S. m. (Corderie) On donne dans les ateliers de corderie ce nom à une petite corde destinée à faire partie d'une autre, voyez CORDERIE ; chez les ouvriers en soie, les Boutonniers et autres, à un petit tissu en long et ourdi comme la corde, ou de soie, ou de laine, ou de fil, ou de crin, etc. voyez CORDON, BOUTONNIER ; et à la suite de cet art. d'autres acceptions du même terme ; chez les Serruriers, les Sculpteurs, les Fondeurs, etc. à un petit ornement en relief, circulaire et arrondi, qui règne tout autour d'une pièce. Si cet ornement, au lieu d'être en relief, était en creux, il formerait une cannelure, une rainure, une gouttière, etc. selon la forme, la direction et les ouvrages ; car il n'y a rien de si arbitraire dans les arts mécaniques, que l'usage de ces termes.

CORDON DE S. FRANÇOIS, (Histoire ecclésiastique) espèce de corde garnie de nœuds que portent différents ordres religieux qui reconnaissent S. François pour leur instituteur. Quelques-uns, comme les Cordeliers, les Capucins, les Récollets, le portent blanc ; celui des Pénitens ou Picpus est noir.

Il y a aussi une confrairie du cordon de S. Français, qui comprend non-seulement les religieux, mais encore un très-grand nombre de personnes de l'un et de l'autre sexe. Ces confrères, pour obtenir les indulgences accordées à leur société, ne sont obligés qu'à dire tous les jours cinq Pater et cinq ave Maria, et gloria Patri, à porter le cordon, que tous les religieux peuvent donner, mais qui ne peut être béni que par les supérieurs de l'ordre. (G)

CORDON, (Histoire moderne) marque de chevalerie. Chaque ordre a le sien. C'est un ruban plus ou moins large, de telle ou telle couleur, travaillé de telle ou telle façon, que les membres de l'ordre portent, ainsi qu'il leur est enjoint par les statuts.

CORDON BLEU, (Histoire moderne) voyez à l'article ESPRIT, ORDRE DU S. ESPRIT.

* CORDON JAUNE, (Histoire moderne) Ordre du cordon jaune ; compagnie de chevaliers instituée par le duc de Nevers sous Henri IV. La reception s'en faisait dans l'église, où tous les chevaliers catholiques ou protestants s'assemblaient au son de la cloche. On disait la messe ; les chevaliers s'approchaient de l'autel ; on haranguait celui qui demandait le cordon, on lui lisait les statuts. Le prêtre prenait le livre des évangiles ; le chevalier sans épée, mettant un genou en terre et la main sur le livre, jurait d'observer les statuts. Le général lui ceignait l'épée, lui passait le cordon sur le col, et l'embrassait. Le duc de Nevers en était général. Un des articles des statuts enjoignait aux chevaliers de savoir le jeu de la Mourre ; il y en avait de plus ridicules. Henri IV. abolit cet ordre en 1606.

* CORDON, (Blason) ornement qui accompagne l'écusson. C'est un véritable cordon, qui dans les armes des prélats descend du chapeau qu'ils ont pour cimier, et se divise et sous-divise en houpes ; les cardinaux l'ont rouge, et trente houpes de même couleur, quinze de chaque côté sur cinq rangs, dont le premier n'en a qu'une, le second deux, le troisième trois, et ainsi de suite. Les archevêques l'ont de sinople, de même que les houpes qui sont de chaque côté au nombre de dix sur les quatre rangs 1, 2, 3, 4 ; les évêques de sinople aussi, de même que les houpes, au nombre de six de chaque côté sur les trois rangs 1, 2, 3 ; les protonotaires l'ont de sinople, ainsi que les houpes au nombre de trois de chaque côté sur les deux rangs 1, 3.

* CORDON, (Anatomie) se dit de plusieurs parties qui ont quelque ressemblance de figure avec un cordon ; ainsi il y a le cordon spermatique, c'est l'assemblage de tous les vaisseaux de ce nom, voyez SPERMATIQUE : le cordon ombilical ; c'est l'assemblage des vaisseaux ombilicaux, voyez OMBILICAL : les cordons ligamenteux des apophyses épineuses des vertèbres, voyez LIGAMENS : les cordons ligamenteux du ligament transversal des cartilages semi-lunaires, etc.

CORDON, en Architecture, est une grosse moulure ronde au-dessus du talud de l'escarpe et de la contre-escarpe d'un fossé, d'un quai ou d'un pont, pour marquer le rez de chaussée au-dessous du mur d'appui. On appelle aussi cordon, toute moulure ronde au pied de la lanterne, ou de l'attique d'un dôme, etc. (P)

CORDON, en terme de Fortification, est un rang de pierres arrondies, saillant en-dehors, au niveau du terre-plein du rempart et au pied extérieur du parapet. Le cordon tourne tout autour de la place, et il sert à joindre plus agréablement ensemble le revêtement du rempart qui est en talud, et celui du parapet qui est perpendiculaire.

Dans les remparts revêtus de gazon, on ne peut pratiquer de cordon, mais on y substitue ordinairement un rang de pieux enfoncés horizontalement, ou un peu inclinés vers le fossé. Voyez FRAISES. Le cordon doit avoir huit à dix pouces de saillie. (Q)

CORDON, (Hydraulique) est un tuyau que l'on fait tourner autour d'une fontaine, pour fournir une suite de jets placés au milieu ou sur les bords. (K)

CORDON DE CHAPEAU, (Chapelier) ficelle qui ceint le bas de la forme du chapeau en-dehors. Ce sont les maîtres Passementiers-Boutonniers qui fabriquent les cordons de chapeaux. Voyez PASSEMENTIER-BOUTONNIER. Dictionn. de Comm. et de Trév.

CORDON A LA RATIERE. C'est ainsi qu'on appelle la ganse, lorsqu'elle a été fabriquée à la navette sur un métier. Voyez GANSE et LACET. Dict. du Comm. et de Trév.

CORDON, en terme de Boutonnier ; c'est une tresse ronde faite à la jatte. Le nombre des fuseaux est toujours pair, et ne passe jamais seize. On fait quatre tas sur les quatre faces de la jatte. Voyez JATTE. Les bouts des fuseaux noués et rassemblés passent dans la cannelle, et sont retenus en-dessous par un poids d'une pesanteur proportionnée à celle des fuseaux ; on mène ou porte d'un tas sur celui de vis-à-vis, d'où on revient en rapportant un autre fuseau pour remplacer celui qu'on avait ôté du premier tas. On fait la même chose du tas de droite à gauche, jusqu'à ce que l'ouvrage soit fini. Quand on veut faire du plat sur un cordon, on ramasse tous les tas en deux parties sur la même face de la jatte, et on travaille cette partie de l'ouvrage comme la tresse. Voyez TRESSE. Les plus petits cordons que l'on puisse faire, sont de quatre fuseaux.

CORDONS et FRETTES, terme de Charron. Les Charrons appellent cordons et frettes, des cercles de fer qu'ils posent autour des moyeux des roues, pour empêcher qu'ils ne se fendent. Voyez la lett. X. Pl. du Sellier, fig. 2.

* CORDON, (Jardinage) cordon de gazon, est une bordure de gazon d'une largeur déterminée par le dessein du parterre dans les compartiments duquel on l'emploie. On entoure quelquefois le bassin d'une fontaine d'un cordon de gazon.

CORDON, (Pellet.) on donne ce nom à un certain nombre de queues de martre zibeline ou d'autres animaux, enfilées au nombre de quatorze ou seize, sur une longueur de demi-aulne pour les petites, et d'un plus grand nombre de queues et de plus de longueur pour les grandes, qui n'ont rien de déterminé, non plus que les moyennes. Voyez le dict. du Comm. et celui de Trév.

* CORDONS, (Manufacture en soie) lisière de soie pour les étoffes de prix. Voyez à l'article VELOURS, les cordons du velours.