S. f. (outil à l'usage de presque tous les Ouvriers) il sert à arracher ou à tenir quelque chose. On appelle le mord de la tenaille, les deux demi-cercles qui sont à un bout, parce qu'en se rencontrant quand on les ferme, ils mordent pour ainsi dire toutes les choses qui se trouvent entre deux. Outre cette tenaille commune à toute sorte d'ouvriers, il y en a de particulières à certains arts et métiers, comme aux orfévres, aux fondeurs, aux monnoyeurs, aux maréchaux, aux serruriers, etc. Voyez les articles suivants.

TENAILLE, s. f. (Docimastique) entre les ustensiles que l'art des essais rend indispensables, on fait usage de quatre sortes de ténailles, forcipes.

La première est composée de deux leviers de fer, longs de deux pieds, épais de deux lignes, et attachés par le milieu à l'aide d'un axe qui permet à leurs bras de s'ouvrir et de se fermer sans vaciller. Les bras destinés à prendre les vaisseaux se termineront en une espèce d'arc de cercle, dont la convexité sera tournée du côté de la partie extérieure, l'un desquels sera garni, comme d'une sous-tendante, d'une petite branche de fer large de deux lignes, épaisse d'une seule, et longue à-peu-près de deux pouces. La partie de rayon, comprise entre chacun de ses arcs et sa corde, sera de trois lignes. Pour manier aisément cette tenaille, on fait des anneaux à ses bras supérieurs en les courbant. Elle sert à retirer de dessous la moufle, les scorificatoires, les coupelles et autres petits vaisseaux ; ce qui se fait en insinuant les doigts de la main droite dans les anneaux de sa partie supérieure, la soutenant avec la main gauche pour lui donner plus d'appui, et en pinçant le bord droit du vaisseau, l'arc soutenu étant tourné en-dehors, pour l'empêcher de vaciller.

La seconde tenaille est une pince faite d'une lame d'acier fort polie, trempée comme un ressort, presque pointue par son extrémité inférieure, et longue de six pouces. Elle est employée à prendre les grains de fin qui restent sur les coupelles ; ou autres petits corps quelconques.

La troisième tenaille destinée à prendre des moyens creusets de fusion, est longue de deux pieds, ainsi que la première, et n'en diffère que parce que les leviers dont elle est composée sont plus forts, et que ses bras inférieurs se terminent par un bec long d'un pouce et demi et large de six lignes ; ce bec doit être arqué, afin de s'ajuster aux parois des creusets qu'il doit embrasser étroitement : elle est particulièrement faite pour manière les vaisseaux médiocres dont l'on verse le métal fondu dans des moules, ou dans une lingotière.

Comme les grands creusets, et principalement ceux qui contiennent une grande quantité de métal sont plus sujets que les petits à contracter des félures, qui, à-moins qu'elles ne viennent de l'humidité de la tourte, commencent toujours par leur partie supérieure, et s'étendent pour l'ordinaire jusqu'au fond du creuset, se formant assez rarement en ligne circulaire ; on se sert pour les ôter du feu, d'une quatrième tenaille plus forte et plus longue que la première : à la partie interne de son bras inférieur sera attaché un demi-cercle, dont le rayon de quatre pouces sera perpendiculaire au bras de la tenaille : le second bras sera muni de deux autres demi-cercles, l'un plus grand et l'autre plus petit que le précédent, et placés de même que lui ; mais disposés de façon qu'il restera entre chacune de leurs extrémités voisines un intervalle d'un pouce, propre à recevoir le demi-cercle du premier bras. On peut, à la faveur de cette structure, transporter les moyens comme les plus grands vaisseaux. Avant que de se servir de cette tenaille, on rougit médiocrement ses pinces, et on les applique un peu au-dessous du bord supérieur du creuset, que l'on enlève en sûreté au moyen du cercle dont l'un de ses côtés est environné. M. Cramer a joint à la description qu'on vient de lire, des tenailles nécessaires aux essais, les figures de chaque tenaille en particulier. (D.J.)

TENAILLES INCISIVES, instrument de Chirurgie dont on se sert pour couper des esquilles et des cartilages. Il y en a de différentes espèces ; la première (Voyez fig. 2. Pl. XXI.), est longue de sept pouces et demi ; c'est une espèce de pincette dont les branches sont jointes par jonction passée. Voyez JONCTION PASSEE.

L'extrémité antérieure de chaque branche est un demi-craissant, un peu allongé, plus épais près de sa jonction, mais qui va en diminuant d'épaisseur, pour augmenter en largeur, et se terminer par un tranchant qui a un pouce quatre lignes d'étendue.

Les extrémités postérieures de ces branches ont environ cinq pouces, elles sont épaisses près de leur jonction, où elles ont cinq lignes et demie de large ; leur surface extérieure est placée près de leur jonction, et elle devient plus large et arrondie vers leur extrémité, afin de leur tenir lieu de poignée ; ces extrémités sont naturellement écartées l'une de l'autre, par un ressort de deux pouces sept lignes de long, dont la base est attachée sur la branche femelle, par un clou rivé.

Pour peu qu'il y ait de résistance dans les parties qu'on veut couper avec ces tenailles, on a beaucoup de difficultés, parce que les deux tranchants s'affrontent et s'appliquent perpendiculairement l'un sur l'autre : on se sert plus commodément de l'espèce de ciseaux appelés par les ouvriers cisoires. Voyez CISOIRE. Cet instrument connu des ouvriers qui coupent le fer, peut être fort utile en chirurgie ; il a beaucoup de force, parce que la puissance est éloignée du point d'appui, et que la résistance est proche ; et en outre parce que les tranchants ne sont point opposés l'un à l'autre, comme dans la tenaille incisive que nous venons de décrire.

L'usage des cisoires consiste à couper des esquilles d'os, des côtes, des cartilages, etc. Voyez figure 4. Pl. XXI.

La figure 3. représente une autre espèce de tenaille incisive, fort utile pour couper les ongles des pieds et des mains, et principalement ceux qui entrent dans la chair. Voyez PTERYGION. On s'en sert aussi pour couper les petites esquilles d'os, et principalement les grandes inégalités qui se trouvent quelquefois après l'opération du trépan, ou bien les pointes qui percent, ou peuvent percer la dure-mère. Ces sortes de pincettes n'ont pas plus de quatre pouces de longueur ; les branches sont jointes par jonction passée ; leur partie antérieure est une petite lame longue de dix lignes, évuidée en dedans, convexe et polie en dehors, coupée en talus depuis la jonction jusqu'à la pointe, et terminée en pointe ; chaque lame est tranchante par l'endroit qu'elles se joignent ; les deux branches postérieures, qui font la poignée, sont recourbées en arc, et se tiennent écartées par un simple ressort, qui doit avoir au moins un pouce de long. (Y)

TENAILLE, (Arquebusier) ces tenailles ressemblent aux tenailles en bois des fourbisseurs ; les arquebusiers s'en servent pour serrer un canon de fusil dans l'étau ; ils en ont aussi qui sont garnies de plaques de liege, pour serrer un bois de fusil dans l'étau, attendu que s'ils ne prenaient point cette précaution, les tenailles marqueraient sur le bois, et le gâteraient. Voyez les Planches du Fourbisseur.

TENAILLES DROITES, (Arquebusier) ces tenailles sont faites comme celles des serruriers, et servent aux arquebusiers pour faire chauffer le fer à la forge, et le tenir sur l'enclume. Voyez TENAILLES, (Serrurerie.)

TENAILLES A CROCHET, (Arquebusier) ces tenailles sont faites comme celles des serruriers, et servent aux arquebusiers aux mêmes usages que les tenailles droites.

TENAILLES A VIS, (Arquebusier) ces tenailles à vis s'appellent aussi étau à main, et sont faites comme celles des serruriers, horlogers, etc. les arquebusiers s'en servent à differents usages, et en ont à mâchoire plate, et à mâchoire d'étau. Voyez Pl. d'Horlogerie.

TENAILLES A CHANFREIN, (Arquebusier) ces tenailles sont exactement faites comme celles des serruriers, et servent aux arquebusiers pour tenir des pièces de côté dans leur étau, et les limer plus facilement.

TENAILLES, en terme de Batteur d'or, sont des pinces dont les mâchoires sont plates et unies, dont l'une des branches à l'autre extrémité, s'arrête dans une petite plaque de fer percée de plusieurs trous ; ces tenailles sont soutenues sur une espèce de patte en cercle, soudée à deux pouces des mâchoires, afin qu'elles soient de la hauteur de l'outil, qu'elles assujettissent pendant qu'on l'emplit. Voyez OUTIL.

TENAILLES A BOUCLES, en terme de Bijoutier, sont des tenailles dont les queues sont droites et plates dans toute leur longueur, et arrondies par le bout, le long desquelles coule une boucle de fer qui sert à ouvrir ou fermer plus ou moins les mâchoires des tenailles, qui n'ont rien de particulier quant à leur forme. Voyez Pl. d'Horlogerie.

TENAILLES CROCHES, en terme de Metteur en œuvre, sont des tenailles qui ne différent des pinces ordinaires que par l'une de leurs mâchoires, qui forme un demi-cercle, et se termine en une pointe qui entre dans la place destinée au chaton, etc. on se sert des tenailles croches pour le limer ; sa culasse s'appuie contre la mâchoire droite et plate, pendant que le morceau de métal où l'on a fait sa place, est retenu dans la mâchoire courbe : on les appelle encore tenailles à chaton. Voyez les Planches du Metteur en œuvre.

TENAILLES PLATES, en terme de Bijoutier, sont des pinces dont les mâchoires sont plates, et dont les branches qui servent de queue ou manche, sont recourbées en-dedans. Voyez Pl. d'Horlogerie.

TENAILLES, instrument de fer dont les Bourreliers se servent pour tirer et allonger leur cuir. Ces tenailles sont faites exactement comme les tenailles des cordonniers.

TENAILLES, en terme de Boutonnier, sont des espèces de pinces d'une seule pièce, dont chaque mâchoire est plate en-dedans, et forme en-dehors une espèce de glacis, jusqu'à l'endroit qui s'appuye sur l'étau : on s'en sert surtout pour tenir les gros clous de carosse dans l'étau. Voyez les Planches du Doreur sur cuir.

TENAILLES, outil de Charron, ces tenailles sont exactement faites comme les pinces de forge des maréchaux, et servent aux charrons pour tirer du feu les chevilles qu'ils font rougir, et les poser dans leurs ouvrages. Voyez les Planches du Maréchal.

TENAILLES, (Cordonnier) elles n'ont rien de remarquable que leur force ; elles servent à arracher les clous. Voyez les Pl. du Cordonnier bottier.

TENAILLES, (Cout.) ces forgerons ont les mêmes tenailles que les serruriers et les taillandiers. Voyez ces TENAILLES. Quelques-unes sont échancrées entre les mâchoires, de manière à pouvoir y placer la queue d'une pièce à demi forgée : on les appelle tenaille à rabattre.

TENAILLES, en terme de Diamantaires, sont des espèces de pinces plates, dont les mâchoires ont une gravure par le bout pour recevoir la queue de la coquille, elles sont pressées plus ou moins par un écrou ; la queue de ces tenailles ne forme qu'un seul brin plat, et qui va toujours en s'élargissant jusqu'à son extrémité qui se cloue sur deux pieds de bois de la même pièce, qui représentent une sorte d'arcade ; les tenailles s'appuient par chaque bout contre deux chevilles, l'une à gauche, et l'autre à droite, pour les fixer sur le même point, et se chargent de plombs plus forts à proportion qu'on veut faire plus ou moins manger le diamant. Voyez les Pl. du Diamantaire.

La première représente les tenailles en situation sur la meule. Voyez MOULIN.

La seconde représente la tenaille entière, garnie d'une coquille, dont la queue passe au-dessus de la tenaille, elle est retenue entre les deux mâchoires par l'écrou.

La troisième figure représente la même tenaille dont la mâchoire antérieure est ôtée, la pièce de bois faite en arcade, avec laquelle est assemblée la mâchoire immobile, la vis qui traverse les deux mâchoires, le biseau sur lequel s'appuye l'autre mâchoire, qu'on peut aussi assembler à charnière, l'autre mâchoire, h l'écrou qui serre les deux mâchoires l'une contre l'autre, enfin la clé qui sert à serrer l'écrou.

TENAILLES A BOUCLES, en terme de Doreur, sont des tenailles dont les mâchoires renversées en-dehors, représentent la lettre T, elles se serrent dans l'étau, et servent à appréter les boucles ; elles sont d'une grandeur proportionnée aux boucles, etc. Voyez les Pl. du Doreur.

TENAILLES A DRESSER, en terme d'Epinglier, ne diffèrent des tenailles ordinaires que parce que leurs mâchoires sont tranchantes : on les appelle triquaises.

TENAILLES, outil de Ferblantier, ces tenailles n'ont rien d'extraordinaire. Voyez les Planches du Ferblantier.

TENAILLES des Fondeurs, appelées happes, sortes de pinces avec lesquelles ils prennent les creusets dans le fourneau, pour verser le métal fondu qu'ils contiennent dans les moules dont on veut qu'ils prennent la figure. Voyez Pl. du Fondeur en cuivre, et l'article HAPPES, et FONDEUR EN SABLE.

TENAILLES TRANCHANTES, outil dont les Bimblotiers faiseurs de dragées au moule se servent pour séparer les dragées qui tiennent à la branche ou jet principal. Voyez les fig. des Planc. de la fonte des dragées moulées. Ces tenailles sont composées de deux branches c C, b B jointes ensemble par un clou à deux têtes A. Les becs cc, bb de ces tenailles sont des tranchants d'acier bien affilés, entre lesquels on présente les branches de dragées, en sorte que les tranchants coupent les jets qui unissent chaque dragée à la branche qui est le jet commun. On coupe en serrant dans la main les deux poignées de bois B C, qui terminent les branches de la tenaille.

TENAILLES DE BOIS, en terme de Fourbisseur, sont des sortes de pinces de bois dans lesquelles on serre les pièces d'une garde pour les ciseler, et empêcher que l'étau ne les endommage. Voyez les Pl. du Fourbisseur.

TENAILLES A VIS, est un outil représenté dans les Pl. de la Gravure, dont se servent les Graveurs pour tenir la planche, et ne se point bruler pendant qu'ils noircissent le vernis, comme on peut le voir aux fig. de la vignette, ou aux fig. de la même Planche, qui représente une planche prise par la tenaille.

TENAILLE, (Horlogerie) instrument dont on se sert pour tenir quelque pièce de métal ou agir sur elle avec force. Il y en a de différentes espèces ; celles dont les Horlogers font usage, sont 1°. les tenailles à vis, Voyez-les dans les Pl. de l'Horlogerie ; elles consistent en deux branches AB, AC, dont l'une AB est mobile autour du point A, et sur un ressort circulaire r, par le moyen de la vis V. On approche leurs mâchoires C B l'une de l'autre, et l'on y presse la pièce que l'on y veut tenir. Dans la même Planche on a représenté une petite tenaille de la même espèce, terminée par un manche. 2°. Les fig. suivantes de la même Planche représentent des tenailles qu'on appelle tenailles à boucles, dont les mâchoires sont pressées l'une contre l'autre au moyen des boucles ou coulans B B, et dont les branches sont ou mobiles sur un centre en C, ou à ressort, comme celles de la petite tenaille T qui est une espèce de porte-crayon ajusté dans un manche, lequel est percé d'outre-en-outre, pour laisser passer le fil de laiton dont on se sert pour faire des goupilles. 3°. Les tenailles à couper dont les mâchoires m m sont tranchantes, et servent à couper de petites parties de métal.

TENAILLES de Menuisier, elles sont communes ; elles servent à arracher les clous.

TENAILLES A ETIRER, en terme d'Orfèvre, sont de grosses pinces proportionnées néanmoins à la grosseur du fil qu'elles prennent en sortant de la filière. Leurs mâchoires sont taillées comme une lime. Elles sont composées de deux branches qui s'appliquent l'une sur l'autre en se croisant un peu, s'approchent l'une de l'autre à la tête, autant qu'on veut, et que la pièce qu'elles tiennent le permet. Chacune de ces branches se terminent à l'autre bout par un crochet où s'attache la corde ou la sangle. Voyez CORDE ou SANGLE. Voyez les Planches.

TENAILLES A FONDRE, en terme d'Orfèvre en grosserie, ce sont de grosses tenailles qui diffèrent peu des tenailles ordinaires, si ce n'est que les pinces sont longues et recourbées carrément. On s'en sert pour tirer les creusets du feu, et pour verser l'argent ou l'or dans les lingotières. Voyez les Planches.

TENAILLES A FORGER, en terme d'Orfèvre, sont des tenailles grosses par proportion à la pièce que l'on forge ; on les appelle tenailles à forger, parce qu'on s'en sert pour retenir les pièces d'orfevrerie sur l'enclume. Voyez les Planches.

TENAILLE A JETTER, outil de Potier d'étain, qui sert à jeter en moule de la vaisselle ; cette tenaille est composée de deux branches de fer qui se séparent au milieu pour passer la queue du noyau du moule ; elles joignent ensemble par le bout au moyen d'un crochet et d'un trou où il tient, et par l'autre bout qui est du côté de l'ouvrier qui travaille ; les deux bouts sont garnis de dents rondes ; on serre ces branches qui embrassent le moule avec la main droite, et de la gauche on pousse un anneau ovale de fer qui tient tout en respect lorsqu'on jette ; le moule doit être à plat sur la tenaille, lorsqu'on le serre ou qu'on le veut ouvrir, et cette tenaille est posée sur la selle à jetter. Voyez JETTER L'ETAIN EN MOULE et les figures des Planches du Potier d'étain.

TENAILLE A PAILLONNER, est un autre outil de fer qui sert à tenir les pièces de vaisselle sur le feu, quand on les paillonne. Les queues se serrent aussi avec un anneau, et ont des dents comme la tenaille à jetter. Voyez PAILLONNER et les mêmes Pl. ci-dessus.

TENAILLE, (Serrurerie) les tenailles de forges sont composées de deux branches de fer fixées ensemble par une rivure. La partie qui sert à serrer le fer à forger, est de fer carré depuis la rivure, et porte de longueur depuis trois pouces jusqu'à cinq. Les branches depuis la rivure jusqu'à leurs extrémités sont arrondies, et plus menues, plus ou moins longues, selon la force de la tenaille. Il y en a de droites et de coudées.

La tenaille à chanfrein a sa rivure à l'extrémité des branches, et ses deux mâchoires sont coudées l'une sur l'autre en bâton rompu. On la place dans l'étau ; elle serre la pièce à limer.

La tenaille à vis ressemble à un petit étau à main qui n'a point de patte. On s'en sert pour tenir les pièces d'ouvrages à limer.

TENAILLES, en terme de Cornetier Tabletier, ce sont des pinces à main qui ne diffèrent des pinces proprement dites, qu'en ce qu'elles sont plus courtes, sans clé, et que c'est par leur moyen que l'ouvrier abat des pinces une pièce qu'il veut ouvrir. Voyez les Planches.

TENAILLE, (Taillanderie) ce sont les mêmes que celles du serrurier et des autres forgerons.

TENAILLES des insectes, (Histoire des insect.) partie creuse et percée que plusieurs insectes ont au bout de la tête, et dont ils se servent pour piquer, tuer d'autres insectes, et les sucer.

Il y a divers genres d'insectes très-carnaciers, auxquels on n'aperçoit d'abord ni bouche, ni trompe, ni aucune ouverture apparente par où l'on puisse soupçonner qu'ils prennent leur nourriture. On se figurerait presque qu'ils vivent de l'air, si deux grandes tenailles en forme de cornes recourbées qu'ils ont à la tête, n'annonçaient qu'il leur faut un aliment plus solide. Ce sont ces deux tenailles même qui leur servent de trompe et de bouche ; elles sont creuses et percées, ou fendues vers leur extrémité ; ils les enfoncent dans le corps des animaux dont ils veulent se nourrir, et sucent au-travers de ces tenailles tout l'intérieur de l'animal saisi. Voyez la figure de cette partie des insectes dans la Micographie de Hook. (D.J.)

TENAILLE LA, en terme de Fortification, est une espèce d'ouvrage extérieur composé de deux faces qui forment un angle rentrant, et de plus de deux longs côtés parallèles ou à-peu-près parallèles. Cette sorte d'ouvrage n'est plus guère en usage, parce que l'angle rentrant que forment ses faces, n'est point défendu. Il peut servir seulement dans des retranchements ou autres ouvrages de terre très-peu élevés. Voyez OUVRAGE EXTERIEUR, ANGLE MORT et QUEUE D'ARONDE.

Il y a deux sortes de tenailles, savoir la simple et la double : la tenaille simple est un grand ouvrage extérieur, comme D A B C E, composé de deux faces ou côtés A B et C B, qui renferment l'angle saillant B. Voyez Pl. I. de fortif. fig. 12.

La tenaille double ou flanquée est aussi un grand ouvrage extérieur composé de deux tenailles simples ou de trois angles saillans et de deux angles rentrants F G H et H I K. Voyez Pl. I. de fortif. fig. 13. Voyez aussi FLANQUE.

Les grands défauts des tenailles sont 1°. qu'elles embrassent trop de terrain, ce qui donne de l'avantage aux ennemis ; 2°. que l'angle B est sans défense, la hauteur du parapet empêchant les assiégés de voir ce qui se passe en-bas, de sorte que les ennemis peuvent s'y loger et se mettre à-couvert ; 3°. que les faces A B et B C ne sont pas flanquées suffisamment.

C'est pour toutes ces raisons là que les plus habiles ingénieurs ont exclu les tenailles des fortifications, et que, si quelquefois ils en font encore, ce n'est que faute de temps pour faire un ouvrage à cornes.

La tenaille de la place est le front de la place compris entre les pointes de deux bastions voisins ; elle est composée de la courtine des deux flancs élevés sur cette ligne et des deux faces qui joignent ces flancs. Voyez BASTION, COURTINE, etc. de sorte que la tenaille est ce qu'on appelle aussi la face ou plutôt le front d'une forteresse. Voyez FACE, FRONT et PLACE FORTIFIEE.

TENAILLE DU FOSSE, est un ouvrage bas que l'on fait devant la courtine au milieu du fossé. Voyez FOSSE.

On en fait de trois sortes ; la première est composée d'une courtine, de deux flancs et de deux faces ; le rempart de la courtine contenant le parapet, et le talut n'a que cinq taises d'épaisseur ; mais le rempart des flancs et des faces en a sept. Voyez tab. fortif. fig. 21 lett. e.

La seconde que M. de Vauban trouve de fort bonne défense, n'est composée que de deux faces élevées sur les lignes de défenses ; son rempart et ses faces sont parallèles.

La troisième sorte ne diffère de la seconde qu'en ce que son rempart est parallèle à la courtine de la place. Telle est celle que M. de Vauban a construite à Landau et au neuf Brisach.

Elles sont toutes trois de bonne défense pour le fossé, et elles sont si basses, que le canon des assiégeans ne peut y atteindre avant qu'ils soient maîtres du chemin couvert, et qu'ils y aient planté leur artillerie.

La tenaille sert à augmenter la défense du fossé. Les coups qui partent de cet ouvrage qui est peu élevé, sont plus dangereux que ceux qui sont tirés des flancs de la place. La première espèce de tenaille, c'est-à-dire, celle qui a des flancs, se nomme tenaille à flancs ; les deux autres se nomment tenailles simples. M. le maréchal de Vauban qui est l'inventeur des tenailles, après s'être d'abord servi des tenailles à flancs, leur a préféré dans la suite les simples, parce que les flancs des premières peuvent être aisément enfilés du rempart de la demi-lune. Cet inconvénient ne se trouve point dans la tenaille simple, mais aussi son feu est fort oblique.

Pour construire la tenaille à flancs, il faut 1°. mener (Pl. I. des fortif. fig. 8.) la ligne G H parallèle à la courtine R S, et éloignée de trois taises de cette ligne ; 2° mener les lignes G I et H K parallèles aux flancs R E, S F, à la distance de cinq taises ; 3°. tirer les lignes de défense A S et B R ; puis du sommet M de l'angle flanquant, il faut prendre de part et d'autre M N, M P égales chacune à la moitié de M I et M K, et des points N et P abaisser les perpendiculaires N O, P Q sur les lignes de défense B R, A S. Ces perpendiculaires seront les flancs de la tenaille ; I N et P R en seront les faces, et O Q la courtine ; 4°. à trois taises du trait principal on lui menera en-dedans des parallèles à la distance de trois taises, pour déterminer son parapet. On donnera cinq ou six taises au terreplein de la tenaille vis-à-vis les faces, et deux ou trois à celui de la courtine.

Si la distance de la ligne G H à la courtine O Q est moindre que de cinq taises, on commencera par mener une parallèle de deux taises à la ligne G H pour le terre-plein de la tenaille vis-à-vis la courtine, et ensuite une autre parallèle à la distance de trois taises de cette ligne, qui terminera la longueur des flancs N O, P Q par sa rencontre avec ces flancs, et qui sera le côté extérieur du parapet de la courtine de la tenaille.

Il y a une banquette à la tenaille, comme au parapet du corps de la place ; on en construit même ordinairement deux vis-à-vis les faces, parce que pour couvrir les flancs, on en élève davantage le parapet. La tenaille se partage en deux parties par un petit fossé M V qu'on pratique au milieu de sa courtine. On communique dans les deux parties de la tenaille par un petit pont qui les joint ensemble.

Pour construire la tenaille simple, il faut aussi mener d'abord (Pl. I. de fortification fig. 9.) une parallèle D C à la courtine A B, qui en soit éloignée de trois taises : tirer après cela les lignes de défense O B, P A, et mener des parallèles D E, C F aux flancs A G, B H à la distance de cinq taises. On mène ensuite des parallèles au trait principal E M F, à la distance de trois taises, pour avoir le parapet de la tenaille, et d'autres parallèles à cette dernière à la distance de cinq ou six taises pour en avoir le terreplein.

Lorsque les lignes K X, N Y qui terminent le terreplein de la tenaille, rencontrent la ligne D C parallèle à la courtine dans des points X et Y (Pl. I. de fortification fig. 10.) éloignés de plusieurs taises du milieu de la tenaille, alors cet ouvrage est brisé dans cette partie. On termine dans ce cas le terreplein du milieu de la tenaille par une parallèle A D C prise à la distance de deux ou trois taises de cette ligne, et le parapet par une autre parallèle à la distance de trois taises de la précédente ; elle donne le côté extérieur de la partie R S de la tenaille, c'est-à-dire qu'elle coupera les lignes E M, M F dans des points R et S qui termineront la brisure de la tenaille.

Il est évident par la construction qu'on vient de donner des différentes tenailles, que cet ouvrage est entièrement isolé ou détaché de la place. Sa distance au revêtement du rempart le met à l'abri des éclats causés par la ruine ou la destruction du rempart. Sa situation vis-à-vis la courtine ne permet pas qu'il soit enfilé. Ainsi la tenaille a tous les principaux avantages de la fausse braie sans en avoir les défauts. Aussi M. le Maréchal de Vauban l'a-t-il substituée aux fausses braies. Voyez FAUSSES BRAIES. (Q)