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Catégorie parente: Histoire
Catégorie : Géographie & histoire sacrée
sub. f. (Histoire ancienne et moderne, profane et sacrée) vase à boire, propre pour les sacrifices, les festins, etc. Ce mot a différentes acceptions dans l'Ecriture. La coupe de bénédiction est celle que l'on bénissait dans les repas de cérémonie, et dans laquelle on buvait à la ronde.

C'est ainsi que dans la dernière cène Jesus-Christ benit le calice de son sang après le souper, et le fit boire à tous ses apôtres. La coupe de salut, dont il est parlé dans les pseaumes, est une coupe d'action de grâces, que l'on buvait en bénissant le Seigneur, en lui rendant grâces de ses miséricordes. On en voit encore la pratique dans le troisième livre des Macchabées, où les Juifs d'Egypte, dans les festins qu'ils firent pour leur délivrance, offrirent des coupes de salut.

Les Juifs ont encore aujourd'hui de ces coupes d'actions de grâces, que l'on benit dans les céremonies de leurs mariages, et dans les repas qu'ils font pour la circoncision de leurs enfants. Quelques commentateurs croient que la coupe de salut n'est autre chose que le vin que l'on répandait sur les victimes d'action de grâces, suivant la loi de Moyse.

La coupe, dans le style de l'Ecriture, marque aussi quelquefois le partage ; Dominus pars haereditatis meae et calicis mei ; parce que dans les repas on donnait à chacun sa coupe, que l'on remplissait de vin autant de fois qu'il en avait besoin : ou bien le prophète parle de ces coupes que l'on buvait en cérémonie et chacun à son tour. Dieu est mon héritage et ma coupe ; je ne veux avoir aucune part à l'héritage, aux festins, aux sacrifices, aux partages, à la société des méchants ; Dieu seul me suffit, il est mon partage et ma coupe ; je ne désire pas davantage. Psaumes XVe 5.

La coupe de Joseph, dont parle l'Ecriture, que l'on cacha dans le sac de Benjamin, le plus jeune des frères de ce patriarche, est le sujet de plusieurs différentes conjectures, fondées sur les paroles des officiers de Joseph : la coupe que vous avez volée, est celle dans laquelle mon seigneur bait, et dont il se sert pour prédire l'avenir. On demande si en effet Joseph se servait de la coupe pour prédire l'avenir, ou si ces gens le croyaient ainsi, ou s'ils disent cela suivant l'opinion commune des Egyptiens, qui tenaient Joseph pour un grand magicien, ou s'ils le disent pour intimider les frères de Joseph, leur faisant accroire que Joseph, qu'ils ne connaissaient pas encore pour leur frère, était un homme très-expert dans l'art de deviner, qui avait connu par la vertu de son art le vol qu'ils lui avaient fait. Gen. xljv. Ve 5. tous ces sentiments ont leurs défenseurs. Il est certain que les anciens avaient une sorte de divination par la coupe. Les Orientaux disent que l'ancien roi Giamschid, qui est le Salomon des Perses, et Alexandre le grand, avaient des coupes par le moyen desquelles ils connaissaient toutes les choses naturelles, et quelquefois même les surnaturelles. Les anciens parlent de certaines coupes divinatoires pleines de vin ou d'autres liqueurs, que l'on répandait en cérémonie du côté de l'anse, et dont on tirait des présages pour l'avenir.

Pline parle des divinations par le moyen des eaux et des bassins. Or voici de quelle manière on devinait par le gobelet : on y jetait de petites lames d'or ou d'argent, ou quelques pierres précieuses, sur lesquelles étaient gravés certains caractères, et après quelques invocations et cérémonies superstitieuses on consultait le démon ; il répondait en plusieurs façons : quelquefois par des sons articulés, quelquefois il faisait paraitre sur la superficie de l'eau les caractères qui étaient dans le gobelet, et formait sa réponse par leur arrangement ; quelquefois il traçait l'image de la personne au sujet de laquelle on l'avait interrogé. Voyez DIVINATION.

Nous ne prétendons nullement prouver que Joseph se soit servi de la coupe pour deviner. Il était certainement très-habîle dans la science de prédire l'avenir : mais ce n'était pas une science acquise, ni un art curieux et diabolique ; c'était une vertu surnaturelle que Dieu lui avait communiquée, et qui lui avait attiré cette haute considération où il était dans l'Egypte. Il n'est pas incroyable que les Egyptiens, et peut-être une partie de ses gens, le crussent vraiement magicien, et qu'ils en aient parlé suivant cette prévention ; mais il ne s'ensuit pas qu'il ait usé de la coupe pour deviner. Le texte hébreu, même de la Genèse, peut avoir un autre sens, n'est-ce pas la coupe dans laquelle mon seigneur bait, et qu'il cherche avec beaucoup de soin ? ou bien : n'est-ce pas la coupe dans laquelle mon seigneur bait, et par laquelle il vous a éprouvé ? Il Ve éprouver si vous êtes aussi reconnaissants que vous devez, des bontés qu'il a eues pour vous ; cette coupe servira à donner une preuve de votre ingratitude et de votre infidélité. Calmet, dict. de la Bible, tom. I. lettre C. pag. 471. (G)

COUPE, en Astronomie, constellation de l'hémisphère méridional, dont les étoiles sont au nombre de sept dans le catalogue de Ptolomée, de huit dans celui de Tycho, et de onze dans celui de Flamsteed.

COUPE, (Jurisprudence) mesure usitée pour les grains en certaines provinces : en Auvergne, par exemple, le septier de blé contient huit cartons, et le carton quatre coupes. Mais il y a trois mesures différentes dans cette province, savoir celle de Clermont, celle de S. Flour, et celle de Brivadais et Langhadais. V. les lettres patentes du mois de Septembre 1510, sur la réformation des poids et mesures d'Auvergne, qui sont à la suite du procès-verbal de rédaction des coutumes de cette province. (A)

COUPE, (Belles-lettres) on donne ce nom à l'arrangement des diverses parties qui composent un poème lyrique. C'est proprement le secret de l'art, et l'écueil ordinaire de presque tous les auteurs qui ont tenté de se montrer sur le théâtre de l'opéra.

Un poème lyrique parait fort peu de chose à la première inspection : une tragédie de ce genre n'est composée que de 600 ou 700 vers ; un ballet n'en a pour l'ordinaire que 500. Dans le meilleur de ces sortes d'ouvrages on voit tant de choses qui semblent communes ; la passion est si peu poussée dans les premiers, les détails sont si courts dans les autres ; quelques madrigaux dans les divertissements, un char qui porte une divinité, une baguette qui fait changer un désert en un palais magnifique, des danses amenées bien ou mal, des dénouements sans vraisemblance, une contexture en apparence seche, certains mots plus sonores que les autres, et qui reviennent toujours ; voilà à quoi l'on croit que se bornent la charpente et l'ensemble d'un opéra. On s'embarque, plein de cette erreur, sur cette mer, qu'on juge aussi tranquille que celles qu'on voit peintes à ce théâtre : on y vogue avec une réputation déjà commencée ou établie par d'autres ouvrages décidés d'un genre plus difficîle : mais à peine a-t-on quitté la rive, que les vents grondent, la mer s'agite, le vaisseau se brise ou échoue, et le pilote lui-même perd la tête et se noie. Voyez COUPER.

Le poète dans ces compositions ne tient que le second rang dans l'opinion commune. Lully a joui pendant la vie de Quinault, de toute la gloire des opéra qu'ils avaient fait en société. Il n'y a pas vingt ans qu'on s'est aperçu que ce poète était un génie rare ; et malgré cette découverte tardive, on dit encore plus communément : Armide est le chef-d'œuvre de Lully, que Armide est un des chefs-d'œuvre de Quinault. Comment se persuader qu'un genre pour lequel en général on ne s'est pas accoutumé encore à avoir de l'estime, est pourtant un genre difficîle ? Boileau affectait de dédaigner cette espèce d'ouvrages ; la comparaison qu'il faisait à la lecture d'une pièce de Racine avec un opéra de Quinault, l'amitié qu'il avait pour le premier, son antipathie contre le second, une sorte de sévérité de mœurs dont il faisait profession, tout cela nourrissait dans son esprit des préventions qui sont passées dans ses écrits, et dont tous les jeunes gens héritent au sortir du collège.

Si l'on doit juger cependant du mérite d'un genre par sa difficulté, et par les succès peu fréquents des plus beaux génies qui l'ont tenté, il en est peu dans la poésie qui doive avoir la préférence sur le lyrique. Aussi la bonne coupe théâtrale d'un poème de cette espèce, suppose seule dans son auteur plusieurs talents et un nombre infini de connaissances acquises, une étude profonde du goût du public, une adresse extrême à placer les contrastes, l'art moins commun encore d'amener les divertissements, de les varier, de les mettre en action ; de la justesse dans le dessein, une grande fécondité d'idées, des notions sur la peinture, sur la mécanique, la danse, et la perspective, et surtout un pressentiment très-rare des divers effets, talent qu'on ne trouve jamais que dans les hommes d'une imagination vive et d'un sentiment exquis ; toutes ces choses sont nécessaires pour bien couper un opéra : peut-être un jour s'en apercevra-t-on, et que cette découverte détruira enfin un préjugé injuste, qui a nui plus qu'on ne pense au progrès de l'art. Voyez OPERA. (B)

COUPE, (Sculpture) morceau de sculpture en manière de vase, moins haut que large, avec un pied qui sert à couronner quelque décoration.

COUPE, (Architec.) est l'inclination des joints des voussoirs d'un arc et des claveaux d'une plate-bande.

COUPE DE BATIMENT. Voyez PROFIL.

COUPE DE FONTAINE. Voyez FONTAINE.

COUPE DE BOIS. (Jurisprudence) Voyez BALIVEAUX, BOIS, UX-ET-FORETSRETS, TAILLIS, VENTE. (A)

COUPE, s. f. (Draperie) façon que l'on donne aux étoffes. Il y en a une d'endroit et une d'envers. Voyez DRAP.

COUPE, (Gravure) c'est, dans les principes de la Gravure en bois, la première et l'une des principales opérations où le coup de pointe est donné et enfoncé dans le bois avec la pointe à graver, en tirant la lame de gauche à droite appuyée devers soi sur le plan incliné du biseau du taillant de cet outil, afin de préparer le bois à l'endroit où cette coupe se fait, à pouvoir ensuite être enlevé par la recoupe à la deuxième opération de la gravure. Voyez dans les Planches de la gravure en bois la position de la main pour faire cette coupe. Voyez aussi RECOUPE, GRAVURE EN BOIS, etc. Voyez aussi, tant à l'article GRAVURE, qu'aux mots TAILLES, CONTRETAILLES, et ENTRETAILLES, les principes de cet art. Article de M. Papillon.

COUPE DES PIERRES, ou STEREOTOMIE, est une partie de l'Architecture qui enseigne à construire des voutes, en sorte qu'elles soient le plus durables qu'il est possible. Voyez STEREOTOMIE.

Cette science est entièrement fondée sur la géométrie, la Statique, la Dynamique, etc. ou plutôt est un composé de toutes ces différentes connaissances judicieusement ramenées à son objet.

L'idée qu'on a attachée au nom de coupe des pierres, n'est pas ce qui le présente d'abord à l'esprit ; ce mot ne signifie pas particulièrement l'ouvrage de l'artisan qui taille la pierre, mais la science du mathématicien qui le conduit dans le dessein qu'il a de former une voute ou un corps d'une certaine figure, par l'assemblage de plusieurs petites parties. Il faut en effet plus d'industrie qu'on ne pense, pour qu'elles soient faites de façon que quoique d'inégales figures et grandeurs, elles concourent chacune en particulier à former une surface régulière, ou régulièrement irrégulière, et qu'elles soient disposées de manière qu'elles se soutiennent en l'air en s'appuyant réciproquement les unes sur les autres, sans autre liaison que celle de leur propre pesanteur ; car les liaisons de mortier ou de ciment doivent toujours être comptées pour rien. Voyez VOUTE.

Ce n'est que dans ces derniers temps qu'on a écrit sur la coupe des pierres, du moins il ne nous reste point d'écrit des anciens sur cette matière. Philibert de Lorme, aumônier et architecte d'Henri II. est, dit-on, le premier qui en ait écrit, dans le traité d'Architecture qu'il publia en 1567 ; cette date n'est pas fort ancienne. Mathurin Jousse produisit quelques traits, dans son livre intitulé secrets d'Architecture, qu'il publia en 1642. Le P. Deran, l'année suivante, mit cet art dans toute son étendue pour les ouvriers. Bosse, la même année, donna un système tout différent qu'il tenait de Desargues, lequel ne fut pas gouté. M. de la Rue, en 1718, a redonné une partie des traits du P. Deran, avec quelques nouveaux. Tous ces auteurs s'en sont tenus à une simple pratique dénuée de démonstrations.

Enfin M. Frezier chevalier de l'ordre militaire de S. Louis, et ingénieur ordinaire du Roi en chef à Landau, a publié dernièrement un excellent ouvrage sur cette matière avec des démonstrations, en trois volumes in -4°. Plus de la moitié de son livre, qui est très-méthodique, traite des solides ; ce qui manque dans les éléments de Géométrie ordinaires. (D)

COUPE DES CHEVEUX, terme de Perruquier, qui signifie la dépouille d'une tête, ou tous les cheveux qu'un Perruquier a enlevé avec les ciseaux de dessus la tête d'une personne. On dit dans ce sens, une belle coupe de cheveux, pour signifier une dépouille de cheveux bien abondante ou d'une belle couleur.

Coupe de cheveux signifie aussi la manière de tailler et étager les cheveux. C'est dans ce sens qu'on dit, tel perruquier est habîle pour la coupe des cheveux.

COUPE D'HABITS, terme de Tailleur, qui signifie l'action de tailler tous les morceaux de l'étoffe qui doit entrer dans la composition d'un habit ou autre partie du vêtement qui est du ressort du tailleur : ainsi on dit, un tel tailleur a la coupe fort bonne, c'est-à-dire qu'il entend fort bien à tailler un habit.

Couper un habit, signifie tailler l'étoffe. Voyez TAILLER.




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