ou LUBOS, (Histoire moderne) c'est le nom qu'on donne aux chefs d'une nation guerrière et barbare appelée Galas, qui depuis très-longtemps sont les fléaux des Ethiopiens et des Abyssins, sur qui ils font des incursions très-fréquentes. Ces lubos sont des souverains dont l'autorité ne dure que pendant huit ans. Aussi-tôt que l'un d'eux a été élu, il cherche et se signaler par les ravages et les cruautés qu'il exerce dans quelque province d'Ethiopie. Son pouvoir ne s'étend que sur les affaires militaires ; pour les affaires civiles, elles se règlent dans les assemblées ou diètes de la nation, que le lubo a droit de convoquer, mais qui peut de son côté annuller ce qu'il peut avoir fait de contraire aux lois du pays. Il y a, dit-on, environ soixante de ces souverains éphémères dans la nation des Galas ; ils font une très-pauvre figure dans leur cour, dont le père Lobo raconte un usage singulier et peu propre à engager les étrangers à s'y rendre. Lorsque le lubo donne audience à quelque étranger, les courtisans qui l'accompagnent tombent sur lui, et lui donnent une bastonnade très-vive qui l'oblige à fuir ; lorsqu'il rentre, on le reçoit avec politesse. Le P. Lobo eut le malheur d'essuyer cette cérémonie ; en ayant demandé le motif, on lui dit que c'était pour faire connaitre aux étrangers la valeur et la supériorité des Galas sur toutes les autres nations.