Histoire ancienne & moderne

S. m. (Histoire ancienne et moderne) supplice en usage chez les anciens pour faire mourir les criminels condamnés par la justice à ce genre de mort, et qui est encore usité dans quelques contrées de l'Asie.

Les anciens Latins nommaient la croix gabalus ; les Romains l'ont appelée patibulum, et les Grecs . Elle n'a pas eu la même forme chez toutes les nations : d'abord ce n'était qu'un pal ou poteau de bois tout droit sur lequel on attachait le criminel, ou avec des cordes par les bras et par les jambes, ou avec des clous qu'on lui enfonçait dans les mains et dans les pieds, et souvent pour cette exécution on se servait d'un arbre. Mais ordinairement les croix étaient composées de deux pièces de bois qu'on assemblait en trois différentes manières : 1°. en les croisant et formant la figure d'un X, ce que nous appelons encore aujourd'hui croix de S. André : 2°. en plantant une de ces pièces de bois droite, et mettant l'autre en travers au bout de celle-là, ce qui ressemblait à notre lettre T : 3°. en attachant la pièce qui était en-travers un peu au-dessous du bout de la pièce droite, et c'est de cette dernière figure qu'était la croix où Jesus-Christ fut attaché, comme on l'infère de l'inscription que Pilate fit mettre au-dessus, et du concert de tous les Historiens.

subst. f. (Histoire ancienne et moderne) était autrefois la cappe des voyageurs : on l'appelait aussi coules et gula : ce nom a passé chez les moines, et signifie leur froc et leur cappe, qui étaient autrefois d'une seule pièce. Voyez COULE. (G)
adj. pr. sub. (Histoire ancienne et moderne) était le nom d'une fête que les empereurs romains célébraient la dixième année de leur règne, et pendant laquelle ils offraient des sacrifices, donnaient au peuple des jeux, lui faisaient des largesses, etc.

Auguste fut le premier auteur de cette coutume, et ses successeurs l'imitèrent.

Pendant la même fête on faisait des vœux pour l'empereur et pour la durée de son empire. On appelait ces vœux vota decennalia. Voyez VOEU.

S. m. (Histoire ancienne et moderne) terme qui vient du grec : ç'a été dans les premiers temps la marque de la dignité royale ; on s'en est servi dans presque toutes les anciennes monarchies, mais avec quelques différences. C'était une bande de couleur blanche, que l'on ceignait autour de la tête ; ce qui n'empêchait pas que les souverains n'eussent une couronne avec le diadème. On prétend que Bacchus ayant vaincu les Indiens, voulut revenir des Indes en triomphe monté sur un éléphant ; et comme victorieux, qu'il fut le premier qui se servit du diadème. Selon Pline, en son histoire, livre VII. les rois de Perse et d'Arménie joignaient cet ornement à leurs cydaris et à leurs tiares, coiffures de tête particulières aux souverains de ces contrées. Le diadème n'était pas toujours de couleur blanche : mais quelquefois rouge ou bleu, et cependant avec quelques filets de blanc. On voit que les Parthes qui par vanité se disaient les rois des rais, se servaient d'un double diadème pour marquer leur double supériorité. Le diadème de Darius était pourpre et blanc ; Alexandre fut si glorieux d'avoir vaincu ce roi des Perses, qu'il voulut orner sa tête du diadème de ce prince. Tous les successeurs d'Alexandre ne manquèrent pas, en qualité de rais, de se servir du même ornement avec lequel on les voit gravés sur leurs médailles. Aussi-tôt que les Romains eurent chassé leurs rais, ils prirent si fort le diadème en aversion, que c'était se rendre criminel d'état que d'en porter un, eut-ce été à la jambe en forme de jarretière. C'est ce qui rendit Pompée suspect à ses concitoyens ; parce qu'il portait des jarretières blanches. On craignait que par-là il ne voulut aspirer à la souveraine autorité, ou pour parler le langage romain, qu'il n'ambitionnât la tyrannie. Mais après que Rome fut soumise aux empereurs, les peuples devinrent moins ombrageux ; et Aurélius Victor témoigne qu'Aurélien se servit de cet ornement, qui se trouve même sur quelques médailles de cet empereur. Constance Chlore père du grand Constantin, s'en servait aussi. Ce fut vraisemblablement pour faire connaitre son pouvoir à des peuples barbares, qui ayant été accoutumés à se soumettre à l'autorité royale, respectaient un prince qui en portait les marques : ce qui s'est continué chez les empereurs, jusque-là même que l'on voit aussi cet ornement sur les médailles des impératrices. Et nos couronnes anciennes et modernes se terminent par le bas en une espèce de diadème ou bande, qui soutient le reste de cette couronne. De dire, comme l'a fait Baronius, que S. Jacques apôtre, évêque de Jérusalem, a porté le diadème, c'est pousser la chose trop loin. Il a porté, comme grand-prêtre dans la religion chrétienne, l'ornement qui était particulier au souverain pontife chez les Juifs. (a)

S. m. (Histoire ancienne et moderne) titre honorifique qu'on donne particulièrement à ceux qui sont profondément versés dans la Théologie, la Jurisprudence, et le Droit.

DOCTEUR DE LA LOI, (Histoire ancienne) était parmi les Juifs un titre d'honneur ou de dignité.

Il est certain que les Juifs eurent des docteurs longtemps avant Jesus-Christ. Leur investiture, si on peut parler ainsi, se faisait en leur mettant dans les mains une clé et les tables de la loi. C'est pour cela, selon quelques auteurs, que J. C. leur dit, Luc, XIe 52. Malheur à vous, docteurs de la loi, parce que vous avez emporté la clé de science, que vous n'êtes point entrés vous mêmes, et que vous avez empêché d'entrer ceux qui le voulaient.