S. f. pl. (Corderie) les sangles sont des espèces de tissus grossiers, plus ou moins larges et longs, composés de plusieurs gros fils de chanvre, entrelacés les uns dans les autres, qui se fabriquent par les Cordiers. Les sangles font partie du négoce des marchands de fer et des quincailliers, qui sont du corps de la Mercerie. Elles se distinguent en sangles pour chevaux de selle ; en sangles pour chevaux de bâts ou autres bêtes de sommes, et en sangles à tapissiers ou pour meubles. (D.J.)

SANGLES de chevaux de bâts, (Bourrelier) elles sont étroites, longues, fortes et grossières. Ces sangles qui s'emploient par les Bourreliers, se vendent par pièces plus ou moins longues, suivant que les Cordiers qui les ont fabriquées ont jugé à-propos de les faire, n'y ayant rien de réglé là-dessus ; elles se tirent pour l'ordinaire des mêmes endroits que celles destinées pour les chevaux de selle. Il faut remarquer que tant que les sangles pour chevaux de bâts sont en pièces, elles s'appellent du tissu, et qu'elles ne perdent ce nom pour prendre celui de sangles, que lorsqu'elles sont coupées par morceaux de longueur proportionnée à leur usage. Savary. (D.J.)

SANGLES de chevaux de selle, (Ouvrage de Selliers) elles s'emploient par les Selliers, et sont communément blanches ou grises, rayées de rouge et de bleu, ou grises sans raye, ou grises rayées de rouge ; les unes et les autres ont une aune mesure de Paris. (D.J.)

SANGLES de Tapissier, (Tapisserie) elles sont inférieures en qualité à toutes autres, et viennent la plupart de Châlons en Champagne. Celles qui ont environ 4 pouces de large et qui servent à sangler des chaises, des fauteuils, des sophas, des canapés, des lits, etc. se vendent à la grosse ; chaque grosse est composée de douze pièces, et la pièce contient 7 à 8 aunes de Paris. Il s'en fait quelques-unes plus étroites de semblable qualité, qui se vendent de même ; leur principal usage est pour attacher aux métiers des Tapissiers, Brodeurs, etc. Celles de 20 à 24 lignes de large, qui servent à border les tentes et les tapisseries, qu'on appelle bordures, se vendent aussi à la grosse, chaque grosse contient vingt-quatre pièces de 6 à 7 aunes chacune. Savary. (D.J.)

SANGLE, en terme d'Orfèvre, c'est une bande de cuir ou de petite corde nattée, environ de la largeur de 4 pouces, au bout de laquelle il y a un anneau de fer pour recevoir le crochet des tenailles ; on se sert aussi quelquefois de corde pour tirer. Elle a même cet avantage sur la sangle, qu'elle n'augmente point le diamètre de l'arbre en se tournant dessus. Voyez les fig.

SANGLE, (Rubanier) est un morceau de sangle véritablement, attaché à demeure au côté gauche du métier, et qui sert à soutenir les reins de l'ouvrier et à lui donner de la force pour enfoncer les marches lorsqu'il est assis sur le siege ; il attache l'autre bout terminé par un anneau à l'autre côté du métier, après qu'il s'est entouré le corps avec ladite sangle ; cette sangle, outre la force dont on vient de parler, sert encore à l'ouvrier de point d'appui en l'empêchant de reculer de dessus le siege pendant le travail, on peut se passer de cette sangle dans les ouvrages legers.

SANGLES, s. f. (Marine) on appelle ainsi des entrelacements de menues cordes à deux fils, qu'on nomme bistord, que l'on met en différents endroits du vaisseau, comme sur les cercles des hunes, sur les premiers des grands haubans et ailleurs, pour empêcher que les manœuvres ne se coupent.

SANGLES-BLANCS, (Comm. de fil) on donne ce nom à des sortes de fils qui viennent de Hollande ; ils servent aux ouvriers en points à picoter leurs ouvrages, c'est-à-dire à faire cette bordure en forme de petites dents, qu'on appelle des picots, dont on termine les points faits à l'aiguille, du côté opposé à celui de l'engrelure. (D.J.)

SANGLES-BLEUS, (Comm. de fil) espèce de fil teint en bleu, qui sert à faire les linteaux du linge de table, particulièrement aux serviettes et aux nappes. Ces fils se fabriquent et se mettent en teinture à Troye en Champagne, d'où les tisserands qui travaillent à cette sorte de lingerie, et les marchands merciers de Paris, qui font le commerce des fils, ont coutume de les tirer. (D.J.)