Géographie ancienne & moderne

(Géographie ancienne et moderne) ou Nicarie ; île de l'Archipel, entre l île de Samos et celle de Tine.

Cette île a environ 60 milles de circonférence, suivant M. de Tournefort, d'après lequel nous en pouvons parler savamment. Elle est fort étroite, et traversée dans sa longueur par une chaîne de montagnes qui lui a fait donner autrefois le nom d île longue et étroite, doliche et macrès.

Ces montagnes sont couvertes de bois et fournissent des sources à tout le pays. Les habitants ne vivent que du commerce de ce bois, et sont si misérables qu'ils demandent l'aumône dès qu'ils sont hors de leur ile. Ils recueillent peu de froment, assez d'orge, de figues, de miel, de cire ; mais après tout ce sont de sottes gens, grossiers et à demi sauvages. Ils font leur pain à mesure qu'ils veulent diner ou souper. Ce pain n'est autre chose que des fouaces sans levain, qu'on fait cuire à demi sur une pierre plate bien chaude : si la maîtresse de la maison est grosse, elle tire deux portions de fouaces, une pour elle et l'autre pour son enfant : on fait la même honnêteté aux étrangers.

(Géographie ancienne et moderne) ville d'Asie, capitale et métropole de la Bithynie, sur la Propontide, entre Chalcédoine et Nicée ; elle est aujourd'hui nommée Comidia par les Italiens.

Nicomède, grand-pere de Prusias, la bâtit vis-à-vis d'Astaque, et lui donna son nom. Cette ville plus d'une fois assiégée, éprouva les malheurs de la guerre, jusqu'à ce qu'une colonie d'Athéniens étant venus la repeupler, elle se releva de ses pertes, et devint très-florissante.

Ce fut à Nicomédie qu'Annibal, après avoir perdu la bataille de Zama, se réfugia vers Antiochus et Prusias, rois de Bithynie : cependant cet infortuné capitaine, craignant que ces princes ne le remissent entre les mains des Romains qui l'avaient envoyé demander, se donna la mort à l'âge de 64 ans, 183 ans avant J. C.

(Géographie ancienne et moderne) ville ruinée de l île d'Andros dans l'Archipel, une des cyclades, au S. E. de Negrepont.

Les ruines de Paléopolis sont à deux milles d'Arna vers le S. S. O. au-delà du port Gaurio : cette ville qui portait le nom de l'ile, comme l'assurent Hérodote et Galien, était fort grande, et située avantageusement sur le penchant d'une montagne qui domine toute la plage ; il en reste encore des quartiers de muraille très-solides, surtout dans un endroit remarquable, où, suivant les apparences, était la citadelle dont Tite-Live fait mention.

(Géographie ancienne et moderne) ville de Syrie dans un désert de la Syrie, sur les confins de l'Arabie déserte en tirant vers l'Euphrate. Son nom hébreu est Tadmor, Thamor, ou Tedmor, selon Josephe, antiq. liv. VIII. ch. IIe qui la place à deux journées de la haute Syrie, à un jour de l'Euphrate, et à six de Babylone.

Ptolomée, liv. V. ch. XVe la met dans la Palmyrene, province de Syrie, et Procope aedif. liv. II. ch. XIe la place dans la Phénicie ; ce qui revient au même : car il parle de la Phénicie proche du Liban, qui est plus à l'orient que la Phénicie maritime. Il ajoute que Palmyre, qui avait autrefois été bâtie dans un désert, se trouvant dans une situation fort commode pour observer les Sarrasins, et pour découvrir les courses qu'ils faisaient sur les terres de l'empire, Justinien la répara, y mit une puissante garnison, la pourvut d'eau, et réprima par ce moyen les irruptions de ces peuples. Cette ville eut le titre de colonie romaine, et Etienne le géographe dit qu'on la nomma quelquefois Hadrianopolis.

ou PATHMOS, (Géographie ancienne et moderne) île de l'Archipel, située entre les îles de Nicaria et de Samos, au nord occidental de la première et au nord oriental de la seconde, et entre les îles de Naxie et de Narcio, au midi occidental de la première et à l'orient de la seconde.

L île de Patmos, aujourd'hui nommée Patino, célèbre par l'exil de l'apôtre S. Jean pendant 18 mois, est un des plus méchants écueils de l'Archipel ; elle est découverte, sans bois et fort seche, quoiqu'elle ne manque pas de roches, ni de montagnes, dont la plus élevée s'appelle Ste Hélie. Cette île ne produit que peu d'orge, de froment et de vin ; mais elle a beaucoup de gibier, perdrix, lapins, cailles, tourterelles, etc. tout son négoce consiste dans l'industrie des habitants, qui, avec une douzaine de caïques ou plusieurs autres petits bateaux, s'en vont chercher du blé en terre-ferme, et même jusques sur les côtes de la mer Noire, pour en venir charger des bâtiments français. Il est surprenant que dans un si pauvre pays les maisons y soient aussi-bien bâties que dans les lieux où il y a du commerce, et leurs chapelles sont toutes voutées.