Français

GALANTERIE, (Langue française) ce ne sont point-là deux synonymes.

La galanterie est l'enfant du désir de plaire, sans un attachement fixe qui ait sa source dans le cœur. L'amour est le charme d'aimer et d'être aimé.

La galanterie est l'usage de certains plaisirs qu'on cherche par intervalles, qu'on varie par dégoût et par inconstance. Dans l'amour la continuité du sentiment en augmente la volupté, et souvent son plaisir s'éteint dans les plaisirs mêmes.

La galanterie devant son origine au tempérament et à la complexion, finit seulement quand l'âge vient en tarir la source. L'amour brise en tout temps ses chaînes par l'effort d'une raison puissante, par le caprice d'un dépit soutenu, ou bien encore par l'absence ; alors il s'évanouit comme on voit le feu matériel s'éteindre.

FAUSSE, (Langue française) la fausse délicatesse, dans les actions libres, dans les mœurs ou dans la conduite, n'est pas ainsi nommée pour être feinte ; mais parce qu'elle s'exerce sur des choses et en des occasions qui n'en exigent point. La fausse délicatesse de goût et de complexion, n'est telle au contraire que parce qu'elle est feinte ou affectée. C'est Emilie qui crie de toute sa force sur un petit péril qui ne lui fait pas de peur. C'est une autre qui par mignardise pâlit à la vue d'une souris, ou qui veut aimer les violettes, et s'évanouir aux tubéreuses. La Bruyere. (D.J.)
S. m. (Langue française) Ce terme est fort commun dans nos anciens auteurs français. Villehardouin, pag. 102. " Et ils respondirent que il nel paient faire par le commun de l'ost non, et cil en parleraient à cils de l'ost ". Nos anciennes coutumes se servent de ce terme ; elles font mention du service de l'ost, que le vassal doit en armes et chevaux, selon la condition de son fief, dit Ragueau. On ne peut pas douter que nos pères n'aient fait ost du latin hostis, dont les auteurs de la basse latinité se sont servi pour exprimer une armée. Ainsi on lit dans Grégoire de Tours, lib. II. Quo consilio accepto, hostem patriae redire jubet ad propria. Et dans le ch. xxxvij. du même livre, sed quoniam pars hostium per territorium Turonicum transibat.
S. m. (Langue française) vieux mot qui signifie patron, modèle ; sur quoi Nicod dit que, paragon est une chose si excellemment parfaite, qu'elle est comme une idée, un sep, et estelon à toutes les autres de son espèce, et lesquelles on rapporte et compare à lui, pour savoir à quel degré de perfection elles atteignent. Paragon de chevalerie, de prud-homme, de savoir, et en ce, poursuit-il, qui le voudrait extraire de des Grecs, qui signifie admener, acconduire, ce ne serait pas hors de propos. Ainsi paragoner veut dire comparer, mettre en parallèle ; mais depuis Nicod on a dit parangonner, et parangon ; ces deux mots se disaient encore du temps d'Ablancourt ; enfin ils sont tombés d'usage, et parangon ne se dit aujourd'hui qu'en style de Lapidaire des pierres précieuses excellentes ; ils disent un diamant parangon, un rubis parangon, une perle parangon. (D.J.)