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Catégorie : Grammaire & Littérature
S. m. (Grammaire, Littérature, Commerce, etc.) memoire de ce qui se fait, de ce qui se passe chaque jour.

JOURNAL, en termes de Commerce, est un certain livre ou registre, dont les Marchands se servent pour écrire jour par jour toutes les affaires de leur commerce à mesure qu'elles se présentent. Voyez MANIERE DE TENIR LES LIVRES DE COMPTE.

On donne aujourd'hui le nom de journal à certains ouvrages qui contiennent le détail de ce qui se passe journellement en Europe. Voyez GAZETTE.

JOURNAL, (Littérature) un ouvrage périodique, qui contient les extraits des livres nouvellement imprimés, avec un détail des découvertes que l'on fait tous les jours dans les Arts et dans les Sciences.

Le premier journal de cette espèce qui ait paru en France, est celui qu'on appelle le Journal des Savants, qui a été inventé pour le soulagement de ceux qui sont ou trop occupés ou trop paresseux pour lire les livres entiers. C'est un moyen de satisfaire sa curiosité, et de devenir savant à peu de frais. Comme ce dessein a paru très-commode et très-utile, il a été imité dans la plupart des autres pays sous une infinité de titres différents.

De ce nombre sont les Acta eruditorum de Leipsic, les Nouvelles de la république des Lettres de M. Bayle, la Bibliothèque universelle, choisie, et ancienne et moderne de M. le Clerc, les Memoires de Trévoux, etc. En 1692, Juncker a publié en latin un Traité historique des journaux des Savants, publiés en divers endroits de l'Europe jusqu'à présent. Wolfius, Struvius, Morhof, Fabricius, ont fait à-peu-près la même chose.

Les memoires et l'histoire de l'académie des Sciences, celle de l'académie des Belles-Lettres, les Ephemerides, ou Miscellanea naturae curiosorum, les Saggi di naturali esperienze fatte nel academia del cimento ; les acta philo-exoticorum naturae et artis, qui ont paru depuis Mars 1686, jusqu'en Avril 1687, et qui sont une histoire de l'académie de Brescia ; les Miscellanea Berolinensia, qui sont en latin l'histoire de l'académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse, qui est en français. Les commentaires de l'académie impériale de Petersbourg ; les memoires de l'institut de Bologne ; les acta litteraria Sueciae, qui se font à Upsal depuis 1720 ; les memoires de l'académie royale de Stockholm, commencés en 1740 ; les commentarii societatis regiae Gottingensis, commencés en 1750 ; les acta Erfordiensia ; les acta Helvetica ; les acta Norimbergica ; les Transactions philosophiques de la société de Londres ; les actes de la société d'Edimbourg ; les essais de la société de Dublin, et autres ouvrages semblables, ne sont point des journaux, dans lesquels on rende compte des ouvrages nouveaux ; mais ce sont des collections de memoires faits par les savants qui composent ces différentes sociétés savantes.

On donne communément la gloire de l'invention des journaux à Photius ; sa bibliothèque n'est pourtant pas tout à fait ce que sont nos journaux, ni son plan le même. Ce sont des abrégés et des extraits des livres qu'il avait lus pendant son ambassade en Perse.

M. de Salo commença le premier le journal des Savants à Paris en 1665, sous le nom de sieur d'Hedouville ; mais sa mort survenue quelque temps après, interrompit cet ouvrage. L'abbé Gallois le reprit au commencement de 1666, et le céda en 1674 à l'Abbé de la Roque, qui le continua pendant huit à neuf ans, et qui eut pour successeur M. Cousin, qui le fit jusqu'en 1702, que M. l'abbé Bignon institua une nouvelle compagnie, à qui il donna le soin de continuer ce journal. On lui donna en même temps une nouvelle forme, et on l'augmenta. Cette compagnie subsiste encore ; et c'est aujourd'hui M. de Malesherbes qui en a l'inspection. Le journal des Savants n'est donc plus d'un seul auteur, plusieurs personnes y travaillent.

Depuis ce temps il a paru de temps à autres différents journaux français ; tels sont les Memoires et conférences sur les Sciences et les Arts, par M. Denys, pendant les années 1672, 1673, et 1674 ; les nouvelles découvertes sur toutes les parties de la Médecine par M. de Blegny, en 1679 ; le journal de Médecine commencé en 1684, et quelques autres semblables, qui ont été discontinués aussi-tôt que commencés ; celui-ci vient de reprendre depuis quelque temps ; M. Roux med. est celui qui le continue à présent.

Les Nouvelles de la république des Lettres, que M. Bayle commença en 1684, et que M. de la Roque et quelques autres amis de M. Bayle, et M. Bernard ont continué depuis Février 1687, qu'une maladie obligea M. Bayle de les quitter, jusqu'en 1689. Après une interruption de neuf à dix ans, M. Bernard les reprit au commencement de 1699, et les continua jusqu'en 1710. L'histoire des ouvrages des Savants, par M. Basnage, commença en 1686, et finit en 1710. La Bibliothèque universelle et historique de M. le Clerc, a été continuée jusqu'en 1693, et contient 25 volumes ; la Bibliothèque choisie du même auteur commença en 1703. Le Mercure de France, est un de nos plus anciens journaux ; il s'est continué par différentes mains jusqu'à présent : il en est de même du journal de Verdun.

Les Memoires pour l'histoire des Sciences et des beaux Arts, appelés communément Journal de Trévoux, du lieu où ils s'imprimaient autrefois, ont commencé en 1701. C'étaient les RR. PP. Jesuites qui composaient ce journal, qui se continue à présent par des particuliers, gens de Lettres.

On a fait et on fait encore plusieurs journaux français dans les pays étrangers ; tels sont la bibliothèque raisonnée, la bibliothèque germanique continuée sous le titre de nouvelle bibliothèque germanique, par M. Formey. Il y a eu de plus en français le journal littéraire, commencé à la Haie en 1713 ; le Mercure historique et politique, qui se continue jusqu'à ce jour. On imprime aussi en Hollande un journal dans lequel les journaux des Savants et de Trévoux se trouvent combinés ; la Bibliothèque impartiale ; les Memoires littéraires de la Grande-Bretagne, par M. de la Roche, et la Bibliothèque anglaise, qui se bornent aux livres anglais. Ces journaux interrompus ont été repris sous le titre de Journal britannique, par M. de Maty, et se continuent actuellement sous le même titre, par M. de Mauve. M. de Joncourt fait actuellement un journal français, dans lequel il rend compte des livres nouveaux d'Angleterre, sous le titre de Nouvelle bibliothèque anglaise.

Les journaux anglais anciens sont, the history of the Works of the Learned, qui commença à Londres en 1699. Censura temporum, en 1708 : en 1710 il en parut deux nouveaux ; l'un sous le titre de Memoires de Littérature, c'était une feuille volante, qui ne contenait qu'une traduction anglaise de quelques articles des journaux étrangers ; l'autre était in-4°. en quatre ou cinq feuilles. C'est un recueil de pièces fugitives, intitulé Bibliotheca curiosa, ou à Miscellany. L'on doit encore mettre au rang des journaux anglais le Gentleman's magazine, l'état actuel de la Grande-Bretagne, &c.

Les journaux italiens sont celui de l'abbé Nazati, qui a duré depuis 1668 jusqu'en 1681 ; il s'imprimait à Rome. Celui de Venise commença en 1671, et finit en même temps que celui de Rome. Les auteurs étaient Pierre Moretti, et François Miletti : le journal de Parme, par le P. Gaudence Roberti et le P. Benait Bauhini, tomba en 1690, et on le reprit en 1692. Le journal de Ferrare, entrepris par l'abbé de la Torre, commença et finit en 1691. La Galeria di Minerva, commencée en 1696, est l'ouvrage d'une société de gens de Lettres : M. Apostolo Zeno, secrétaire de cette société, commença un autre journal en 1710, sous les auspices du grand-duc ; il s'imprimait à Venise, et plusieurs personnes de distinction y avaient part : les Fasti eruditi della bibliotheca volante, se faisaient à Parme : depuis il a paru en Italie le Giornale dei Letterati.

Le premier des journaux latins est celui de Leipsic, qui a commencé en 1682 sous le titre d'Acta eruditorum : cet ouvrage s'est continué sans interruption jusqu'à présent.

A Parme, les Nova litteraria maris Balthici ont duré depuis 1698, jusqu'en 1708. Les Nova litteraria Germaniae, recueillies à Hambourg, ont commencé en 1703. Les acta litteraria ex manuscriptis, et la Bibliotheca curiosa commencée en 1705, et finie en 1707, sont de M. Struvius ; MM. Kuster et Sike commencèrent en 1697, et firent pendant deux ans la bibliothèque des livres nouveaux. Depuis ce temps on a eu plusieurs journaux latins ; tels sont entr'autres les Commentarii de rebus in scientia naturali et Medicina gestis, par M. Ludwig.

Le Journal suisse appelé Nova litteraria Helvetiae, commença en 1702 ; il est de M. Scheuchzer ; et les Acta medica hafnensia, de Thomas Bartholin, qui font cinq volumes depuis 1671, jusqu'en 1679.

Il y a un journal hollandais, sous le titre de Boeksaal van Europa. Il fut commencé en 1692 par Pierre Rabbus, à Rotterdam, et repris depuis 1702 jusqu'en 1708 ; il se continue jusqu'à ce jour : on doit y joindre les mémoires de la société littéraire de Harlem.

L'Allemagne a une foule innombrable d'ouvrages périodiques et de journaux en tout genre. Les principaux qui se font actuellement en langue allemande sont, le Magasin d'Hambourg, commencé en 1748, et qui se continue. Les Physicalische belustigungen, ou Amusements physiques, commencés à Berlin en 1751. Selecta physico oeconomica qui se font à Stutgard. Il se fait de plus une infinité de gazettes et de journaux littéraires, économiques, etc. en Saxe, dans la Silésie, dans le Brandebourg, dans la basse-Allemagne, etc. Cependant plusieurs de ces ouvrages périodiques ne sont pas des vrais journaux, mais des collections de mémoires, auxquels on a quelquefois joint des extraits de quelques livres nouveaux. Il parait en Suède un journal, sous le titre de Magasin de Stockholm.

Nous avons maintenant en France une foule de journaux ; on a trouvé qu'il était plus facile de rendre compte d'un bon livre que d'écrire une bonne ligne, et beaucoup d'esprits stériles se sont tournés de ce côté. Nous avons eu les feuilles périodiques de l'abbé Defontaines, elles ont été continuées par M. Fréron et par M. l'abbé de la Porte : ces deux collègues se sont séparés, et l'un travaille aujourd'hui sous le titre de l'Année littéraire, et l'autre sous le titre d'Observateur littéraire. Nous avons des Annales typographiques ; un Journal étranger ; un Journal encyclopédique qui se fait et s'imprime à Liege ; un Journal chrétien ; un Journal économique ; un Journal pour les dames ; un Journal villageais ; une Feuille nécessaire ; une Semaine littéraire, etc. que sais-je encore ?

C'est-là que les gens du monde vont puiser les lumières sublimes, d'après lesquelles ils jugent les productions en tout genre. Quelques-uns de ces journalistes donnent aussi le ton à la province : on achète ou on laisse un livre d'après le bien ou le mal qu'ils en disent ; moyen sur d'avoir dans sa bibliothèque presque tous les mauvais livres qui ont paru, et qu'ils ont loués, et de n'en avoir aucun des bons qu'ils ont déchirés.

Il serait plus sur de se conduire par une règle contraire ; de prendre tout ce qu'ils déprisent, et de rejeter tout ce qu'ils relèvent. Il faut cependant excepter de cette règle le petit nombre de ces journalistes qui jugent avec candeur, et qui ne cherchent point comme d'autres à intéresser le public par la malignité et par la fureur avec laquelle ils avilissent et déchirent les auteurs et les ouvrages estimables.

JOURNAL, (Marine) c'est un registre que le pilote est obligé de tenir, sur lequel il marque régulièrement chaque jour les vents qui ont regné, le chemin qu'a fait le vaisseau, la latitude observée ou estimée, et la longitude arrivée à la déclinaison de la boussole, les profondeurs d'eau et les fonds où il a sondé et mouillé ; en un mot toutes les remarques qui peuvent intéresser la navigation. Par l'ordonnance de la Marine de 1689, le capitaine commandant un vaisseau du roi, est obligé de tenir un journal exact de sa route.

Ces journaux au retour de chaque campagne sont remis au dépôt des cartes et plans de la marine ; et les observations et remarques qui s'y trouvent, servent à la perfection de l'Hydrographie et à la construction des cartes marines. (Z)



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