v. neut. (Grammaire) c'est rendre de la sueur, voyez l'article SUEUR. Il se dit aussi métaphysiquement des murailles et de leur humidité. Les murs suent. Voyez les articles suivants.

SUER, (Jardinage) se dit des blés, des foins ; c'est un reste d'humeur qui est en-dedans du blé et du foin, et qui n'ayant pas encore perdu sa chaleur, en sort et jette cette humeur en s'évaporant.

SUER, v. a. (Fabriq. de Tabac) pour faire suer les feuilles de tabac, on choisit un grenier sec où il y ait de l'air. Là au sortir de la pente, c'est-à-dire, après qu'elles ont seché pendues à des cordes, on en fait un lit sur le plancher de la longueur qu'on veut, sur la largeur de deux longueurs de feuilles. La manière de les y placer est pointe contre pointe ou tête contre tête, en couvrant le premier lit de nouvelles feuilles, jusqu'à ce que le monceau ait environ trois pieds de hauteur. En cet état, les feuilles s'échauffent et suent naturellement ; après un certain degré de chaleur, on défait le tas, et on retourne les feuilles qu'on arrange comme la première fois : lorsque le temps est convenable, la sueur s'acheve en quinze jours ; si elle tarde, on couvre les feuilles de planches, et on les charge de quelques pierres. Labat Voyag. (D.J.)