S. f. (Littérature) est un mot qui vient du grec ; il signifie dispute de mots ; il est composé de verbum, et de , pugno ; je ne sais pourquoi ce mot ne se trouve ni dans Furetière, ni dans Richelet. Ce mot se prend toujours dans un sens défavorable ; il est rare qu'il ne soit pas appliquable à l'un et l'autre parti ; pour l'ordinaire tel qui le donne le premier, est celui qui le mérite le mieux.

On ne peut qu'admirer l'esprit philosophique de S. Paul, cet illustre élève de Gamaliel, qui déclamant contre toutes les frivoles questions qu'on agitait de son temps dans les écoles d'un peuple grossier, et qui ne connut jamais les premières notions d'une saine philosophie, parle des logomachies comme d'une maladie funeste, ep. Timoth. 6. v. 4, , maladie qui est devenue en quelque sorte épidémique, et qu'on peut envisager comme un apanage de l'humanité, puisque toute la sagesse de l'Orient, une philosophie fondée sur l'expérience, la revélation divine même n'ont pu en tarir le cours. Mais pourquoi, dira-t-on, ce mal fâcheux attaque-t-il surtout les gens de lettres, pourquoi de vaines disputes sur les choses les plus viles et les plus ridicules occupent-elles la majeure partie des ouvrages des savants ; c'est qu'il est peu de vrais savants, et beaucoup de gens qui veulent passer pour l'être.

Le mot de logomachies peut se prendre en trois divers sens. 1°. Une dispute en paroles ou injures ; 2°. une dispute de mots, et dans laquelle les disputants ne s'entendent pas ; 3°. une dispute sur des choses minimes et de nulle importance : Homère parle du premier sens lorsqu'il dit :