Musique instrumentale

S. m. (Musique instrumentale ancienne) espèce d'archet court, ou baguette faite d'ivoire, ou de bois poli, avec laquelle le musicien touchait les cordes d'un instrument pour en tirer les sons : ce mot vient de , frapper. Les anciens avaient des instruments à cordes sur lesquels on jouait sans plectrum, comme le magadis ; et d'autres où on s'en servait toujours comme le luth. C'était aussi dans les commencements l'usage de ne toucher la lyre qu'avec le plectrum ; ensuite la mode vint de n'en pincer les cordes qu'avec les doigts.

S. m. (Musique instrumentale) répétition fréquente des mêmes sons. C'est ce qui arrive dans la modulation, où les cordes essentielles de chaque mode, ou de la tirade harmonique doivent être rebattues plus souvent que pas une des autres ; et entre les trois cordes de cette tirade, les deux extrêmes, c'est-à-dire, la finale dominante, qui sont proprement le rebattement ou repercussion de chaque mode, doivent être plus souvent rebattues que celle du milieu, ou la médiante ; mais pour bien faire, il faut que les cordes essentielles tombent dans les bons-temps de chaque mesure, qu'elles soient des notes, ou longues, ou censées longues. Brossard.

S. f. (Musique instrumentale) instrument de Musique qui est à vent, et une espèce de trompette harmonique, qui diffère de la militaire en figure et en grandeur. Elle a son embouchure ou son bocal et son pavillon semblables ; mais elle a quatre branches qui se démontent, se brisent à l'endroit des nœuds, et souvent au tortil, qui est le même tuyau qui se tortille deux fais, ou qui fait deux cercles au milieu de l'instrument ; ce qui le fait descendre d'une quarte plus bas que son ton naturel. Elle contient aussi deux branches intérieures, qui ne paraissent que quand on les tire par le moyen d'une barre qu'on pousse jusque vers a potence, et qui l'allonge comme on veut, pour faire toutes sortes de tons ; les branches visibles servent d'étui aux invisibles. La sacquebute ordinairement a huit pieds, lorsqu'elle n'est point allongée, et qu'on n'y comprend point son tortil. Quand elle est tirée de toute sa longueur, elle va jusques à quinze pieds. Son tortil est de deux pieds neuf pouces ; elle sert de base dans toutes sortes de concerts d'instruments à vent, comme font le serpent et la fagot ou basson, et elle sert de basse-taille aux hautbais. (D.J.)
S. m. (Musique instrumentale ancienne) instrument de musique des Grecs qui avait trente-cinq cordes, et cependant ce n'était pas encore l'instrument des anciens qui en eut le plus ; car l'épigonion en avait quarante. On juge bien que cet instrument à trente-cinq cordes ne rendait pas trente cinq sons différents, mais seize ou dix-sept ; de même l'épigonion ne rendait pas quarante sons différents, auquel cas il eut eu plus d'étendue que nos plus grands clavessins, ou nos clavessins à ravalement, ce qui n'est pas vraisemblable, mais les cordes y étaient mises deux à deux, et accordées à l'unisson ou à l'octave, comme elles le sont au luth, à la guittare, à la harpe double, et au clavessin à deux et trois jeux, ce qui ne faisait en tout que vingt sons différents. (D.J.)

S. f. (Musique instrumentale) instrument de musique à vent ; c'est une espèce de musette, qu'on appelle aussi sampogne, et qui était autrefois d'usage en Italie. Elle est différente de nos musettes, en ce qu'elle a quatre chalumeaux avec plusieurs trous garnis de boètes, qui servent à les ouvrir et fermer, et qui s'avancent ou se reculent par le moyen de petits ressorts. On a attribué l'invention de la sourdeline à Jean-Baptiste Riva, à dom Julio et à Vincenze. (D.J.)