(Géographie moderne) en latin Pausilypus, en italien monte di Posilipo, montagne du royaume de Naples, dans la Campanie, délicieuse, fertile en vins délicats, et en toutes sortes d'excellents fruits. Elle regarde d'un côté la mer de Pouzzol, et de l'autre la ville de Naples, dont elle forme le petit golfe, en s'avançant dans la mer vis-à-vis la petite île de Nisida, qui semble en avoir été détachée. Vedius Pollio y avait une belle maison de plaisance au bord de la mer ; on en voit encore des restes. Il la légua à Auguste au rapport de Dion ; pas loin de-là étaient les réservoirs de Lucullus, et un temple octogone de Neptune, que le vulgaire appelle l'école de Virgile ; vis-à-vis est un écueil que les Poètes ont appelé euploca, qui veut dire heureuse navigation, aujourd'hui la caïola, à cause de sa figure qui ressemble à une cage. Sannazar a son tombeau dans l'église des servites de Pausilype. Mais le plus singulier de cette montagne, c'est qu'elle est percée par une grotte longue d'un mille, haute de 40 ou 50 pieds, et large d'environ 3 taises, ce qui fait que deux carrosses y peuvent passer de front ; cette grotte creusée en forme de chemin, abrège la route de Naples à Pouzzol, sans être contraints d'aller par mer, et de monter ou descendre cette montagne ; le chemin est uni, et quand il pleut, on se trouve à couvert, mais on y est étouffé par la poussière, on y est privé du jour ; il faut se coller contre le mur pour n'être pas heurté par ceux qu'on rencontre dans la même route ; et s'il arrive quelqu'accident aux voitures et aux chevaux, il est difficile d'y remédier, faute de lumière ; cependant bien des gens sont assez fous que de passer par cette grotte ; on prend la droite, c'est-à-dire la montagne quand on sort de Naples, et la gauche, c'est-à-dire, le côté de la mer, quand on y va.

On ignore l'auteur de cet ouvrage ; on sait seulement qu'Alphonse, premier roi de Naples et d'Aragon, y fit faire des soupiraux, élargir le chemin, et en facilita l'entrée, qui était comme murée de ronces et d'épines. Pierre de Tolede, viceroi de Naples sous Charles V. fit aussi réparer le même ouvrage. Quand on est arrivé au bout de cette grotte, on marche une centaine de pas entre de hautes murailles pratiquées dans le rocher, qui finit à un village.