S. f. (Antiquité romaine) statera, balance romaine : voici la description qu'en donne Vitruve, l. X. c. viij. l'anse qui est comme le centre du fléau, étant attachée comme elle est, proche de l'extrémité à laquelle le bassin est pendu, plus le poids qui coule le long de l'autre extrémité du fléau, est poussé en avant sur les points qui y sont marqués, plus il aura la force d'égaler une grande pesanteur, selon que le poids étant éloigné du centre, aura mis le fléau en équilibre ; ainsi le poids qui était trop faible lorsqu'il était trop près du centre, peut acquérir en un moment une grande force, et élever en-haut sans beaucoup de peine un très-lourd fardeau. Dans cette ancienne balance il y avait un bassin au - lieu du crochet qu'on met maintenant au pezon, pour porter le fardeau. Voyez BALANCE ROMAINE. (D.J.)

STATERE, s. m. (Monnaie anc. de Grèce) monnaie d'or ou d'argent que l'on fabrique en Grèce. Les statères d'or de Cyzique étaient en particulier fort estimés, à cause de la beauté de la fabrique ; le type était d'un côté une tête de femme, et de l'autre une tête de lion : ils étaient du poids de deux drachmes, et valaient vingt-huit drachmes d'argent d'Athènes. La statère d'or d'Athènes valait vingt drachmes, dans le rapport de l'or à l'argent, qui étaient dans ce temps-là chez les Grecs de dix à un, c'est-à-dire qu'une drachme d'or valait dix drachmes d'argent. La statère d'or de Cyzique valant vingt-huit drachmes d'Athènes ; la drachme de Cyzique devait peser une drachme attique, et deux cinquiemes ou huit oboles et deux cinquiemes d'Athènes.

Ainsi la statère de Cyzique, en l'évaluant par vingt-huit drachmes d'Athènes, vaudrait de la monnaie qui a cours en France, environ vingt et une livres ; mais le rapport de l'or à l'argent étant actuellement en France environ de quatorze à un, le statère d'or de Cyzique vaudrait environ vingt - neuf livres de notre monnaie.

A l'égard du statère d'argent, il pesait ordinairement quatre drachmes, ce qui revient à-peu-près à trois livres de notre monnaie. (D.J.)