S. m. (Architecture) terre moulée de différentes formes et grandeurs, et cuite comme la brique. Voyez l'article BRIQUE. Le carreau prend différents noms : le carré, grand de six à sept pouces, sert à parer les atres ; le grand carreau a six pans de six à sept pouces ; le petit carreau a six pans de quatre pouces. Le premier de ces deux-ci s'emploie quelquefois aux jeux de paume et grandes galeries ; le second, dans les salles et les chambres ordinaires. Les anciens appelaient ces carreaux à six pans, favi, de la ressemblance qu'ils ont avec les panneaux des rayons de miel ; ceux à trois pans trigona ; les carrés quadrata ; ceux qui avaient la même base et la même hauteur, tessera. Le carreau de fayence ou de Hollande, ordinairement de quatre pouces en carré, sert à paver les salles de bain, les petits cabinets ou lieux à soupapes, et autres endroits de cette nature. Il y a des carreaux mi-partis de différentes couleurs, avec lesquels on peut former un grand nombre de desseins et de figures agréables. On trouve dans les Mém. de l'Académie, année 1704. pag. 363. un essai sur cette matière, par le fameux P. Sébastien. En cherchant, selon la méthode qu'il propose, en combien de manières deux carreaux mi-partis chacun de deux mêmes couleurs, pourraient s'assembler, en les disposant toujours en échiquier, on trouve soixante-quatre, ce qui ne doit pas étonner. Deux lettres ou deux chiffres ne se combinent ordinairement que de deux façons, parce qu'ils ne changent de situation que pour être mis l'un après l'autre sur une ligne, la base demeurant toujours la même : mais dans l'arrangement de deux carreaux, l'un des deux peut prendre quatre situations différentes, dans chacune desquelles l'autre carreau peut changer seize fais, ce qui donne les soixante-quatre combinaisons. Voyez, Planche du Carreleur, ces soixante-quatre combinaisons.

Mais en examinant ces soixante-quatre combinaisons, on y trouve un grand nombre de figures semblables, et l'on voit qu'elles se réduisent à trente-deux différentes ; parce que chaque figure est répétée deux fois dans la même situation, et que les ensembles ne diffèrent les uns des autres, que par la transposition du carreau le plus ombré. Tels sont, même Planche, le premier et le troisième ; le second et le quatrième ; le cinquième et le trente-unième ; le sixième et le trente-deuxième ; le septième et le vingt-neuvième ; le huitième et le trentième ; le neuvième et le quarante-troisième ; le dixième et le quarante-quatrième ; le onzième et le quarante-unième ; le douzième et le quarante-deuxième ; le treizième et le cinquante-cinquième, le quatorzième et le cinquante-sixième ; le quinzième et le cinquante-troisième, le seizième et le cinquante-quatrième ; le dix-septième et le dix-neuvième ; le dix-huitième et le vingtième ; le vingt-unième et le quarante-septième ; le vingt-deuxième et le quarante-huitième ; le vingt-troisième et le quarante-cinquième ; le vingt-quatrième et le quarante-sixième ; le vingt-cinquième et le cinquante-neuvième ; le vingt-sixième et le soixantième ; le vingt-septième et le cinquante-septième ; le vingt-huitième et le cinquante-huitième ; le trente-troisième et le trente-cinquième ; le trente quatrième et le trente-sixième ; le trente septième et le soixante troisième ; le trente-huitième et le soixante-quatrième ; le trente-neuvième et le soixante-unième ; le quarantième et le soixante-deuxième ; le quarante-neuvième et le cinquante-unième ; le cinquantième et le cinquante-deuxième.

Il y a plus : si l'on n'a point d'égard à la situation et au même point de vue, on aperçoit que ces trente-deux figures différentes peuvent encore se réduire à dix semblables. Telles sont, même Planche, la première, la troisième, la dix-huitième, la vingtième, la trente-troisième, la trente-cinquième : la cinquantième, et la cinquante-deuxième : la seconde, la quatrième, la dix-septième, la dix-neuvième, la trente-quatrième, la trente-sixième, la quarante-neuvième, et la cinquante-unième : la cinquième, la trente-unième, la seizième, la cinquante-quatrième, la trente-neuvième, la soixante-unième, la vingt-quatrième, et la quarante-sixième : la sixième, la trente-deuxième, la treizième, la cinquante-cinquième, la quarantième, la soixante-deuxième, la vingt-unième, et la quarante-septième : la septième, la vingt-neuvième, la quatorzième, la cinquante-sixième, la trente-septième, la soixante-troisième, la vingt-deuxième, et la quarante-huitième : la huitième, la trentième, la quinzième, la cinquante troisième, la trente-huitième, la soixante-quatrième, la vingt-troisième, et la quarante-cinquième : la neuvième, la quarante-troisième, la vingt-huitième, et la cinquante-huitième : la dixième, la quarante-quatrième, la vingt-cinquième, et la cinquante-neuvième : la onzième, la quarante-unième, la vingt-sixième, et la soixantième : la douzième, la quarante-deuxième, la vingt-septième, et la cinquante-septième.

Si l'on exclut de ces dix figures les variétés qui naissent de ce que les parties blanches se trouvent à la place des parties noires, et les noires à la place des blanches, elles se réduiront encore à quatre, où ces parties se voient dans les unes à droite, comme elles sont dans les autres à gauche, ou en-haut comme elles sont en-bas ; en sorte que si on les suppose tracées sur un papier transparent, on verra les unes en les regardant à-travers le papier, comme on voit les autres sur le papier même ; d'où il s'ensuit qu'à proprement parler, leurs figures ne sont pas différentes. Telles sont les 9e, 43e, 28e, 58e, 10e, 44e, 25e, 29e, 11e, 41e, 26e, 60e, 12e, 42e, 27e, et 57e ; les 6e, 32e, 13e, 55e, 40e, 62e, 21e, 47e, 8e, 30e, 15e, 53e, 38e, 64e, 23e, et 45e, les 7e, 29e, 14e, 56e, 37e, 63e, 22e, 48e, 5e, 31e, 16e, 54e, 39e, 61e, 24e, 46e ; et les 2e, 4e, 17e, 19e, 34e, 36e, 49e, 51e, 1ere, 3e, 18e, 20e, 33e, 35e, 50e, 52e.

Peut-être qu'en cherchant quelque manière de disposer les combinaisons de ces carreaux sur le papier, on eut rencontré quelque loi qui aurait dispensé de l'énumeration précédente : mais c'est ce que personne n'a encore tenté, non plus que la combinaison de plusieurs carreaux, et moins encore la combinaison de carreaux partis de plusieurs couleurs.

Si l'on s'occupe à former des desseins et des compartiments avec ces figures jointes ensemble, et toujours en échiquier, on en formera une multitude prodigieuse. Nous n'avons pas jugé à propos de les faire graver ; elles en paraitront plus surprenantes à ceux qui les verront naitre sous leurs yeux, soit par amusement soit par utilité : mais pour les diriger dans cette opération, nous allons leur indiquer et les carreaux et l'ordre dans lequel ils auront à les assembler pour en former des tous agréables : ces exemples pourront être de quelque commodité non-seulement pour les Carreleurs, mais encore pour les ouvriers en Marqueterie, en Tabletterie, en Menuiserie, et autres ouvrages faits de pièces rapportées.

On voit, Planche du Carreleur, les soixante-quatre combinaisons possibles que l'on peut faire avec deux carreaux mi-partis selon leur diagonale. Cette planche est divisée en quatre colonnes de haut-en-bas ; chaque colonne est partagée en cinq carrés : dans le premier carré de chaque colonne on a figuré en grand un seul carreau, qui est différemment situé dans chacune, ainsi que l'on les voit par A, B, C, D, quatre lettres qui marquent toujours les mêmes côtés du carreau ; A, D, les deux colorés ; B, C, les deux blancs. Ainsi dans tous les carrés de la première colonne, le carreau le plus ombré est toujours censé appliqué horizontalement au côté A ; dans la seconde, au côté B ; dans la troisième, au côté C ; et dans la quatrième, au côté D.

Dans les quatre carrés qui achevent la première colonne, et qui ont la lettre A au centre, on a figuré les 16 combinaisons qui se peuvent faire avec deux carreaux ; l'un desquels qui est le plus ombré, demeure toujours horizontal sur le côté A. On a suivi le même ordre dans les autres colonnes. Les carrés de chacune sont marqués d'une même lettre : ainsi ils ont au centre B à la seconde ; C, à la troisième ; D, à la quatrième. On a séparé les combinaisons de quatre en quatre, pour éviter la confusion : on aurait pu, outre cet avantage, s'en proposer un autre, celui de rencontrer quelque loi qui donnât sans peine les semblables et les différents, ainsi que nous l'avons remarqué plus haut.

On aura un premier dessein régulier, si l'on fait une ligne de la combinaison 2, et sous cette ligne une autre ligne de même longueur, avec la même combinaison 2, et ainsi de suite.

On aura un second dessein, si l'on fait une première rangée avec la combinaison 2 ; une seconde avec la combinaison 34 ; et alternativement ainsi de suite.

Un troisième dessein, si l'on fait la première rangée de la combinaison 6, et la seconde de la combinaison 40, et ainsi de suite alternativement.

Un quatrième, si l'on fait la première rangée avec la combinaison 12, et la seconde avec la combinaison 10, et ainsi de suite alternativement.

Un cinquième, si l'on fait la première rangée avec les deux combinaisons 24 et 14, mises alternativement ; la seconde avec les deux combinaisons 22 et 16 alternativement ; la troisième avec les deux combinaisons de la première, mais en mettant 14 avant 24 ; la quatrième avec les deux combinaisons de la seconde, mais en mettant 16 avant 22, et ainsi de suite.

Un sixième, si l'on fait la première rangée avec la combinaison 24, et la seconde avec la combinaison 16, et ainsi de suite alternativement.

Un septième, en faisant la première rangée avec la combinaison 42 ; la seconde avec la combinaison 10, la troisième comme la seconde ; et la quatrième et cinquième comme la première.

Un huitième, si l'on fait la première rangée des 28, 26, et 50 combinaisons mises de suite ; la seconde des 26, 50, et 28 ; et la troisième, des combinaisons 50, 28, et 26.

Un neuvième, si l'on fait la première rangée des deux combinaisons 10 et 12 ; et la seconde et troisième, des deux combinaisons 12, 10.

Un dixième, si l'on fait la première rangée de la combinaison 14 ; la seconde, des combinaisons 40 et 8 : la troisième, des combinaisons 38 et 6 ; et la quatrième, de la combinaison 22.

Un onzième, en faisant la première rangée de la combinaison 24 ; et la seconde, de la combinaison 22.

Un douzième, en faisant la première rangée des combinaisons 6 et 38 ; la seconde, des combinaisons 40 et 8 ; la troisième, des combinaisons 38 et 6 ; et la quatrième, des combinaisons 8 et 40.

Un treizième, si l'on fait la première rangée des combinaisons 14 et 24 ; la seconde, des combinaisons 24 et 14.

Un quatorzième, si l'on fait la première rangée de la combinaison 24 ; et la seconde, de la combinaison 14.

Un quinzième, si l'on fait la première rangée des combinaisons 50 et 2 ; et la seconde, des combinaisons 18 et 34.

Un seizième, en faisant toutes les rangées de la combinaison 14.

Un dix-septième, en faisant toutes les rangées des combinaisons 14 et 24.

Un dix-huitième, en faisant toutes les rangées des combinaisons 28 et 12.

Un dix-neuvième, en faisant la première rangée des combinaisons 10, 14, 10, et 6 ; la seconde, des combinaisons 16, 12, 8, et 12 ; la troisième, des combinaisons 14, 10, 6, 10 ; la quatrième, des combinaisons 12, 8, 12, 16 ; la cinquième, des combinaisons 10, 6, 10, 14 ; la sixième, des combinaisons 8, 12, 16, 8 ; la septième, des combinaisons 6, 10, 14, 10 ; et la huitième, des combinaisons 12, 16, 12, 8.

Un vingtième, en faisant la première rangée des combinaisons 28 et 12 ; la seconde, des combinaisons 14 et 22 ; la troisième, des combinaisons 12 et 28 ; et la quatrième des combinaisons 22 et 14.

Un vingt-unième, en faisant la première rangée des combinaisons 10, 14, et 12 ; la seconde, des combinaisons 22, 34, 2, la troisième, des combinaisons 14, 12, 10 ; la quatrième, des combinaisons 34, 2, 22 ; la cinquième, des combinaisons 12, 10, 14 ; et la sixième, des combinaisons 2, 22, 34.

Un vingt-deuxième, en faisant la première rangée des combinaisons 28, 12 ; la seconde, des combinaisons 26, 10 ; la troisième, des combinaisons 10, 26 ; la quatrième, des combinaisons 12, 28.

Un vingt-troisième, en faisant la première rangée des combinaisons 24, 16 ; et la seconde, des combinaisons 26, 10.

Un vingt-quatrième, si l'on fait la première rangée des combinaisons 28, 10 ; la seconde, des combinaisons 26, 12 ; la troisième, des combinaisons 12, 26 ; et la quatrième, des combinaisons 10, 28.

Un vingt-cinquième, si l'on fait la première rangée de la combinaison 12, répetée deux fois de suite ; et de la combinaison 28, répétée aussi deux fais, en continuant ainsi : la seconde, de la combinaison 28, répétée deux fois de suite ; et de la combinaison 12, aussi répétée deux fois de suite : la troisième, de la combinaison 26, répétée deux fois de suite ; et de la combinaison 10, aussi répétée deux fois de suite : la quatrième comme la seconde ; la cinquième comme la troisième ; la sixième, de la combinaison 10, répétée deux fois ; et de la combinaison 26, aussi répétée deux fois : la septième, de la combinaison 12, répétée deux fois de suite ; et de la combinaison 28, répétée aussi deux fois ; et la huitième comme la sixième.

Un vingt-sixième, en faisant la première rangée de la combinaison 14, une fois ; la combinaison 22, une fois ; la combinaison 14, deux fois ; et ainsi de suite pour cette rangée : la seconde, des trois combinaisons 12, 16, 28 ; la troisième, des trois combinaisons 10, 24, 26 ; la quatrième, des trois combinaisons 26, 16, 10 ; la cinquième, des trois combinaisons 28, 24, 12 ; la sixième, de la 22, une fais, de la 14 une fais, de la 22 deux fais.

Un vingt-septième, en formant la première rangée de la combinaison 24, deux fois ; et de 12, 14, 28, une fois chacune : la seconde, de la 14 deux fois ; et de 10, 22, 26 ; chacune une fois : la troisième, de la 24, deux fois ; et des 12, 16, 28, chacune une fois : la quatrième, des 8, 40, 28, 24, 12, chacune une fois ; la cinquième, des 6, 38, 12, 16, 28, chacune une fois ; la sixième, de la 16, deux fois ; et des 28, 24, 12, une fois : la septième, de la 22, deux fois ; et des 26, 14, 10, une fois : la huitième, de la 16, deux fois ; et des 28, 22, 12, une fois : la neuvième, de la 22, deux fois ; et de la 14, trois fois : la dixième, de la 14, deux fois ; et de la 22, trois fais.

Un vingt-huitième, en faisant la première rangée de la 28, une fois ; de la 12, deux fois ; de la 22, une fais, et une fois de la 28 : la seconde, de la 26, une fois ; de la 10, deux fois ; de la 22, une fois ; et de la 26, une fois : la troisième, de la 18, de la 34, 12, 16, et 28, chacune une fois : la quatrième, des 28, 12, 10, 22, et 26, chacune une fois : la cinquième, des 12, 28, 26, 14, et 10, chacune une fois : la sixième, des 2, 50, 28, 24, et 12, une fois chacune : la septième, de la 10, une fais, 26, deux fais, 14, et 10, chacune une fois : la huitième de la 12, une fois ; de la 28, deux fois ; de la 14 et de la 12, chacune une fois : la neuvième, de 10, 26, 50, 24, et 2, chacune une fois : la dixième, des 26, 10, 34, 16, et 18, chacune une fais.

Un vingt-neuvième, si l'on fait la première rangée de la 26, 22, et 10, chacune une fois ; la seconde, des 28, 16, et 12, chacune une fois ; la troisième, des 12, 14, 28, chacune une fois ; la quatrième, des 28, 22, 12 ; la cinquième, des 12, 14, 28 ; et la sixième, des 10, 14, 26.

Le trentième et dernier, de ceux que nous donnerons, si l'on fait la première rangée avec les 16 et 8, chacune une fois ; la 22, deux fois ; les 40 et 16, chacune une fois : la seconde avec les 34, 6, 50, 2, 38, et 18, chacune une fois : la troisième, avec les 12, 8, 26, 10, 40, et 28, chacune une fois : la quatrième, avec les 28, 6, 10, 26, 38, 12, chacune une fois : la cinquième, avec les 50, 8, 34, 18, 40, 2, chacune une fois : la sixième, avec la 44 et la 32, chacune une fois : la 14, deux fois ; la 28 et la 24, chacune une fois : la septième, avec les 22 et 40, chacune une fois ; la 16, deux fois ; et les 8 et 22, chacune une fois : la huitième, avec les 2, 38, 18, 34, 6, et 50, chacune une fois : la neuvième, avec les 10, 40, 28, 12, 8, 26, chacun une fois : la dixième, avec les 26, 38, 12, 28, 6 et 10, de suite : la onzième, avec les 18, 40, 2, 50, 8, 34, de suite : enfin la douzième, avec les 14 et 38, chacune une fois ; la 24, deux fois de suite ; les 6 et 14, chacune une fais.

Le P. Sébastien a choisi ces trente desseins sur plus d'un cent ; et en effet ils sont très-beaux, et suffisent pour introduire assez de variété dans les ouvrages de Tabletterie et de la Menuiserie. Au reste il sera facile, en suivant la même méthode, d'en former un grand nombre d'autres, même au-delà de la centaine que le P. Sebastien avait trouvée.

CARREAU, en Architecture, se dit d'une pierre qui a plus de largeur au parement que de queue dans le mur, et qui est posée alternativement avec la boutisse pour faire liaison. Voyez BOUTISSE. (P)

CARREAU ou CARREAUX, en Marine ; on donne en général le nom de carreau à toutes les ceintes ou préceintes : mais il se donne aussi bien souvent en particulier à la lisse de vibord, qui est la plus haute de toutes les préceintes, et qui forme l'embelle. Voyez CEINTE, PRECEINTE, SSE DE VIBORDBORD.

CARREAU de chaloupe, (Marine) ce sont les pièces de bois qui font les hauts des côtés d'une chaloupe. Voyez CHALOUPE, et la Plan. XV. fig. 1. le carreau, n° 6. fig. 2. et fig. 3. coté i. (Z)

CARREAU, (Jardinage) c'est une pièce de terre oblongue, qui fait partie d'un parterre ou d'un potager. Le carreau de parterre est ordinairement bordé de buis nain, et garni de fleurs ou de gason. Le carreau de potager est semé de légumes et d'autres herbes, et n'est séparé du reste que par des raies un peu plus profondes.

CARREAU VERNISSE, (Manège) est un grand carreau plombé qu'on met dans les écuries au-dessus des mangeoires des chevaux, pour les empêcher de lêcher le mur. Voyez ECURIE, MANGEOIRE. On fait aussi du petit carreau vernissé pour les compartiments. (V)

CARREAU, eu Menuiserie, c'est un petit ais carré de bois de chêne, dont on prépare autant qu'il en faut pour remplir la carcasse d'une feuille de parquet.

CARREAU, terme d'ancien Monnoyage : lorsque l'on fabriquait les espèces au marteau, le métal ayant été moulé en lames, battu sur l'enclume à-peu-près de l'épaisseur de la monnaie à fabriquer, on coupait ces lames par morceaux carrés avec des cisoirs, ensuite on réchauffait et l'on abattait les pointes ou angles de ces carrés, qu'on appelait ensuite carreaux.

CARREAU, en Rubanerie. Voyez EFFILE.

CARREAU, instrument ou partie du métier des étoffes de soie. On se sert de carreaux de differentes espèces ; il y en a de plomb, de fer, et de terre ; on les fait d'un poids proportionné.

Les carreaux pour les lisses de satin à cinq et à huit lisses sont trop petits à trois livres, il leur en faut au-moins trois livres et demie ; mais l'ordinaire est de quatre : ils ont besoin de ce poids, non-seulement pour faire baisser ou relever la lisse, mais encore pour faire relever le calqueron et la marche, qui font toujours un poids.

CARREAU, c'est le nom qu'on donne en Serrurerie, Taillanderie, et autres arts en fer, à une sorte de grosses limes carrées, triangulaires ou méplates : on s'en sert pour enlever au fer les inégalités de la forge, ce qui s'appelle dégrossir. La taille de ces limes est rude ; du reste elle est la même qu'aux autres. Ces sortes de limes sont ordinairement de fer trempé en paquet.

Il y a le demi-carreau ou carrelet, qui n'a que la moitié de la force du carreau, et qui sert pour les ouvrages dont le dégrossissage est moins considérable.

CARREAU, terme de Tailleur et de Blanchisseuse, c'est un instrument de fer dont les Tailleurs et autres ouvriers en couture se servent pour aplatir leurs rentraitures, et d'autres parties des étoffes qu'ils ont cousues ensemble, en l'appuyant et le passant par-dessus après l'avoir fait chauffer.

Cet instrument est de fer, d'environ dix pouces de longueur, et de deux de largeur par un bout, et se termine en pointe par l'autre. Il a aussi un manche de fer à un de ses bouts en forme de queue, qui se reploie sur la masse du carreau, et lui est parallèle.

Le carreau des Tailleurs diffère de celui des Blanchisseuses, en ce que le premier est étroit, long, pointu, et brut ; l'autre au contraire est arrondi par sa partie antérieure, et sa platine est fort unie.

Il y a des carreaux de Tailleur et de Blanchisseuse de deux espèces ; les uns solides, les autres composés de différentes pièces qu'on assemble, et qui forment une espèce de boite, dans laquelle on peut enfermer ou du feu, ou quelque corps chaud. Voyez les Planches de Taillanderie et leur explication.

CARREAU ; les Vitriers appellent ainsi une pièce de verre carrée ou d'une autre figure, mise en plomb, ou retenue avec des pointes, ou du papier, ou du mastic, dans les châssis d'une fenêtre.

Franc - CARREAU, sorte de jeu dont M. de Buffon a donné le calcul en 1733, avant que d'être de l'Académie des Sciences. Voici l'extrait qu'on trouve de son mémoire sur ce sujet, dans le volume de l'Académie pour cette année-là.

Dans une chambre carrelée de carreaux égaux, et supposés réguliers, on jette en l'air un louis ou un écu, et on demande combien il y a à parier que la pièce ne tombera que sur un seul carreau, ou franchement.

Supposons que le carreau donné soit carré ; dans ce carré inscrivons en un autre qui en soit distant partout de la longueur du demi-diamètre de la pièce ; il est évident que toutes les fois que le centre de la pièce tombera sur le petit carré ou sur sa circonférence, la pièce tombera franchement ; et qu'au contraire elle ne tombera pas franchement, si le centre de la pièce tombe hors du carré inscrit ; donc la probabilité que la pièce tombera franchement, est à la probabilité contraire, comme l'aire du petit carré est à la différence de l'aire des deux carrés.

Donc pour jouer à jeu égal, il faut que le grand carré soit double du petit ; c'est-à-dire que le diamètre de la pièce étant 1, et x le côté du grand carré, on aura Xe : (x - 1)2 : : 2 : 1, d'où l'on tire facilement la valeur de Xe qui sera incommensurable avec le diamètre de la pièce.

Si la pièce, au lieu d'être ronde, était carrée, &, par exemple, égale au carré inscrit dans la pièce circulaire dont nous venons de parler ; il saute aux yeux que la probabilité de tomber franchement deviendrait plus grande : car il pourrait arriver que la pièce tombât franchement hors du petit carré : le problème devient alors un peu plus difficile, à cause des différentes positions que la pièce peut prendre ; ce qui n'a point lieu quand la pièce est circulaire, car toutes les positions sont alors indifférentes. Voici dans un problème simple une idée qu'on peut se former de ces différentes positions.

Sur un seul plancher formé de planches égales et parallèles, on jette une baguette d'une certaine longueur, et supposée sans largeur : on demande la probabilité qu'elle tombera franchement sur une seule planche. Que l'on conçoive le point du milieu de la baguette à une distance quelconque du bord de la planche, et que de ce point comme centre on décrive un demi-cercle dont le diamètre soit perpendiculaire aux côtés de la planche ; la probabilité que la baguette tombera franchement, sera à la probabilité contraire, comme le secteur circulaire renfermé au-dedans de la planche est au reste de l'aire du demi-cercle ; d'où il est aisé de tirer la solution cherchée. Car nommant x la distance du centre de la baguette à l'un des côtés de la planche, X le secteur correspondant, dont il est toujours facile de trouver la valeur en Xe et A l'aire du demi-cercle ; la probabilité cherchée sera à la probabilité contraire, comme s X d x est à s d x (A-X). Voyez JEU, PARI. (O)