ou CORNET, voyez CALMAR.

CORNICHE, s. f. terme d'Architecture. On comprend sous ce nom tout membre à-peu-près saillant de sa hauteur, et servant à couronner un bâtiment ou tout autre membre principal en Architecture, qui par sa saillie jette loin du pied du bâtiment les eaux du ciel.

La corniche est toujours considérée comme la troisième partie d'un entablement (voyez ENTABLEMENT), et en compose la partie supérieure. Il en est de propres à chacun des cinq ordres, et qui sont le plus universellement approuvées ; celles de Vignoles, par exemple, sont assez belles en général, et ont été assez communément suivies dans nos édifices français, (Voyez leur profil dans les plans de l'Architecture). La corniche toscane, suivant cet auteur, est composée de trois parties principales ; savoir, d'une cimaise inférieure (voyez CIMAISE), d'un larmier (voyez LARMIER) et d'une cimaise supérieure. La dorique est composée de deux cimaises et de deux larmiers ; l'ionique de trois cimaises et de deux larmiers ; la corinthienne et composite, de trois cimaises et de trois larmiers. Mais Palladio, auteur qui a été plus suivi en Italie, donne à cette dernière trois cimaises et quatre larmiers, c'est-à-dire qu'un de ces larmiers est à double plate-bande, ainsi qu'on remarque à la corniche de l'ordre composite du château de Clagni, et au portail des minimes à Paris.

Toutes ces parties principales sont divisées par d'autres membres qu'on nomme en général moulures, (voyez MOULURES). Ces moulures sont appliquées en plus ou moins grande quantité, selon la richesse des ordres, et doivent être plus ou moins ressenties, selon leur virilité ou leur élégance ; et enfin doivent être conservées lisses ou taillées d'ornements, selon la richesse de l'ordonnance.

Lorsque l'oeconomie ou quelqu'autre considération fait supprimer les ornements dans les corniches, il faut savoir que les larmiers inférieurs de chacune d'elles, excepté la toscane, ont les membres d'Architecture qui les caractérisent : par exemple, le larmier inférieur de la corniche dorique est orné de mutules (voyez MUTULE), beaucoup plus propres à cet ordre dans les dehors, que le denticule, malgré l'exemple célèbre que nous en ont donné les anciens au théâtre de Marcellus ; celui de la corniche ionique, de denticules (voyez DENTICULE) ; celui de la corniche corinthienne et composite, de modillons (voyez MODILLON). Palladio, auteur que nous ne saurions trop citer, fait les modillons de la corniche composite à doubles faces, et a été suivi en cela par plusieurs architectes anciens et modernes, dont on voit les différents systèmes dans le livre de M. de Chambrai, qui nous a donné le parallèle des ordres d'Architecture des dix commentateurs de Vitruve.

On appelle corniche architravée, celle qui étant composée des principaux membres dont nous venons de parler, a pour supplément une ou plusieurs plates-bandes qui lui tiennent lieu d'architrave (voyez ARCHITRAVE). Communément cette corniche tient lieu d'entablement dans un édifice de peu d'importance ; en sorte que la cimaise inférieure de la corniche tient lieu de cimaise supérieure à l'architrave, et que la frise est absolument supprimée (voyez FRISE). Mais ce genre de corniches ne doit jamais couronner un ordre d'Architecture, malgré les exemples fréquents que nous en donnent nos architectes modernes.

Chaque membre principal de la corniche profile assez communément sur son carré, et l'on affecte de dégager par un renfoncement le plafond ou sophite du larmier supérieur, (voyez SOPHITE) afin d'éloigner l'écoulement des eaux de la surface du bâtiment : raison pour laquelle on fait toujours, comme nous l'avons déjà dit, les corniches au moins aussi saillantes que leur hauteur, ainsi qu'on le va voir par les mesures que nous donnons d'après Vignoles.

La corniche toscane a de saillie un module six parties (voyez MODULE), sur un module quatre parties de hauteur ; la corniche dorique deux modules sur un module six parties ; la corniche ionique trente-une parties sur un module trois quarts ; la corniche corinthienne deux modules deux parties sur deux modules ; la corniche composite deux modules sur deux modules.

Lorsque par quelques circonstances particulières l'on ne peut donner à ces corniches les saillies qu'on vient de rapporter, on incline quelquefois en talud le devant des larmiers. Les anciens en ont usé ainsi en bien des occasions ; mais cette imitation produit des angles aigus, qui font toujours un mauvais effet dans l'Architecture, principalement dans les retours des corniches ; de manière qu'il ne faut employer ces taluts que lorsqu'elles se trouvent continues, comme dans l'intérieur d'un dôme, tel qu'on le remarque au Val-de-grace ; ou contenues entre deux grands pilastres, ainsi qu'il s'en voit dans l'interieur de l'Oratoire. Au reste cette obliquitté autorise à donner réellement moins de saillie à toute la corniche, sans néanmoins nuire à celle des sophites et des larmiers. Voyez ces différentes corniches dans la Planche d'Architecture.

On appelle aussi corniches, tout membre saillant varié et composé de moulures à l'usage de la décoration intérieure, quoique ces dernières ne soient pas soumises aux dimensions précédentes, et que l'on appele, selon leurs dispositions, droites, circulaires, surbaissées, mutilées, interrompues, rampantes, inclinées, tournantes, &c.

Mais toutes doivent être d'un profil (voyez PROFIL) agréable, et conforme aux différents usages qui les fait employer dans l'art de bâtir. (P)

CORNICHE (Menuiserie) est composée de plusieurs membres d'Architecture, et se met au haut des lambris : c'est ce qui couronne les ouvrages de menuiserie, et qu'on appelle ordinairement corniche volante, pour la distinguer des corniches en plâtre qui se font aux plafonds.