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Catégorie parente: Histoire
Catégorie : Antiquité
S. f. (Antiquité) ce mot vient de hostis, ennemi, à cause que, dans les premiers siècles de barbarie, on en sacrifiait avant la bataille, pour se rendre les dieux propices, ou après la victoire, pour les en remercier.

Les auteurs mettent de la différence entre les mots hostie, hostia, et victime, victima. Isidore dit que la victime servait pour les grands sacrifices, et l'hostie pour les moindres ; que la victime ne se prenait que du gros bétail, au lieu que l'hostie se tirait des troupeaux à laine : c'est à quoi Horace semble faire allusion dans l'ode 17. du liv. II. où il exhorte Mécène à s'acquitter de ses vœux pour le recouvrement de sa santé, et à sacrifier des victimes, tandis que de son côté il veut immoler un agneau :

.... Reddere victimas

Aedemque votivam memento,

Nos humilem feriemus agnam.

Isidore dit encore, qu'on appelait proprement hostie, l'animal que le général d'armée sacrifiait avant de combattre, mais que les victimes étaient des sacrifices qu'il offrait après la victoire : hostia ab hostire, frapper ; victima, à victis hostibus.

Aulu-Gelle ajoute cette distinction entre l'hostie et la victime, que l'hostie pouvait être sacrifiée indifféremment par toutes sortes de prêtres ; mais qu'il n'en était pas de même de la victime. Malgré ces différences que les puristes mettaient entre ces deux mots, plusieurs auteurs anciens les ont confondus dans leurs écrits, et les ont pris indistinctement l'un pour l'autre.

Il y avait en général de deux sortes d'hosties qu'on offrait aux dieux ; les unes par les entrailles desquelles on cherchait à connaître leur volonté, et les autres dont on se contentait de leur offrir l'âme, qui par cette raison étaient appelées des hosties animales, hostiae animales. Virgile a parlé de ces deux hosties. Aenéide, liv. IV. Ve 63 et 64. et liv. V. Ve 483. et 484.

Ces deux sortes d'hosties recevaient des noms différents, suivant les motifs des sacrifices, la qualité, l'âge des animaux qu'on immolait, les circonstances de temps, et cent autres combinaisons pareilles.

Les Romains nommaient hosties pures, hostiae purae, des agneaux ou de petits cochons de dix jours, comme nous l'apprenons de Festus.

Les hosties biennales, hostiae bidentes, étaient celles des animaux de deux ans, âge ordinaire destiné pour leur sacrifice, et celui auquel ils ont deux dents plus élevées que les six autres ; ainsi bidentes est la même chose que biennes.

On entendait par hosties précidanées, hostiae praecidaneae, celles qu'on immolait la veille des fêtes solennelles ; mais Aulu-Gelle, Festus et Varron appellent truie précidanée, porca praecidanea, celle que sacrifiaient à Cérès par forme d'expiation, avant la moisson, ceux qui n'avaient pas rendu les derniers devoirs à quelqu'un de leur famille, ou qui n'avaient pas purifié le logis d'un mort.

Les hosties indomtées, hostiae injuges, désignaient celles qui n'avaient jamais été sous le joug ; Virgile dit la chose plus noblement, intactâ totidem cervice juvencae.

Les hosties d'élite, hostiae lectae, eximiae, marquaient les plus belles bêtes d'un troupeau qu'on séparait du reste pour le sacrifice.

Les hosties succidanées ou successives, hostiae succidaneae, signifiaient celles qu'on immolait consécutivement après d'autres pour réitération du sacrifice, lorsque le premier n'avait point été favorable, ou qu'on avait manqué à quelque cérémonie essentielle ; Paul Emîle fit un pareil sacrifice étant sur le point de livrer bataille à Persée, roi de Macédoine.

On appelait hosties cancares ou caviares, des victimes qu'on immolait de cinq en cinq ans pour le collège des pontifes, c'est-à-dire, qu'on en présentait la partie de la queue nommée caviar.

Les hosties ambarvales, hostiae ambarvales, voulaient dire celles qu'on sacrifiait, après les avoir promenées autour des champs, dans une procession qu'on faisait pour la conservation des biens de la terre.

Elles se distinguaient des hosties amburbiales, qui caractérisaient celles qu'on menait autour des limites de la ville de Rome.

Les hosties d'holocauste, hostiae prodicae, tiraient ce nom de ce qu'elles étaient toutes consumées par le feu, sans qu'il en restât rien pour les sacrificateurs, ou pour le peuple. Voyez HOLOCAUSTE.

On conçoit bien que les hosties des particuliers, dites expiatoires, hostiae piaculares, s'immolaient aux dieux, pour se purifier d'un crime, ou de quelque mauvaise action. Ce moyen commode de tranquilliser sa conscience, s'est glissé sous toutes sortes de faces dans la plupart des religions du monde.

Les hosties ambiégnes, hostiae ambiegnae, dénotaient les brebis ou vaches qui avaient eu deux agneaux ou deux veaux d'une portée, et qu'on sacrifiait à Junon avec leurs petits.

Les victimes noires, qu'on immolait en plein midi, s'appelaient hostiae mediales ; et celles dont les aruspices examinaient les entrailles pour en tirer des présages, se nommaient hostiae harugae.

Ce n'est-là qu'une liste des principaux noms d'hosties qu'on trouve le plus fréquemment dans les auteurs latins ; et sans cette considération, je l'aurais entièrement supprimée, car on se prête avec peine à entendre des mots qui n'offrent à l'esprit que des puérilités ou des extravagances. (D.J.)

HOSTIE, (Théologie) se dit de la personne du Verbe incarné, qui a été immolé comme une hostie en sacrifice à son père sur l'arbre de la croix pour les péchés des hommes.

Hostie se dit aussi, dans l'Eglise, du corps de N. S. Jesus-Christ renfermé sous les espèces du pain et du vin, que l'on offre tous les jours comme une nouvelle hostie dans le sacrifice de la messe. Voyez MESSE.

C'est le pape Grégoire IX. qui ordonna qu'on sonnerait une cloche pour avertir le peuple d'adorer l'hostie. Voyez ADORATION.

Le saint-ciboire est le vaisseau où l'on garde les hosties ; c'est une espèce de grand calice couvert. Voyez CALICE et CIBOIRE. Dict. de Trév. (G)




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