Verrerie

v. act. en Verrerie, se dit de pots ; attremper un pot, c'est le recuire, ou lui donner peu à peu le degré de chaleur nécessaire, afin qu'il puisse passer dans l'intérieur du four sans risquer de se casser : pour cet effet, on marge ou bouche avec le margeoir la lunette de l'arche à pot. Voyez LUNETTE, MARGER, MARGEOIR.

S. m. (Verrerie) c'est un trou qui communique du four aux lunettes des arches à pots : il fait dans chaque arche à pot la fonction de ventouse. Comme on met cuire les bouteilles dans les arches à pots ; dès qu'on a quitté le travail, pour empêcher le feu du four d'entrer, et laisser refroidir les bouteilles ; on marge la lunette : mais la lunette étant margée, et la flamme du four n'ayant plus d'entrée ni de sortie, le four serait étouffé, si on n'ouvrait le bonichon.
S. f. (Verrerie) vaisseau de gros verre noirâtre, qui est presque le seul en usage parmi nous pour le vin. Les bouteilles servent aussi à renfermer d'autres matières, soit liquides, soit solides, dont on craint l'évaporation ou l'évent. La quantité de bouteilles qu'on emploie parmi nous est si considérable, que nous avons plusieurs verreries occupées à ce seul ouvrage. Voyez l'art de faire des bouteilles à l'article VERRERIE.

BOUTEILLE, (Commerce) mesure des liquides dont on se sert à Amsterdam : elle n'est point différente du mingle. Voyez MINGLE. (G)

S. f. terme de verrerie en bouteilles ; c'est ainsi qu'on appelle une petite muraille contiguè aux fils des ouvraux, ou au remettement du four, sur laquelle le maître sépare la bouteille de la canne. Le cou de la bouteille étant placé, il pose le corps dans la cachère : et tenant ses deux mains étendues en avant, il presse de la main gauche le milieu de la canne ; et plaçant la main droite à l'extrémité de la canne, il lève cette extrémité, et donne en même temps en sens contraire une secousse de la main gauche. Cette secousse sépare la bouteille de la canne. Cela fait, il tourne le cul de la bouteille de son côté ; il y applique la partie du cou qui reste attachée à la canne, et met le cou au crochet pour y appliquer la cordeline. Voyez CORDELINE ; voy. VERRERIE en bouteille.
sub. f. (Verrerie) c'est un fourneau particulier aux manufactures en glaces et en crystal, où l'on prépare les frites destinées à ces ouvrages, et qui sont propres à quelques autres opérations relatives aux frites. Voyez les art. GLACE et CRYSTAL.
adj. (Verrerie) épithète que l'on donne au verre, lorsque le four étant un peu froid, il y aura dans le pot une partie de verre qui deviendra plus dure que l'autre, et qu'ayant pris avec la canne de l'une et de l'autre en cueillant, on en aura soufflé une pièce dans laquelle on apercevra comme de la ficelle, tantôt grosse, tantôt menue. Comme ces traces sont d'une qualité différente du reste de l'ouvrage, elles le feront casser : elles sont à-peu-près de la nature des larmes qui tombent de la couronne du four dans les pots, et qu'il en faut soigneusement ôter.
S. m. pl. (Verrerie) c'est la cendre du charbon que la violence de la chaleur convertit en une espèce de verre ou de matière vitrifiée en forme de croute : cette croute couvre la grille, et elle étoufferait le feu, en empêchant l'air de traverser la grille, si on n'avait l'attention de l'en dégager. On l'appelle aussi mousse.
S. m. (Verrerie) c'est la portion de matière vitrifiée, qu'a tiré successivement à quatre reprises le gentilhomme apprenti d'une Verrerie de verre à vitre, et qui est nécessaire pour faire un plat. Voyez CUEILLEUR. Lorsque le cueillage est formé, le cueilleur le remet au bossier, qui va reprendre une cinquième fois de la matière dans le pot, ce qui s'appelle couvrir le cueillage : on dit d'un cueillage qu'il est bon, lorsque le cueilleur n'a point brouillé ou enfumé la matière qu'il a tirée du pot, et qu'il l'a bien arrondie également sur la felle. Voyez FELLE, BOSSIER, CUEILLIR, VERRE A VITRE. Ce terme est aussi à l'usage des autres Verreries, et s'y prend dans le même sens.
(Verrerie) nom d'un jeune gentilhomme apprenti, qui commence à travailler à la fabrication des ouvrages de verre. C'est lui qui met la felle dans le pot, pour en tirer la matière vitrifiée. Pour qu'un cueilleur puisse devenir bossier dans les Verreries de verre à vitre, il faut qu'il sache cueillir quatre coups, et couvrir le cueillage. Voyez CUEILLAGE. C'est de son habileté que dépend principalement la beauté et la netteté du plat. Voyez VERRERIE.
v. act. terme de Verrerie. Pour entendre ce terme, il faut savoir que dans les soudes de Varech, qui sont le fondant des matières qui entrent dans la composition du verre à vitre, il se trouve des pierres et des cailloux, lorsque les matières qui remplissent les pots sont affinées, ces pierres montent avec le bouillon à la surface du pot. Avant donc de commencer l'ouvrage, le maître tiseur prend avec un ferret à déboucher, de la matière dans un pot ; il l'aplatit sur le marbre ; il en forme une espèce de rateau qu'il promene sur la surface du pot, pour en tirer les pierres qui s'y attachent ; ce qu'il fait à différentes reprises, jusqu'à ce qu'il n'aperçoive plus ni pierres ni cailloux. Le ferret dont on se sert alors s'appelle aussi ferret à écramer, et l'opération écramer. C'est un serviteur qui écrame.