(Langue française) ce mot signifie en général perquisition ; mais il ne se dit pas indifféremment de toutes choses. Ce ne serait pas parler correctement que de dire, faire la recherche d'une chose perdue ; cependant on dit faire la recherche de l'auteur d'un meurtre, des secrets de la nature, etc.

On dit aussi faire la recherche d'une fille, pour dire la faire demander en mariage.

On ne dirait pas dans le propre, la recherche des perles, la recherche des trésors que la terre et la mer renferment dans leurs abimes ; mais on dirait bien au figuré, la recherche des biens de la terre et la recherche des trésors.

Quand on dit d'une chose égarée, quelque recherche que j'en aie faite, je n'ai pu en rien apprendre, alors recherche se prend au figuré, et c'est comme si l'on disait, quelque soin que j'aie pris pour en apprendre des nouvelles.

Non-seulement on ne dit pas recherche au propre à l'égard d'une chose perdue, mais on ne dit pas même rechercher, à-moins que par ce verbe on n'entende chercher une seconde fois ; par exemple, on n'a pas bien cherché par-tout, il faut rechercher.

Recherche se dit en termes de Jurisprudence pour enquête ; la recherche des faux-monnoyeurs, des faux-nobles.

Enfin recherche se dit au figuré des choses curieusement recherchées. Un livre plein de belles recherches. Les Anglais sont les hommes qui dans les sciences font les recherches les plus profondes. (D.J.)

RECHERCHE, (Jurisprudence) signifie perquisition, et quelquefois poursuite.

Recherche d'une personne pour crime, c'est lorsque la justice poursuit quelqu'un prévenu de quelque délit.

Recherche de la noblesse, c'est lorsque le roi commet des juges pour faire des perquisitions contre ceux qui usurpent le titre de noble.

Recherche de procès, et instance en la répétition que l'on en fait contre ceux qui en sont chargés. Voyez JUGES, AVOCATS, PROCUREURS.

Recherche d'un acte est la perquisition que l'on en fait dans un greffe ou dans l'étude d'un notaire, lorsque l'on ne sait pas au juste la date de cet acte, on paye en ce cas un droit de recherche, c'est-à-dire pour la recherche. (A)

RECHERCHES PERPETUELLES, (Jurisprudence romaine) c'était des perquisitions que le sénat ordonnait de faire suivant les conjonctures pour les crimes capitaux et d'état ; ces perquisitions et le jugement en était commis par le peuple à des magistrats particuliers, à des préteurs, qu'on nommait questeurs du parricide.

Les perquisitions ou recherches qu'ils faisaient à cette occasion furent appelées quaestiones perpetuae, soit parce qu'elles avaient une forme prescrite qui était certaine et invariable, en sorte qu'elles n'avaient pas besoin d'une nouvelle loi comme autrefois, soit parce que les préteurs faisaient ces recherches perpétuellement et durant toute l'année de leur exercice, et que le peuple, comme ci-devant, ne nommait plus des édiles pour faire ces sortes d'informations.

L'objet des premières recherches perpétuelles furent les concussions, les crimes d'ambition, ceux d'état et de péculat. Sylla y joignit le crime de faux, ce qui renfermait le crime de fabrication de fausse monnaie, le parricide, l'assassinat, l'empoisonnement, on y ajouta encore comme une suite la prévarication des juges et les violences publiques et particulières. Cependant le peuple et même le sénat connaissaient quelquefois par extraordinaire de ces crimes, et nommaient des commissaires pour informer ; ainsi qu'il arriva dans le procès de Silanus, accusé de concussion dans l'affaire de Milon, touchant le meurtre de Clodius, et dans celle de ce Clodius même qui avait profané le culte de la bonne déesse. On ordonnait alors une information de pollutis sacris, surtout lorsqu'il s'agissait d'une vestale accusée d'avoir eu commerce avec un homme, et d'autres crimes semblables ; à l'égard de l'assassinat, le peuple faisait le procès aux coupables dans des comices assemblés par centuries.

Lorsque le sénat avait ordonné les recherches ou informations, les préteurs tiraient entr'eux au sort le procès qui devait leur échoir, car les comices ne fixaient point l'attribution des causes. Quelquefois les deux préteurs travaillaient au même procès, surtout quand il s'agissait d'un grand nombre de complices. Quelquefois un seul préteur connaissait de deux affaires. Le préteur étranger connut pendant un certain temps du crime de concussion ; et même le préteur de la ville, par un decret du sénat, informait sur les affaires de l'état : cependant cela est douteux, puisque Verrès contrevint aux lais, lorsque dans sa préture il voulut juger d'un crime d'état. Enfin on vit quelquefois les deux préteurs joints ensemble pour juger de la même affaire. (D.J.)

RECHERCHE, en Musique, c'est une espèce de prélude ou de fantaisie sur l'orgue ou sur le clavecin, dans laquelle le musicien affecte de rechercher et de rassembler les principaux traits d'harmonie et de chant qui viennent d'être exécutés, ou qui vont l'être dans un concert. Cela se fait ordinairement sur le champ et sans préparation, et demande par conséquent beaucoup d'habileté.

Les Italiens appellent encore recherches ou cadences ces arbitrii ou points d'orgue que le chanteur se donne la liberté de faire sur une des notes de sa partie, parcourant toutes les cordes du mode, et même en sortant quelquefois, selon les idées de son génie et les routes de son gosier, tandis que tout l'accompagnement s'arrête jusqu'à ce qu'il lui plaise de finir. Voyez BRODERIE. (S)

RECHERCHE DES EAUX, (Hydraulique) se fait ordinairement dans les mois d'Aout, de Septembre et d'Octobre ; la terre alors déchargée de toutes ses humidités est plus seche, et toute l'eau qui s'y trouve peut s'appeler source.

Sans s'arrêter à tous les moyens indiqués par les auteurs pour découvrir les sources, on dira que l'aspect du terrain, la situation du lieu et la nature des terres sont les trois choses essentielles qu'il faut consulter.

Un praticien qui voit une terre couverte de plantes aquatiques, telles que des roseaux, des cressons, des baumes sauvages, vitex, lierres terrestres, argentines, joncs, queues de renard, connait aisément qu'il y a de l'eau, et juge de sa profondeur jusqu'au lit de glaise qui la retient et qui se découvre souvent à mi-côte. On suppose que ces herbes y croissent naturellement, et que ce ne sont point des marais ou des eaux sauvages.

La situation du lieu s'entend de sa disposition avantageuse pour les eaux, tel que serait un terrain à mi-côte couvert de verdure, dont la pente peu considérable serait d'une vaste étendue, si ce terrain est l'égoût naturel d'une hauteur plus élevée, le sommet poussera les glaises à mi-côte, et les découvrira à la vue.

La nature des terres doit encore être examinée, leur couleur blanchâtre ou verdâtre, telle que celle des glaises, annonce surement de l'eau qui les a fait changer de nature, et les a, pour ainsi dire, engraissées : les terres franches, le gravier, la pierre rouge sont les meilleurs terrains pour la durée d'une source, parce qu'elle se tient en réserve dans ces sortes de terre, et fournit plus longtemps que sur un lit de glaise, qui souvent glisse et change de place avec elle. (K)

RECHERCHE DE COUVERTURE, terme de Couvreur ; c'est la réparation d'une couverture où l'on met quelques tuiles ou ardoises à la place de celles qui manquent, et la réfection des tuilées, solins, arestiers et autres plâtres.

RECHERCHE DE PAVE, (Maçonnerie) c'est raccommoder les flasques, et mettre des pavés neufs à la place de ceux qui sont brisés. (D.J.)