S. m. (Architecture) c'est le fonds sur lequel on bâtit. Ce fonds est de différente densité ou consistance, comme de roche, de tuf, de gravier, de sable, de glaise, de vase, etc. et on doit y avoir égard lorsqu'on bâtit.

Terrein de niveau. C'est une étendue de terre dressée sans aucune pente.

Terrein par chutes. Terrein dont la continuité interrompue est raccordée avec un autre terrain, par des perrons ou des glacis. Daviler. (D.J.)

TERREIN, (Architecture milit.) la première chose à laquelle on pense dans l'architecture militaire, est la qualité du terrain. On voit s'il est bon ou mauvais pour ce que l'on veut construire ; il y a des situations merveilleuses, dont le terrain ne vaut rien, et des situations mauvaises, dont les terres sont extrêmement bonnes, mais tellement commandées, que ce serait une folie de s'y arrêter.

Les montagnes ont pour l'ordinaire le terrain pierreux ; c'est le plus mauvais. Il ne lie pas, et les parapets qui en sont faits ne valent rien ; quand on est contraint de fortifier dans un pareil endroit, on choisit les meilleures veines de terre pour faire le parapet, et on en fait apporter d'ailleurs. Ce terrain est cependant avantageux, en ce que l'assiégeant a de la peine à se couvrir dans ses approches, faute de bonne terre.

Le terrain sablonneux n'a point de liaison, et est sujet à s'ébouler ; lorsque l'on est contraint de s'en servir, on y mêle de la bonne terre ou du vieux fumier ; on a soin de bien revêtir les remparts de pierres ou de briques, et les parapets de gazons.

Le terrain marécageux est meilleur que les deux premiers, mais il n'est pas généralement bon ; étant élevé en remparts et en parapets, dès qu'il vient à sécher, il se désunit. On a de la peine à trouver assez de terre autour d'un endroit marécageux pour élever les remparts, parapets, et glacis, d'une hauteur raisonnable ; dans un terrain marécageux il faut piloter le fondement des ouvrages ; et quand on fortifie dans ces endroits, on attend les chaleurs, afin que la terre ait plus de consistance.

Le meilleur terrain pour fortifier, est ce qu'on appelle terre grasse ou forte. Cette terre est maniable ; on n'est point obligé de piloter les fondements qu'on y jete, ni de revêtir les remparts, à-moins que l'on ne le veuille bien. (D.J.)

TERREIN, Dessein)) ce mot s'entend en Peinture, surtout en fait de paysages, d'un espace de terre distingué d'un autre et un peu nud, sur lequel il n'y a ni bois fort élevés, ni montagnes fort apparentes. Les terrains aident beaucoup à la perspective d'un paysage, parce qu'ils se chassent les uns les autres, soit par leurs frottements, soit par le clair-obscur, soit par la diversité des couleurs, soit enfin par une liaison insensible qui conduit d'un terrain à l'autre. (D.J.)