne. Le karesma est un vaste bâtiment de terre grasse & de bois, construit sur les grands chemins de Pologne pour héberger les passans.

Ces bâtimens sont composés d'une vaste & large écurie à deux rangs, avec un espace suffisant au milieu pour les chariots : au bout de l'écurie est une chambre qui mene dans un second réduit, nommé comori ; où le maître du karesma tient ses provisions, & en particulier son avoine & sa biere. Cette chambre est tout ensemble grenier, cave, magasin & bouge, dit M. le chevalier de Beaujeu, qu'il faut laisser parler ici.

La grande chambre d'assemblée a un poële & une cheminée relevée à la mode du pays comme un four. Tout le monde se loge là pêle-mêle, hommes & femmes, qui se servent indifféremment du feu de l'hôte ainsi que de la chambre. Tout voyageur entre sans distinction dans ces sortes de maisons, s'y chauffe & s'y nourrit en payant à son hôte les fourrages.

Il y a dans l'intérieur des villes capitales des especes d'auberges où l'on peut loger & manger, & les karesma y sont seulement dans les fauxbourgs : mais tous les villages un peu considérables en ont, par l'utilité qu'ils en tirent pour la vente & la consommation des denrées du pays.

Chaque seigneur fait débiter par un paysan ou par un juif qu'il crée hôte de son karesma, le foin, l'avoine, la paille, la biere & l'eau-de-vie de ses domaines, & de ses brasseries, qui est à peu près tout ce qu'on trouve à acheter dans ces sortes d'hôtelleries.

Une de leurs plus grandes incommodités, c'est la puanteur des chambres, la malpropreté du lieu, le voisinage des chevaux, de la vache, du veau, des cochons, des poules, des petits enfans, qui sont pêle-mêle avec le voyageur, & dont chacun fait son ramage différent.

Outre cela, les jours de fêtes sont redoutables, parce que le village est assemblé dans le karesma, & occupé à boire, à danser, à fumer, & à faire un vacarme épouvantable.

Je conviens avec M. le chevalier de Beaujeu de tous ces désagrémens des karesma de Pologne ; mais n'est-on pas heureux dans un pays qui est à peine sorti de la barbarie, de trouver presque de mille en mille, à l'entrée, au milieu & à l'issue des forêts, dans les campagnes désertes, & dans les provinces les moins peuplées, des bâtimens quelconques d'hospitalité, ou à peu de frais vous pouvez, vous, vos gens, votre compagnie, vos voitures, & vos chevaux, vous mettre à couvert des injures de l'air, vous sécher, vous chauffer, vous délasser, vous reposer, & manger sans crainte de vol, de pillage & d'assassinat, les provisions que vous avez faites, ou qu'on vous procure bientôt dans le lieu même à un prix très-modique ?

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARGAPOLCargapolis, (Géog.) ville de l'empire Russien, capitale de la province de même nom, sur le bord de Loméga, à 50 lieues S. O. d'Archangel, 125 N. O. de Moscou. Long. 55. 44. lat. 52. 4.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARHAIS(Géog.) ou CARALIS ou KÉRAHES, petite ville de France, dans la basse-Bretagne, sur l'Aufer, à 16 lieues de Brest, 12 d'Hennebon, 11 de Kimper. Le gibier, sur-tout les perdrix, y sont d'un goût exquis. Long. 14. 3. lat. 48. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARI-VETTIS. m. (Botan.) arbre moyen qui croît au Malabar. Le suc exprimé des feuilles donné dans du petit lait est un excellent émétique.


KARIILS. m. (Bot.) espece de prunier du Malabar. Les racines, les feuilles, les fruits bouillis font des bains excellens pour les douleurs des articulations.


KARITou CARITE, s. f. (Théolog.) terme usité autrefois en Angleterre parmi les religieux pour meilleure boisson conventuelle ou biere forte : ils buvoient ainsi leur poculum caritatis ou coupe de grace. On donnoit souvent à cette coupe même le nom de karite ou carite. Harris supplément.


KARKOU(Géog.) ou, comme quelques géographes écrivent CARCOUH, CARCUB, ville de Perse, lieu de grand passage pour tous les pélerins qui vont à la Mecque, & qui viennent des hautes contrées de la Perse. Long. 74. 45. latit. 32. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KARKRONES. m. (Hist. mod. & Commerce) maison des manufactures royales en Perse. On y fait des tapis, des étoffes d'or, de soie, de laine, des brocards, des velours, des taffetas, des jaques de maille, des sabres, des arcs, des fleches & d'autres armes. Il y a aussi des Peintres en miniature, des Orfévres, des Lapidaires, &c. Dictionnaire de Trévoux.


KARLES. m. (Hist. mod.) mot saxon dont nos lois se servent pour désigner simplement un homme, & quelquefois un domestique ou un paysan.

Delà vient que les Saxons appellent un marin bascarle, & un domestique hascarle.


KAROUATAS. m. (Hist. nat. Bot.) plante d'Amérique qui croît dans l'isle de Maragnan ; ses feuilles sont longues d'une aune, & larges de deux pouces ; il en sort une tige qui porte un grand nombre de fruits de la longueur du doigt, rouges par-dedans & par dehors, & d'un goût excellent : ils sont spongieux & remplis de petites graines ; quelque agréable que soit ce fruit, si on en mange avec excès, il fait saigner les gencives. On le regarde comme un puissant remede contre le scorbut.


KARVARYS. m. (Comm.) nom d'une espece de soie que l'on tire de la Perse. Elle vient sur-tout de la province de Ghilan.


KASS. m. (Comm.) petite monnoie de cuivre, en usage dans les Indes orientales sur le côté de Tranquebar.


KASEMIECH(Géog.) on écrit aussi KAZEINIECK, CASEMIECH, CASEMICH, KASEMITH, &c. riviere de Syrie, qui a sa source dans les montagnes de l'Anti-liban, & se jette dans la mer de Phénicie, entre Tyr & Sidon. La pêche de la morue qui y est abondante en certains tems de l'année, lui donne une grande considération dans le pays : M. de la Roque dit l'avoir passé en allant de Seyde à Tyr.

Les voyageurs François, les Missionnaires & plusieurs Géographes modernes, prétendent que le Kasemiech est l'Eleuthéros des anciens. L'auteur du voyage nouveau de la Terre-sainte n'en doute point : il dit, liv. V. ch. iv, que ce fleuve est très-remarquable par sa profondeur, par la rapidité de son cours, par les détours des montagnes au fond desquelles il serpente, (d'où vient qu'on le nomme Kasemiech, terme arabe, qui signifie séparation, partage) enfin par sa célébrité dans le premier livre des Macchabées, puisque ce fut jusques-là que l'illustre Jonathas poursuivit les généraux des troupes de Démétrius.

Malgré tant d'autorités, l'Eleuthéros des anciens ne peut être ni le Kasemiech, ni même aucune des rivieres qui sont entre Tyr & Sydon, puisqu'il étoit au nord de cette derniere ville. Ptolomée lui donne 1 degré 20' de latitude plus qu'à Sydon ; & Josephe, Ant. jud. liv. XIV. ch. vij & viij, parlant des présens que Marc-Antoine fit à Cléopatre, observe que cet amant prodigue lui donna toutes les villes situées entre l'Egypte & l'Eleuthéros, à la réserve de Tyr & de Sydon ; ces deux villes étoient donc situées entre l'Eleuthere de l'Egypte, c'est-à-dire au midi de cette riviere. En un mot, on ne sait quel est le nom moderne de l'Eleuthéros, mais on voit que ce n'est point le Kasemiech de nos jours ; ce n'est pas non plus le fleuve saint du P. Hardouin, qui est le Kadisca, dont l'embouchure est à l'orient de Tripoli qu'il traverse.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KASIS. m. (Hist. mod.) c'est le quatrieme pontife de Perse qui est en même tems le second lieutenant civil qui juge des affaires temporelles. Il a deux substituts qui terminent les affaires de moindre conséquence, comme les querelles qui arrivent dans les caffés ; & qui suffisent pour les occuper. Dictionn. de Trévoux.


KASIAVA-MARAMS. m. (Hist. nat. Bot.) arbre des Indes orientales, il est de moyenne grandeur, dont on ne nous apprend rien sinon que ses feuilles & ses racines bouillies dans de l'huile avec le curcuma frais, forment un liniment excellent contre les douleurs de la goutte & contre les pustules séreuses.


KASIEMATZS. m. (Hist. mod. moeurs) c'est le nom qu'on donne au Japon à un quartier des villes qui n'est consacré qu'aux courtisannes ou filles de joie. Les pauvres gens y placent leurs filles dès l'âge de dix ans, pour qu'elles y apprennent leur métier lubrique. Elles sont sous la conduite d'un directeur qui leur fait apprendre à danser, à chanter & à jouer de différens instrumens. Le profit qu'elles tirent de leurs appas est pour leurs directeurs ou maîtres de pension. Ces filles après avoir servi leur tems peuvent se marier, & les Japonois sont si peu délicats qu'elles trouvent sans peine des partis ; tout le blâme retombe sur leurs parens qui les ont prostituées. Quant aux directeurs des kasiematz, ils sont abhorrés & mis au même rang que les bourreaux.


KASNADARBach. s. m. (Hist. mod.) Le grand trésorier en Perse ; c'est un officier considérable. Il garde les coffres du souverain roi. Chasnadar Bach.


KASSRE-EL-LEHOUS(Géog.) autrement nommée Kengaver, ville de Perse, située dans un pays fertile en excellens fruits. Voyez Tavernier ; long. selon lui 76. 20. lat. 33. 35.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAT-CHERIFS. m. (Hist. mod.) nom que les Turcs donnent aux ordonnances émanées directement du grand-seigneur. Autrefois les sultans se donnoient la peine d'écrire leurs mandemens de leur propre main & de les signer en caracteres ordinaires : maintenant ils sont écrits par des secrétaires, & marqués de l'empreinte du nom du monarque ; & quand ils n'ont que ces marques on les nomme simplement tura ; mais lorsque le grand-seigneur veut donner plus de poids à ses ordres, il écrit lui-même de sa propre main au haut du tura, ou selon d'autres au bas ces mots, que mon commandement soit exécuté selon sa forme & teneur, & c'est ce qu'on appelle kat-cherif, c'est-à-dire ligne noble ou sublime lettre ; ce sont nos lettres de cachet. Un turc n'oseroit les ouvrir sans les porter d'abord à son front & sans les baiser respectueusement après les avoir passé sur ses joues pour en essuyer la poussiere. Guer. moeurs des Turcs, tom. II. Darvieux, mem. tom. V.


KATIF EL(Géog.) ville de l'Arabie heureuse, dans la province de Bahrain, du côté de Ahsa, sur la côte du golfe Persique. Les hautes marées vont jusqu'au pié de ses murs, & il y a un golfe ou canal, par lequel les plus gros navires s'approchent de la ville avec la marée. Long. selon Abulféda, 73. 55. lat. 22. 35.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KATONG-GINGS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est une plante parasite du Japon, dont la fleur ressemble à un scorpion. Elle a l'odeur du musc, ses pétales au nombre de cinq sont couleur citron, variées de belles taches purpurines ; ils ont deux pouces de long, & la largeur d'une plume d'oie. Ils sont roides, gros, plus larges à l'extrémité, & un peu plus recourbés. Celui du milieu s'étend en droite ligne comme la queue du scorpion ; les quatre autres, deux de chaque côté, se courbent en forme de croissant & représentent les piés. A l'opposite de la queue, une espece de trompe courte & recourbée, ne représente pas mal la tête de cet animal. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que l'odeur de musc ne réside qu'à l'extrémité du pétale qui ressemble à la queue du scorpion ; & que s'il est coupé, la fleur demeure sans odeur.


KATOU-CONAS. m. (Hist. nat. Bot.) grand arbre de la côte de Malabar, qui est toujours verd & qui porte en tout tems des fruits & des fleurs. On prétend que la décoction de ses fleurs est un puissant remede contre la lepre & empêche les cheveux de blanchir. On mêle aussi son écorce avec du sucre pour en former une pâte que l'on dit excellente contre la lepre.


KATOU-INDELS. m. (Botan. exot.) espece de palmier sauvage de Malabar, à feuilles pointues & à un fruit semblable à la prune ; le petit peuple du pays le mâche comme les grands mâchent l'aréca avec le betel & les coquilles d'huitres calcinées ; c'est un puissant astringent, les Malais se font des bonnets avec les feuilles de l'arbre.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KATOU-PULCOLLIS. m. (Bot.) arbre du Malabar, les graines sont d'usage en Médecine pour les douleurs d'estomac & les inflammations, de même que pour la gratelle & les dartres.


KATOU-THEKAS. m. (Botan.) arbre du Malabar ; son fruit sert comme le betel ; son écorce séchée & réduite en poudre tempere l'effervescence excessive de la bile.


KATOU-TSJACAS. m. (Bot.) arbre du Malabar ; le suc exprimé du fruit guérit les maux de ventre.


KATTEQUIS. m. (Commerce) toile de coton blanc qu'on tire des Indes orientales, sur-tout de Surate. La piece n'a que deux aulnes cinq huitiemes de long, sur cinq sixiemes de large.


KATU-NAREGAMS. m. (Hist. nat. Bot.) grand arbre de l'Indostan qui produit une espece de limon très-petit ; ses feuilles rendent un suc qui passe pour être un remede souverain contre les maux de tête, ou mêlant le même suc avec du poivre, du gingembre & du sucre, les Indiens composent un remede qu'ils croient excellent contre les maladies du poumon qui viennent du froid.


KATUTI-JETTI-POU(Hist. nat. Botan.) plante de l'Indostan dont on vante les vertus pour résoudre les empyèmes & les autres abscès internes, ainsi que contre les convulsions & les hydropisies. Quelques médecins allemands recommandent cette plante prise comme du thé en infusion.


KATUWALAS. m. (Hist. nat. Bot.) plante des Indes, arachidna indica, qui produit dessus & dessous la terre des fruits ou des especes de glands très-bons à manger & d'un goût très-agréable. Ephemérid. nat. curiosor. dec. II. ann. 3. observ. 211.


KAUFFBEURENc'est-à-dire, hameau acheté, (Géog.) ville libre & impériale d'Allemagne, dans la Souabe. On y professe la religion luthérienne, quoique la catholique soit la dominante ; elle est sur le Werdach, à 5 lieues N. E. de Kempten, 14 S. O. d'Augsbourg. Long. 28. 18. lat. 47. 50.

Strigellius (Victorinus) fameux théologien, protestant du xvj siecle, naquit à Kauffbeuren, & fut cruellement persécuté pendant sa vie, qu'il termina en 1569, âgé d'environ 45 ans. Il est auteur de quantité d'ouvrages de théologie, de morale, & de philosophie aristotélicienne, qu'on ne lit plus aujourd'hui.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAUTTIfloribus odoratis, Breyn, s. m. (Bot.) arbre qui croît à Java, & qui porte de petites fleurs odoriférantes : l'eau distillée de ces fleurs a les mêmes vertus que l'eau-rose.


KAVIACS. m. (Commerce) oeufs d'esturgeons mis en galettes, épaisses d'un doigt, & larges comme la paume de la main ; salées & qu'on fait sécher au soleil. Les italiens établis à Moscou en font un grand commerce dans cet empire.

Le meilleur kaviac se fait avec le bolluca, poisson de huit à dix piés de long, qui se pêche dans la mer Caspienne.

Il vient aussi du kaviac de la mer Noire.

On en use en Italie : on commence à le connoître en France.

Le bon doit être d'un brun rougeâtre & bien sec. On le mange avec de l'huile & du citron. Voyez le Dict. de Comm.


KAVRE YSAOULS. m. (Hist. mod.) corps de soldats qui forme le dernier & le cinquieme de ceux qui composent la garde du roi de Perse.

Ce sont des huissiers à cheval au nombre de 2000, qui ont pour chef le connétable, & en son absence le lieutenant du guet.

Ils font le guet la nuit autour du palais, écartent la foule quand le roi monte à cheval, font faire silence aux audiences des ambassadeurs, servent à arrêter les kams & les autres officiers disgraciés, & à leur couper la tête quand le roi l'ordonne. Dict. de Trévoux.


KAYSERBERG(Géog.) c'est-à-dire mont de l'empereur, Caesaris mons ; petite & pauvre ville de France en Alsace, au bailliage d'Hagueneau. Elle appartient à la France depuis 1648, & est située dans un pays agréable, à 10 lieues N. O. de Bâle, 2 N. O. de Colmar. Long. 25. lat. 48. 10.

Lange (Joseph) Langius, auteur du fameux Polyanthaea, étoit natif de cette ville. Cette grande rapsodie fut imprimée pour la premiere fois à Genève en 1600 in-fol. ensuite à Lyon en 1604, à Francfort en 1607 ; & plusieurs fois depuis. La cinquieme édition parut sous le nom de Florilegium magnum, seu Polyanthaea, à Francfort en 1624 en trois vol. in-fol. avec des supplémens tirés de Gruter, & c'est là la meilleure édition de ce vaste répertoire.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAYSERSLAUTER(Géog.) Baudrant estropiant cruellement ce mot, en fait celui de cascloutre ; on peut la nommer en latin Caesarea ad Lutram, ville d'Allemagne dans le bas Palatinat, autrefois libre & impériale, mais sujette à l'électeur palatin depuis 1402. Les François la prirent en 1688 ; elle est sur la Lauter, à neuf lieues S. O. de Worms, 11 N. O. de Spire, 15 S. O. de Mayence. Long. 25. 26. lat. 49. 26.

Braun, (Jean) mort à Groningue en 1708, naquit à Kayserslauter ; il est connu par un bon ouvrage, de vestitu sacerdotum Hebraeorum.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAYSERSWERD(Géog.) Caesaris insula, ville d'Allemagne au diocèse de Cologne, dans le duché de Berg, sujette au duc de Neubourg. L'électeur de Cologne la livra aux François en 1701 ; le prince de Nassau Sarbruck la reprit en 1702, & ses fortifications furent rasées. Elle est sur le Rhin à 3 lieues N. O. de Dusseldorp, 9 N. O. de Cologne. Long. 24. 24. lat. 51. 16.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KAYSERTUHL(Géog.) ville de Suisse, au comté de Bade, avec un pont sur le Rhin & un château. Elle appartient à l'évêque de Constance, mais le canton de Bâle en a la souveraineté : on y professe le Calvinisme depuis 1530. Quelques auteurs croient que kaysertuhl est le forum Tiberii des anciennes notices ; le passage de cette ville est important, à cause de son pont sur le Rhin, qui ainsi que celui de Bâle, sont les derniers qu'on voit sur ce fleuve. Elle est à deux lieues N. O. d'Eglinaw, 3 S. E. de Zurzach, Long. 26. 15. lat. 47. 47.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEAJou KIAHIA, s. m. (Hist. mod.) lieutenant des grands officiers de la Porte, ou surintendant de leur cour particuliere.

Ce mot signifie proprement un député qui fait les affaires d'autrui. Les janissaires & les spahis ont le leur, qui reçoit leur paye, & la leur distribue ; c'est comme leur syndic. Les bachas ont aussi leur keaja particulier, chargé du soin de leurs maisons, & de leurs provisions & équipages pour faire campagne ; le muphti a aussi son keajas.

Mais le plus considérable est celui du grand-visir ; outre les affaires particulieres de son maître, il a très-grande part aux affaires publiques, traités, négociations, audiences à ménager, graces à obtenir, tout passe par son canal : les drogmans ou interpretes des ambassadeurs n'oseroient rien proposer au grand-visir, sans en avoir auparavant communiqué avec son keaja ; & les ministres étrangers eux-mêmes lui rendent visite comme aux principaux officiers de l'empire. C'est le grand-seigneur qui nomme à ce poste très-propre à enrichir celui qui l'occupe, & dont on achete la faveur par des présens considérables. Le keaja a une maison en ville, & un train aussi nombreux qu'un bacha. Quand il est remercié de ses services, il est honoré de trois queues ; si on ne lui en accordoit que deux, ce seroit une marque de disgrace & de bannissement. Guer. moeurs des Turcs, tome II.


KEBERS. m. (Hist. mod.) nom d'une secte chez les Persans, qui pour la plûpart sont des riches marchands.

Ce mot signifie infideles, de kiaphir, qui en langue turque veut dire renegat ; ou plutôt l'un & l'autre viennent de caphar, qui en chaldéen, en syriaque & en arabe, signifie nier, renier.

Quoiqu'ils soient au milieu de la Perse, & qu'il y en ait beaucoup dans un fauxbourg d'Hispahan, on ne sait s'ils sont persans originaires, parce qu'ils n'ont rien de commun avec les Persans que la langue. On les distingue par la barbe qu'ils portent fort longue, & par l'habit qui est tout-à-fait différent de celui des autres.

Les kebers sont payens, mais en même tems fort estimés à cause de la régularité de leur vie. Quelques auteurs disent que les kebers adorent le feu comme les anciens Perses : mais d'autres prétendent le contraire. Ils croient l'immortalité de l'ame & quelque chose d'approchant de ce que les anciens ont dit de l'enfer & des champs Elisées. Voyez GAURES.

Quand quelqu'un d'eux est mort, ils lachent de sa maison un coq, & le chassent dans la campagne ; si un renard l'emporte, ils ne doutent point que l'ame du défunt ne soit sauvée. Si cette premiere preuve ne suffit point, ils se servent d'une autre qui passe chez eux pour indubitable. Ils portent le corps du mort au cimetiere, & l'appuient contre la muraille soutenu d'une fourche. Si les oiseaux lui arrachent l'oeil droit, on le considere comme un prédestiné ; on l'enterre avec cérémonie, & on le descend doucement & avec une corde dans la fosse ; mais si les oiseaux commencent par l'oeil gauche, c'est une marque infaillible de réprobation. On en a horreur comme d'un damné, & on le jette la tête la premiere dans la fosse. Olearius, voyage de Perse.


KÉBLAHou KIBLAH, s. m. (Hist. orient.) ce terme désigne chez les peuples orientaux le point du ciel vers lequel ils dirigent leur culte ; les Juifs tournent leur visage vers le temple de Jérusalem ; les Sabéens, vers le méridien ; & les Gaures successeurs des Mages, vers le soleil levant.

Cette remarque n'est pas simplement historique ; elle nous donne l'intelligence d'un passage curieux d'Ezéchiel, chap. viij. v. 16. Ce prophête ayant été transporté en vision à Jérusalem, " y vit vingt-cinq hommes entre le porche & l'autel, qui ayant le dos tourné contre le temple de Dieu, & le visage tourné vers l'Orient, se prosternoient devant le soleil ". Ce passage signifie que ces vingt-cinq hommes avoient renoncé au culte du vrai Dieu ; & qu'ils avoient embrassé celui des Mages. En effet, comme le Saint des Saints reposoit dans le Shekinate, où le symbole de la présence divine étoit au bout occidental du temple de Jérusalem ; tous ceux qui y entroient pour adorer Dieu, avoient le visage tourné vers cet endroit, c'étoit là leur kébla, le point vers lequel ils portoient leur culte, tandis que les Mages dirigeoient leurs adorations en tournant le visage vers l'Orient ; donc ces vingt-cinq hommes ayant changé de kébla, prouverent à Ezéchiel, non-seulement qu'ils avoient changé de religion, mais de plus qu'ils avoient embrassé celle des Mages.

Les Mahométans ont leur kiblah, kiblé, kéblé, kébleh : comme on voudra l'écrire, vers la maison sacrée, c'est-à-dire qu'ils se tournent dans leurs prieres vers le temple de la Meque, qui est au midi à l'égard de la Turquie ; c'est pourquoi dans toutes les mosquées, il y a une niche qu'ils regardent dans leur dévotion. Voyez MEQUE, (temple de la) Hist. orient.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEDANGUS. m. (Hist. nat. Bot.) arbrisseau des Indes orientales. Ses feuilles bouillies servent à faire des bains, que l'on croit propres à resoudre toutes sortes de tumeurs ; le suc que l'on tire de ses fleurs passe pour un excellent remede contre l'épilepsie, & les aphtes des enfans.


KEERou CEER, s. m. (Comm.) poids dont on se sert dans quelques villes des états du grand Mogol, particuliérement à Agbar & à Zianger. Dans la premiere de ces villes, le keer pese 36 petits poids, qui reviennent à une livre 1/2 poids de marc ; dans la seconde, il en pese 36, ou une livre 1/2. Dictionnaire de Commerce.


KÉIROTONIES. f. (Littér.) maniere de donner son suffrage à Athènes par l'élévation des mains. Lorsque les Athéniens vouloient élire leurs magistrats, ils assembloient le peuple pour les suffrages ; mais comme il étoit difficile de recueillir les voix séparément, on introduisit l'élévation de la main, par laquelle chaque particulier marquoit son suffrage ; cette maniere d'élection, dont Isocrate & Démosthène nous parlent souvent, fut nommée kéirotonie, .

La même méthode passa chez les Romains dans plusieurs conjonctures. Cicéron nous en fournit la preuve dans ce passage de son plaidoyer pour Flaccus : Nec sunt expressa ista praeclara, quae recitantur psiphismata (les decrets), non sententiis, neque auctoritatibus declarata, nec jure jurando constricta, sed porrecta manu.

A la naissance de l'Eglise, lorsqu'il fallut établir des évêques & des prêtres pour remplir les fonctions ecclésiastiques, on assembloit les fideles, on leur proposoit des sujets ou ils en proposoient eux-mêmes, & l'élection se faisoit semblablement par l'élévation des mains, ; après quoi l'on ordonnoit celui qui avoit le plus grand nombre de suffrages. C'est ce que nous apprenons de Zonare : le suffrage, dit-il, des fideles pour l'élection des évêques, se nommoit keirotonia, parce que lorsqu'il s'agissoit d'élire les ministres des autels, les fideles d'une ville ou d'un bourg, s'assembloient, élevoient leurs mains pour l'élection, afin qu'on pût compter les suffrages, & celui qui avoit la pluralité, étoit ensuite ordonné par deux ou par trois évêques.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEIRRI(Bot.) Voyez GIROFLIER, ou VIOLIER JAUNE. Les fleurs de keirri sont les mêmes que la violette ou giroflée jaune.


KEITH(Géog.) île de l'Ecosse méridionale, dans la riviere de Forth : elle est fertile en bons pâturages pour les chevaux. Long. 14. 46. lat. 56. 20.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEKKou KIKJOO, ou KIRAKOO, s. m. (Hist. nat. Bot.) c'est une plante du Japon ; elle est haute d'une coudée, à feuilles oblongues dentelées, dont la racine est longue de quatre pouces, grosse & laiteuse ; c'est la plus estimée pour ses vertus, après celle du ginseng. Ses fleurs qui croissent au sommet de sa tige, sont en cloche, d'un pouce & demi de diametre, bleues, & découpées assez profondement en cinq parties. On distingue trois especes de cette plante ; l'une qui a la fleur blanche & double ; l'autre, dont la fleur est simple, d'un pourpre bleu, avec des cannelures couleur de pourpre, garnies de poils dans les intervalles, les pointes jaunâtres & un pistil bleu, revêtu de poils ; la troisieme a la fleur double d'un pourpre bleu.


KELEKSS. m. (Hist. mod.) espece de bateau dont on se sert en Asie pour les caravanes qui voyagent par eau. Ils contiennent 28 ou 30 personnes, & 10 à 12 quintaux de marchandises.


KELLLE FORT de, (Géog.) fort important d'Allemagne, sur la rive droite du Rhin, bâti par les François sur les desseins du maréchal de Vauban, pour la défense de Strasbourg. Il fut cédé à l'empereur en 1697 par le traité de Ryswick, repris par les François en 1703, & finalement rendu à l'empire par le traité de Bade.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KELLINGTON(Géog.) ville à marché d'Angleterre, au pays de Cornouaille, à 60 lieues sud-ouest de Londres. Elle envoie deux députés au parlement.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KELLS(Géog.) ville d'Irlande dans la province de Leinster, au comté d'Est-Meath, avec titre de baronie, sur le Blackwater. On dispute si le Laberus des anciens est Kells ou Kildare, qui sont tous deux dans la même province. Long. 10. 14. lat. 53. 45.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KELONTERS. m. (Hist. mod.) c'est le nom qu'on donne en Perse au grand juge des marchands Arméniens qui sont établis à Zulpha, l'un des faubourgs d'Ispahan. C'est le roi de Perse qui le choisit dans leur nation : il a le droit de décider tous les procès qui s'élevent entre les Arméniens sur le fait du commerce.


KELSO(Géog.) ville à marché d'Ecosse, au comté de Roxbourg, sur le Tweed, à 10 lieues S. E. d'Edimbourg, 109 N. E. de Londres. Long. 15. 10. lat. 55. 40.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEMAS. m. (Hist. nat. Bot.) fruit qui croît sous terre en plusieurs endroits d'Afrique, & sur-tout en Numidie, & qu'on regarde comme un mets délicieux. Il y a lieu de croire que c'est une espece de mousseron ou de bufle : quelques auteurs ont cru que c'étoit la même chose que le fruit du tarsi. Voyez HABHARRIS.


KEMAC(Géog.) célebre forteresse d'Asie, au pays de Roum, à 7 lieues de la ville d'Arzendgian, aux confins de la Natolie. Elle est sur l'Euphrate, dans un terroir admirable par sa beauté.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEMBOKUS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est un arbre du Japon, de grandeur médiocre, dont les feuilles & les fleurs ressemblent à celles du myrthe romain de Mathiole. Ses baies viennent seules sur un pédicule ; elles sont pointues & de la grosseur d'un grain de poivre ; les semences ressemblent à celles de l'ancolie ; leur goût est un peu amer & fort astringent. Cet arbre est consacré aux idoles.


KEMEASS. m. (Commerce) taffetas de soie qui viennent des Indes orientales.


KEMPERKEMSS. m. (Fauconnerie) Dans les Pays-bas on donne le nom de kemperkems à plusieurs oiseaux de passage, qui y viennent tous les ans des pays septentrionaux au mois de May. Ils fréquentent les eaux ; ils sont très-remarquables par la diversité de leurs pennages ; ils s'apparient & font leurs petits, & aussitôt qu'ils sont en état de voler, ils s'en retournent tous ensemble au pays d'où les peres sont venus ; & ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'ils sont tous, peres & enfans, d'une figure & d'un plumage différent : on en distingue de huit sortes ; l'un a la figure d'une perdrix, l'autre est diversifié de quantité de couleurs, verd blanc, rouge, amétiste & jaune, quoique chacune de ses plumes soit d'une couleur pleine & sans mélange, un autre est d'une figure monstrueuse.


KEMPFERAS. f. (Bot. ex.) genre de plante ainsi nommée par le docteur Houstoun, en mémoire de Kempfer, que ses voyages & ses écrits ont rendu célebre. Voici les caracteres de ce genre de plante ; sa fleur est anomale, monopétale & découpée par les bords en segmens ; quand elle est tombée, le pistil devient un fruit dur, divisé en quatre cellules, pleines de petites graines. Cette plante est commune à la Jamaïque & dans plusieurs autres lieux des Indes occidentales, où elle s'éleve à la hauteur de trois ou quatre piés, & devient ligneuse. Elle est décrite & représentée dans le paradisus batavus, où elle est nommée veronicae similis, fruticosa curassovica. Ses fleurs naissent en épis, & sont d'un fort beau bleu.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEMPTEN(Géog.) ville d'Allemagne en basse Souabe, dans l'Algow & dans l'état de l'abbé de Kempten, qui ne releve que du S. siége, est prince de l'Empire, & a voix aux diettes. La ville dépendoit autrefois de l'abbé, mais elle est libre & impériale. Depuis 1525 on y professe la religion luthérienne. Les Suédois la prirent en 1632 ; les Impériaux la reprirent en 1633. Elle se rendit aux Bavarois en 1703, mais elle a recouvré sa liberté. Elle est sur l'Iller, à 12 N. E. de Lindau, 20 S. O. d'Augsbourg, 9 S. E. de Memmingen. Long. 28. lat. 47. 42.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENS. m. (Hist. modern.) nom de plusieurs mois lunaires qui composent le cycle de cinq ans des Chinois. Ken-su est le septieme, ken-schin le dix-septieme, ken-gin le vingt-septieme, ken-çu le trente-septieme, ken-shin le cinquante-septieme.

KEN, s. m. (Commerce) mesure des longueurs dont on se sert à Siam ; c'est une espece d'aune qui n'a pas tout-à-fait trois piés, deux kens faisant un voua, qui revient à la toise de France moins un pouce. Le ken contient deux soks, le sok deux keubs, & le keub douze nious : ces nious sont comme les pouces du pié de roi ; il faut huit grains de ris, dont la premiere enveloppe n'a pas été brisée au moulin, pour faire un niou ; ensorte que huit de ces grains valent encore neuf de nos lignes. On a dit qu'au-dessus du ken est le voua ou toni ; au-dessus du voua est le sen, qui en contient vingt ; cent sens font le roc-neug ou la lieue : ce qu'on nomme jod contient quatre sens. Voyez JOD, SEN, VOUA, &c. Dict. de Commerce.


KENAS. f. (Hist. mod.) nom d'une plante dont les femmes tartares de la petite Bucharie se servent pour se teindre les ongles en rouge. Elles la font sécher, la pulvérisent, la mêlent avec de l'alun en poudre, & laissent le mélange exposé à l'air pendant 24 heures avant que de s'en servir. Cette couleur dure, dit-on, fort longtems.


KENDAL(Géog.) c'est peut-être le concangium des Latins, ville riche & bien peuplée d'Angleterre au Westmorland. On y fait un bon commerce de draps, de droguets, de serges, de coton, de bas & de chapeaux. Elle est sur la riviere de Ken, dans une vallée d'où elle prend son nom, à 60 milles N. O. de Londres. Long. 14. 35. lat. 54. 22.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENKOOS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est une plante du Japon avec laquelle on fait du papier.


KENN(Géog.) riviere d'Ecosse dans la province de Gallowai ; elle a sa source aux frontieres de Nithesdale, coule au midi, & forme le lac de Kennmoot ; en sortant de ce lac elle se jette un mille plus bas dans la Dée.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENNAOUG(Géog.) ville de l'Indoustan, au pays de Hend, au second climat. Long. selon d'Herbelot, 115d. lat. 26.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENNASERIM(Géog.) ville de Syrie, peu éloignée d'Alep : Cosroés, roi de Perse, la prit sur l'empereur Phocas ; & les califes de Damas & de Bagdat s'en emparerent ensuite. Long. 57. lat. 35. 30.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENNES. m. (Hist. nat.) nom d'une pierre fabuleuse qu'on a prétendu se former dans l'oeil d'un cerf, & à laquelle on a attribué des vertus contre les venins : il y a lieu de croire que c'est ce qu'on appelle communément lacryma cervi.


KENNEMERLAND(Géog.) partie considérable de la Hollande septentrionale, dont Almaer & Beverwyck sont aujourd'hui les principaux lieux. Le Kinnem est un ruisseau qui lui donne son nom. Les Kennemarses ont succédé aux Marsatiens, & se sont distingués par beaucoup de guerres. Harlem étoit la capitale de l'ancien Kennemerland, mais elle en a été détachée dans la suite, & ce pays commence présentement au-delà de cette ville.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENOQUE(LE FORT DE), Géograph. fort des Pays-bas dans la Flandre Autrichienne, entre Ypres & Furnes, à 2 lieues & demie de Dixmude. Long. 20. 26. lat. 50. 58.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEN(ROYAUME DE), Géog. historiq. ancien royaume d'Angleterre, fondé par les Saxons : Hengist en fut le premier roi l'an 455, & Baldret le dernier l'an 805. Il étoit borné au midi & à l'orient par la mer ; il avoit la Tamise au nord, & le royaume de Sussex à l'occident. Sa longueur étoit de 60 milles, & sa plus grande largeur de 30. Ses principales villes étoient Dorobern, nommée ensuite Cantorbery, sa capitale, Doveson (Douvres), & Rochester. Depuis la destruction de l'Heptarchie par Ecbert, Kent n'est plus qu'une belle province d'Angleterre.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENT(Géog.) province maritime d'Angleterre à l'orient & à l'entrée de la Manche, dans les diocèses de Cantorbery & de Rochester. Elle a 160 milles de circuit, contient environ 12 cent 48 mille arpens, & 39 mille 242 maisons.

Suivant la différence de son terroir, on la divise en trois parties ; savoir, les dunes où, selon le proverbe, on a santé sans richesses ; les endroits marécageux, où l'on a richesses sans santé ; & les parties méditerranées, où l'on a santé & richesses. Une partie de cette province est pleine de bois-taillis, une autre abonde en grains, une autre en pâturages. Il y a des houblonnieres qui rapportent plus que les meilleurs vignobles, & l'on y voit des laboureurs qui retirent annuellement un millier de livres sterling de leurs terres. On y trouve les eaux médicinales de Tunbridge, d'excellentes cerises, & des pommes renettes (gold-pepins) égales aux meilleures de la Normandie,

Les rivieres qui l'arrosent sont la Tamise, qui la sépare du comté d'Essex, le Medway, la Stoure, &c. Le saumon du Medway est estimé, & les truites de Forwich, près de Cantorbery le sont encore davantage pour leur goût & leur grandeur.

Les principales villes sont Rochester, Maidstone, Douvres, Sandwich, Romney, Queensborough, Hyeth, Folkentone, &c. C'est aussi dans cette province que se trouvent les principaux d'entre les cinq ports (qui sont présentement au nombre de huit), dont les quatre de Kent sont Douvres, Sandwich, Romney, Hyeth.

Quand Guillaume I. conquit l'Angleterre, il confirma les anciens priviléges du comté de Kent, que l'on nomme Gavelkind. Les trois principaux de ces droits sont, 1°. que les hoirs mâles partagent également les biens de terre ; 2°. que tout héritier à l'âge de 15 ans peut vendre & aliéner ; 3°. que nonobstant la conviction du pere atteint de quelque crime capital, le fils ne laisse pas d'hériter de ses biens.

Enfin cette province peut se vanter de ne le pas céder à d'autres en production d'hommes célebres : c'est assez de nommer l'immortel Harvey, Philippe Sidney, François Walsingham, Jean Wallis & Henri Wotton.

Sidney est connu par sa valeur, par les beaux emplois dont Elisabeth l'honora, & par son arcadie. Il mourut d'une blessure qu'il reçut au combat de Zutphen en 1586, âgé de 32 ans.

Walsingham, ministre & favori de la même reine, a laissé d'excellens ouvrages de politique, qui ont été traduits en François, & imprimés à Amsterdam en 1705 in -4°. Il finit ses jours en 1598 entre les bras de la pauvreté.

Wallis est un des plus grands mathématiciens de l'Europe. Ses ouvrages ont été recueillis en trois volumes in-folio. Il possédoit la Musique des anciens à un degré éminent, & avoit un talent particulier pour déchiffrer les lettres écrites en toutes sortes de chiffres : il se rendit par-là non-seulement utile à sa patrie, mais aux princes étrangers qui étoient liés à l'Angleterre, dont il reçut des marques glorieuses de reconnoissance. Comblé de gloire & d'années, il finit sa carriere à Oxford en 1703, âgé de 87 ans.

Wotton, fils du chevalier Thomas Wotton, créé chevalier lui-même par Jacques VI. se distingua par son esprit, ses ambassades dans les cours étrangeres, & des ouvrages rassemblés en un volume sous le titre de reliquae Wottonianae. Il mourut en 1639, âgé de 71 ans.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KENTZINGUE(Géog.) petite ville d'Allemagne, dans le Brisgow, sur l'Elz, peu loin du Rhin, & appartenante à l'empereur. Long. 25. 26. lat. 48. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEPATHS. m. (Commerce) petit poids dont se servent les Arabes. C'est la moitié du daneck, c'est-à-dire du grain, douze kepaths font le dirhem ou dragme arabique. Quelques-uns croyent que le mot karat vient de celui de kepath. Voyez CARAT, Dictionnaire de Commerce.


KEPLERLOI DE, (Astron.) on appelle ainsi la loi du mouvement des planetes que le célebre astronome Kepler a découvert par ses observations. Voyez ASTRONOMIE. Il y a proprement deux lois observées par Képler ; mais on nomme ainsi principalement la seconde : la premiere de ces lois est que les planetes décrivent autour du soleil des aires proportionnelles au tems. La seconde est que les quarrés des tems des révolutions sont comme les cubes des distances moyennes des planetes au soleil.

M. Newton a le premier donné la raison de ces lois, en faisant voir que la premiere vient d'une force centripete, qui pousse les planetes vers le soleil ; & la seconde, de ce que cette force centripete est en raison inverse du quarré de la distance. Voyez CENTRAL, GRAVITE, NEWTONIANISME, &c. (O)


KERAH(Géog.) ville de Perse, dont la longit. selon Tavernier est de 86. 40. latit. 34. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KERAKATON(Géog.) ville de la grande Tartarie, près de la grande muraille de la Chine, sur la riviere de Logaa.


KÉRAMÉE(Géog. anc.) lieu de la Grece dans l'Attique, autrefois nommé Céramique, parce qu'on y faisoit des tuiles d'une terre grasse, qu'on tiroit des champs plantés d'oliviers. M. Spon distingue deux Kéramées ou Céramiques, l'un intérieur, & l'autre extérieur. Le céramique intérieur faisoit un quartier d'Athènes ; c'étoit une promenade agréable, & le rendez-vous des courtisannes. Le céramique extérieur étoit un fauxbourg de la ville, où l'on faisoit les tuiles dont nous venons de parler, & où Platon enseignoit la Philosophie.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KÉRAMIENS. m. (Hist. mod.) nom d'une secte de musulmans qui a pris son nom de Mahomet Bent Keram, son auteur.

Les Kéramiens soutiennent qu'il faut entendre à la lettre tout ce que l'alcoran dit des bras, des yeux, & des oreilles de Dieu. Ainsi ils admettent le tagiassum, c'est-à-dire une espece de corporéïté en Dieu, qu'ils expliquent cependant fort différemment entre eux. Voyez ANTHROPOMORPHITE. Dictionnaire de Trevoux.


KÉRANAS. f. (Hist. mod.) longue trompette approchante de la trompette parlante, dont les Persans se servent pour crier à pleine tête.

Ils mêlent ce bruit à celui des hautbois, des timbales, des tambours, & des autres instrumens qu'ils font entendre au soleil couchant & à deux heures après minuit. Dictionnaire de Trévoux.


KERATO-PHARYNGIE(Anatomie) nom de deux paires de muscles du pharynx, qui sont distingués en grands & en petits. Voyez HYOPHARYNGIEN.


KÉRATOGLOSSE(Anatomie) voyez CERACO-GLOSSE.


KERATOPHYTESou CÉRATOPHYTES, keratophyta, lythoxyla ; (Hist. nat.) les kératophytes sont de l'ordre des fossiles accidentels qui viennent originairement de la mer. Ce sont des pétrifications d'une espece de corail à branches hautes & minces. La substance de ce fossile a de la ressemblance avec de la corne : Wallerius définit les keratophytes corallia origine cornea ramosa tenuiora.

On trouve trois especes de keratophytes fossiles décrits par les Naturalistes.

1°. Le kératophyte réticulé ou en raizeau : il ressemble à une noix mince, creuse & vuidée. C'est le retepora de quelques lithologistes : corallina reticulata ; keratophyton retiforme.

2°. Le keratophyte rameux ou en forme de branches d'arbre ; il ressemble à un arbrisseau branchu ; les intervalles des branches dans la pétrification sont remplis par la pierre même ou par le roc, dans lequel le keratophyte se trouve. Il en vient du comté de Neufchâtel, ainsi que du canton de Bâle ; on découvre les branches en faisant tremper la pierre dans une eau seconde, ou dans du vinaigre ; parce que la pierre qui les enveloppe est calcaire & soluble dans les acides. Wallerius l'appelle keratophyton fruticosum : corallina fruticosa alba.

3°. Le keratophyte entortillé en forme de bruyere ou de buisson ; les branches en sont minces, entrelassées & en grand nombre : il ressemble à un petit buisson ou à de la bruyere. En latin erica marina, petrefacta, keratophyton ramosissimum forma ericae.

Il ne faut pas confondre ce keratophyte avec des bruyeres & d'autres plantes pétrifiées, ou plutôt incrustées, qui se trouvent quelquefois dans le tuf. Article de M. ELIE BERTRAND.

KERATOPHYTE, (Hist. nat. fossile) nom donné par quelques naturalistes à une espece de corail qui se trouve pétrifiée dans le sein de la terre ; on la nomme aussi lithoxylon.. Wallerius en compte trois especes, la premiere a, selon lui, la forme d'une noix ; il l'appelle rétiforme, ou rétépore, ou corallina reticulata, & dit qu'elle ressemble à une coquille de noix, & est ou blanche ou noire ; la seconde espece est rameuse ; la troisieme espece a, selon lui, la figure de la bruyere. Voyez la Minéralogie de Wallerius, tome II.


KERE(LE,) Géog. riviere de Hongrie, qui a sa source en Transylvanie, au comté de Zarand, dans les montagnes, & se perd enfin dans la Teisse, au comté de Gzongratz.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KERMAN(Géog.) province de Perse dans sa partie méridionale. Elle répond à la Caramanie des anciens ; Berdaschir, Gireft, ou Sirest, Sirgian, Sarmaschir, Bam, sont les principales villes de cette province. D'Herbelot la borne à l'Orient par le Macran & le Ségestan, & au Couchant par le Fars. Le grand desert de Nanbendigian la sépare du Khorassan vers le Nord ; la mer & le golphe de Perse la termine au Midi. On rencontre, dit le même auteur, beaucoup de cantons dans le Kerman, qui sont entierement déserts, faute d'eau ; car il n'y a dans tout le pays aucune riviere considérable qui l'arrose. C'est, au rapport de Tavernier, dans le Kerman que se sont retirés presque tous les Gaures ; ils y travaillent les belles laines des moutons de ce pays-là ; ils en font des ceintures dont on se sert en Perse, & de petites pieces de serge, qui sont presque aussi douces, & aussi lustrées que la soie.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KERMASIN(Géog.) ville d'Asie en Perse, dans l'Irac-Adgend, au Midi de Hamadan. Nassir-Eddin, & Ulug-Beg, lui donnent 83d. de long. & 34. 30 de latitude.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KERMES. m. (Minéral.) mot dont on se sert dans quelques mines pour designer des espaces qui sont à 60 piés de distance les uns des autres, où l'on place des ouvriers, pour se relayer à porter de la mine sur leurs épaules, lorsque les galeries sont longues.


KERMEN(Géog.) ville de la Turquie européenne, dans la Romanie, près d'Andrinople, Long. 44. 16. lat. 41. 46.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KERMÈSS. m. (Hist. nat. bot.) espece de coque ou d'excroissance grosse comme une baie de genievre qui croît sur les feuilles d'une espece de chêne vert, & qui est d'un usage considérable dans la Medecine & dans la Teinture. Voyez TEINTURE.

Le kermès ou écarlate, appellé cocos baphica par les Grecs, vermiculus par les Latins, & quelquefois vermillon par les François, est une espece de nid d'insecte de la grosseur environ d'une baie de genievre, rond, uni, luisant, d'un très-beau rouge, & rempli d'un suc mucilagineux de la même couleur, que l'on trouve attaché à l'écorce & aux branches d'une espece de chêne vert appellé par les Botanistes ilea aculeata cocci glandifera, qui croît en Espagne, en Languedoc, & en plusieurs autres pays chauds.

La baie de kermès a une odeur vineuse, un goût amer, assez agréable ; & sa pulpe est remplie d'un nombre infini d'oeufs d'animalcules.

L'origine du kermès vient, à ce qu'on croit, d'un petit vermisseau, qui piquant ce chêne pour en tirer sa nourriture & y déposer ses oeufs, y fait naître une coque ou une vessie qui se remplit de suc, & qui en murissant devient rouge comme nous la voyons.

De-là vient que quand on fait sécher le kermès, il en sort une si grande quantité de petits vers & de moucherons presque imperceptibles, que toute sa substance intérieure semble s'être convertie en ces petits insectes. C'est pour cette raison qu'on le nomme aussi vermillon, ou parce qu'il fait la teinture du beau rouge vermeil. Pour remédier à cet accident, quelques-uns font tremper pendant un peu de tems le kermès dans du vinaigre, avant de le faire sécher.

On tire le suc ou la pulpe du kermès en le pilant dans un mortier, & le passant à-travers un tamis ; on en fait du syrop en y ajoutant une quantité suffisante de sucre. On fait aussi quelquefois sécher la pulpe séparée de son écorce, & on lui donne le nom de pastel de kermès.

Le kermès est d'un grand usage dans la Medecine : il est cardiaque, dessicatif, astringent. Il fortifie l'estomac, & empêche l'avortement. C'est avec lui que l'on fait la fameuse confection appellée alkermès. Voyez CONFECTION.

Il est néanmoins d'un plus grand usage dans la Teinture ; & pour cet effet on le prépare de la maniere suivante. Le grain étant mûr, on l'étend sur un linge, & l'on a soin de le tourner deux ou trois fois par jour, tandis qu'il est encore humide, pour empêcher qu'il ne s'échauffe, jusqu'à ce qu'on apperçoive parmi les grains une poudre rouge ; on sépare celle-ci en la passant à-travers des tamis, & l'on continue d'étendre les grains & de les tamiser jusqu'à ce qu'il ne se ramasse plus de cette poussiere sur leurs surfaces.

Lorsqu'on commence à s'appercevoir que les grains de kermès remuent, on les arrose avec du fort vinaigre, & on les frotte entre les mains. Quand on néglige cette précaution, il sort de chacun une petite mouche, qui après avoir volé autour pendant deux ou trois jours, change de couleur & meurt à la fin.

Le grain étant entierement vuide de sa pulpe ou poussiere, on le lave dans du vin, & on l'expose au soleil ; après quoi on le met dans des petits sacs avec la poudre qu'il a donnée.

Suivant les expériences que M. le C. de Marsilli a faites à Montpellier, la graine de kermès, de même que la noix de galle, mêlée avec du vitriol, fait de l'encre ; avec de l'huile de tartre, ou de l'eau de chaux, sa couleur qui ressemble à celle de la brique, se change en un beau cramoisi. Dans la décoction de tournesol, elle conserve la couleur qui lui est naturelle : il n'a pas été possible d'en tirer un sel fixe essentiel, mais elle a donné dans la distillation un sel volatil, qui au sentiment de M. de Marsilli, auroit un bien meilleur effet en Medecine pris dans quelque liquide, qu'enveloppé dans des conserves & des confections qui ne font qu'embarrasser son action.

KERMES de Pologne, (Insectologie) autrement dit graine d'écarlate de Pologne ; mais ce n'est point une graine, c'est un véritable insecte qui s'attache à la racine du knawel ; voyez KNAWEL.

De-là vient que Breynius le naturaliste, qui en a parlé avec le plus de connoissance, le nomme coccus radicum. Il a été connu jusqu'ici sous le nom de graine d'écarlate de Pologne, coccus tinctorius polonicus, parce que c'est principalement dans ce royaume qu'on prenoit soin de le ramasser.

La Pologne n'est pourtant pas le seul des pays du nord, où cet insecte naisse, & peut-être existe-t-il dans des pays très-tempérés ; mais il pourroit être assez commun en quelques endroits, & y être inconnu, parce qu'il se cache si bien, qu'il n'y a que les hasards qui puissent le faire découvrir, même à ceux qui le cherchent ; d'autant plus que ce n'est que dans des terreins sablonneux & arides qu'on le trouve sur le knawel.

Divers auteurs prétendent que le même insecte, ou un semblable, croit aussi sur les racines de plusieurs autres plantes, comme sur celle de la piloselle, de l'herniaire, de la pimprenelle & de la pariétaire ; cependant on n'a point encore trouvé cet insecte en France, du-moins M. de Reaumur, qui le range dans la classe des progallinsectes, l'a fait chercher sans succès.

Quoi qu'il en soit, comme cet insecte n'en veut qu'aux racines du knawel, on le distingue essentiellement du kermès de Languedoc, qui ne vient que sur les tiges & les branches de l'yeuse.

C'est en Juin qu'on détache le kermès de Pologne, des racines de la plante ; chaque grain est alors à peu près sphérique, & d'une couleur de pourpre violet. Les uns ne sont pas plus gros que des grains de millet ou de pavot ; & les autres sont aussi gros que des grains de poivre ; chacun est logé en partie dans une espece de coupe ou de calice, comme un gland l'est dans le sien ; plus de la moitié de la surface extérieure du petit insecte, est recouverte par le calice. Le dehors de cette enveloppe est raboteux, & d'un brun noir, mais son intérieur est poli. Il y a telle plante de knawel, sur laquelle on ne trouve qu'un ou deux de ces grains ou insectes, & on en trouve plus de quarante sur d'autres.

A la fin de Juin, il sort un ver de chacun des plus petits grains, de ceux qui ne sont pas plus gros que des grains de pavot ; entre ces vers, les uns se couvrent de duvet, tandis qu'il n'en paroît point sur d'autres ; mais tous quittent une dépouille pour se transformer en une nymphe, qui, après être restée quelques jours immobile, devient une mouche à corps rouge, ayant deux aîles blanches, bordées de rouge ; voilà les kermès mâles.

Les insectes, qui égalent en grosseur des grains de poivre, ne subissent point une semblable métamorphose ; aucun d'eux ne se transforme en mouche ; ces gros grains, ou ces gros insectes, par rapport aux autres, sont les kermès femelles, sur lesquelles les petites mouches marchent, montent & joignent leur derriere au leur, vraisemblablement pour en féconder les oeufs. On a d'autant plus lieu de se le persuader, que les gros insectes, après avoir passé quelque tems avec les petites mouches, se couvrent bientôt de duvet, & font des oeufs au bout de quelques jours ; au lieu que ceux qui n'ont point eu de commerce avec les petites mouches, restent presque nuds ; ou s'ils prennent un peu de duvet, ils ne parviennent point à pondre. Les petits, peu de jours après être nés, se fixent sur quelque nouvelle racine de knawel, s'y nourrissent & y croissent.

Telle est en peu de mots l'histoire du kermès de Pologne, depuis le tems où il paroît sous la forme d'une boule, logé en partie dans un calice jusqu'au tems où le petit, sorti de l'oeuf, songe à son tour à pulluler. M. Frisch est le premier qui a parlé de la transformation du progallinsecte, des racines de knawel en mouche ; mais M. Breynius a rectifié cette idée trop générale, & a donné l'histoire précise de cet insecte singulier, dans une dissertation latine, jointe à l'appendix des actes des curieux de la nature, année 1733 ; & cette dissertation est ornée de figures qui paroissent faites avec soin. Nous y renvoyons les lecteurs.

On ignore si le kermès de Pologne a, comme la cochenille du Mexique, la propriété de se conserver, au lieu que nous sommes sûrs de la conservation de la cochenille du Mexique, pendant plus d'un siecle. Les insectes, mangeurs de cadavres d'insectes, ne veulent point de celui-ci : peut-être n'en seroit-il pas de même du kermès de Pologne. On l'employoit autrefois pour teindre en rouge ; c'étoit pour ainsi dire la cochenille du Nord ; on y en faisoit des récoltes ; mais ces recoltes moins abondantes, plus difficiles que celles de la véritable cochenille, & qui donnent une drogue moins bonne pour la teinture, ont été tellement abandonnées, que bien-tôt nous n'en connoîtrons plus l'usage que par les écrits des savans.

C'est du moins ce qui est arrivé à bien d'autres matieres animales, qui servoient autrefois à la teinture de pourpre, comme aussi aux insectes de la racine de pimprenelle, du lentisque, de la pariétaire, du plantain & de la piloselle, dont on ne parle plus. Le seul kermès du Languedoc se recueille encore, parce qu'on l'a anciennement introduit dans deux préparations de médecine, qui, quoique très-médiocres en vertu, subsistent toujours d'après les vieux préjugés. Nous ne manquons pas en Pharmacie d'exemples pareils ; toutes les préparations galéniques sont de ce nombre.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)

KERMES, (Mat. méd. & Pharmacie) coque de kermès, & plus communément graine de kermès.

On prépare en Languedoc un suc ou sirop de kermès, de la maniere suivante : on mêle trois parties de sucre avec une partie de coques de kermès écrasées ; on garde ce mêlange pendant un jour dans un lieu frais ; le sucre s'unit pendant ce tems au suc de kermès, & forme avec ce suc une liqueur, qui, étant passée & exprimée, a la consistance de sirop. Cette composition est envoyée en grande quantité à Paris & dans les pays étrangers.

On nous apporte aussi du même pays les coques de kermès nouvelles & bien mures, dont on prépare quelquefois une conserve, suc ou sirop de kermès, de la maniere suivante : pilez des graines de kermès dans un mortier de marbre, gardez-les dans un lieu frais pendant sept à huit heures, pour que le suc se dépure par une légere fermentation ; exprimez & gardez encore le suc pendant quelques heures, pour qu'il acheve de s'éclaircir par le repos ; versez la liqueur par inclination ; mêlez-la avec deux parties de sucre, & faites évaporer à un feu doux, jusqu'à la consistance d'un sirop épais.

Les apoticaires de Paris préparent rarement ce sirop ; ils préferent avec raison celui qu'on apporte de Languedoc. C'est avec l'un ou l'autre de ces sirops, qu'on prépare la célebre confection alkermès. Voyez l'article CONFECTION.

Les semences de kermès, données en substance, depuis un demi-scrupule jusqu'à un gros, ont acquis beaucoup de célébrité dans ces derniers tems contre l'avortement. Geoffroy assûre, dans sa matiere médicale, d'après sa propre expérience, que plusieurs femmes, qui n'avoient jamais pû porter leurs enfans à terme, étoient heureusement accouchées au bout de neuf mois, sans accident, après avoir pris, pendant tout le tems de leur grossesse, les pilules suivantes :

Prenez graine de kermès récente en poudre, & confection d'hyacinte, de chacun un gros ; germes d'oeufs dessechés & réduits en poudre un scrupule ; sirop de kermès, suffisante quantité ; faites une masse de pilules pour trois doses ; on donnera à six heures de distance l'une de l'autre, c'est-à-dire en douze heures, avalant par dessus chaque dose un verre de bon vin avec de l'eau, ou d'une eau cordiale convenable.

La graine de kermès en substance, est fort célebre encore pour rétablir & soutenir les forces abattues, sur-tout dans l'accouchement difficile, à la dose d'un gros jusqu'à deux. Le sirop est employé au même usage à la dose d'une ou de deux onces.

L'un & l'autre de ce remede passe pour stomachique, tonique & astringent ; les anciens ne lui ont connu que cette derniere propriété.

Quelques auteurs ont attribué à la graine de kermès une qualité corrosive, capable d'entamer la membrane intérieure des intestins ; Geoffroy prétend que cette imputation n'est point fondée.

La poudre de graine sechée de kermès, entre dans la confection alkermès, dans la confection d'hiacinthe, dans la poudre contre l'avortement ; le sirop entre dans les pilules de Becher. (b)

KERMES MINERAL, (Chimie & Mat. médicale) Prenez une livre de bon antimoine crud que vous concasserez grossierement ; mettez-la avec quatre onces de liqueur de nitre fixé dans une caffetiere de terre vernissée ; versez par-dessus une pinte d'eau de pluie, & faites bouillir le tout pendant deux heures ; filtrez ensuite la liqueur toute bouillante ; reversez sur l'antimoine, qui est resté dans la caffetiere, une autre pinte d'eau de pluie, & trois onces de liqueur de nitre fixé ; faites bouillir de nouveau pendant deux heures, & filtrez comme la premiere fois ; ajoûtez après cela deux onces de liqueur de nitre fixé, & une pinte d'eau de pluie, à ce qui reste dans la caffetiere ; faites bouillir pour la troisieme & derniere fois pendant deux autres heures ; après quoi, filtrez la liqueur, & la mêlez avec les précédentes ; laissez le tout en repos, pour donner lieu à la précipitation qui se fera d'une poudre rouge ; la précipitation finie, décantez la liqueur qui surnage le précipité ; faites passer ensuite, à différentes reprises, de l'eau chaude sur ce précipité, jusqu'à ce qu'il soit insipide ; laissez-le bien égoutter sur le filtre ; faites-le sécher, & lorsqu'il sera bien sec, brûlez de l'eau-de-vie une ou deux fois ; faites-le secher de nouveau, & vous aurez ce qu'on appelle le kermès minéral, ou la poudre des chartreux.

La description que l'on vient de donner de la maniere de préparer le kermès minéral, est celle qui fur publiée par ordre du roi en 1720, lorsque M. le régent en eût fait, au nom de S. M. l'acquisition du sieur de la Ligerie, chirurgien, qui est celui qui a fait connoître ce remede en France. Il est nommé dans cette description, poudre alkermès, ou aurifique minéral, à la façon de Glauber mais il étoit déja connu depuis quelques années sous le nom de poudre des chartreux. L'origine de cette derniere dénomination étoit venue de ce que le sieur de la Ligerie avoit fait part au frere Simon, apoticaire des chartreux, des grandes vertus & de la composition de son remede. Celui-ci ayant eu occasion d'en faire l'épreuve avec un succès étonnant, sur un religieux de ses confreres, qui étoit attaqué d'une fluxion de poitrine des plus violentes, & dont les médecins regardoient l'état comme desespéré ; il ne tarda pas à s'annoncer comme le possesseur du nouveau remede, & à en ouvrir boutique, de sorte que le public ayant pris confiance à cette poudre rouge, lui imposa le nom des religieux par qui elle étoit parvenue à sa connoissance, & desquels il étoit obligé de l'acheter pour son usage ; c'est pourquoi elle fut appellée poudre des chartreux.

Ce remede est un très-bon fondant de la lymphe & de toutes les humeurs épaisses ; c'est pourquoi on en fait beaucoup d'usage dans le traitement de plusieurs maladies, tant aiguës que chroniques, soit pour lever les obstructions, soit pour procurer différentes évacuations ; on le recommande sur-tout dans les maladies de poitrine, causées par un engorgement d'humeurs lymphatiques dans les bronches du poumon, pour procurer l'expectoration ; il est aussi très-propre à fondre la bile, & à en favoriser l'évacuation par les selles ; on l'employe même quelquefois avec succès pour exciter les sueurs, lorsque la nature semble vouloir diriger ses mouvemens vers cette route.

La dose du kermès est depuis un demi-grain jusqu'à un grain pour une prise, que l'on répete plusieurs fois dans la journée, suivant les circonstances ; mais lorsqu'on le donne pour faire vomir ou pour purger, la dose en est depuis un grain jusqu'à trois ou quatre. Additions au cours de Chimie de Lemery, par M. Baron.

La théorie chimique de l'opération du kermès minéral, est bien simple. L'alcali-fixe se combine avec le soufre de l'antimoine crud, sous la forme d'un foie de soufre par la voie humide, lequel attaque ensuite la partie réguline de l'antimoine, & en tient une portion en vraie dissolution ; ou bien, ce qui est encore plus vraisemblable, l'alcali fixe s'unit au soufre déja combiné avec le régule d'antimoine, ensorte que le soufre passe dans cette nouvelle combinaison, chargé d'une partie de régule qu'il y entraine avec soi. La liqueur filtrée, après les ébullitions, est donc une vraie dissolution, ou lessive de foie de soufre antimonial, & la poudre qui s'en précipite d'elle-même, & qui est le kermès, est une partie de ce composé, qui sert de composé d'une maniere indéfinie jusqu'à présent. Cette précipitation spontanée n'a rien de particulier ; elle est parfaitement analogue à celle d'une quantité plus ou moins considérable de terre que les alcali fixes dissous laissent échapper, à celle d'une portion de la dose de plusieurs sels métalliques ; par exemple, du vitriol martial, & enfin à celle qu'éprouvent la plûpart des foies de soufres métalliques. Il ne faut donc pas croire, avec M. Baron (qui a d'ailleurs très-bien traité ce sujet dans ses additions à la Chimie de Lemery, d'où nous avons tiré le commencement de cet article), que le kermés soit le foie de soufre antimonial entier, qui se soit précipité par le refroidissement de la liqueur : parce qu'il n'est pas vraiment soluble dans l'eau, & qu'il n'y a été suspendu qu'à la faveur du mouvement violent de l'ébullition ; car premierement il est bien vrai que le kermés est insoluble par les liqueurs aqueuses, & même par la plûpart des menstrues connus ; mais le foie de soufre antimonié est vraiment soluble dans l'eau, & même à froid ; la dissolution de cette substance dans l'eau froide est démontrée par la préparation du soufre doré, qu'on sépare par le moyen d'un précipitant d'une dissolution à froid, permanente, constante, d'un vrai foie de soufre antimonié. Secondement, le foie de soufre antimonié, formé dans l'opération du kermès, passe à-travers le filtre de papier, & y passe avec une liqueur dont il n'altere pas la transparence, ce qui annonce suffisamment une dissolution réelle. (Voyez FILTRE & MENSTRUE). Troisiemement enfin, la liqueur, du sein de laquelle le kermès s'est échappé par une précipitation spontanée, contient encore un foie de soufre antimonial, & non pas du kermès ; & elle n'est pas non plus devenue pure ou presque pure, comme elle devroit l'être, si elle s'étoit débarrassée, en se refroidissant, d'une matiere insoluble qu'elle eût simplement tenu suspendue à la faveur du mouvement d'ébullition. Donc ce n'est pas le foie de soufre antimonial entier, qui, s'étant séparé, en tout ou en partie, de la liqueur dans laquelle il étoit auparavant soutenu, constitue le kermès ; mais une partie, un des matériaux seulement, ou même un débris d'un composé réellement dissous dans cette liqueur.

Le kermès minéral peut se préparer par une autre voie, sçavoir par la voie seche ou par la fonte. Cette maniere, qui est de M. Geoffroy, consiste à faire fondre ensemble dans un creuset une partie d'alkali fixe, & deux parties d'antimoine crud ; à mettre en poudre la masse résultante de ce mélange, encore chaude, à la jetter dans l'eau bouillante, & à l'y laisser environ deux heures ; à filtrer ensuite cette eau au papier, à la recevoir au sortir du filtre dans un grand vaisseau rempli d'eau bouillante, à décanter lorsque la précipitation est faite, à édulcorer, sécher, &c. Mais les bons auteurs de Chimie médicinale conviennent unanimement que le kermès préparé par cette voie, a le défaut grave d'être trop chargé de parties régulines, & d'avoir ses parties trop lourdes, trop grossieres, trop peu divisées. M. Geoffroy avoue lui-même qu'il n'a pas le velouté ou la douceur du toucher de celui qui est prépare par la voie humide ; ce qui est manquer d'une qualité essentielle, ou être inférieur dans un point essentiel ; car la qualité qu'on doit se proposer éminemment dans la préparation des remedes insolubles destinés à passer dans les secondes voies, c'est de leur procurer la plus grande ténuité possible, moyennant laquelle il est même encore douteux si on les met en état de passer par les voies du chyle.

M. Lemery le pere a parlé dans son traité de l'antimoine, d'un précipité spontané de foie antimonial qu'il a donné pour une espece de soufre doré, & que M. Lemery le fils a prétendu avec raison être un vrai kermès minéral, dans un des mém. de l'Acad. R. des Sciences pour l'année 1720. Mais, quoique celui-ci soit préparé par la voie humide, on peut lui reprocher peut-être avec raison, d'être inférieur au kermès de la Ligerie par les mêmes défauts que nous venons d'attribuer au kermès fait par la fonte : car M. Lemery ayant employé une liqueur alkaline beaucoup plus concentrée que celle que demande la Ligerie, & son précipité s'étant formé dans une bien moindre masse de liqueur ; il est très-vraisemblable que ce précipité contiendra plus de parties régulines, & qu'il sera moins divisé, moins subtil.

Quelques artistes scrupuleusement attachés à la recette publiée par ordre du roi, ont constamment observé d'employer à la préparation du kermès la liqueur de nitre fixe, à l'exclusion de tout autre alkali ; mais ce préjugé doit être regardé comme un reste de l'ancienne ignorance. La saine Chimie avoit déjà démontré long-tems avant la publication du procédé du kermès, que l'alkali du nitre & celui du tartre formoient, avec un grand nombre d'autres alkalis végétaux, un genre d'alkali, dont toutes ces différentes especes étoient exactement identiques : or ces différentes especes employées à la préparation du kermès, produisant constamment le même effet, selon le témoignage des bons observateurs, il est prouvé par la raison & par l'expérience que le choix exclusif de la liqueur de nitre fixe est vraiment puérile. On peut dire la même chose de l'usage de brûler de l'eau-de-vie sur le kermès. Les bons ouvriers regardent cette manoeuvre comme une espece de pratique superstitieuse & absolument superflue.

Il y a sur la préparation du kermès un autre problème important : les lotions exactes & multipliées du kermès le rendent-elles plus actif, plus émétique, ou au contraire ? M. Malouin soutient l'affirmative dans sa Chimie médicinale, & M. Baron adopte le sentiment de son confrere dans les additions à la Chimie de Lemery, ch. déjà cité. Mender prétend au contraire, que le kermès " lorsqu'il n'est pas bien dégagé de son alkali par l'édulcoration est beaucoup plus émétique qu'après qu'on lui a enlevé tout son alkali en l'adoucissant ". Les raisons dont M. Baron étaye son sentiment sont très-plausibles ; mais comme ce ne sont que des raisons de la théorie, & qu'il faut absolument des expériences pour établir d'une maniere décisive les propriétés des remedes ; il restera absolument douteux si le kermès parfaitement lavé est plus ou moins émétique que le kermès lavé négligemment, ou même non lavé ; & c'est pour éclaircir ce doute, & non pour l'employer dès à présent avec succès & sans aucune crainte, comme le propose M. Baron, qu'il seroit à propos que les artistes tinssent chez eux, pour l'usage médical, du kermès non lavé, de même qu'ils conservent du kermès bien lavé. (b)


KERMESSE(Peinture) ou plutôt KERMIS ; ce mot d'usage dans la langue hollandoise pour signifier une foire, & aussi quelquefois improprement employé par ceux qui ont parlé des ouvrages de peinture des Flamands & des Hollandois, pour désigner des représentations de fêtes de village, genre dans lequel Téniers (de Jonghes) & Bamboche ont excellé. Quelques françois, habiles à estropier les mots étrangers, ont écrit Caramesse ; ce qui est une double faute, faute d'orthographe & faute de connoissance de la langue.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KERN-STONES. m. (Hist. nat.) nom que le peuple donne dans quelques provinces d'Angleterre à une pierre spathique, qui se trouve environnée de plusieurs couches de sable qui forment comme une croute autour d'elle, & dont elle est comme le noyau. On les trouve dans les endroits sablonneux, dans le voisinage des montagnes. On conjecture avec assez de probabilité qu'elles se sont formées ainsi, parce que la matiere spathique mise en dissolution par les eaux est tombée sur du sable à qui elle a donné de la liaison. Voyez supplément de Chambers.


KERNES. m. (Hist. mod.) nom d'une milice d'Irlande, fantassins. Cambder dit que les armées irlandoises étoient composées de cavalerie, qu'on appelloit galloglasses, & de fantassins armés à la légere, qu'on nommoit kernes.

Les kernes étoient armés d'épées & de dards garnis d'une courroie pour les retirer quand on les avoit lancés.

Kernes dans nos lois signifie un brigand un vagabond. Voyez VAGABOND.


KERRI(Géog.) comté d'Irlande dans la province de Munster sur le Shanon ; il a soixante milles de long sur quarante-sept de large, & contient huit baronies. C'est un pays de montagnes couvertes de bois, & de champs labourables en quelques endroits ; ses lieux principaux sont Adfeart, Trilli, Dingle & Castlemain.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KESILou ZAN, (Géog.) suivant M. Delisle, & selon d'autres, le Kisilosan autrement nommé le Karp, est une riviere de Perse qui prend sa source dans l'Adirbeitzan, sépare le Ghilan du Lahetzan, & se jette dans la mer Caspienne près de Recht. Oléarius dit que ses eaux sont blanchâtres, & qu'elle est d'une rapidité incroyable.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KESITAS. m. (Hist. anc.) mot hébreu qui signifie un agneau. Il est dit dans la Genèse chap. xxxiij. v. 19, que Jacob acheta des fils d'Hémor un champ cent kesitats ou cent agneaux ou brebis, & au livre de Job, chap. lxij. v. 11, que Job reçut de chacun de ses amis un kesita, ce que la vulgate a traduit par ovem unam, une brebis. Les interpretes ne sont pas d'accord sur la véritable signification de ce mot. Le plus grand nombre pense qu'il signifie une monnoie empreinte de la figure d'un agneau. D'autres conviennent qu'il faut entendre par kesita une monnoie ; mais que la figure empreinte dessus étoit un arc qu'on nomme en hébreu kefet, à peu près comme les dariques de Perse portoient un archer. Jonathas & le targum de Jérusalem traduisent cent perles, dérivant le mot kesita de caschat qui veut dire orner. Quelques-uns soutiennent que par cent kesita l'on doit entendre autant de mesures de grain, & d'autres enfin veulent qu'il s'agisse d'une bourse pleine d'or & d'argent ; mais quel inconvénient y auroit-il de prendre kesita à la lettre pour cent agneaux ou brebis en nature ? si l'on fait attention que les richesses des patriarches consistoient principalement en troupeaux, & qu'alors les ventes & achats se faisoient par des échanges de marchandises en nature contre des fonds, d'autant plus que l'argent monnoyé étoit fort rare dans ces tems-là, & que si l'on s'en servoit, il n'est pas démontré qu'il portât quelqu'empreinte de figures ou d'animaux.


KESMARK(Géog.) ville & forteresse de Hongrie, au comté de Scepus, sur la riviere de Paprad, à deux milles de Leutschow, en allant vers le mont Krapack ; son nom en allemand signifie le marché au fromage. Belius en a donné l'histoire dans son Hungariae antiq. & novae.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KESROAN(Géog.) chaîne de montagnes qui font partie du mont Liban en Asie, sur la côte de Syrie. Les Européens l'appellent Castrevent ; c'est, dit la Roque dans son voyage de Syrie, un des plus agréables pays qui soit dans l'orient, tant à cause de la bonté de l'air que de l'excellence des fruits, grains & autres choses nécessaires à la vie. Il est habité par des Maronites qui ont un prince, & par les Grecs melchites, bonnes gens, doux, humains, vertueux, qui nous rappellent le siecle d'or.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KESSEL(Géog.) gros village des Pays-bas dans la haute Gueldre, avec un château ; c'est le chef-lieu du pays de Kessel sur la Meuse, entre Ruremonde & Venlo. Il fut cédé au roi de Prusse par la paix d'Utrecht. Long. 23. 48. lat. 51. 22.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KESTÉEN(Géog.) grand village de Syrie, à 7 lieues d'Alep, en allant à Tripoli ; il donne son nom à une vaste plaine, fertile & bien cultivée, où on nourrit un nombre prodigieux de pigeons. Voyez Manndrell, voyage d'Alep.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KESTEVEN(Géog.) petite contrée d'Angleterre, l'une des trois parties de Lincolnshire ; l'air y est bon, le terroir sec & fertile. Eh quel terroir n'est pas fertile dans ce pays-là ! tout s'y ressent de l'aisance & de la liberté !

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KETIR(Géog.) ville de la Natolie, peu loin de la mer Noire, entre Prusc & Sinope. Long. 62. latit. 43.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KETMIAS. f. (Bot.) genre de plante dont la fleur monopétale ressemble à celle de la mauve ; son fruit est oblong, divisé en plusieurs loges, dans chacune desquelles sont contenues des semences de figure sphéroïde. Le sommet du fruit s'ouvre quand il est mûr, & montre ses graines.

M. de Tournefort compte trente & une especes de ketmia, & il ne les a pas épuisées. On en cultive plus d'une vingtaine en Angleterre dans les jardins des curieux, parce qu'il y a plusieurs ketmia qui s'élevent en buisson à la hauteur de sept ou huit piés, & que la plûpart des especes produisent de très-belles fleurs.

On les multiplie de graine qu'on seme au printems dans une terre légere préparée ; l'année suivante on les transplante dans des couches d'une pareille terre, à la distance d'un pié en quarré : on les laisse croître ainsi pendant deux ans, en les arrosant dans les grandes chaleurs, & en les garantissant des mauvaises herbes ; ensuite on les transporte avec précaution dans des lieux à demeure, ou dans une pépiniere, en observant de les mettre à trois piés d'éloignement.

Il y a quelques especes de ketmia d'une grande délicatesse, & qui demandent des soins attentifs & la chaleur des serres. Il y en a dont les fleurs ont cette singularité de changer de couleur en différens tems du jour, d'être blanches le matin, rouges à midi, & pourpre le soir ; telle est l'espece à double fleur qu'on nomme aux Indes occidentales, rose de la Martinique, & beaucoup mieux en anglois, double china rose ; les Botanistes l'appellent ketmia sincusis, fructu subrotundo, flore pleno. Il y en a dont les fleurs ne vivent qu'un jour, mais qui sont succédées par de nouvelles fleurs jusqu'aux gelées. Il y en a qu'on estime par l'odeur agréable de leurs graines ; il y en a qui sont annuelles & qui forment une jolie variété avec d'autres plantes de cette nature dans des plates-bandes de parterres ; mais Miller vous instruira de toutes ces particularités, que les bornes de cet ouvrage ne permettent pas même de parcourir.

On appelle aujourd'hui la ketmia, gombaut, dans nos isles françoises ; Voyez ce mot : mais il faut conserver précieusement la dénomination de ketmia que les Botanistes ont consacrée de tout tems à ce genre de plante.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KETULES. m. (Hist. nat. Bot.) espece d'arbre qui croît dans l'isle de Ceylan ; il a des feuilles qui ressemblent à celles du cocotier. Son bois est très-dur, d'une couleur noire, avec quelques veines, mais il est sujet à se fendre ; son écorce se partage en filets dont on fait des cordes. En faisant des incisions à cet arbre on en tire une liqueur très-agréable & rafraîchissante : si on la fait bouillir, elle s'épaissit & forme une espece de sucre noir que les habitans nomment jaggori ; il devient blanc lorsqu'on le raffine, & ne le cede en rien au sucre tiré des cannes.


KEUS. m. (Hist. mod.) nom de l'onzieme mois de l'année & d'un des signes du zodiaque, chez le tartare du Cataï : keu signifie dans leur langue chien.


KEUBS. m. (Commerce) mesure des longueurs dont on se sert à Siam ; le keub contient douze nious, c'est la paume des Siamois, c'est-à-dire l'ouverture du pouce & du doigt moyen ; il faut deux keubs pour un sok, & deux soks pour un keu. Voyez ci-dessus KEN. Dictionn. de commerce.


KEUMEESTERSS. m. pl. (Commerce) on nomme ainsi à Amsterdam des commis ou inspecteurs établis par les bourguemestres pour visiter certaines especes de marchandises, & veiller à ce qu'elles soient de bonne qualité, & que le commerce s'en fasse fidelement.

Il y a des keumeesters pour les laines, les chanvres, les cordages ; ils en font la visite & reglent ce qu'il en faut rabattre du prix pour ce qui s'y trouve de tarré & d'endommagé.

D'autres sont chargés de la marque des quartaux, pipes, barrils & autres futailles, & d'y appliquer la marque de la ville quand ils se trouvent de jauge.

Quelques-uns sont pour les suifs, quelques autres pour les beurres & chairs salées. Il n'y a point de marchandise un peu considerable qui ne soit sujette à l'examen de ces inspecteurs.

Leur rapport fait foi en justice, & c'est sur leur témoignage que les bourguemestres & autres juges devant qui les contestations en fait de commerce sont portées, ont coutume de juger. Dictionnaire de commerce.


KEXHOLM(Géog.) on l'appelle autrement Carelsgorod, Kexholmia, ville de l'empire russien dans la Carélie, avec un château sur le lac de Ladoga. La Russie l'a conquise sur la Suede. Elle est à 13 lieues N. E. de Vibourg, 75 N. E. d'Abo. Long. 48. 40. lat. 61. 22.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KEYOOKA(Géog.) ville de l'Amérique dans la nouvelle Espagne, au S. de la baye de Campêche ; les habitans y font le commerce du cacao.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHAATou CATE, s. m. (Hist. nat. Bot.) Les Indiens entendent par-là un suc astringent, qui a été tiré par la décoction des fruits, des racines ou des écorces, & qui a été épaissie. On le mâche dans les Indes avec le betel & l'arec ; il donne une couleur rouge à la salive. On croit que c'est le lycium indicum de Pline & de Théophraste. L'acacia, dont l'écorce est rouge & astringente, & plusieurs autres plantes des Indes, donnent un suc semblable, mais qui varie pour la bonté : on regarde comme le meilleur celui qui est tiré de la plante appellée kheir. Voyez Ephemerid. nat. curiosor. dec. II. 3 observ. 1. pag. 7. & suiv.


KHAIBAR(Géog.) petite ville de l'Arabie heureuse, abondante en palmiers, à six stations de Médine, entre le septentrion & l'orient. Elle est, selon Abulféda, à 67d 30' de longitude, & à 24d 20' de latitude.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHANS. m. (Hist. mod.) édifice public en Turquie pour recevoir & loger les étrangers.

Ce sont des especes d'hôtelleries bâties dans les villes & quelquefois à la campagne ; ils sont presque tous bâtis sur le même dessein, composés des mêmes appartemens, & ne différent que pour la grandeur.

Il y en a plusieurs à Constantinople, dont le plus beau est le Validé khana, ainsi nommé de la sultane Validé ou mere de Mahomet IV, qui le fit construire : le chevalier d'Arvieux en fait la description suivante dans ses mémoires tom. IV ; & elle suffira pour donner au lecteur une idée des autres khans.

C'est, dit cet auteur, un grand bâtiment quarré, dont le milieu est une vaste cour quarrée, environnée de portiques comme un cloître ; au milieu est un grand bassin avec une fontaine : le rez-de-chaussée derriere les portiques, est partagé en plusieurs magasins, où les négocians mettent leurs marchandises. Il y a un second cloître au premier étage, & des chambres dont les portes donnent sur le cloître ; elles sont assez grandes, toutes égales ; chacune a une cheminée. On les loue tant par jour ; & quoique le loyer soit assez modique, le khan ne laisse pas de produire considérablement à ses propriétaires. Deux janissaires en gardent la porte, & on y est dans une entiere sûreté. On respecte ces lieux comme étant sous la protection de la foi publique. Tout le monde y est reçu pour son argent ; on y demeure tant qu'on veut, & l'on paye son loyer en rendant les clés. Du reste on n'y a que le logement ; il faut s'y pourvoir de meubles & d'ustenciles de cuisine : les Levantins la font eux-mêmes & sans beaucoup d'apprêts. Les murailles de ces khans sont de pierre de taille ou de brique fort épaisses ; & toutes les chambres, magasins & corridors voûtés : le toît en terrasse bien carrelé, en sorte qu'on n'y craint point les incendies.

KHAN. On donne aussi en Turquie ce nom à de petits forts ou châteaux fortifiés, bâtis sur les grandes routes & à distance des villes, pour servir de refuge aux voyageurs. Le chevalier d'Arvieux, dans ses mémoires, dit qu'il y en avoit deux aux environs d'Alep, dont un est ruiné.


KHANBILS. m. (Hist. nat. Medec.) nom donné par Avicenne à une substance que Mathiole & quelques autres auteurs appellent sementina ou semen lubricorum, & que de Jager regarde plûtôt comme une poudre très-fine qui ressemble au mercure précipité rouge ; on s'en sert en Perse & en Arabie pour guérir & dessécher les ulceres & les pustules & galles qui viennent au visage & à la tête des enfans : on prend aussi de cette poudre intérieurement, mais elle a besoin d'un correctif, qui est le mastic, l'anis ou le fenouil. Voyez Ephemerid. nat. curios. decur. II. observ. 1. p. 5. & suiv.


KHANBLIou KHANBALIG, (Géog.) nom de la ville que nos Historiens & nos Géographes ont appellée Cambala, & qu'ils ont placée dans la grande Tartarie, au septentrion de la Chine ; mais suivant les Géographes & les Historiens orientaux, il est constant que c'est une ville de la Chine. Ebn-Saïd, dans Abulféda, lui donne 130d de longitude, & 35d 25' de latitude septentrionale. Ebn-Saïd ajoûte qu'elle étoit fort célebre de son tems par les relations des marchands qui y alloient trafiquer, & qui en apportoient des marchandises. La premiere conquête de Gengis-Kan, après s'être rendu maître de la grande Tartarie, fut celle de Khanbalig, qu'il prit par ses lieutenans sur l'empereur de la Chine. Khanbalig, Khanblig, Cambala & Pékin, sont autant de noms d'une même ville. Voyez PEKIN.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHATOUATS. m. (Commerce) mesure des longueurs dont se servent les Arabes ; c'est le pas géométrique des Européens. Le khatouat contient trois akdams ou piés. Douze mille khatouats font la parasange. Voyez PARASANGE, dict. de commerce.


KHAZINES. f. (Hist. mod.) trésor du grand-seigneur. Voyez TRESOR & ECHIQUIER.

Là on met les registres des recettes, des comptes des provinces, dans des caisses cotées par années, avec les noms des provinces & des lieux. C'est-là aussi que l'on serre une partie des habits du grand-seigneur.

Tous les jours de divan on ouvre ce trésor, ou pour y mettre, ou pour en retirer quelque chose : il faut que les principaux officiers qui en ont la charge assistent à cette ouverture. Le tchaouch-bachi leve en leur présence la cire dont le trou de la serrure est scellé ; & l'ayant porté au grand-visir, ce ministre le baise d'abord, & puis le regarde. Il tire ensuite de son sein le sceau du grand-seigneur, qu'il y porte toujours, & il le donne au tchaouch-bachi, qui ayant enfermé & scellé le trésor, rapporte au visir, avec la même cérémonie, le sceau qu'il en avoit reçu.

Il y a d'autres appartemens où l'on enferme l'argent ; & dans lesquels les officiers n'entrent jamais avec des habits qui ayent des poches. Dictionnaire de commerce.


KHÉSEL(LE) ou KHÉSILL, Géog. grande riviere d'Asie dans la Tartarie, au pays des Usbecs ; elle a sa source dans les montagnes qui séparent les états du grand khan des Calmoucks de la grande Boukarie, vers les 43 deg. de latitude & les 96 deg. 30'. de longitude, & se dégorgeoit autrefois dans la mer Caspienne, à 40d 30' de latit. mais depuis 1719 elle n'a plus de communication avec la mer Caspienne ; elle porte ses eaux dans le lac d'Aral.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHOGEND(Géog.) ou COGENDE, car c'est un même lieu, ville d'Asie dans la Transoxane, située sur le Sihun (le jaxartes des anciens), qui porte aussi le nom de fleuve de Khogend. Elle est à quatre journées de Schasch, & à 7 de Samarkande. Ses jardins portent des fruits exquis. Quelques géographes lui donnent 90. 35. de long. & 41. 25. de lat. septentrionale.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHORASSAou CORASAN (LE) Géographie. Parthia, vaste pays d'Asie, proche l'Irac Agémi ; il est actuellement possédé par les Usbeks, & a quatre villes principales ou royales, Balkh, Mérou, Nichabourg & Hérat. Il faut ici lire la description que Nassir-Eddin a donné de cette contrée, ainsi que de ses villes, avec leurs longitudes, leurs latitudes, & selon le climat.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHOSAou KHASAR : (Géog.) pays d'Asie dans l'empire Russien ; le pays est situé au septentrion de la mer Caspienne, & voisin de Capchatz, avec lequel il est souvent confondu. La ville principale des peuples qui habitent le pays de Khosar, se nomme Belengiar ; elle est située à 85. 20. de long. & à 46. 30. de latit.


KHOTAN(Géog.) grand pays d'Asie à l'extrémité du Turquestan, & arrosé de plusieurs rivieres dans le cinquieme climat. Abulfeda insinue que c'est la partie septentrionale de la Chine, appellée autrement le Khataï. La capitale de ce vaste pays est aussi nommée Khotan.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)

KHOTAN, (Géog.) ville d'Asie, capitale d'un pays très-fertile de même nom, au Turquestan. Cette ville, suivant les tables Persiennes, est de 107 deg. de long. & de 41. de lat. Suivant l'auteur du canoum, sa long. est de 100 deg. 40', & sa lat. de 43d 30'.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHOVAGEH-ILGAR(Géog.) petite ville de la Transoxane ou de la grande Boukarie, dans la contrée délicieuse de Schasch.

Cette petite ville est bien remarquable par la naissance de Tamerland, un des plus grands conquérans de l'univers, n'ayant point d'états de patrimoine, il subjugua autant de pays qu'Alexandre, & presqu'autant que Gengis.

Il se rendit maître du Khorassan, de la province de Candaar & de toute l'ancienne Perse. Après la prise de Bagdat il passa dans les Indes, les soumit ; & se saisit de Dély, qui en étoit la capitale. Vainqueur des Indes, il se jetta sur la Syrie, & s'en empara.

Au milieu du cours de ses conquêtes, appellé par les Chrétiens & par cinq princes mahométans, il descend dans l'Asie mineure, & livre à Bajazet en 1402, entre Césarée & Ancyre, cette grande bataille, où il sembloit que toutes les forces du monde fussent assemblées. Bajazet vit son fils Mustapha tué en combattant à ses côtés, & tomba lui-même captif entre les mains du vainqueur.

Souverain d'une partie de l'Asie mineure, il repassa l'Euphrate, & vint se reposer à Samarkande, où il reçut l'hommage de plusieurs princes de l'Asie, l'ambassade de plusieurs souverains, & maria tous ses petits-fils & ses petites-filles le même jour.

Il y méditoit encore la conquête de la Chine dans la vieillesse, où la mort le surprit en 1414, à l'âge de 71 ans, après en avoir regné 36, plus heureux par sa longue vie & par le bonheur de ses petits-fils, qu'Alexandre, mais bien inférieur au macédonien, suivant la remarque judicieuse de M. de Voltaire ; parce qu'il détruisit beaucoup de villes sans en bâtir ; au lieu qu'Alexandre, dans une vie très-courte & au milieu de ses conquêtes rapides, construisit Alexandrie & Scanderon, rétablit cette même Samarkande, qui fut depuis le siége de l'empire de Tamerland ; bâtit des villes jusques dans les Indes, établit des colonies grecques au-delà de l'Oxus, envoya en Grece les observations de Babylone, & changea le commerce de l'Asie, de l'Europe & de l'Afrique, dont Alexandrie devint le magasin universel.

Nous avons en françois une histoire de Tamerland par Vattier, & la vie de ce prince traduite du persan par M. Petit de la Croix, en 4 tomes in -12. Mais ce qu'en dit M. de Voltaire dans son hist. universelle doit suffire aux gens de goût.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KHOVAREZM(Géog.) grand pays d'Asie, qui tient lieu de la Chorasmie des anciens. Ce pays, dans l'état où il est présentement, confine, du côté du nord, au Turquestan & aux états du grand Khan des Calmoucks ; à l'orient, à la grande Boukarie ; au midi, aux provinces d'Astarabat & de Korasan, dont il est séparé par la riviere d'Amn, si fameuse dans l'antiquité sous le nom d'Oxus, & par des déserts sablonneux d'une grande étendue ; enfin il se termine à l'occident par la mer de Mazandéran, autrement la mer Caspienne. Il peut avoir environ 80 milles d'Allemagne en longueur, & à peu-près autant en largeur ; & comme il est situé entre le 38 & le 43 deg. de lat. il est extrèmement fertile par-tout où il peut être arrosé. Ce pays est habité par les Sartes, les Turcomans & les Usbecks. Nassir-Eddin a donné une table géographique des villes de cette région, qu'il nomme Chowaresm dans l'édition d'Oxford. La capitale, appellée Korcang, est à 94. 30. de long. & à 42. 17. de lat.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIS. m. (Hist. mod.) en persan & en turc signifie roi ou empereur. Les anciens sophis de Perse, avant leur nom propre mettoient souvent le nom de ki. On voit dans leur histoire & dans la suite de leurs monarques, ki Kobad, ki Bahman, &c. c'est-à-dire le roi Kobad, le roi Bahman, &c. Figueroa assure que le roi de Perse voulant donner un titre magnifique au roi d'Espagne, le nomme ki Ispania, pour signifier l'empereur d'Espagne. Ricaut de l'emp. Ott.

KI, (Hist. moder.) chez les Tartares Mongules, signifie un étendart qui sert à distinguer chaque horde ou famille dont leur nation est composée.

Ils nomment encore cet étendart kitaïka, c'est-à-dire, chose faite exprès pour marquer, ou plûtôt parce que cet étendart désigne les Kitaski ou habitans du Kitay.

Ceux d'entre ces Tartares qui sont mahométans, ont sur cet étendart une sentence ou passage de l'alcoran ; & ceux qui sont idolâtres, y mettent diverses figures d'animaux, dont les unes servent à marquer qu'ils sont de telle dynastie ou tribu, & les autres à désigner la famille particuliere à laquelle appartient le nombre de guerriers qui la composent. Voyez ENSEIGNES MILITAIRES.

KI, s. m. (Hist. mod.) nom de la sixieme partie du second cycle des Khataïens & des Iguriens ; ce cycle joint au premier cycle, qui est duodénaire, sert à compter leurs jours qui sont au nombre de soixante, & qui, comme les nôtres, qui ne sont qu'au nombre de sept, forment leur semaine.

Le mot ki signifie poule ; il marque aussi le dixieme mois de l'année dans les mêmes contrées.

Chez les Chinois, le ki est le nom de plusieurs mois lunaires des soixante de leur cycle de cinq ans, Le ki-su est le sixieme ; le ki-muo, le seizieme ; le ki-cheu, le vingt-sixieme ; le ki-ha, le trente-sixieme ; le ki-yeu, le quarante-sixieme ; le ki-vi, le cinquante-sixieme.

Au reste, ki est toujours le sixieme de chaque dixaine. Voyez le dictionn. de Trévoux.

KI, (Géog.) nom de diverses villes de la Chine. Il paroît par l'atlas sinensis, qu'il y a au moins six villes de la Chine, en diverses provinces, qui s'appellent ainsi.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIAS. m. (Hist. mod.) nom de plusieurs mois du cycle de cinq ans des Chinois. Le kia-çu est le premier ; le kia-sio, l'onzieme ; le kia-shen, le vingt-unieme ; le kia-u, le trente-unieme ; le kia-shin, le quarante-unieme ; le kia-yin, le cinquante-unieme.

D'où l'on voit que le kia est le premier de tous, & le premier de chaque dixaine.


KIAKKIAKS. m. (Hist. mod. Mythol.) c'est le nom d'une divinité adorée aux Indes orientales, dans le royaume de Pégu. Ce mot signifie le dieu des dieux. Le dieu Kiakkiak est représenté sous une figure humaine, qui a vingt aulnes de longueur, couchée dans l'attitude d'un homme qui dort. Suivant la tradition du pays, ce dieu dort depuis 6 mille ans, & son réveil sera suivi de la fin du monde. Cette idole est placée dans un temple somptueux, dont les portes & les fenêtres sont toûjours ouvertes, & dont l'entrée est permise à tout le monde.


KIAM(Géogr.) ou JAMCE, grand fleuve de la Chine, qui prend sa source dans la province de Junnan, traverse celles de Poutchueu, de Hunquam, baigne la capitale, qui est Nanquin ; & après avoir arrosé près de quatre cent lieues de pays, se jette dans la mer orientale, vis-à-vis l'île de Tçoummin, formée à son embouchure par les sables qu'il y charrie. Cette riviere dans son cours, qui est un des plus rapides, fait naître un grand nombre d'îles, utiles aux provinces, par la multitude de joncs de dix à douze piés de haut qu'elles produisent, & qui servent au chauffage des lieux voisins ; car à peine a-t-on assez de gros bois pour les bâtimens & les vaisseaux. Voyez sur ce fleuve M. Delisle, dans sa Carte de la Chine, & les Mémoires du P. le Comte.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIANGNAN(Géographie) ou NANQUIN & NANKIN ; province maritime de la Chine, qui tenoit autrefois le premier rang lorsqu'elle étoit la résidence de l'empereur ; mais depuis que le Pekeli, où est Pekin, a pris sa place, elle n'a plus que le neuvieme. Elle est très-grande, très-fertile, & d'un commerce presque inconcevable. Tout ce qui s'y fait, sur-tout les ouvrages de coton & de soie, y est plus estimé qu'ailleurs. Il y a quatorze métropoles, cent dix cités, & près de dix millions d'ames au rapport des Jésuites. Le Kiangnan est borné à l'est & au sud est par la mer ; au sud par le Chekian ; au sud-ouest par le Kiansi ; à l'ouest par le Huquang ; au nord-ouest par le Haunan ; & au nord par le Quantong. Le fleuve Kiam la coupe en deux parties, & s'y jette dans la mer : la capitale est Nankin.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIANSI(Géogr.) ou KIAMSI, ou KIANGSI. vaste province de la Chine, où elle tient le huitieme rang, bornée au nord-est par celle de Kiangnan ; au nord & au couchant par celle de Huquang ; à l'orient par celle de Chékiand ; au sud-est par celle de Fokien ; & au midi par celle de Quantung ou Canton. Elle est très-peuplée, & produit abondamment tout ce qui est nécessaire à la vie ; elle a des montagnes pour boulevards, & des rivieres & des lacs qui sont remplis d'excellens poissons. On y fait, dans un seul endroit, la plus belle porcelaine dont l'Asie soit fournie. Cette province a treize métropoles, soixante-sept cités, & plus de six millions d'ames, au rapport de nos missionnaires. Nanchang en est la capitale.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIBLATHS. m. (Hist. mod.) les Mahométans nomment ainsi l'endroit vers lequel ils tournent la face à la Meque pour faire leurs prieres. Dans toutes les mosquées des Mahométans, il y a une ouverture du côté de la Meque, afin que l'on sache de quel côté on doit se tourner pour que sa priere soit agréable à Dieu & à Mahomet son envoyé.


KIBOURG(Géog.) ou KYBONRG ; en latin moderne Kiburgium, ville de Suisse au canton de Zurich, sur la riviere de Thoesi, avec un château ; c'est un des plus beaux bailliages du canton. Elle est à cinq lieues N. E. de Zurich, sept S. E. de Schaffouse. Long. 26. 25. lat. 47. 20.

Cette petite ville a donné le jour à Louis Lavater & à Rodolphe Hospinien.

Le premier, mort en 1586, âgé de 59 ans, est connu par son histoire sacramentaire & son traité des spectres, traduit du latin en plusieurs langues.

Hospinien est un des plus laborieux auteurs que la Suisse ait produit. Il mourut en 1626 dans sa 79 année. Le recueil de ses oeuvres, dont la plus grande partie roule sur les dogmes & les pratiques de l'Eglise romaine, forme sept volumes in-folio, qui parurent à Genève en 1681. Son dernier ouvrage, qu'il publia contre les Jésuites en particulier, porte un titre par lequel il se déclare nettement leur plus grand ennemi : Historia Jesuitica ; hoc est, de origine, regulis, propagatione ordinis Jesuitarum, item de eorum dolis, fraudibus, imposturis, nefariis facinoribus, cruentis consiliis, falsâ quoque, seditiosâ & sanguinolentâ doctrinâ.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIDDERMINSTER(Géogr.) ville d'Angleterre dans la province de Worcester. Elle se distingue par ses étoffes de fil & laine, dont on fait des tapisseries, & qu'on emploie à d'autres usages. Long. 15. 30. lat. 51. 54.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIDG(Géographie) ville d'Asie, capitale du royaume de Mécran. Long. 99. lat. 27. 60.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIDWELL(Géogr.) petite ville d'Angleterre, au pays de Galles, dans la province de Carmarten, à l'embouchure du Fowiey, riviere qui y forme un havre. Long. 13. lat. 51. 42.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIECHANG(Géogr.) ville de la Chine, sixieme métropole de la province de Kiansi, avec un beau palais, & deux temples consacrés à la mémoire des hommes illustres. On y fait avec le riz un excellent breuvage, appellé macu. On y fabrique aussi de belles étoffes. Long. 132. 30. lat. 28. 12.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIELDERS. m. (Hist. nat.) oiseau de Norwege connu sous le nom de pie de mer, & que Linnaeus & la plupart des Naturalistes nomment haematopus. Il est de la grosseur d'un geai, son bec est jaune, long & obtus : il est ennemi juré du corbeau, qu'il attaque à coups de bec, & qu'il force à se retirer. Les habitans de Norwege en font très-grand cas, à cause qu'il fait la guerre à cet oiseau, qui leur est nuisible. Voy. Acta hafiniensia, année 1671 & 72.


KIELL(Géogr.) en latin Chilonium par Bertius ; Kiela, par Hermanides ; & Kilo, onis, par d'autres auteurs ; ville forte & considérable d'Allemagne, dans la basse-Saxe, capitale du duché de Holstein-Gottorp, avec un château & une université fondée en 1665.

Le continuateur de la chronique d'Hermold, attribue la fondation de la ville & du château au comte Adolphe IV. qui fut ensuite religieux. Il lui accorda le droit de Lubec, y bâtit un monastere, où il prit l'habit, & y fut enterré en 1261. Il s'y tient tous les ans une foire célebre après la fête des rois.

Kiell est située au fond du golphe de Killer-wick, d'où elle a peut-être pris son nom, à l'embouchure du Schwentin, dans la mer Baltique. Caspard Danckwerth a donné une description complete de Kiell, dans son livre intitulé : New Land. Beschreibung der Zwey Hert-Zogs-Humer Sleswick, und Holstein. Il croit que le golphe est le sinus Chalusus, & que le Schwentin est le fluvius Chalusus de Ptolomée. Quoi qu'il en soit, Kiell est à 9 milles N. O. de Lubeck, à 6 S. E. de Sleswick, à 11 N. E. de Hambourg, & à 2 de Pretz. Long. 20. 44. 30. lat. 54. 25.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIEN-TEHCOUS. m. (Commerce) étoffe de soie de vers sauvages. Cette soie est grise, sans lustre, ce qui fait ressembler l'étoffe à une toile rousse ou aux droguets un peu grossiers ; elle est cependant précieuse, & se vend plus cher que les plus beaux satins.


KIERNOW(Géogr.) ville de Lithuanie sur la Vilie. Les ducs de Lithuanie y faisoient autrefois leur résidence. Long. 42. lat. 54. 50.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIFT(Géog.) ville d'Egypte dans le Said-Aala, qui est la haute Thébaïde. Elle n'est éloignée du Nil que sept parasanges ; cette ville est l'ancienne Coptos, qui a donné son nom au Nil & à toute l'Egypte.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIHAIou KIEHAIA, ou KETCHUDABERG, s. m. (Hist. mod.) nom que donnent les Turcs à un officier qui est le lieutenant général du grand-visir. C'est l'emploi le plus considérable de l'empire Ottoman ; en effet, il faut que toutes les affaires passent par ses mains ; & que toutes les ordonnances de l'empereur aient son attache, sans quoi les bachas ne se croient point obligés d'en tenir compte. On dit de lui communément. le kihaia est pour moi le visir ; le visir est mon sultan, & le sultan n'est pas plus que le reste des Musulmans. Tant il est vrai que les despotes sont les premiers esclaves de leur pouvoir sans bornes, quand ils ne peuvent l'exercer par eux-mêmes. Le grand-visir ne peut point faire un kihaia sans l'agrément du sultan. Voyez Cantemir, Histoire ottomane.


KIJOVN(Hist. anc.) nos dictionnaires rendent mal-à-propos ce mot par chion) est une ancienne idole que les Israëlites avoient honorée dans le désert, comme le leur reproche le prophête Amos, au ch. v. . 26. Au contraire vous avez porté le tabernacle de votre Moloch & Kijovn, vos images, & l'étoile de vos dieux que vous vous êtes faits.

Dom Calmet, tom. II. p. 84. tom. III. p. 5. rend le mot kijun par la base ou le piédestal de vos figures, &c. dérivant le mot hébreu de la racine koun, firmare, stabilire ; sans-doute qu'il veut, par une antiquité des plus reculée, autoriser ce que l'Eglise pratique aujourd'hui dans nos processions, où l'on porte en pompe les reliques & les images des saints ; mais ne devroit-il pas craindre de nuire à sa cause, en rapprochant trop de l'antiquité idolâtre ce que l'Eglise a jugé propre à l'édification du peuple, pour exciter & nourrir sa dévotion. L'allusion seroit d'autant plus favorable à nos processions, que les plus sages d'entre les payens blâmoient cet usage & le tournoient en ridicule. Extremum pompae agmen claudebant deorum simulacra, quae humeris bajulabantur à viris eamque praeferebant formam, quae finguntur apud Graecos, &c. Tacite, annal. iij. Et le même auteur nous apprend qu'après la mort de Germanicus, entr'autres honneurs qu'on lui ordonna, on voulut que sa statue allât devant celle de tous les dieux dans les jeux circenses. Honores ut quis amore Germanicum, aut ingenio validus reperti, decretique, &c.... ludos circenses éburnea effigies praeiret. Macrob. liv. I. 243.

Vehitur enim simulacrum dei Heliopolitani ferculo velut in pompâ circensium vehuntur deorum simulacra. Macrob. lib. I. 243. Suetone nous apprend que Titus fit le même honneur à Britannicus, avec lequel il avoit eu une grande liaison dans son enfance. Statuam ei auream in palatio posuit, & alteram ex ebore equestrem, quae circensi pompâ hodieque praefertur dedicavit. Suet. in Tit.

Il paroît par divers passages d'Hérodote, que cette coutume venoit des Egyptiens, qui l'avoient tirée des Phéniciens.

On peut donc opposer à ceux qui voudroient blâmer ce qui se fait dans l'Eglise catholique, les exemples anciens les plus respectables, les plus religieux & même les plus à portée des sources.

Cependant Dom Calmet n'a pas approfondi la question avec son habileté ordinaire, lorsqu'il a pris kijon pour une base, un piédestal ; s'il avoit fait attention que dans la Mythologie des Arabes, Saturne, le plus ancien des dieux, est appellé Keyvan, ce qui sans-doute est la même chose que le Kijun, Kivono des Hébreux ; l'un & l'autre mot venant de l'ancienne racine kava, adussit, combussit, incendit, il auroit entendu par Kijun le premier des dieux, qui est le soleil, ignis pater. Ce qui se démontre par un passage du Poenulus de Plaute. Milphio jouant sur le mot zona, qui signifie bourse ou ceinture, demande au Cartaginois qui ne portoit point de bourse, Tu qui zonam non habes, quid hanc venisti in urbem, aut quid quaeris ? Le Cartaginois répond dans sa langue : Muphursa mo in lechiana ; paroles dont il est aisé de faire ces anciens mots chaldéens, mephurnesa molech kiana, qui signifient, celui qui nourrit la nature me nourrit, voulant dire que sous la protection du soleil, qui nourrit toute la nature, il n'avoit pas besoin d'argent : réponse très-sensée & très-bonne à faire aux railleries d'un homme qui vous demande que venez-vous faire ici sans argent.

Molech signifie roi, seigneur, dominateur ; Molech Kijun sera donc le seigneur Kijun ; le roi de toute choses, le soleil. Aussi dans l'ancienne langue syriaque kijana signifie la nature.

Or il paroît par des passages de Denis d'Halicarnasse, de Diodore de Sicile, &c. que le soleil étoit regardé comme le maitre, le directeur de la nature. Voici donc comme il faudroit traduire le passage d'Amos : " Vous avez porté les tentes de votre roi de la nature, où sont l'image & l'étoile des dieux que vous vous êtes faits ".

Saint Etienne, Act. cap. vij. 43. citant le passage d'Amos, substitue à Kijun le mot de remphan, ou comme les septante l'avoient rendu, rephan, parce que faisant leur version en Egypte, ils devoient donner aux idoles dont ils parloient le nom que leur donnoient les Egyptiens. Or, comme on le voit par l'alphabet en langue Egyptienne qui est à Rome, & que Kircherus a donné dans son Prodromus Coptus, Saturne est appellé en Egypte Runphan ou Rephan.

Remphan ou Kijun sont donc une même divinité à laquelle le titre de moloch ou dénominateur est toûjours attaché, avec des attributs qui sous le nom de Saturne, ne peuvent convenir qu'au soleil. Ainsi nous lisons dans Macrob. Saturn. lib. I. 7. simulacrum ejus indicio est. Huic deo insitiones sarculorum pomorumque educationes, & omnium ejusmodi fertilium tribuimus disciplinas ; à quoi il ajoûte : cirenenses etiam, cum rem divinam ei faciunt, ficis recentibus coronantur, placent asque mutuò missitant mellis & fructuum repertorum Saturnum existimantes. Aussi Orphée, dans l'hymne de Saturne, l'appelle , prince de la génération, ce qui ne sauroit convenir à la planete de Saturne, mais caractérise très-bien le soleil, principe de génération qui produit les fruits & fait croître les blés, éclaire & fertilise toute la nature.


KIKEKUNEMALOS. m. (Hist. nat.) espece de gomme ou plûtôt de résine qui ressemble à la gomme copale blanche ou au succin, très-propre à faire un beau vernis transparent ; elle se dissout très-promtement dans l'esprit de vin. On la trouve en Amérique. Acta physico medica natur. curiosor. tom. I.


KILAKou KILANI, (Géogr. hist.) nom d'une nation de Tatares ou Tartares orientaux qui demeurent à l'embouchure du fleuve Amour. Ils vont tout nuds, & travaillent en fer. On dit qu'ils ont le secret d'apprivoiser les ours, & qu'ils s'en servent comme nous faisons des chevaux. Ils portent des anneaux au nez, comme plusieurs autres peuples de la Tartarie. Voyez description de l'empire Russien.


KILARGI BACHS. m. (Hist. mod.) chef de l'échansonnerie, ou grand échanson de l'empereur des Turcs. Cet officier est un des principaux de la maison du sultan, & est fait bacha lorsqu'il sort de sa charge. Le Kilarquet odari, son substitut, a en garde toute la vaisselle d'or & d'argent du serrail. Ces officiers, comme presque tous les autres du grand seigneur, sont tirés du corps des Ichoglans. Voyez ICHOGLANS.


KILDAR(Hist. mod.) c'est le nom que l'on donne dans l'empire du grand mogol, au gouverneur d'une forteresse.


KILDERKINS. m. (Commerce) est une espece de mesure liquide, qui contient deux firkins ou dixhuit gallons mesure de biere, & seize à la mesure. Voyez GALLON, MESURE. Il faut deux kilderkins pour un barril, & quatre pour un muid. Voyez BARRIL & MUID.


KILDUYN(Géog.) petite île de la mer Septentrionale, peu distante de celle de Wardhus, à environ 69. 40' de latitude ; elle est couverte de mousse pour toute verdure, & n'est habitée durant l'été que par quelques lapons finlandois ou russes, qui ensuite se retirent ailleurs.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILIA-NOVA(Geog.) Callatia, bourg fortifié de la Turquie européenne dans la Bessarabie, à l'embouchure du Danube. On l'appelle Nova, pour la distinguer de Kilia l'ancien, qui est une bourgade & une île formée par le Danube, à 36 lieues S. O. de Bialogrod, 121 N. E. de Constantinople, Long. 47. 55. lat. 45. 35.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILISTINONSou KIRISTINOUS, ou CHRISTINAUX, ou KRIGS, peuple de l'Amérique septentrionale, au fond de la baie d'Hudson, proche le fort Bourbon ou Nelson. Ce sont, avec les Assiniboëls, les plus nombreux sauvages du lieu, grands, robustes, alertes, braves, endurcis au froid & à la fatigue, toujours en action, toujours dansans, chantans ou fumans. Ils n'ont ni villages, ni demeures fixes ; ils errent çà & là, & vivent de leur chasse. Tout leur pays & ce qui les concerne est très-peu connu, malgré la relation qu'en a donné le P. Gabriel Marest, missionnaire jésuite, dans les lettres édifiantes, tome X. pag. 313.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILKENNY(Géog.) ville à marché d'Irlande, dans la province de Leinster, capitale d'un canton de même nom. C'est une des plus peuplées & des plus commerçantes villes d'Irlande qui sont reculées dans les terres. Elle est sur la Muer, à huit milles de Gowran, & 56 S. O. de Dublin. Long. 10. 20. lat. 52. 36.

Le comté de Kilkenny a 40 milles de long, sur 22 de large ; il est très-agréable & très-fertile.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILL(Géog.) riviere d'Allemagne, dans le cercle électoral du Rhin. Elle a sa source aux confins des duchés de Limbourg & de Juliers, & se jette dans la Moselle à deux lieues au-dessous de la ville de Treves.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILLALOW(Géog.) petite ville d'Irlande, dans la province de Connanght, capitale du comté de Clare ou de Thomond, avec un évêché suffragant d'Arnagh sur le Shanon, à dix milles de Limérick, & 90 S. de Dublin ; cette petite ville tombe chaque jour en décadence. Long. 9. 50. lat. 52. 43.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILLASS. m. (Hist. nat.) nom donné par les ouvriers des mines de Cornouailles à une espece de terre d'un blanc grisâtre, mêlée de beaucoup de particules de spath calcaire, qui se dissout dans les acides, sans que la terre en soit attaquée. Cette terre se trouve par couches qui ont deux ou trois piés d'épaisseur, & qui accompagnent les filons de mines d'étain. On donne aussi le même nom en Angleterre à une espece de schiste ou d'ardoise, dont on couvre les maisons en quelques endroits. Supplément de Chambers.


KILLIN(Géog.) assez grande ville de la Turquie européenne ; dans la Bessérabie, à 28 lieues de Bender. Long. 47. 10. lat. 49. 6.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILLYLAGH(Géog.) petite ville d'Irlande dans la province d'Ulter, au comté de Down, sur le lac de Stranforg. Elle est à 17 milles de Dromore, & envoie deux députés au parlement d'Irlande. Long. 11. 22. lat. 54. 30.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KILMALOCK(Géog.) ville d'Irlande, dans la province de munster, au comté de Limerick, dont elle est à 16 milles au S. Long. 8. 46. lat. 52. 58.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIM-TE-TCHIM(Géog.) vaste & magnifique bourg de la Chine, dans la province de Kiansi, & dans la dépendance de Feuleangi. C'est ce lieu qui lui-seul fournit presque toute la belle porcelaine de la Chine. Quoiqu'il ne soit pas entouré de murailles, il vaut bien une grande ville pour la beauté de ses rues qui sont tirées au cordeau, pour le nombre de ses habitans que l'on fait monter à un million, & pour le commerce qui y est prodigieux.

Kim-Te-Tchim est placé dans une plaine environnée de hautes montagnes ; & peut-être cette enceinte de montagnes forme-t-elle une situation propre aux ouvrages de porcelaine. On y compte trois mille fourneaux qui y sont destinés ; aussi n'est-il pas surprenant qu'on y voye souvent des incendies ; c'est pour cela que le génie du feu y a plusieurs temples : mais le culte & les honneurs que l'on prodigue à ce génie, ne rendent pas les embrasemens plus rares. D'un autre côté un lieu si peuplé, où il y a tant de richesses & de pauvres, & qui n'est point fermé de murailles, est gouverné par un seul mandarin, qui par sa bonne police, y établit un ordre & une sûreté entiere. Voyez de plus grands détails dans les lettres édifiantes, tome XII. page 255. & suiv.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIMI(Géog.) ville de Suede, capitale de la province de même nom dans la Laponie, sur la riviere de kimi, près de son embouchure, dans le golfe de Bothnie, à 4 lieues S. E. de Tornea. Long. 41. 25. lat. 65. 40.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIMPEou QUIMPERCORENTIN, (Géog.) ainsi surnommé de saint Corentin son premier évêque, que quelques-uns disent avoir vêcu sous Dagobert vers l'an 630. Il est vraisemblable que le Corisopitum de César est notre Kimper, mot qui en Breton signifie petite ville murée. C'est une ville de France en basse-Bretagne, avec un évêché suffragant de Tours, elle est sur la riviere d'Oder, à 12 lieues S. E. de Brest, 42 S. O. de Rennes, 124 S. O. de Paris. Long. 13d. 32'. 35''. lat. 47d. 58. 24.

Kimper est la patrie du P. Hardouin jésuite. Il est si connu par son érudition, la singularité de ses sentimens, ses doctes réveries, & ses visions chimériques, qu'il me doit suffire de transcrire ici l'épitaphe que lui fit M. de Boze, qui peint assez bien son caractere.

In expectatione judicii,

Hîc jacet

Hominum paradoxotatos ;

Natione gallus, religione romanus ;

Orbis litterati portentum,

Venerandae antiquitatis cultor, & destructor ;

Doctè febricitans,

Somnia & inaudita commenta

Vigilans edidit ;

Scepticum piè egit ;

Credulitate puer, audaciâ juvenis,

Deliriis senex.

Il mourut à Paris en 1729, âgé de 83 ans.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIMSKI(Géog.) ville de la Tartarie moscovite, dans le Tunguska, entre des rochers & des montagnes, sur une petite riviere de même nom. On trouve autour de cette ville quantité de martres zibélines, plus noires qu'ailleurs.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIN YUS. m. (Hist. nat.) ce mot signifie poisson d'or ; les Chinois le donnent à un petit poisson d'une beauté merveilleuse, qui se trouve dans quelques-unes des rivieres de leur pays. Le mâle a la tête rouge, ainsi que la moitié du corps, qui est ordinairement de la longueur du doigt ; le reste est parsemé de taches brillantes comme de l'or ; la femelle est blanche comme de l'argent. Ces poissons se tiennent communément à la surface des eaux où ils se remuent avec une agilité surprenante ; ce qui produit un effet admirable, sur-tout lorsque le soleil les éclaire, les gens riches en garnissent les bassins de leurs jardins ; mais par malheur ces animaux sont très-délicats & sensibles aux vicissitudes de l'air, au tonnerre, au chaud & au froid, & même aux odeurs fortes & au bruit.


KIN-KIou POULE D'OR, (Hist. nat.) c'est le nom que les Chinois donnent à un oiseau d'une beauté merveilleuse qui ne se trouve qu'à la Chine, & sur-tout dans la province de Quang-si. Cet oiseau a un plumage si éclatant, que lorsqu'il est exposé au soleil, il paroît tout d'or, mêlé de nuances les plus vives & les plus belles ; on assure de plus qu'il est d'un goût délicieux. On en a quelquefois apporté en Europe, pour orner les volieres des curieux opulents d'hollande & d'autres pays.


KING(Hist. mod. Philosoph.) ce mot signifie doctrine sublime. Les Chinois donnent ce nom à des livres qu'ils regardent comme sacrés, & pour qui ils ont la plus profonde vénération. C'est un mélange confus de mysteres incompréhensibles, de préceptes religieux, d'ordonnances légales, de poésies allégoriques, & de traits curieux tirés de l'histoire chinoise. Ces livres qui sont au nombre de cinq, font l'objet des études des lettrés. Le premier s'appelle y-king ; les Chinois l'attribuent à Fohi leur fondateur ; ce n'est qu'un amas de figures hiéroglyphiques, qui depuis long-tems ont exercé la sagacité de ce peuple. Cet ouvrage a été commenté par le célebre Confucius, qui, pour s'accommoder à la crédulité des Chinois, fit un commentaire très-philosophique sur un ouvrage rempli de chimeres, mais adopté par sa nation ; il tâcha de persuader aux Chinois, & il parut lui-même convaincu, que les figures symboliques contenues dans cet ouvrage renfermoient de grands mysteres pour la conduite des états. Il réalisa en quelque sorte ces vaines chimeres, & il en tira méthodiquement d'excellentes inductions. Dès que le ciel & la terre furent produits, dit Confucius, tous les autres êtres matériels existerent ; il y eut des animaux des deux sexes. Quand le mâle & la femelle existerent, il y eut mari & femme, il y eut pere & fils ; quand il y eut pere & fils ; il y eut prince & sujet. Delà, Confucius conclut l'origine des lois & des devoirs de la vie civile. Il seroit difficile d'imaginer de plus beaux principes de morale & de politique ; c'est dommage qu'une philosophie si sublime ait elle-même pour base un ouvrage aussi extravagant que le y-king. Voyez CHINOIS, Philosophie des.

Le second de ces livres a été appellé chu-king. Il contient l'histoire des trois premieres dynasties. Outre les faits historiques qu'il renferme, & de l'authenticité desquels tous nos savans européens ne conviennent pas, on y trouve de beaux préceptes & d'excellentes maximes de conduite.

Le troisieme qu'on nomme chi-king, est un recueil de poésies anciennes, partie dévotes & partie impies, partie morales & partie libertines, la plûpart très-froides. Le peuple accoûtumé à respecter ce qui porte un caractere sacré, ne s'apperçoit point de l'irréligion, ni du libertinage de ces poésies ; les docteurs qui voyent plus clair que le peuple, disent pour la défense de ce livre, qu'il a été altéré par des mains profanes.

Le quatrieme & le cinquieme king ont été compilés par Confucius. Le premier est purement historique, & sert de continuation au chi-king ; l'autre traite des rites, des usages, des cérémonies légales, & des devoirs de la société civile.

Ce sont là les ouvrages que les Chinois regardent comme sacrés, & pour lesquels ils ont le respect le plus profond ; ils font l'objet de l'étude de leurs lettrés, qui passent toute leur vie à débrouiller les mysteres qu'ils renferment.


KING-HORN(Géog.) ville d'Ecosse, dans la province de Tife sur le Forth, à 3 lieues N. d'Edimbourg, 112 N. de Londres. Long. 14. 5. lat. 66. 23.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KING-KI-TAO(Géog.) c'est le nom que les Tartares qui régnent présentement à la Chine ont donné à la capitale de la Corée ; les Chinois l'appellent Pingiang, tandis que les Japonois & les Hollandois qui ont long-tems séjourné dans ce pays-là, la nomment Sior. Que d'erreurs cette multiplicité de noms si dissemblables, doit-elle causer dans la Géographie, pour des lieux qui ne sont pas aussi fameux que la capitale d'un si grand pays ? Sa longitude, suivant le P. Gaubil, est 133d. 33'. 30''. lat. 37 deg. 30' 19''.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINGANS. m. (Commerce) sorte d'étoffe à fond bleu, qui se fabrique au Japon qui en fournit beaucoup à la terre de Jeço. Elle est ordinairement à fleur semblable à celle de nénuphar.


KINGOS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est une plante du Japon ; elle a de grandes fleurs blanches qui s'ouvrent le matin. Le kos & kudsi, vulgairement firagavo ; en est une autre qui s'épanouit à midi ; l'une & l'autre se cultivent dans les jardins.


KINGS-COUNTY(Géog.) regis comitatus ; contrée d'Irlande dans la province de Leinster. Ce comté est de 48 milles de long, sur 14 de large ; il comprend 11 baronies : Philips-Town en est la capitale.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINGSALE(Géog.) ville à marché d'Irlande, dans la province de Munster, au comté & à 12 milles S. de Gork. Elle est peuplée, marchande, & a un excellent port. Long. 9. 10. lat. 51. 36.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINGSTON(Géog.) ville d'Angleterre dans le comté de Surrey sur la Tamise, à 10 milles de Londres ; c'est où se tiennent les assises. Long. 17. 18. lat. 51. 24.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINGSTOWNon PHLIIPS-TOWN, REGIOPOLIS, (Géog.) ville d'Irlande dans la province de Leinster, capitale du Kings-County, à 18 milles N. E. de Kildare, & à 3 milles des frontieres d'Ouest-méath. Long. 10. 15. lat. 53. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINGTUNG(Géog.) ville de la Chine, septieme métropole de la province d'Iunnan, à dix lieues de la ville de ce nom, entre de hautes montagnes fort serrées, & au-dessus d'un vallée très-profonde. Longitude 119. 40. lat. 26. 10.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINHOA(Géog.) c'est-à-dire, fleuve de Vénus ; ville de la Chine, cinquieme métropole de la province de Chékiang. On y fait de ris & d'eau la meilleure boisson qui se boive dans toute la Chine. Long. 136. 55. lat. 28. 57.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINNEM(Géog.) petite riviere des Pays-bas dans la Nort-Hollande ; c'est la décharge de l'ancien lac de Shermer, qui se rendoit à l'ouest dans l'Océan par une embouchure, & au midi dans l'île par la riviere de Sane, qui donne le nom à Samedam ou Sardam.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINROSSE(Géog.) ville d'Ecosse, capitale du comté de même nom, à 18 milles N. O. d'Edimbourg, 116 lieues N. O. de Londres. Long. 14. 22. lat. 56. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINSINS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est un arbre du Japon, qui s'éleve en cône comme le cyprès, à la hauteur d'environ trois brasses, & dont les feuilles ressemblent à celles du laurier rose. Son fruit est oblong, partagé en deux, ressemblant par sa partie supérieure à un grain de poivre, & renfermant un noyau.


KINSTORE(Géog.) petite ville d'Ecosse, au comté d'Aberdeen. Longit. 15. 30. latit. 47. 57. 58.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KINSUS. m. (Botan.) espece de lin qui croit à la Chine : on en tire une filasse blonde, très-fine ; on en fabrique des toiles très-estimées dans le pays, & très-commodes en été. On n'en trouve que dans le Xansi ; la rareté en augmente encore le prix.


KINTZIGKintia, (Géog.) riviere d'Allemagne, qui a plusieurs sources, dont la plûpart s'unissent à Schiltack, dans la principauté de Furstenberg, au cercle de Suabe : elle passe à Offenbourg, & va se perdre dans le Rhin, au-dessous du fort de Kehl.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIOCHS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est un arbrisseau sauvage du Japon, hérissé d'épines, dont les feuilles sont grandes, terminées en pointe, & finement dentelées. Ses fleurs sont blanchâtres, à cinq pétales, & disposées en ombelle ; sa semence ressemble à celle du lin.


KIOOS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est une espece d'abricotier du japon, dont le fruit est gros. On le nomme vulgairement ansu, & katamomu, qui signifie momu du Catay.


KIOSCHES. m. (Arch. turq.) mot turc qui veut dire pavillon : c'est une espece de bâtiment turc, élevé au-dessus du terrein. Pietro della Vallée, & M. Girardin, lieutenant-civil de Paris, ont décrit ces sortes d'édifices. Voici ce qu'en dit ce dernier dans les remarques de Bespier sur Ricaut, tom. I. pag. 8. Les kiosches sont les plus agréables bâtimens qu'ayent les Turcs : ils en font sur le bord de la mer & des rivieres, mais sur-tout dans les jardins proche des fontaines, & voici à-peu-près leur maniere. Ils élevent un grand sallon sur quantité de colonnes ou de figures octogonales ou dodécagonales. Ce sallon est ouvert de tous côtés, & on en ferme les ouvertures avec de grands matelats qui se levent & qui se baissent avec des poulies du côté que vient le soleil, pour conserver la fraicheur pendant l'été. Le pavé est ordinairement de marbre, & ils font au milieu, & en plusieurs coins, différentes fontaines, dont l'eau coule après sa chute à-travers le sallon par quantité de petits canaux. Il y a un lieu élevé qui regne à-l'entour, qu'on couvre, pour s'asseoir, de riches tapis & de grands carreaux faits des plus belles étoffes de Perse & de Venise. Le plancher lambrissé est divisé en plusieurs compartimens dorés & azurés agréablement, sans représenter pourtant aucune fleur, ni aucun animal, cette sorte de peinture étant défendue parmi les Turcs. Le frais regne toûjours dans ces sallons, qui sont ordinairement élevés de terre de cinq ou six marches ; les plus riches de l'empire en ont dans leurs jardins, où ils dorment après dîner en été, & où ils entretiennent leurs amis à leurs heures de loisir.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIOWou KIOVIE, Kiovia, (Géog.) ville très-ancienne de Pologne, capitale de l'Ukraine, dans le palatinat de même nom, avec un évêché suffragant de Lembourg, & un château. Elle appartient à la Russie ; les Catholiques y ont quatre églises ; cette ville florissoit dans le xj. siecle ; c'étoit la résidence du prince des Russes, la capitale de son état, siége d'un archevêque, & contenant alors plus de 400 églises. Elle est sur le Nieper, à 76 lieues N. E. de Kaminieck ; 165 S. E. de Warsovie, 190 N. E. de Cracovie. Long. 55. 26. lat. 50. 12.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIPSCHACKou KAPSCHAC, (Géog.) grand pays d'Europe & d'Asie, entre le Jaïck & le Boristhène ; c'est la véritable patrie des Cosaques. Il abonde en grains, en bétail, & est sous la domination d'un kan, de plusieurs autres princes, & de la Russie. C'est de ce pays que sortirent autrefois les Huns, les Gétes, les Gépides, les Vandales, les Alains, les Suéves, & autres peuples, qui inonderent le monde, & détruisirent l'empire romain. Les trois plus belles rivieres du Kapschac sont le Volga, le Jaïck, & l'Irtisch : Serai est la ville capitale de ce vaste pays. Voyez Petit de la Croix dans son Histoire de Gengis-kan.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIRCHBERG(Géog.) petite contrée d'Allemagne, avec titre de comté en Souabe, près d'Ulm : elle appartient à la maison d'Autriche.

Il y a encore un bailliage de ce nom au bas-Palatinat, & une contrée en Suisse, qui est une des communautés du Tockenbourg inférieur.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIRCHEHER(Géog.) ville d'Asie dans la Natolie, entre Césarée & Angoura. Long. 36. 30. lat. 39.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIRIS. m. (Hist. nat. bot.) c'est un arbre du Japon, dont la fleur ressemble à celle de la digitale. Son bois léger & ferme, est employé à faire des coffres & des tablettes : ses feuilles sont fort grandes, cotonneuses, avec une oreillette de chaque côté. Ses fleurs, qui ressemblent à celles du muffle de veau, sont d'un bleu purpurin, blanchâtres en-dedans, d'une odeur douce, longues de deux pouces, à cinq levres crenelées, & d'une figure très-agréable. On tire de ses deux semences, qui sont à-peu-près de la forme & de la grosseur d'une amande, une huile qui sert à divers usages ; c'est la feuille de cet arbre que les dairis du Japon ont choisi pour leurs armoiries. Elle est surmontée en chef dans leur écusson, de trois épis de fleurs.


KIRISMA-TSUTSUSIS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est un arbuste du Japon fort touffu & fort estimé ; sa fleur est de couleur écarlate ; il en est tellement couvert au mois de Mai, qu'il paroît tout en sang.


KIRKALDIE(Géog.) ville d'Ecosse ; dans la province de Fise, à 3 lieues N. d'Edimbourg, & 113 N. O. de Londres. Long. 14. 45. lat. 56. 20.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIRKUBRIGHT(Géog.) petite ville d'Ecosse, dans la province de Gallowai, à l'embouchure de la Dée, où l'on peut faire un très-bon havre, à 123 lieues S. O. de Londres. Long. 13. 18. lat. 55. 8.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIRKWAL(Géog.) petite ville d'Ecosse, capitale de l'île de Pomona ou Mainland, seule ville ou bourg des Orcades ; elle est remarquable par son église ; & est agréablement située sur une baie, presque au milieu de l'île, à 21 milles N. d'Edimbourg, 200 de Londres. Long. 14. 58. lat. 58. 56.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIRMEUS. m. (Hist. nat.) oiseau qui se trouve sur les côtes de Spitzberg ; il a le corps aussi petit qu'un moineau ; cependant comme il est fort garni de plumes, on le croiroit fort gros au premier coup d'oeil ; sa queue est d'une longueur extraordinaire ; son bec est mince & pointu & d'un rouge très-vif, ainsi que ses pattes ; ses ongles sont noirs ; ses jambes qui sont fort courtes sont rouges ; le dessus de sa tête est noir ; le reste du corps est d'un gris argenté ; le ventre & le dessous des ailes sont très-blancs, le dessus a des plumes noires. Toutes ces plumes sont fines comme des cheveux ; leurs oeufs sont gris, tachetés de noir & de la grosseur de ceux des pigeons ; le jaune en est rouge ; ils sont très-bons à manger.


KIRMONCHA(Géog.) ville d'Asie dans la Perse ; elle est, selon Tavernier, à 63d. 45'. de long. & à 34d. 39'. de latitude.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIROS. m. (Hist. nat. bot.) c'est un arbrisseau du Japon qui n'est point âcre, dont la feuille est grande, & ressemble à celle du lys ; sa racine est grosse & longue, charnue, fibreuse, un peu amere ; ses fruits sont rouges, de la grosseur & de la figure d'une petite olive, & d'un très-mauvais goût : cet arbrisseau sert à garantir les murs des jardins.


KIRRISS. m. (Hist. mod.) espece de bâton ou de verge de fer ou de bois que les Hottentots portent sans-cesse. Il a la longueur de trois piés & un pouce d'épaisseur ; il est sans pointe ; c'est une arme défensive, dont ils se servent avec beaucoup d'adresse pour parer les coups qu'on veut leur porter.


KIRTON(Géog.) bourg d'Angleterre en Devonshire, sur la petite riviere de Credi ; il se nommoit anciennement Crediantum, d'où le nom moderne s'est formé par contraction. Je parle de ce lieu, parce qu'il est souvent mentionné dans l'ancienne histoire ecclésiastique d'Angleterre ; parce qu'il étoit le siége épiscopal de la province de Westsex, depuis transféré à Excester, & parce qu'alors il formoit une petite ville de la province.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KISLAR AGAS. m. (Hist. mod.) chef des eunuques noirs, un des plus considérables officiers du serrail.

C'est le surintendant de l'appartement des sultanes, auxquelles il annonce les volontés du grand-seigneur. Il a sous ses ordres un grand nombre d'eunuques noirs destinés à la garde & au service des odaliques. Cet eunuque a un secrétaire qui tient registre de tous les revenus des jamis bâtis par les sultans, qui paye les appointemens des baltagis, des femmes employées au service du serrail, & de tous les officiers qui dépendent de lui. Le kislar-aga va de pair en autorité & en crédit avec le capigi-bachi ou grand-maître du serrail. Les bachas qui ont besoin de sa faveur, ne font aucun présent au sultan, sans l'accompagner d'un autre pour le chef des eunuques noirs ; l'accès facile qu'il a auprès du grand-seigneur l'en rend quelquefois le favori & presque toûjours l'ennemi du grand-visir ; d'ailleurs, les sultanes qui ont besoin de lui le servent par leurs intrigues. Guer, moeurs des Turcs, tome II.


KISMICHou KISCH, (Géog.) île du golphe persique, d'environ 20 lieues de long, & deux de large : elle est fertile & bien habitée, dit Thevenot ; on pêche aux environs des perles, qu'on appelle perles de Bacharein.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KISTES. m. (Commerce) mesure des liquides dont se servent les Arabes. Les auteurs ne sont pas d'accord sur ce qu'elle contient ; les uns la font tenir un septier, d'autres une pinte ou bouteille, & quelques-uns seulement un poisson, moitié du demi-septier de France. Dictionn. de Commerce.


KITAIS. m. (Comm.) sorte de damas qui se fabrique à la Chine. Les femmes des Ostiaques en font des voiles, dont elles se couvrent le visage par modestie. Les kitais sont apportés par les Tartares voisins de la grande muraille, & quelquefois par les Caravanes qui vont de Moscou à Pekin.

On appelle du même nom des toiles de coton de la Chine, les unes blanches, les autres rouges & d'autres couleurs.


KITCHÉS. m. (Hist. mod.) c'est ainsi que les Turcs nomment le bonnet des janissaires, qui est élevé en pain de sucre, & terminé par le haut en forme d'une manche pendante.


KITTIS(Géog.) montagne de la Laponie suédoise, voisine de Pello, village habité par quelques finois, à 66d 48' 20'' de latit. On la suppose dans ce calcul, plus orientale que Paris, de 1'. 23''. En y montant, on trouve une abondante source d'eau la plus claire, qui sort d'un sable très-fin, & qui dans les plus grands froids de l'hiver, conserve sa liquidité. Pendant que la mer du fond du golfe de Bothnie, & tous les fleuves sont aussi durs que le marbre, cette eau coule comme au fort de l'été. Voyez les mémoir. de l'Acad. des Scienc. ann. 1737, pag. 401 & 433.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KITZINGEN(Géog.) petite ville d'Allemagne, en Franconie, au diocèse de Wurtsbourg, sur le Meyn. Long. 27. 41. lat. 49. 45.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIU-GINS. m. (Hist. mod.) c'est le nom que l'on donne à la Chine au second grade des lettrés ; ils y parviennent après un examen très-rigoureux, qui se fait tous les trois ans en présence des principaux mandarins & de deux commissaires de la cour, qui se rendent pour cet effet dans la capitale de chaque province. Les kiu-gin portent une robbe brune avec une bordure bleue, & un oiseau d'argent doré sur leur bonnet. Ils peuvent être élevés au rang des mandarins ; c'est parmi eux que l'on choisit les lettrés du troisieme ordre, appellés tsin-sé ou docteurs. Voyez TSIN-SE.


KIVAC(Géog.) ville d'Asie dans le pays de Khovaresem, au sud-ouest du Gihon, à 95. 35. de long. & à 39. 20. de lat.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KIZILBACHES. m. (Hist. mod.) mot turc, qui signifie tête rouge. Les Turcs appellent les Persans de ce nom depuis qu'Ismaël Sofi, fondateur de la dynastie des princes qui regnent aujourd'hui en Perse, commanda à ses soldats de porter un bonnet rouge, autour duquel il y eût une écharpe ou turban à douze plis, en mémoire & à l'honneur des douze Imans, successeurs d'Ali, desquels il prétendoit descendre.

Vigenere écrit kezeilbais, & il dit que, suivant l'interprétation vulgaire des Persans, les douze plis signifient les douze sacremens de leur loi ; & parce que cela ne le satisfait pas, il en cherche une autre cause, & prétend que c'est un mystere émané de l'antiquité payenne, où les Perses adoroient le feu, dont l'ardeur est dénotée par la couleur rouge, & comme symbolisant au soleil, qu'ils avoient aussi en grande vénération. Il ajoute que ces douze plis désignent les douze mois de l'année & les douze signes où cet astre fait son cours. C'est chercher à plaisir du mystere dans une chose fort simple. Les Persans ont adopté le rouge, parce que c'étoit la couleur d'Ali, & les Turcs le verd, comme celle de Mahomet.


KLETGOW(Géog.) petite contrée aux confins d'Allemagne & de Suisse, entre Wallshut & Schaffhouse, l'Hégow & le Rhin ; elle comprend plusieurs bailliages.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KLINGENAW(Géog.) l'une des quatre villes forestieres de Suisse, au comté de Bade sur l'Aure, à une lieue de Wals d'hut : elle appartient à l'évêque de Constance, quant au fief & à la jurisdiction ; mais la souveraineté appartient aux cantons, seigneurs du comté de Bade. Long. 25. 56. lat. 47. 35.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KLODAS. m. (Comm.) mesure usitée dans la petite Pologne & dans la Russie rouge ; elle contient quatre scheffel ou boisseaux.


KLUFFou KLOUFTE, s. f. (Hist. nat. Min.) mot allemand adopté dans plusieurs mines de France pour désigner les fentes des rochers & des montagnes qui accompagnent les filons métalliques, & qui quelquefois contribuent à les rendre plus abondantes, en ce que, semblables aux ruisseaux qui se jettent dans les grandes rivieres, ils vont leur porter les richesses dont elles sont chargées ; quelquefois ces fentes contribuent à l'appauvrir, c'est surtout lorsqu'elles sont vuides, & lorsqu'elles donnent passage à l'air & aux eaux qui peuvent entrer & décomposer les mines des filons.

Les kluffts ont des directions & des inclinations auxquelles on fait attention comme à celle des filons. Elles varient pour les dimensions ; quelquefois elles sont remplies des mêmes matieres que les filons qu'elles accompagnent ; quelquefois elles en contiennent une toute différente ; souvent elles sont vuides, d'autrefois elles sont remplies, soit de quartz, soit de spath, soit de crystallisations, soit de terres, &c. Il y a des kluffts qui se joignent au filon principal & prennent le même cours que lui ; d'autres le coupent suivant différens angles, & continuent à avoir leur premiere direction, même après qu'elles l'ont rencontré. Il y a des kluffts qui vont jusqu'à la surface de la terre ; d'autres ne vont point si loin ; enfin les kluffts sont sujettes aux mêmes vicissitudes que les filons métalliques. Voyez FILONS. (-)


KNAHS. f. (Hist. des drog.) " C'est ainsi, dit M. de la Condamine (mémoires de l'Acad. ann. 1732, pag. 310.), " que les Turcs nomment la feuille de l'alcana, pilée & réduite en poudre, dont on fait un grand débit dans toute la Turquie ; on la tire d'Alexandrie d'Egypte, & l'arbrisseau qui la produit, croit dans toute la Barbarie, c'est une espece particuliere de ligustrum ou de troesme : il est décrit dans les mémoires de M. Shaw. Quoique cette poudre soit verdâtre, étant seche, l'eau dans laquelle on la met infuser prend une couleur rouge. Les femmes Turques & les Juives du levant s'en servent pour se teindre les ongles, & quelquefois les cheveux ". Voyez l'abrégé des Trans. phys. tom. II. pag. 645, & le mot ALCANA.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KNAPDAIL(Géog.) Gnapdalia, petite contrée d'Ecosse, dans la province d'Argyle, dont elle est la partie la plus fertile. Kilmore en est la ville unique.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KNARESBOROUG(Géog.) ville à marché d'Angleterre, en Yorchshire, à 50 lieues N. E. de Londres. Elle envoie deux députés au parlement. Long. 15. 59. lat. 53. 56.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KNAWEL(Botan.) genre de plante ainsi nommée par Gérard, Ray, Parkinson, Buxbaum & Boerhaave ; c'est le polygonum tenuifolium de J. B. Voici ses caracteres : son calice s'étend & se divise en cinq segmens aigus qui forment une étoile ; ses fleurs sont à étamines, placées aux sommités du calice & à la divergence des branches ; chaque calice contient une graine. On distingue trois especes de knawel ; dans la principale est le knawel de Pologne, nommé cocciferum Polonicum par C. B. P. polygonum Polonicum cocciferum par J. B. alchimilla, gramineo folio, majore flore par Tournefort. C'est sur les racines de cette plante qu'on trouve la graine d'écarlate, autrement dit le kermès de Pologne, qui est un véritable insecte, sur lequel voyez l'article KERMES DE POLOGNE. Insectol.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KNEESS. m. (Hist. mod.) nom d'une dignité héréditaire parmi les Russes, qui répond à celle de prince parmi les autres nations de l'Europe. On compte en Russie trois especes de knees ou de princes ; 1°. ceux qui descendent de Wolodimir I. grand duc de Russie, ou qui ont été élevés par lui à cette dignité ; 2°. ceux qui descendent de princes souverains étrangers établis en Russie ; 3°. ceux qui ont été créés princes par quelqu'un des grands ducs. Voyez la description de l'empire Russien.


KNEUSSKNEISS ou GNEISS, s. m. (Hist. nat. Minér.) nom que les Minéralogistes allemands donnent à une espece de roche qui accompagne très-fréquemment les mines & les métaux dans le sein de la terre. Cette pierre est si dure, que les outils des ouvriers ont beaucoup de peine à la briser. Elle ressemble ordinairement à de l'ardoise ; elle est ou grise ou verdâtre, mêlée de points luisans ; son tissu est très-fin & très-serré : on n'aime point à trouver cette pierre jointe aux mines, parce qu'elle nuit à leur exploitation & à leur traitement, attendu qu'elle est très-réfractaire. Le kneuss est, suivant quelques auteurs, une pierre mélangée, dans la composition de laquelle il entre des particules de talc ou de mica, ou de quartz, ou de grès & d'ardoise.

On dit que le kneuss est une pierre formée par le limon ; qu'elle a pour base une terre grasse & visqueuse, & qu'elle n'est ni pierre à chaux, ni spath, ni caillou. Les filons des mines de Freyberg en Misnie & de plusieurs endroits de Hongrie, sont presque toujours accompagnés de cette espece de roche. On croit que quand on la rencontre, on a lieu d'espérer qu'on trouvera bientôt une mine bonne & abondante. M. Henckel.


KNOCKFERGUou CARRICFERGUS, (Géogr.) ville à marché d'Irlande, capitale d'un comté de même nom dans la province d'Ulster, avec un château & un excellent fort, à 8 milles de Belfast, & à 90 de Dublin. Long. 11. 42. lat. 54. 45.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KNOPFFSTEINS. m. (Hist. nat. Min.) ce qui signifie pierre à boutons ; nom que l'on donne en Allemagne à une espece de pierre ou de substance minérale noire, ferrugineuse, qui se trouve dans plusieurs mines de fer : elle se fond très-aisément, & se convertit en un verre noir qui imite le jais, & dont on fait des boutons. Voyez Henckel, introd. à la Minéralogie. (-)


KNORCOCKS. m. (Hist. nat.) les Hollandois établis au cap de bonne-Espérance donnent ce nom à un oiseau de la grosseur d'une poule, dont le bec est noir & court ; son plumage est mêlé de rouge, de blanc & de gris ; les plumes de la couronne sont noires. Ces animaux servent, pour ainsi dire, de sentinelles aux autres, & les avertissent par leur cri de la présence des chasseurs. Leur chair est bonne à manger. La femelle s'appelle knorhen.


KNOUTou KNUT, s. m. (Hist. mod.) supplice en usage parmi les Russes ; il consiste à recevoir sur le dos un certain nombre de coups d'un fouet fait avec un morceau de cuir fort épais, qui a 2 ou 3 pieds de longueur, & taillé de façon qu'il est quarré & que ses côtés sont tranchants : il est attaché à un manche de bois. Les bourreaux appliquent les coups sur le dos avec tant d'adresse, qu'il n'y en a point deux qui tombent sur le même endroit ; ils sont placés les uns à côté des autres de maniere qu'il est aisé de les distinguer, parce que chaque coup emporte la peau. Le supplice du knoute n'est point tenu pour un deshonneur, & on le regarde plûtôt comme une punition de faveur, à moins qu'il ne soit suivi de l'exil en Sibérie. Le knoute, dans de certains cas, est aussi une espece de question ou de torture qu'on met en usage pour faire avouer quelque chose à ceux qui sont accusés de quelque crime ; alors à l'aide d'une corde & d'une poulie, on les suspend par les bras à une potence ; on leur attache des poids aux pieds, & dans cette posture on leur applique des coups de knoute sur le dos nud, jusqu'à ce qu'ils ayent avoué le crime dont ils sont accusés.


KO-LAOSS. m. (Hist. mod.) c'est ainsi que l'on nomme à la Chine les grands mandarins ou ministres, qui, après avoir passé par les places les plus éminentes de l'empire, sont appellés par l'empereur auprès de sa personne, afin de l'aider de leurs conseils dans les tribunaux supérieurs, établis à Pékin, ou pour présider en son nom à ces tribunaux, & pour veiller à la conduite des autres mandarins qui les composent, de la conduite desquels ils rendent compte à l'empereur directement. L'autorité des ko-laos est respectée même par les princes de la maison impériale.


KOBBERA-GUIONS. m. (Hist. nat.) animal amphybie, semblable à l'alligator, qui se trouve dans l'isle de Ceylan. Il a cinq ou six piés de longueur, il demeure presque toujours sur terre, mais il se plonge souvent dans l'eau ; il mange les corps morts des bêtes & des oiseaux ; sa langue est bleuâtre & fourchue, & s'allonge en forme d'Aiguillon ; ce qui joint à son sifflement, rend cet animal très-effrayant ; il n'attaque point les hommes, mais il frappe très-fortement de la queue les chiens qui s'approchent de lui.


KOBOLou KOBALD, (Hist. nat. Minéral.) Voyez COBALT.


KOCHERSBERG(Géog.) bourgade de France dans la basse Alsace, avec un château, entre Strasbourg & Saverne. Long. 26. 17. lat. 48. 41.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOCKENHAUSEN(Géog.) ville forte & château en Livonie, dans le district de Letten, sur la riviere de Duna. Voyez KOKENHAUSEN.


KODDA-PAIL(Bot.) genre de plante dont la fleur est monopétale en masque ; il s'éleve du fond de la fleur un pistil dont le sommet est en forme de bouclier ; ce pistil devient dans la suite un fruit membraneux, en forme de vessie, renfermé dans une capsule remplie de semences oblongues. Plumier.


KOEGE(Géog.) ville du royaume de Danemarck, dans l'isle de Séeland, avec un port sur la mer Baltique.


KOENDERN(Géog.) petite ville d'Allemagne, dans le duché de Magdebourg, sur la Sala.


KOGIAS. m. (Hist. mod. & Comm.) qualité honorable que les Turcs ont coutume de donner aux marchands qui font le commerce en gros. Dict. de Commerce.


KOHOBRANS. m. (Chimie) nom donné par quelques auteurs à la préparation de zinc, qu'on nomme communément tutie. Voyez TUTIE.


KOISU(Géog.) riviere d'Asie dans la Perse, qui a sa source au mont Caucase. Elle est de la largeur de l'Elbe, très-profonde, d'un cours fort rapide, & roulant des eaux extrèmement troubles. Quelques-uns croyent que c'est l'albanus de Ptolomée.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOKENHAUSEou KOHENHUGS, (Géog.) ville forte de Livonie, dans la province de Letten, sur la Dwine, avec un château. Elle appartient à la Russie, & est à 17 lieues S. E. de Riga. Long. 43. 38. lat. 56. 40.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOKOBS. m. (Hist. nat.) serpent très-vénimeux d'Amérique, plus petit que la vipere ; il est d'une couleur brune, avec des taches vertes & rouges.


KOKURA(Géog.) grande ville de l'empire du Japon, située dans la province de Busen, avec un château où réside un prince qui dépend de l'empereur.


KOLAou COLLA, s. m. (Bot.) fruit de Guinée, que les voyageurs nous donnent pour être assez semblable à la chataigne, excepté pour le goût qui en est fort amer.

Ce fruit vient de l'intérieur des terres du royaume de Congi, & de la région de Sierra-Léona. Barbot, qui prétend avoir vu l'arbre qui le porte, n'a pas sû le caractériser ; il dit que c'est un arbre de grosseur médiocre, & dont le tronc a cinq ou six piés de circonférence ; que son fruit croit en peloton de plusieurs noix sous une même coque, que le dehors de chaque noix est rouge, & le dedans d'un violet foncé. Labbat n'en a parlé qu'à l'exemple des autres ; il paroît qu'il n'a jamais vû ni le fruit, ni l'arbre, & pour se tirer d'affaire, il se plaint de n'en avoir point trouvé de bonnes descriptions dans ses mémoires. Lemery a copié Bauhin, qui n'étoit pas mieux instruit que lui. En un mot, non-seulement l'arbre qui porte le kola est inconnu à tous les botanistes, mais même aucun voyageur n'a pris la peine de nous apporter de ce fruit sec en Europe, dans le tems qu'ils nous assurent que les négres en font tant de cas, que dix noix de kola sont dans leur esprit un présent magnifique, & que cinquante de ces noix suffisent pour acheter une négresse.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)

KOLA, (Géog.) petite ville de Russie, capitale de la Laponie moscovite, avec un port proche la mer Glaciale, à l'embouchure de la riviere du même nom. Long. 33. 2. lat. 68. 55.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOLDINGENou KOLDING, (Géog.) ville de la province de Jutlande, sur les frontieres du duché de Sleswick.


KOLINS. m. (Hist. nat.) oiseau des îles Philippines, qui est de la grosseur d'une grive, d'une couleur noire & cendrée ; il n'a sur la tête qu'une crête ou couronne de chair sans plumes.


KOLLMENSKE(Géog.) ville de l'empire Russien dans le voisinage de Moscou. Elle est agréablement située sur une éminence. Long. 57. 28. lat. 55. 28.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOLOS. m. (Hist. mod.) nom qu'on donne en Pologne aux assemblées des états provinciaux, qui précedent la grande diéte ou l'assemblée générale des états de Pologne. La noblesse de chaque palatinat ou waywodie, se rassemble dans une enceinte couverte de planches en pleine campagne, & délibere sur les matieres qui doivent être traitées à la grande diéte, & sur les instructions qu'on doit donner aux députés qui doivent y être envoyés. Hubner, Dictionn. géog.


KOLOMBO(Géog.) ville capitale des établissemens que les Hollandois possedent aujourd'hui dans l'île de Ceylan, & residence du gouverneur. Elle est bâtie au fond d'une baie qui fournit un port assez commode.


KOLTO(Médecine) nom que les Polonois donnent à la maladie qui nous est plus connue sous le nom de plica polonica. Voyez cet article.


KOLYMA(Géog.) fleuve de la Sibérie septentrionale, qui a son embouchure dans la mer Glaciale, après avoir reçu les eaux de la riviere d'Amalon.


KOM(Géog.) l'une des plus grandes villes de Perse, dans l'Irac-Agémi, dans un pays plat, abondant en ris, en excellens fruits, & particulierement en grosses & délicieuses grenades. Il y a une grande & magnifique mosquée, où sont les sépultures de Cha-séfi, de Cha-Abas second, de Sidi Fatima, petite-fille d'Ali, & de Fatima Zuhra, fille de Mahomet. Il y a dans la mosquée, des chambres qui servent d'asile à ceux qui ne peuvent payer leurs dettes, & où ils sont nourris gratis. Kom est à 50 lieues sud de Casbin, 64 N. O. d'Ispahan. Voyez Tavernier, dans son voyage de Perse. Les géographes orientaux donnent à cette ville 75. 40'. de long. & 36. 35. de lat.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOMOSS. m. (Hist. mod.) c'est ainsi qu'on nomme en Ethiopie des prêtres qui remplissent dans le clergé les fonctions de nos archiprêtres & curés, & qui sont à la tête des autres prêtres & diacres, sur qui ils ont une espece de jurisdiction qu'ils étendent même aux séculiers de leurs paroisses. Les komos sont eux-mêmes soumis au patriarche des Abissins que l'on appelle abuna, qui est le seul évêque de l'Ethiopie & de l'Abissinie ; ce patriarche est indépendant du roi ; il est nommé par le patriarche d'Alexandrie en Egypte, qui, comme on sait, est de la secte des Jacobites. C'est souvent un étranger, ignorant la langue du pays, qui est élevé à la dignité d'abuna. Les komos ne peuvent jamais y parvenir, cependant c'est ce patriarche qui confere les ordres sacrés aux Abissins, mais il ne lui est point permis de consacrer d'autres évêques ou métropolitains dans l'étendue de sa jurisdiction. Les komos ont la liberté de se marier.


KONG-PUS. m. (Hist. mod.) c'est chez les Chinois le nom qu'on donne à un tribunal ou conseil, qui est chargé des travaux publics de l'empire, tels que les palais de l'empereur, les grands chemins, les fortifications, les temples, les ponts, les digues, les écluses, &c. Ce tribunal en a quatre autres au-dessous de lui, qui sont comme autant de bureaux où l'on prépare la besogne. Cette cour ou jurisdiction est présidée par un des premiers mandarins du royaume, qui rend compte à l'empereur en personne.


KONGALou KONGEL, (Géog.) petite ville de Norwege, au gouvernement de Bahus, sur la Gothelba. Les Danois la cederent aux Suédois en 1636, par le traité de Roschild. Long. 29. 10. lat. 57. 50.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONGSBACKA(Géogr.) ville maritime de la Suede, dans la province de Halland, à l'embouchure de trois rivieres qui s'y jettent dans la mer Baltique.


KONIESGRATZ(Géog.) ville de Boheme, avec un évêché suffragant de Prague, sur l'Elbe, à 14 lieues S. O. de Glatz, 25. E. de Prague, 46. N. O. de Vienne. Long. 33. 50. lat. 50. 10.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONIGS-ECK(Géogr.) château, bourg & comté d'Allemagne en Suabe, entre Uberlingen & Buchan. Long. 27. 5. lat. 47. 53.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONIGSBERG(Géog.) Regiomons, ville de la Prusse ducale, ou pour parler selon l'usage présent, capitale du royaume de Prusse, avec un palais, dans lequel il y a une salle sans piliers, de 274 piés de long, sur 59 de large.

La ville a été fondée au treizieme siecle par les chevaliers de l'ordre Teutonique. Son université doit sa naissance en 1544, à Albert de Brandebourg, premier duc de Prusse. Cette ville est sur la riviere de Pregel : proche la mer, à 25 lieues N. E. d'Elbing, 30 N. E. de Dantzick, 65. N. de Warsovie. Long. selon Cassini, 38. 31'. 15'', & selon Linnemarnus, 39. 19. Lat. selon tous deux, 54. 43.

Il y a une autre Konigsberg au cercle de Franconie, appartenant à la maison de Saxe Weimar, & située à trois lieues de Schwenfurth.

On nomme encore quatre autres petites villes de ce nom ; une dans la haute Lusace, une en Silésie, une au pays de Hesse, & finalement la quatrieme dans l'électorat de Brandebourg.

Comme le mot koenig signifie roi, & koenigsberg, montagne de roi, on a donné ce nom à plusieurs villes situées sur des hauteurs. Il répond à nos mots françois, Royaumont, & Mont-royal.

Entre les savans dont Konigsberg, capitale du royaume de Prusse, est la patrie, je ne dois pas oublier de nommer MM. Gottsched, Grabe, Guillandin & Sandius.

M. Gottsched est célebre en Allemagne par ses poésies ; & son épouse s'est aussi distinguée dans la même carriere.

Grabe (Jean) né en 1666, mourut à Londres en 1711 ; il étoit plein d'érudition, & très-versé dans la lecture des anciens peres de l'Eglise ; cependant il n'a pas toujours témoigné un discernement habile à distinguer les écrits supposés, des véritables.

Guillandin (Melchior) céda, dès sa premiere jeunesse, à la passion de voyager ; mais la curiosité qui le porta à voir l'Asie, l'Afrique & l'Amérique, lui coûta cher, car en passant d'Egypte en Sicile, il fut pris par des pirates, qui le menerent à Alger, où on le fit servir comme forçat. Fallope paya généreusement sa rançon, & le tira d'esclavage. Il se rendit à Padoue pour remercier son bienfaiteur, s'y établit & y mourut professeur de Botanique en 1689, extrêmement âgé. Ses commentaires sur les trois chapitres de Pline de Papyro, sont un excellent ouvrage.

Sandius (Christophle) né à Konigsberg, & mort à Amsterdam en 1680, à l'âge de trente six ans, est auteur de la bibliotheque des Antitrinitaires, sagement rédigée dans l'ordre chronologique, seule bonne méthode. Il est encore connu par son Nucleus historiae ecclesiasticae, matiere qu'il possédoit à merveille ; ses remarques sur les historiens latins de Vossius, sont une preuve de son savoir dans la littérature.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONIGSDALLERS. m. (Commerce) monnoie de plusieurs endroits de l'Allemagne. Elle vaut 50 s. du pays, ou 3 liv. 6 s. 8 de France.


KONIGSFELou KUNIGSFELDEN, (Géog.) bailliage de Suisse, dépendant du canton de Berne, à une demi lieue de Brouk. C'étoit autrefois un riche monastere, possedé par des religieux de saint François, & des religieuses de sainte Claire ; qui demeuroient fraternellement ensemble sous un même couvert, mais dans des appartemens différens. Les Bernois en ont fait un petit & riche bailliage. Voyez l'Histoire de la réformation de la Suisse.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONIGSHOFEN(Géog.) c'est-à-dire, la cour du roi ; petite ville d'Allemagne en Franconie, dans l'évêché de Wurtzbourg. Elle est à 6 lieues S. O. de Wurtzbourg. Long. 27. 18. lat. 49. 38.

Cette ville est la patrie de Gaspard Schot, né en 1608 ; il entra dans la société des Jésuites ; s'attacha aux études des mathématiques, publia plusieurs ouvrages en ce genre, & s'y dévoua jusqu'à sa mort arrivée en 1666.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONIGSLUTTERLutera regia, (Géog.) petite ville d'Allemagne, avec une célebre abbaye, dans le pays de Brunswick-Wolffenbuttel ; c'est l'abbaye qui donne son nom à la ville, & elle tient elle-même le sien, du ruisseau nommé Lutter, qui a sa source au-dessus, dans une roche, au pié de la montagne. Long. 28. 6. lat. 52. 2.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONIGSTEIN(Géog.) petite ville dans l'électorat de Saxe, avec un fort regardé comme imprenable. Elle est sur l'Elbe, à 4 lieues S. O. de Pirn en Misnie. Long. 31. 36. lat. 50. 56.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONITZ(Géog.) ville de Pologne, dans la Prusse-Royale, sur le torrent de Broo, à 6 lieues N. O. de Culin, 20. S. O. de Dantzick. Long. 36. 15. lat. 33. 36.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KONJAKUS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est une plante du Japon, dont la tige est marquée de taches vertes ; la feuille longue & partagée en lobes inégaux ; la racine longue, chaude & purgative.


KONNARUSS. m. (Hist. nat. Bot.) nom donné dans Athenée, à une plante d'Arabie, qui, suivant sa description, est la même chose que le saduc des Arabes modernes, dont le fruit s'appelle nabac ou nabech. On croit que c'est le lotus de Dioscoride. Voyez LOTUS.


KONQUERS. m. (Hist. mod.) c'est ainsi que l'on nomme le chef de chaque nation des Hottentots. Cette dignité est héréditaire ; celui qui en jouit, porte une couronne de cuivre ; il commande dans les guerres, négocie la paix, & préside aux assemblées de la nation, au milieu des capitaines qui sont sous lui. Il n'y a aucun revenu attaché à sa place, ni aucune distinction personnelle. En prenant possession de son emploi, il s'engage de ne rien entreprendre contre les privileges des capitaines & du peuple.


KOOKIS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est un arbre épineux du Japon, dont les feuilles sont en très-grand nombre, ovales & longues d'un pouce, sans aucune découpure ; ses fleurs qui naissent une ou deux sur chaque pédicule, sont de couleur purpurine, à cinq pétales, & ressemblent à la fleur d'hyacinthe. On se sert en médecine de ses baies & de ses semences, aussi bien que de ses feuilles, dont l'infusion se boit en maniere de thé.


KOPS. m. (Commerce) c'est la plus petite mesure dont les détailleurs se servent à Amsterdam pour la vente des grains. 8. kops font un vierdevat, 4 vierdevats font un scheppel, 4 scheppels un mudde, & 27 muddes un lart. Voyez LART, MUDDE, SCHEPPEL, VIERDEVAT. Dict. de comm.


KOPEIKS. m. (Commerce) petite monnoie de Russie, dont 100 font un rouble, ce qui revient par conséquent à un sol argent de France.


KOPERSBERG (Géog.) montagne de Suede dans la Dalécarlie, aux confins de la Gestricie. Elle renferme les plus riches mines de cuivre du royaume, d'où lui vient son nom par excellence, qui signifie montagne de cuivre, nom commun à la montagne & à la petite ville qui est voisine, quoique la ville soit plus particulierement appellée Fahlun.

Olaus Nauclerus a fait une description complete des mines de cuivre de cette montagne, dans une dissertation rare, intitulée de magnâ Fodinâ Cuprimontanâ, où il nomme cette mine la huitieme merveille du monde.

Indépendamment de la grande mine cuivreuse de cette montagne, il y en a plusieurs moyennes & plusieurs petites ; les unes où l'on travaille toujours, & d'autres que l'on a abandonnées, ou qu'on reprend après les avoir long-tems délaissées.

On a fait dans cette montagne, pour l'exploitation de ces mines, plusieurs ouvertures ou especes de puits qui servent la plupart à tirer la matiere. Pour cet effet, on a creusé la terre en perçant la roche. Les Suédois appellent ces puits ou fosses schachtes ; & ils leur ont donné des noms de rois de Suede, ou de personnes illustres qui présidoient au collége métallique, en mémoire des soins & des dépenses qu'elles ont faites généreusement.

Ces puits sont plus ou moins profonds ; le puits dit de Charles XI. a 567 piés de profondeur ; celui de la Régence 567 ; celui de Vrede 466 ; celui de Charles XII. 444 ; celui de Gustave 423, &c. Ces puits sont très-obscurs & pleins de vapeurs, tout homme qui n'y est pas accoutumé, n'y sauroit entrer sans éprouver des vertiges. Au bord de ces puits, il y a des engins que deux, trois ou quatre chevaux font tourner, & qui par le moyen de cables de chanvre, élevent dans des corbeilles, ou dans des tonneaux, la matiere que l'on tire de la mine.

Outre ces engins, il y a d'autres machines nommées opfordrings wark, que l'eau fait tourner. Les Suédois les appellent speel & spelhuns ; ce sont de grands réservoirs d'eau sur la terre, bâtis de bois ; ils reçoivent l'eau qui tombe des hauteurs voisines ou qui y est rassemblée par des tuyaux, & la versent sur des roues d'environ cent piés de circonférence, sur l'aissieu desquelles se roulent des cordes de cuir. Ces roues élevent les métaux, la terre, & les pierres des mines dans des corbeilles ou dans des caisses.

Auprès de chacune de ces machines, il y a deux logemens ; l'un pour celui qui la gouverne, spellyarens ; & l'autre pour l'écrivain qui tient compte des corbeilles que l'on en tire.

Ces machines ingénieuses ont été inventées par Christophe Polhammaers ; car il faut consacrer les noms des méchaniciens qui ont rendu service au public. Celles qui servent à faire écouler les eaux dont les mines se remplissent, ne sont pas moins dignes d'éloges. Avant que l'on eût l'usage de ces machines, on emportoit l'eau dans des sacs de cuirs, ce qui demandoit du tems & des peines incroyables ; à présent, il y a telle mine où l'on fait remonter aisément l'eau par le moyen de dix-huit ou vingt pompes.

Sur la terre, il y a des bâtimens qui forment une espece de bourg, & dans quelques-uns de ces bâtimens on garde les métaux jusqu'à ce que l'on puisse les transporter commodément aux forges, où l'on les prépare. Le sénat, la cour de justice & la chambre des comptes, y ont une maison pour leurs assemblées.

Enfin, comme ces mines rapportent un revenu considérable à la Suede, on a établi dans ces endroits des logemens pour les charpentiers, forgerons & autres ouvriers, ainsi que des magasins de tous les outils qui leur sont nécessaires.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOPFSTUCKS. m. (Comm.) monnoie d'argent en usage dans quelques parties d'Allemagne. En Souabe elle vaut 20 kreutzers, c'est-à-dire le tiers d'un florin d'Allemagne. Il en faut quatre & demi pour faire un écu d'Empire, qui vaut trois livres quinze sols de notre argent.


KOPIES. f. (Hist. mod.) nom qu'on donne en Pologne à une espece de lances que portent les hussards & la cavalerie de ce royaume ; elles ont environ six piés de long ; on les attache autour de la main par un cordon ; & on les lance à l'ennemi : si le coup n'a point porté, on retire le trait au moyen du cordon ; mais s'il a frappé l'ennemi, on le laisse dans la blessure, on coupe le cordon, & l'on met le sabre à la main pour achever de tuer. Hubner. dictionn. géogr.


KOPING(Géogr.) Kopingia, ville de Suede dans le territoire appellé Westmanie, & présentement l'Uffund ou Ukerbo, au nord du lac Maler. Jean Gustave Halman a publié en 1728 à Stockolm l'histoire & la description de cette ville. Elle est située, selon lui, entre le 36 & 37 degré de longit. & entre le 59 & le 60 degré de latit.

Le mot de koping veut dire marché, & entre dans la terminaison de plusieurs noms de villes ou de bourgs en Suede, tels sont Falkoping, Lidkoping, Nordkoping, Nykoping, Suderkoping.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOPPUSS. m. (Hist. mod.) c'est le nom que les habitans de l'isle de Ceylan donnent à des prêtres consacrés au service des dieux du second ordre. Ces prêtres ne sont point si respectés que les Gonnis qui forment une classe supérieure de pontifes, pour qui le peuple a autant de vénération que pour le dieu Buddou ou Poutza, dont ils sont les ministres, & qui est la grande divinité des chingulais ; les Gonnis sont toujours choisis parmi les nobles, ils ont su se soumettre le roi lui-même, qui n'oseroit les réprimer ou les punir lors même qu'ils ont attenté à sa propre personne ; ces prêtres si puissans & si redoutables suivent la même régle, & ont les mêmes prérogatives que ceux que l'on nomme talapoins chez les Siamois. Voyez cet article. Quant aux koppus dont il s'agit ici, ils sont soumis aux taxes & aux charges publiques dont les gonnis sont exempts, & souvent ils sont obligés de labourer & de travailler comme les autres sujets pour gagner dequoi subsister, tandis que les gonnis menent une vie fainéante & s'engraissent de la substance du peuple. Les habitans de Ceylan ont encore un troisieme ordre de prêtres qu'ils nomment jaddeses. Voyez cet article.


KOPYS(Géog.) petite ville fortifiée de Lithuanie, au Palatinat de Meislaw, sur le Dnieper ; elle appartient à la maison de Radzivil. Longit. 49, 8. latit. 54. 30.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOQUETS. m. (Com.) on appelle ainsi en Angleterre ce que nous nommons en France droit de sortie, Les François en payent le double de ce qu'en payent les Anglois, en conséquence d'un tarif que ces derniers nomment coutume de l'étranger. Dictionn. de commerce.


KORATEou TAQUES DE CAMBAYE, s. f. (Commerce) grosses toiles de coton qui viennent de Surate. La piece a trois aulnes deux tiers de long, sur deux de large. On en fait des cravates communes.


KORBANS. m. (Hist. eccl. d'Orient) ce mot, dit la Boulaye, signifie dans le Levant, une réjouissance qu'on célebre par la mort de quelque animal, que l'on fait cuire tout entier pour le manger ensuite entre plusieurs convives. Mais on lit dans les mémoires des missions du Levant, tom. IV. p. 37. que le korban étoit autrefois un sacrifice d'usage parmi les Chrétiens orientaux, qui consistoit à conduire avec pompe un mouton sur le parvis de l'église ; le prêtre sacrificateur bénissoit du sel & le mettoit dans le gosier de la victime ; il faisoit ensuite quelques prieres, après lesquelles il égorgeoit le mouton. La victime étant égorgée, le sacrificateur s'en approprioit une bonne partie, & abandonnoit le reste aux assistans, qui en faisoient un festin. Korban en hébreu signifie offrande, oblation, de karab, offrir. Dictionn. de Trévoux.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOREIKI(Géog.) peuple de la Sibérie qui habite les bords septentrionaux du golfe de Lama, au nord-ouest de la presqu'isle de Kamtschatka. Ils n'ont que quelques poils de barbe sur les joues.


KORSOou KORSOR, (Géog.) petite ville de Danemark dans l'isle de Sélande, avec un fort sur le grand Belt, à 14 lieues O. de Copenhague. Long. 28. 55. lat. 55. 22.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KORSUM(Géog.) petite ville de l'Ukraine polonoise, sur la Ross, bâtie par le roi Etienne Battori en 1581. Les Polonois y furent défaits en 1588 par les Cosaques ; elle appartient aujourd'hui à la Russie. Long. 49. 55. lat. 49. 3.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KORZECS. m. (Com.) mesure de liquide usitée en Pologne, mais qui varie en différens endroits. A Cracovie le korzec est de 16 pintes, à Varsovie & à Sendomir il est de 24, & à Lublin de 28 pintes.


KOSEou KOSSEL, (Géog.) petite ville fortifiée de Silésie, au duché d'Oppelen, près de l'Oder entre le petit Clogau & Beuten. Long. 35. 58. lat. 50. 24.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOSKOLTCHIKSS. m. (Hist. mod.) nom que l'on donne en Russie à des schismatiques séparés de l'église grecque établie dans cet empire. Ces schismatiques ne veulent rien avoir de commun avec les Russes ; ils ne fréquentent point les mêmes églises ; ils ne veulent point se servir des mêmes vases ni des mêmes plats ; ils s'abstiennent de boire de l'eau-de-vie ; ils ne se servent que de deux doigts pour faire le signe de la croix. Du reste on a beaucoup de peine à tirer d'eux quelle est leur croyance, dont il paroît qu'ils sont eux-mêmes très-peu instruits. En quelques endroits ces schismatiques sont nommés staroviersi.


KOSMOou KIMIS, s. m. (Hist. mod.) liqueur forte en usage chez les Tartares, & qui suivant Rubruquis se fait de la maniere suivante : on remplit une très-grande outre avec du lait de jument : on frappe cette outre avec un bâton au bout duquel est une masse ou boule de bois, creuse par dedans & de la grosseur de la tête. A force de frapper, le lait commence à fermenter & à aigrir ; on continue à frapper l'outre jusqu'à ce que le beurre se soit séparé ; alors on goûte le petit lait pour voir s'il est assez acide, dans ce cas on juge qu'il est bon à boire. Ce petit lait pique la langue, & a, dit-on, le goût de l'orgeat ou du lait d'amandes. Cette liqueur qui est fort estimée des Tartares enivre & est fort diurétique.

On nomme kara-kosmos ou kosmos noir, une liqueur semblable à la premiere, mais qui se fait différemment. On bat le lait qui est dans l'outre jusqu'à ce que les parties les plus grossieres se soient déposées au fond ; la partie la plus pure du petit lait occupe la partie supérieure ; c'est celle que boivent les gens de qualité. Elle est fort agréable, suivant le moine Rubruquis ; quand au dépôt, on le donne aux valets qu'il fait dormir profondément.


KOSSS. m. (Hist. mod.) mesure suivant laquelle les Jakutes, peuple de la Sibérie, comptent les distances. Le koss fait 12 wertes ou milles russiens, ce qui revient à quatre lieues de France.


KOSSENBLADENS. m. (Commerce) étoffes grossieres, propres pour la traite des négres à Cagongo & à Louango. Les Hollandois y en débitent beaucoup.


KOSZODREWINAS. m. (Hist. nat.) nom que les Hongrois donnent à un arbre qui est une espece de melese, qui croit sur les monts Krapacks ; il est résineux, & on en tire un baume que l'on nomme baume d'Hongrie. Bruckmann, epist. itiner. cent. I. epist. 23.


KOTAIS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est un olivier sauvage du Japon qui fleurit au printems ; différent du sim-kotai ou akim-gommi, qui est un olivier des montagnes, & qui fleurit en automne.


KOTBAHS. m. (Hist. mod.) c'est ainsi que l'on nomme chez les Mahométans une priere que l'iman ou prêtre fait tous les vendredis après midi dans la mosquée, pour la santé & la prospérité du souverain dans les états de qui il se trouve. Cette priere est regardée par les princes mahométans comme une prérogative de la souveraineté, dont ils sont très-jaloux.


KOTVALS. m. (Hist. mod.) c'est le nom que l'on donne à la cour du grand-mogol à un magistrat distingué, dont la fonction est de juger les sujets de ce monarque en matiere civile & criminelle. Il est chargé de veiller à la police, & de punir l'ivrognerie & les débauches. Il doit rendre compte au souverain de tout ce qui se passe à Dehli ; pour cet effet, il entretient un grand nombre d'espions, qui sous prétexte de nettoyer les meubles & les appartemens, entrent dans les maisons des particuliers, & observent tout ce qui s'y passe, & tirent des domestiques les lumieres dont le kotval a besoin. Ce magistrat rend compte au grand-mogol des découvertes qu'il a faites, & ce prince décide sur son rapport du sort de ceux qui lui ont été déférés ; car le kotval ne peut prononcer une sentence de mort contre personne sans l'aveu du souverain, qui doit avoir confirmé la sentence en trois jours différens avant qu'elle ait son exécution. La même regle, s'observe dans les provinces de l'Indostan, où les gouverneurs & vice-rois ont seuls le droit de condamner à mort.


KOUAKEND(Géogr.) ville d'Asie, de la dépendance de Farganah, & dans la contrée supérieure de Nessa. Abulféda & les tables persiennes lui donnent de long. 90. 50. latit. 42.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOUAN-INS. f. (Hist. de la Chine) c'est dans la langue chinoise le nom de la divinité tutélaire des femmes. Les Chinois font quantité de figures de cette divinité sur leur porcelaine blanche, qu'ils débitent à merveille. La figure représente une femme tenant un enfant dans ses bras. Les femmes stériles vénérent extrèmement cette image, persuadées que la divinité qu'elle représente a le pouvoir de les rendre fécondes. Quelques Européens ont imaginé que c'étoit la vierge Marie, tenant notre Sauveur dans ses bras ; mais cette idée est d'autant plus chimérique, que les Chinois adoroient cette figure longtems avant la naissance de J. C. La statue, qui en est l'original, représente une belle femme dans le goût chinois ; on a fait, d'après cet original, plusieurs copies de la divinité Kouan-in en terre de porcelaine. Elles different de toutes les statues antiques de Diane ou de Venus, en ces deux grands points, qu'elles sont très modestes & d'une exécution très-médiocre.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOUBAN(Géog.) grande riviere de Tartarie ; elle a sa source dans la partie du mont Caucase, que les Russes appellent Turki-Gora, & vient se jetter dans le Palus méotide, à 46 degrés 15 minutes de latitude, au nord-est de la ville de Daman. Les Tartares Koubans habitent en partie les bords de cette riviere.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOUCHT(Géog.) ville de Perse, dont le terroir porte d'excellent blé & de très bons fruits. Elle est, selon Tavernier, à 83. 40. de long. & à 33. 20. de latitude.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOUGH DE MAVEND(Géog.) ville de Perse, dont la long. est à 74. 15. lat. 36. 15.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KOUROou KURU, s. m. (Hist. mod.) Les bramines ou prêtres des peuples idolâtres de l'Indostan, sont partagés en deux classes ; les uns se nomment kourou ou gourou, prêtres, & les autres sont appellés shastiriar, qui enseignent les systèmes de la théologie indienne. Dans la partie orientale du Malabare, il y a trois especes de kourous, que l'on nomme aussi buts & qui sont d'un ordre inférieur aux nambouris & aux bramines ; leur fonction est de préparer les offrandes que les prêtres ou bramines font aux dieux. Quand aux shastiriars, ils sont chargés d'enseigner les dogmes & les mysteres de la religion à la jeunesse dans les écoles. Leur nom vient de shaster, qui est le livre qui contient les principes de la religion des Indiens. Voyez SHASTER.


KOUROUKS. m. (Hist. mod.) Lorsque le roi de Perse, accompagné de son haram ou de ses femmes, doit sortir d'Ispahan pour faire quelque voyage ou quelque promenade, on notifie trois jours d'avance aux habitans des endroits par où le roi & ses femmes doivent passer, qu'ils ayent à se retirer & à quitter leurs demeures : il est défendu sous peine de mort, à qui que ce soit, de se trouver sur les chemins, ou de rester dans sa maison ; cette proclamation s'appelle kourouk. Quand le roi se met en marche, il est précédé par des Eunuques qui, le sabre à la main, font la visite des maisons qui se trouvent sur la route, ils font main-basse impitoyablement sur tous ceux qui ont eu le malheur d'être découverts ou rencontrés par ces indignes ministres de la tyrannie & de la jalousie.


KOWNO(Géog.) ville de Pologne en Lithuanie, dans le Palatinat de Troki, aux confins de la Samogitie, à l'embouchure de la Vilia, à 8 milles de Troki & à 13 de Vilna. Long. 43. 40. latit. 54. 28.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRAALSS. m. (Hist. mod.) espece de villages mobiles, qui servent d'habitations aux Hottentots. Elles sont ordinairement composées de vingt cabanes, bâties fort près les unes des autres & rangées en cercle. L'entrée de ces habitations est fort étroite. On les place sur les bords de quelques rivieres. Les cabanes sont de bois ; elles ont la forme d'un four, & sont recouvertes de nattes de jonc si serrées que la pluie ne peut point les pénétrer. Ces cabanes ont environ 14 ou 15 piés de diamètre ; les portes en sont si basses que l'on ne peut y entrer qu'en rampant, & l'on est obligé de s'y tenir accroupi faute d'élévation : au centre de la cabane est un trou fait en terre qui sert de cheminée ou de foyer, il est entouré de trous plus petits qui servent de sieges & de lits. Les Hottentots vont se transporter ailleurs, lorsque les pâturages leur manquent, ou lorsque quelqu'un d'entr'eux est venu à mourir d'une mort violente ou naturelle. Chaque kraal est sous l'autorité d'un capitaine, dont le pouvoir est limité. Cette dignité est héréditaire ; lorsque le capitaine en prend possession, il promet de ne rien changer aux lois & coutumes du kraal. Il reçoit les plaintes du peuple, & juge avec les anciens les procès & les disputes qui surviennent. Les capitaines, qui sont les nobles du pays, sont subordonnés au konquer. Voyez cet article. Ils sont aussi soumis au tribunal du kraal, qui les juge & les punit lorsqu'ils ont commis quelque faute. D'où l'on voit que les Hottentots vivent sous un gouvernement très-prudent & très-sage, tandis que des peuples, qui se croient beaucoup plus éclairés qu'eux, gémissent sous l'oppression & la tyrannie.


KRAIBOURGCarrodunum, (Géog.) bourgade d'Allemagne en Baviere, sur l'Inn, à six lieues de Burckhausen. Long. 36. 6. latit. 48. 5.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRANOSLOW(Géog.) petite ville de la Russie rouge en Pologne, dans le palatinat de Chelm, avec évêché : elle est sur la riviere de Wieprz.


KRANOWITZ(Géogr.) petite ville de la haute Silésie, dans la principauté de Troppau, entre Ratibor & Troppau. Long. 35. 48. lat. 50. 10.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRAPPITZ(Géogr.) petite ville de Silésie sur l'Oder, au duché d'Oppolen. Long. 35. 40. lat. 50. 38.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRASNOBROD(Géogr.) village de Pologne, dans le palatinat de Lublin, au milieu d'une forêt. Il est à jamais célebre par la victoire que Jean Sobiesky, depuis roi de Pologne, y remporta sur les Tartares, qu'il vainquit en trois batailles sanglantes ; ensuite il s'avança vers le roi Michel, & le fit reculer à douze lieues au-delà de Varsovie. Voy. les Mém. du chevalier de Beaujeu.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRASNOJAR(Géogr.) ville de l'empire Russien en Sibérie, sur les bords du fleuve Jenisei.


KRASNOJE DEREWOS. m. (Hist. nat.) arbre propre au pays des Tunguses ou Tartares qui habitent en Sibérie sur les frontieres de la Chine. Il ressemble au cerisier sauvage qui produit des guignes, excepté que ses feuilles sont plus longues & d'un verd plus foncé, & ont des fibres aussi fortes que celles de la feuille du citronnier ; il produit des baies. Son bois est rouge comme du santal, & fort dur ; son nom en langue du pays signifie arbre rouge. M. Gmelin dit que c'est le rhamnus, ramis spinâ terminatis, floribus quadrifidis, divicis linnoei, ou rhamnus catharticus, Bauhini, ou cornus foliis citri angustioribus. Voyez Gmelin, voyage de Sibérie.


KREMBS(Géogr.) Cremisium petite ville d'Allemagne dans la basse Autriche, sur le Danube, à 12 lieues E. de Vienne. Long. 52. 22. lat. 48. 22.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KREMPou KREMPEN, (Géogr.) petite ville de Danemarck dans le Holstein, avec un château sur un ruisseau de même nom, à 2 lieues N. O. de Hambourg, 11 N. O. de Lubeck, 1 N. de Gluckstat. Long. 42. 40. lat. 53. 55.

Je connois deux hommes de lettres nés dans cette ville, Alard & Ruarus.

Alard (Lambert), mort en 1672 à l'âge de 70 ans, a fait quelques livres qui n'étoient pas méprisables, comme ses Deliciae Atticae, Leips. 1624, in-12. Ephillides philologicae, Schleusingae 1636, in-12. De veterum musicâ, Schleusingae 1646, in-12. Historia nordalbengiae (du Holstein). A Carolo Magno, ad ann. 1637.

Ruarus (Martinus) est un des plus savans hommes d'entre les Sociniens. Il aima mieux perdre son patrimoine que d'abjurer ses sentimens. Il voyagea par toute l'Europe, apprit les langues mortes & vivantes, & acquit de grandes connoissances du droit naturel, du droit public, de l'histoire & des dogmes de toutes les sectes anciennes & modernes. Ses lettres écrites en latin, sont aussi rares que curieuses. Il est mort en 1657, à 70 ans.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KREUTZEou CREUTZER, s. m. (Commerce) petite monnoie usitée en Allemagne, sur-tout en Baviere, en Souabe & sur les bords du Rhin. Elle ne vaut pas tout-à-fait un sol argent de France. 60 kreutzers font un florin d'Empire, ou cinquante sols argent de France ; & 90 kreutzers font un écu d'Empire, ou rixdales, ou 3 livres 15 sols de notre argent. En Franconie, le kreutzer est plus haut & vaut environ un sol de notre monnoie : 48 kreutzers y font un florin ou cinquante sols de France.


KRICZOou KRUZOW, (Géogr.) petite ville épiscopale de Lithuanie, au palatinat de Mécilaw, sur le Lots. Long. 50. 50. lat. 53. 50.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRINOCK(Géogr.) bourg d'Ecosse, avec un bon port ; c'est le passage de la poste des paquebots de ce royaume en Irlande. Il est sur le golfe de même nom.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRISNA(Géogr.) ville & comté d'Esclavonie, dans un pays fort abondant en vin & en grains.


KRITS. m. (Hist. mod.) espece de poignard que portent les Malais ou habitans de Malacque dans les Indes orientales, & dont ils savent se servir avec une dextérité souvent funeste à leurs ennemis. Cette arme dangereuse a depuis douze jusqu'à dix-huit pouces de longueur : la lame en est par ondulations, & se termine en une pointe très-aiguë ; elle est presque toûjours empoisonnée, & tranche par les deux côtés. Ces lames coûtent quelquefois un prix très-considérable, & sont, dit-on, très-difficiles à faire.


KRUSWICK(Géogr.) petite ville & châtellenie de Pologne, dans la Cujavie, au palatinat de Brzzet, sur le lac de Cuplo. C'est la patrie du fameux Piaste, qui de simple bourgeois fut élevé sur le trône, à ce que prétend le Laboureur dans son voyage de Pologne. Long. 36. 32. lat. 52. 34.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KRUZMANNS. m. (Mythol.) divinité qui étoit autrefois adorée par les peuples qui habitoient sur les bords du Rhin, près de Strasbourg. Il y a tout lieu de croire que sous ce nom ils rendoient un culte à Hercule, que les Romains leur avoient fait connoître : c'est ce qu'on peut juger par la figure de Kruzmann représentée avec une massue & un bouclier, qui s'est conservée dans une chapelle de l'eglise de saint Michel, jusqu'en 1525. On ne sait ce que cette statue est devenue depuis ce tems ; on prétend que le conseil de la ville en fit présent à M. de Louvois, ministre de la guerre sous Louis XIV.


KRYLOW(Géogr.) il y a deux villes de ce nom ; l'une est dans la Russie-rouge, dépendante de la Pologne, dans le palatinat de Belczo, sur la riviere de Bug ; l'autre est en Volhinie, à l'endroit où le Tamin se jette dans le Borystene ou Niéper.


KSEIS. m. (Hist. nat. Botan.) c'est un gui du Japon à baies rouges, dont les feuilles sont semblables à celles du kenkoo, & viennent une à une, alternativement opposées. Le nom japonois signifie toute plante parasite, & par excellence le gui. Kempfer n'en vit au Japon que dans un bois de melese, de la province de Mikowa. Aussi les païsans de ce canton l'appellent-ils gomi-maaz, c'est-à-dire gui de melese.


KUBBÉS. m. (Hist. mod.) les Turcs nomment ainsi une tour ou un monument d'un travail léger & délicat, qu'ils élevent sur les tombeaux des visirs ou des grands-seigneurs. Les gens du commun n'ont que deux pierres placées debout, l'une à la tête & l'autre au pié. On grave le nom du défunt sur l'une de ces pierres, avec une petite priere. Pour un homme on met un turban au-dessus de la pierre, & pour une femme, on met quelqu'autre ornement. Voyez Cantemir, hist. ottomane.


KUBO-SAMA(Hist. du Japon) on écrit aussi CUBO-FAMA, nom de l'empereur, ou, comme s'exprime Kempfer, du monarque séculier de l'empire du Japon ; voyez ce que nous en avons dit à l'article du JAPON ; & voyez aussi le mot DAIRI, qui désigne l'empereur ecclésiastique héréditaire du royaume.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KUDACH(Géogr.) forteresse de Pologne dans l'Ukraine, au palatinat de Kiovie, sur le Niéper, vers les frontieres de la petite Tartarie. Cette forteresse appartient aux Cosaques. Long. 53. 20. latit. 47. 58.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KUFSTEIN(Géogr.) Zeyler dit KOPFSTEIN, petite ville avec un château pris par le duc de Baviere en 1703. Elle revint à la maison d'Autriche après la bataille d'Hochstet. Kufstein est sur l'Inn, à 20 lieues S. E. de Munich, 14 N. E. d'Inspruck. Long. 29. 46. lat. 47. 20.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KUGES. m. (Hist. mod.) ce mot signifie seigneur. Les prêtres japonois, tant ceux qui sont à la cour du Dairi que ceux qui sont répandus dans le reste du royaume, prennent ce titre fastueux. Ils ont un habillement particulier qui les distingue des laïques ; & cet habillement change suivant le poste qu'un prêtre occupe à la cour. Les dames de la cour du Dairi ont aussi un habit qui les distingue des femmes laïques.


KUHRIEMS. m. (Hist. nat. Min.) c'est ainsi que l'on nomme dans les fonderies du Hartz une espece de mine de fer, assez peu chargée de ce métal, qui est jaune ou brune, & dans l'état d'une ochre ; on la joint à d'autres mines de fer plus riches, dont on a trouvé qu'elle facilitoit la fusion. (-)


KUou KOOL, s. m. (Hist. mod.) en turc, c'est proprement un domestique ou un esclave. Voyez ESCLAVE.

Nous lisons dans Meninski que ce nom est commun à tous les soldats dans l'Empire ottoman ; mais qu'il est particulier à la garde du grand-seigneur & à l'infanterie. Les capitaines d'infanterie & les capitaines des gardes, s'appellent kûl zabitlers, & les gardes, kapu kûlleri, ou esclaves de cour. D'autres auteurs nous assurent que tous ceux qui ont quelques places qui les approchent du grand-seigneur, qui tiennent à la cour par quelqu'emploi, qui sont gagés par le sultan, en un mot, qui le servent de quelque façon que ce soit, prennent le titre de kûl ou kool, ou d'esclaves, & qu'il les éleve fort au-dessus de la qualité de sujets. Un kûl ou un esclave du grand-seigneur, a droit de maltraiter ceux qui ne sont que ses domestiques ; mais un sujet qui maltraiteroit un kûl, seroit séverement puni. Les grands-visirs & les bachas ne dédaignent point de porter le nom de kûl. Les kûls sont entierement dévoués au caprice du sultan ; ils se tiennent pour fort heureux, s'il leur arrive d'être étranglés ou de mourir par ses ordres : c'est pour eux une espece de martyre qui les mene droit au ciel.


KULKIEHAIAS. m. (Hist. mod.) c'est ainsi que les Turcs nomment un officier général qui est le lieutenant de leur milice, & qui occupe le premier rang après l'aga des janissaires parmi les troupes, mais qui prend le rang au-dessus de lui dans le conseil ou dans le divan. C'est lui qui tient le rôle des janissaires, aussi-bien que du reste de l'infanterie ; les affaires qui regardent ces troupes se terminent entre lui & l'aga. Voyez Cantemir hist. ottomane.


KULP LAou KULPE, (Géog.) en latin Colapis, riviere du royaume de Hongrie en Croatie. Elle a sa source dans la Windischmarsch en Carniole, vers Bucariza, & après un assez long cours elle se jette dans la Save à Craslowitz, un peu au-dessus d'Agram.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KUPFERNIKKELS. m. (Hist. nat. Min.) nom que les mineurs de Saxe donnent à une espece de mine d'arsenic qui est d'un rouge semblable à celui du cuivre, mais qui très-souvent ne contient réellement que peu ou point de ce métal. Quelquefois il est mêlé avec les mines de cobalt, ce qui fait que quelques auteurs l'ont regardé comme étant lui même une mine de cobalt ; mais il ne fait que nuire au saffre ou à la couleur bleue que l'on en retire. M. Henckel croit que cette mauvaise qualité vient d'une terre étrangere qui s'y trouve & qu'on ne peut point en dégager. Le kupfernikkel ne contient communément que de la terre, de l'arsenic, & une quantité de souffre qui est tantôt plus, tantôt moins grande : quelquefois il y a outre cela un peu de cuivre qui s'y trouve accidentellement, voilà pourquoi ce minéral colore en verd l'acide nitreux dans lequel on le fait dissoudre. On prétend aussi qu'on y trouve quelquefois de l'argent, mais c'est encore par accident, & cela vient, suivant M. Henckel, d'un cobalt tenant argent qui s'est mêlé avec ce minéral. (-)


KUR(Géog.) riviere d'Asie qui sort du Caucase, selon Chardin, & se jette dans la mer Caspienne. Le P. Avril prétend que cette riviere a sa source en Géorgie, & qu'elle enrichit les pays qu'elle arrose, par la quantité d'esturgeons qu'on y pêche : c'est le même que le Cyrus des anciens.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KURAB(Géog.) petite ville de Perse à demi-lieue de la mer Caspienne, & presque cachée dans ses arbres. Quelques-uns l'appellent Kesker, du nom de la province dont elle est la capitale. Long. 67. 50. lat. 37. 36.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KURGAN LE(Géogr.) riviere d'Asie. Elle a sa source dans la province de Korazan, vers le 85 deg. de Long. & le 35. deg. de lat. au nord des montagnes qui regnent dans la partie méridionale de cette province. Après un cours d'environ 60 lieues d'Allemagne, elle se jette dans la mer Caspienne à l'ouest de la ville d'Astrabath. C'est une riviere fort poissonneuse, & qui fertilise les cantons du Khorassan qu'elle arrose.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KURILI(Géog.) peuple de Sibérie qui habite la partie méridionale de la presqu'île de Kamtschatka ; il est plus policé que ses voisins, & l'on croit que c'est une colonie venue du Japon, leur climat est plus chaud que celui de la partie plus septentrionale de la presqu'île de Kamtschatka ; il sont fort pauvres, vivent de poisson, & se vêtissent de fourrures ; ils ne payent tribut à personne ; ils brûlent leurs morts malgré les défenses qui leur en ont été faites de la part de la Russie. Voyez Description de l'empire russien.


KURO-GANNIS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est un arbre du Japon, dont le bois, suivant la signification de son nom, approche de la dureté du fer. Ses feuilles qui sont sans poils & sans découpures, ressemblent à celles du telephium commun. Ses baies sont de la grosseur des petites prunes sauvages. On en distingue une espece qui se nomme kuro-kaki.


KUROGGIS. m. (Hist. nat. Bot.) c'est un arbre sauvage du Japon ; il a ses feuilles ovales, terminées en pointe, longues de deux pouces, & légerement dentelées. Ses fleurs sont doubles, d'un jaune pâle, petites, garnies d'un grand nombre d'étamines qui environnent le pistil. Il a plusieurs fleurs sur un seul pédicule. Les pétales extérieurs sont écailleux & recourbés. Ses baies sont plus grosses qu'un pois, oblongues, charnues & purpurines.


KURPIECKSS. m. (Géog. Hist. mod.) nom qu'on donne en Pologne à des paysans qui habitent un canton du Palatinat de Mazovie. Ils sont indépendans, ne vivent que de la chasse & de leurs bestiaux. Dans des tems de troubles ils ont souvent incommodé la république.


KURTCHYS. m. (Art. milit.) espece de milice ou corps de troupes chez les Persans. Ce mot signifie dans son origine une armée ; mais il est restraint à un corps de cavalerie composé de la noblesse de l'empire ; & des descendans de ceux qui placerent le Sophi-Ismael sur le trone. Ils font environ 18000 hommes.

Leur colonel s'appelle kurtchy-bascha. C'étoit jadis le premier poste du royaume ; & le kurtchy-bascha étoit chez les Perses ce que le connétable étoit anciennement en France. Chambers.


KURULTAIS. m. (Hist. mod.) c'est ainsi que sous Gengis-Kan, & sous Tamerlan, on nommoit la diete ou l'assemblée générale des princes & seigneurs tartares, vassaux ou tributaires du grand-kan. On convoquoit ces dietes lorsqu'il s'agissoit de quelque expédition ou de quelque conquête, & l'on y régloit la quantité de troupes que chacun des vassaux devoit fournir. C'est aussi là que les grands-kans publioient leurs lois & leurs ordonnances.


KURUME(Géog.) ville de l'empire du Japon, avec un château où réside un prince feudataire de l'empereur. Cette ville a environ deux mille maisons.


KUS-KUSS. m. (Hist. mod. Oecon.) nom que l'on donne dans le royaume de Maroc à une espece de gâteau de farine en forme de boule, que l'on fait cuire à la vapeur de l'eau bouillante, dans un pot troué par son fond, que l'on place au-dessus d'un autre pot qui est rempli d'eau, & dont le premier reçoit la vapeur. On dit que ces gâteaux sont d'un goût fort-agréable.


KUSMA-DEMIANSKI(Géog.) ville de l'empire russien, dans la Tartarie, à 13 lieues nord-est de Vasiligorod. Long. 69. 5. lat. 56. 2.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KUSNOKIS. m. (Hist. mod. Bot.) nom que les Japonois donnent à l'arbre dont ils tirent le camphre. Il croît dans les forêts sans culture, est fort élevé, & si gros que deux hommes peuvent à peine l'embrasser. Ses feuilles sont d'un beau verd, & sentent le camphre. Pour en tirer le camphre, ils prennent les racines & les feuilles les plus jeunes de cet arbre, les coupent en petits morceaux, & les font bouillir pendant quarante-huit heures dans l'eau pure, le camphre s'attache au couvercle du chapiteau du vaisseau de cuivre où s'est fait la décoction ; ce vaisseau a un long col auquel on adapte un très-grand chapiteau. Voyez Ephemerides natur. curios. Decuriâ II. ann. X. obs. 37. pag. 79.


KUTKROSS. m. (Hist. mod.) espece de tablier de peau de mouton, dont les hommes & les femmes se servent parmi les Hottentots pour couvrir les parties que la pudeur défend de montrer.


KUTTENBERG(Géog.) Kuthnae, mons, ou Guteberga, petite ville de Bohème, remarquable par les mines d'argent qui sont dans la montagne du voisinage, dont elle prend le nom. Elle est à sept milles sud-est de Prague. Long. 33. 12. lat. 49. 56.

(Le Chevalier DE JAUCOURT.)


KZEL-BACHES. m. (Hist. mod.) ornement de tête en Perse ; il est composé de deux aigrettes d'or, qui s'élevent au-dessus de la coëffure : on appelle du même nom de kzel-bache, ceux qui en portent ; c'est une milice d'hommes adroits & courageux.