S. m. pl. (Histoire moderne) nom qu'on donne en Perse à des espèces d'archers, ou gardes des grands chemins, postés en certains endroits, et particulièrement aux passages des rivières et des défilés, pour la sûreté publique. Ils demandent aux voyageurs où ils vont, d'où il viennent, et courent au moindre bruit d'un vol, pour tâcher d'arrêter celui qui l'a commis. On est bientôt informé par leur moyen de ce qu'est devenu une personne qui a commis une mauvaise action. Quelques-uns de ces radars rodent dans les montagnes et dans les lieux écartés, et s'ils y trouvent quelqu'un, ils s'en saisissent sur le moindre soupçon, pour savoir pourquoi il suit des routes détournées. Leurs appointements fort modiques d'ailleurs, sont composés par les petits présents qu'ils reçoivent des marchands et autres voyageurs, en leur remontrant la peine qu'ils ont de veiller à la sûreté des chemins. Tavernier, de qui nous tirons ces détails, ajoute que la coutume est en Perse, lorsqu'un marchand a été volé, que le gouverneur de la province lui restitue ce qui lui a été pris, pour vu qu'il fasse serment en représentant son livre, ou faisant entendre quelques témoins ; et qu'ensuite c'est au gouverneur à faire la recherche du voleur. Tavernier, voyag. de Perse.