S. m. pl. (Géographie) dans l'ancienne Géographie, c'étaient des peuples d'Ethiopie, qu'on dit avoir vécu dans des caves souterraines ; ce mot est formé du grec , caverne, et de , subeo, j'entre.

Pomponius Méla rapporte qu'ils ne parlent point, mais qu'ils crient ou ne font entendre que des sons sans articulation, qu'ils vivent de serpens, etc. Tzetzés les appelle ichtyophages ou mangeurs de poisson. Montanus croit que c'est le même peuple que l'Ecriture appelle Ghanamins, et Pintianus sur Strabon, veut que l'on écrive ce nom sans l, Trogodytes.

Si l'on en croit quelques modernes, tels que les pères Kircher et Martin, il n'y a pas encore longtemps qu'il y avait à Malthe des troglodytes, c'est-à-dire, des espèces de sauvages séparés de tous les autres habitants, et vivant entre eux dans une vaste caverne, proche d'une maison de plaisance du grand-maître. Ils ajoutent qu'il y en a en Italie près de Viterbe, et en divers endroits des Indes, et qu'on en a trouvé qui n'avaient jamais vu la lumière du soleil.

Troglodytes est encore le nom donné par Philastre à une secte de juifs idolâtres, qui selon lui se retiraient dans des cavernes souterraines pour adorer toute sorte d'idoles. Cet auteur et son éditeur tirent du grec, comme nous avons fait ci-dessus, le mot de Troglodytes ; mais ils paraissent se tromper dans l'attribution qu'ils en font à cette secte ; car ils se fondent sur la vision rapportée par Ezéchiel, chap. viij. . 8. 9. et 10. Or dans cette vision, il ne s'agit nullement de cavernes souterraines, mais du temple même que les 70 vieillards avaient choisi pour en faire le théâtre de leurs impiétés, ou, comme porte le verset 12. l'endroit secret de leur chambre, in abscondito cubiculi sui. Ainsi le nom de Troglodytes est très-mal appliqué à cet égard, et ne convient point du tout à la secte dont il est mention dans ce prophète.