Histoire orientale

S. m. (Histoire orientale) sorte de religieux mahométants que nous allons faire connaitre d'après M. de Tournefort, un de ces rares voyageurs aux rapports duquel on peut donner croyance.

Ce sont, dit-il, de maîtres moines qui vivent en communauté dans des monastères sous la conduite d'un supérieur, lequel s'applique particulièrement à la prédication. Ces dervis font vœu de pauvreté, de chasteté, et d'obéissance ; mais ils se dispensent aisément des deux premiers, et même ils sortent de leur ordre sans scandale pour se marier quand l'envie leur en prend. Les Turcs tiennent pour maxime que la tête de l'homme est trop légère pour être longtemps dans la même disposition ; et c'est une maxime incontestable. Le général de l'ordre des dervis réside à Cogna, qui est l'ancienne ville d'Iconium, capitale de la Lycaonie dans l'Asie mineure. Ottoman premier empereur des Turcs érigea le supérieur du couvent de cette ville en chef-d'ordre, et accorda de grands privilèges à cette maison. On assure qu'elle entretient plus de cinq cent religieux, et que leur fondateur fut un sultan de la même ville appelé Meleleva, d'où vient qu'on les appelle les melelevis : ils ont le tombeau de ce sultan dans leur couvent. Quelques-uns ajoutent au récit de M. de Tournefort, que lorsque le chapitre général se tient dans ce couvent, il s'y rencontre quelquefois plus de huit mille melelevis.

ou KIBLAH, s. m. (Histoire orientale) ce terme désigne chez les peuples orientaux le point du ciel vers lequel ils dirigent leur culte ; les Juifs tournent leur visage vers le temple de Jérusalem ; les Sabéens, vers le méridien ; et les Gaures successeurs des Mages, vers le soleil levant.

Cette remarque n'est pas simplement historique ; elle nous donne l'intelligence d'un passage curieux d'Ezéchiel, chap. viij. v. 16. Ce prophête ayant été transporté en vision à Jérusalem, " y vit vingt-cinq hommes entre le porche et l'autel, qui ayant le dos tourné contre le temple de Dieu, et le visage tourné vers l'Orient, se prosternaient devant le soleil ". Ce passage signifie que ces vingt-cinq hommes avaient renoncé au culte du vrai Dieu ; et qu'ils avaient embrassé celui des Mages. En effet, comme le Saint des Saints reposait dans le Shekinate, où le symbole de la présence divine était au bout occidental du temple de Jérusalem ; tous ceux qui y entraient pour adorer Dieu, avaient le visage tourné vers cet endroit, c'était là leur kébla, le point vers lequel ils portaient leur culte, tandis que les Mages dirigeaient leurs adorations en tournant le visage vers l'Orient ; donc ces vingt-cinq hommes ayant changé de kébla, prouvèrent à Ezéchiel, non-seulement qu'ils avaient changé de religion, mais de plus qu'ils avaient embrassé celle des Mages.

(Histoire orientale) on appelle samanides, la dynastie des califes fondée par Saman, qui de conducteur de chameaux, devint chef d'Arabes ; son fils rendit ses enfants dignes des premiers emplois militaires de l'état des califes. Al-Mamon les avança, et Motamed donna à Nasser, petit-fils d'AssadBen-Saman, l'an 261 de l'hégire, le gouvernement de la province de Mawaralnahar, ou Transoxane. Enfin, l'an 279, Ismaèl, frere de Nasser, se rendit le maître absolu de cette province, en conquit d'autres, et fonda un puissant empire, qui a porté le nom de Samanides. (D.J.)
(Histoire orientale) nom d'une dynastie puissante qui a régné dans l'Orient, et dont le chef se nommait Selgiuk. Cette dynastie a été divisée en trois branches ; la première des Selgiucides de Perse, dans laquelle on compte quinze empereurs ; la seconde des Selgiucides du Kerman, qui a eu onze princes ; la troisième des Selgiucides de Roum, qui a duré 220 ans sous quinze sultants. (D.J.)