S. f. (Grammaire et Jurisprudence) est le crime que commettent ceux qui trafiquent des choses sacrées ou bénéfices, comme en vendant les sacrements, la nomination et collation des bénéfices, l'entrée en religion.

Ce crime a été ainsi nommé de Simon le magicien, dont il est parlé dans les actes des apôtres, qui voulut acheter avec de l'argent la puissance de faire des miracles.

La simonie est mentale, conventionnelle ou réelle.

La première est celle qui est demeurée dans les bornes d'une simple pensée.

La seconde est celle qui a été convenue, sans être suivie de payement.

La troisième est celle où le payement a suivi la convention, soit qu'il ait précédé, ou suivi ou accompagné la concession du bénéfice ou autre chose spirituelle.

La simonie réelle se commet aussi à manu, ab obsequio, et à linguâ ; à manu, soit en donnant de l'argent ou autre chose temporelle, ou en remettant une dette ; ab obsequio, en rendant des services temporels au collateur pour avoir un bénéfice ; à linguâ : par la flatterie, la faveur et la recommandation.

Quoiqu'il soit défendu en général de rien exiger pour l'administration des sacrements et autres choses spirituelles, et pour la collation des bénéfices, néanmoins des lois ecclésiastiques et civiles autorisent les ministres de l'Eglise à recevoir pour leur subsistance certaines rétributions pour les messes, pour les mariages, sépultures, pour les provisions des bénéfices, etc.

Il est ainsi permis à certaines communautés qui ne sont pas suffisamment fondées de recevoir des dots pour l'entrée en religion. Voyez DOT et RELIGIEUX.

La simonie se couvre de tant de détours, qu'il est souvent difficile de la prouver, d'autant même que l'on n'en admet pas la preuve par témoins, à-moins qu'il n'y en ait un commencement de preuve par écrit, mais elle n'en est pas moins criminelle.

Les conciles et les papes se sont toujours élevés contre les simoniaques ; le chap. cum detestabile les déclare excommuniés ipso facto, de quelque qualité qu'ils soient, et tous ceux qui y ont eu part.

Ceux qui ont été ordonnés par simonie, sont déclarés suspens et interdits.

Les provisions des bénéfices obtenues par cette voie, sont nulles de plein droit ; mais il n'y a que la simonie conventionnelle ou réelle à manu, qui donne lieu au dévolut.

Les simoniaques ne peuvent point s'aider de la possession triennale.

Les juges d'église connaissent de la simonie commise par les ecclésiastiques, mais les juges royaux sont seuls compétens pour procéder contre les laïques qui se trouvent coupables et participans de ce crime ; de sorte que s'il s'en trouve quelques-uns d'impliqués avec des ecclésiastiques, l'official doit les renvoyer devant le juge royal, autrement il y aurait abus.

Les juges royaux peuvent néanmoins connaitre de la simonie commise par un ecclésiastique, incidemment à une complainte.

Il n'y a que le pape qui puisse dispenser de la simonie volontaire ; mais l'évêque peut dispenser de celle qui a été commise à l'insu du pourvu, après néanmoins que celui-ci a donné la démission pure et simple entre les mains de l'évêque.

Quand la simonie est occulte, il faut se pourvoir à la pénitencerie de Rome ou par-devers l'évêque ; mais quand elle est volontaire et notoire, il faut se pourvoir à la daterie de Rome.

La dispense doit être adressée à l'évêque du lieu où est le bénéfice.

Quant aux fruits perçus, le confesseur en peut faire remise en tout ou partie, selon la dispense et la pauvreté du bénéficier.

Si celui-ci a ignoré la simonie commise par un tiers, sa desserte et sa bonne foi peuvent l'exempter de la restitution, au-moins de la plus grande partie.

Mais dans quelque cas que ce sait, le pourvu par simonie doit faire une démission pure et simple entre les mains du collateur ordinaire, sauf à obtenir de nouvelles provisions, si le collateur juge à propos de lui en accorder.

On dit communément que la confidence est la fille de la simonie. Voyez CONFIDENCE. Voyez aux decrétales le titre de simon. le traité de M. de Launoy, van Espen, Pontas, de Ste Beuve, d'Héricourt, Feuvret, de la Combe, et les mots DOT, PENSION, PERMUTATION, HONORAIRES. (A)