(Géographie ancienne et moderne) bourg de Grèce, dans l'Attique, sur la côte, à dix milles d'Athènes, du côté de la Béotie. Il tirait son nom de Marathon, petit-fils d'Alœus, qui selon la fable, avait le soleil pour père. Etant arrivé dans la partie maritime de l'Attique, il fonda la bourgade de Marathon, et lui donna son nom. Ce lieu devint ensuite plus connu par la victoire de Thésée sur un furieux taureau qui ravageait la tétrapole d'Attique. Thésée le combattit dans le territoire de Marathon, le dompta, et le sacrifia au temple de Delphes. Mais le nom de Marathon s'est immortalisé par la victoire que les Athéniens, sous la conduite de Miltiade, y remportèrent sur les Perses la troisième année de la soixante-deuxième olympiade. On plaça dans la galerie des peintures d'Athènes, un tableau qui représentait cette célèbre bataille. Miltiade s'y vit seulement représenté dans l'attitude d'un chef, qui exhorte le soldat à faire son devoir ; mais tout vainqueur qu'il était, il ne put jamais obtenir que son nom fût écrit au bas du tableau ; on y grava celui du peuple d'Athènes.

Marathon, si fameux dans l'antiquité, a bien changé de face ; ce n'est plus qu'un petit amas de quinze ou vingt métairies, habitées par une centaine d'Albanais. Il est éloigné de trois milles de la mer, et de sept ou huit d'Ebréo-castro, ce qui répond aux soixante-quatre stades que Pausanias met de distance entre Marathon et Rhamnus.

Le même Pausanias parle aussi du lac de Marathon, et dit qu'il était en grande partie rempli de vase : les Perses mis en fuite s'y précipitèrent d'épouvante.

La plaine de Marathon, où se donna cette grande bataille, s'appelle toujours campi Marathonis ; elle a environ douze milles de tour, et consiste pour la plus grande partie en des champs labourés, qui s'étendent depuis les montagnes voisines jusqu'à la mer.

Cette plaine est coupée par la rivière de Marathon, et c'est peut-être celle qu'on nommait anciennement Macoria, elle vient du mont Parnèthe, passe de nos jours par le milieu du village de Marathon, et va se dégorger dans l'Euripe.

Je ne dois pas oublier de remarquer que les Atticus Herodès étaient de Marathon, et fleurissaient sous Nerva, Trajan et Marc-Aurele. Atticus père, ayant trouvé dans sa maison un riche trésor, manda à l'empereur Nerva, ce qu'il voulait qu'il en fit ; l'empereur lui répondit : " Vous pouvez user de ce que vous avez trouvé ". Atticus lui récrivit, que ce trésor était très-considérable, et fort au-dessus de la condition d'un particulier. Nerva lui répliqua : " Abusez si vous voulez de votre trésor inopiné, mais il vous appartient ". Le fils d'Atticus en jouit, et en employa une partie à décorer Athènes de superbes édifices. Il embellit aussi le Gymnase d'Olympie de superbes statues de marbre du mont Penthélique. En même temps il cultiva les lettres, les étudia sous Phavorien, et devint si éloquent, qu'il mérita lui-même d'avoir Marc-Aurele pour disciple. Il fut élu à la dignité de consul romain, et mourut à 76 ans. Il avait fait plusieurs ouvrages dont parle Philostrate, et que le temps nous a ravis. (D.J.)