Division générale de la Science humaine en Histoire, Poésie et Philosophie, selon les trois facultés de l’Entendement, Mémoire, Imagination, Raison.

Bacon observe que cette division peut aussi s’appliquer à la Théologie. On avait suivi dans un endroit du Prospectus cette dernière idée : mais on l’a abandonnée depuis, parce qu’elle a paru plus ingénieuse que solide.


I. Division de l’Histoire, en naturelle et civile.


Histoire naturelle se divise en Histoire des productions de la Nature, Histoire des écarts de la Nature, Histoire des emplois de la Nature, ou des Arts.

Seconde division de l’Histoire naturelle tirée de sa fin et de son usage, en Histoire proprement dite, et Histoire raisonnée.

Division des productions de la Nature, en Histoire des choses célestes, des Météores, de l’air, de la terre et de la mer, des éléments, des espèces particulières d’individus.

Division de l’Histoire civile en ecclésiastique, en littéraire, et en civile proprement dite.

Première division de l’Histoire civile proprement dite, en Mémoires, Antiquités, et Histoire complète.

Division de l’Histoire complète, en Chroniques, Vies, et Relations.

Division de l’Histoire des temps en générale et en particulière.

Autre division de l’Histoire des temps en Annales et Journaux.

Seconde division de l’Histoire civile en pure et en mixte.

Division de l’Histoire ecclésiastique en Histoire ecclésiastique particulière, Histoire des Prophéties, qui contient la Prophétie et l’accomplissement, et Histoire de ce que Bacon appelle Nemesis, ou la Providence, c’est-à-dire, de l’accord qui se remarque quelquefois entre la volonté révélée de Dieu, et sa volonté secrète.

Division de la partie de l’Histoire qui roule sur les dits notables des hommes, en Lettres et Apophtegmes.


II. Division de la Poésie en narrative, dramatique, et parabolique.


III. Division générale de la Science en Théologie sacrée et Philosophie.


Division de la Philosophie en Science de Dieu, Science de la Nature, Science de l’Homme.

Philosophie première, ou Science des Axiomes, qui s’étend à toutes les branches de la Philosophie. Autre branche de cette Philosophie première, qui traite des qualités transcendantes des êtres, peu, beaucoup, semblable, différent, être, non être, &c.

Science des Anges et des esprits, suite de la Science de Dieu, ou Théologie naturelle.

Division de la Science de la Nature, ou Philosophie naturelle, en spéculative et pratique.

Division de la Science spéculative de la Nature en Physique particulière et Métaphysique ; la première ayant pour objet la cause efficiente et la matière ; et la Métaphysique, la cause finale et la forme.

Division de la Physique en Science des principes des choses, Science de la formation des choses, ou du monde, et Science de la variété des choses.

Division de la Science de la variété des choses en Science des concrets, et Science des abstraits.

Division de la Science des concrets dans les mêmes branches que l’Histoire naturelle.

Division de la Science des abstraits en Science des propriétés particulières des différents corps, comme densité, légèreté, pesanteur, élasticité, mollesse, etc. et Science des mouvements dont le Chancelier Bacon fait une énumération assez longue, conformément aux idées des scolastiques.

Branches de la Philosophie spéculative, qui consistent dans les Problèmes naturels, et les sentiments des anciens Philosophes.

Division de la Métaphysique en Science des formes et Science des causes finales.

Division de la Science pratique de la Nature en Mécanique et Magie naturelle.

Branches de la Science pratique de la Nature, qui consistent dans le dénombrement des richesses humaines, naturelles ou artificielles, dont les hommes jouissent et dont ils ont joui, et le catalogue des Polychrestes.

Branche considérable de la Philosophie naturelle, tant spéculative que pratique, appelée Mathématiques. Division des Mathématiques en pures, en mixtes. Division des Mathématiques pures en Géométrie et Arithmétique. Division des Mathématiques mixtes en Perspective, Musique, Astronomie, Cosmographie, Architecture, Science des machines, et quelques autres.

Division de la Science de l’homme, en Science de l’homme proprement dite, et Science civile.

Division de la Science de l’homme en Science du corps humain, et Science de l'âme humaine.

Division de la Science du corps humain en Médecine, Cosmétique, Athlétique, et Science des plaisirs des sens. Division de la Médecine en trois parties, Art de conserver la santé, Art de guérir les maladies, Art de prolonger la vie. Peinture, Musique, etc. Branche de la Science des plaisirs.

Division de la Science de l'âme en Science du souffle divin, d’où est sortie l'âme raisonnable, et Science de l'âme irrationnelle, qui nous est commune avec les brutes, et qui est produite du limon de la terre.

Autre division de la Science de l'âme, en Science de la substance de l'âme, Science de ses facultés, et Science de l’usage et de l’objet de ces facultés : de cette dernière résultent la Divination naturelle et artificielle, &c.

Division des facultés de l'âme sensible, en mouvement et sentiment.

Division de la Science de l’usage et de l’objet des facultés de l'âme, en Logique et Morale.

Division de la Logique en Art d’inventer, de juger, de retenir, et de communiquer.

Division de l’art d’inventer en invention des Sciences ou des Arts, et invention des Arguments.

Division de l’Art de juger, en jugement par induction, et jugement par syllogisme.

Division de l’Art du syllogisme, en Analyse, et principes pour démêler facilement le vrai du faux.

Science de l’Analogie, branche de l’Art de juger.

Division de l’Art de retenir, en Science de ce qui peut aider la mémoire, et Science de la mémoire même.

Division de la Science de la mémoire, en prénotion et emblème.

Division de la Science de communiquer, en Science de l’instrument du discours, Science de la méthode du discours, et Science des ornements du discours, ou Rhétorique.

Division de la Science de l’instrument du discours, en Science générale des signes, et en Grammaire, qui se divise en Science du langage, et Science de l’écriture.

Division de la Science de signes, en hiéroglyphes et gestes, et en caractères réels.

Seconde division de la Grammaire, en littéraire et philosophique.

Art de la Versification et Prosodie, branches de la Science du langage.

Art de déchiffrer branche de l’Art d’écrire.

Critique et Pédagogie, Branches de l’Art de communiquer.

Division de la Morale en Science de l’objet que l'âme doit se proposer, c’est-à-dire, du bien moral, et Science de la culture de l'âme. L’Auteur fait à ce sujet beaucoup de divisions qu’il est inutile de rapporter.

Division de la Science civile, en Science de la conversation, Science des affaires, et Science de l’Etat. Nous en omettons les divisions.

L’Auteur finit par quelques réflexions sur l’usage de la Théologie sacrée, qu’il ne divise en aucunes branches.


Voilà dans son ordre naturel, et sans démembrement, ni mutilation, l’Arbre du Chancelier Bacon. On voit que l’article de la Logique est celui où nous l’avons le plus suivi, encore avons-nous cru devoir y faire plusieurs changements. Au reste nous le répétons, c’est aux Philosophes à nous juger sur les changements que nous avons faits : nos autres lecteurs prendront sans doute peu de part à cette question, qu’il était pourtant nécessaire d’éclaircir ; et ils ne se souviendront que de l’aveu formel que nous avons fait dans le Prospectus, d’avoir l’obligation principale de notre Arbre au Chancelier Bacon ; aveu qui doit nous concilier tout juge impartial et désintéressé.