(Grammaire) espace ou terrain bas, renfermé entre des montagnes, ce que nous entendons aujourd'hui par vallée ; car val n'est plus d'usage.

VAL, s. m. (Poids étranger) petits poids, dont on se sert dans les Indes orientales pour peser les piastres ou réales de huit. Chaque réale doit être du poids de 73 vals ; autrement celui qui les vend, doit en suppléer le prix. (D.J.)

VAL-AVERSA, (Géographie moderne) juridiction du pays des Grisons, dans la ligue de la Maison-Dieu, et l'une des dépendances de la communauté de Stallen. Cette vallée est située au pied du mont Septimer, dans un lieu rude et sauvage. On y compte sept paroisses. Les habitants ont eu des seigneurs particuliers, vassaux de l'évêque de Coire ; mais ils ont acheté leur liberté depuis longtemps ; et c'est une acquisition qu'on ne peut trop payer.

VAL - GNA, ou VAL - BREUNA, (Géographie moderne) bailliage d'Italie, dans la dépendance des petits cantons de la Suisse ; ce bailliage n'est qu'une vallée qui contient un petit nombre de villages et quelques mines de cuivre et de plomb. Le nom de Val-Breuna, en allemand Breuner Thal, lui vient des Breunes, ancien peuple dont Pline fait mention entre les Alpes ; ce nom vient de la rivière Breuna qui arrose la vallée. (D.J.)

VAL DE GRACE, (Histoire ecclésiastique) abbaye de bénédictines, au fauxbourg S. Jacques, fondée au viij. siècle, réformée en 1618, et transférée en 1621 de la paraisse de Biron-le-châtel, située à trois lieues de Paris, dans la capitale par Anne d'Autriche. L'église qui est belle est de Gabriel Leduc ; elle est remarquable par son dôme et par le baldaquin élégant du maître autel. Mignard a peint le dôme ; Moliere a chanté ce morceau de peinture. Le morceau de peinture et le poème sont des ouvrages médiocres, l'un d'un grand poète, l'autre d'un peintre ordinaire.

VAL-DES-CHOUX, (Théologie) prieuré dans le diocèse de Langres, à 4 lieues de Chatillon, situé dans une affreuse solitude. C'est un chef-d'ordre, mais peu considérable, et qui n'est qu'une branche de celui de S. Benait. On dit dans le pays qu'il doit son origine à un certain frere Wiard ou Viard, convers de la chartreuse de Lugny, qui ne trouvant pas l'ordre des chartreux assez austère, se retira dans cette solitude, et y assembla des disciples. Ce qui peut confirmer cette tradition, c'est que les religieux du Val-des-choux avaient l'habit des chartreux dans le commencement de leur institut, et qu'ils portent encore aujourd'hui l'habit blanc : mais ils y ont changé quelque chose. Ils prennent un chaperon, au-lieu du capuchon, qui tenait autrefois à la cucule ou scapulaire.

L'auteur du supplément de Morery, de qui nous empruntons cet article, remarque que cette tradition est insoutenable, et il le prouve entr'autres raisons : 1°. parce que Jacques de Vitri, auteur contemporain, dit que les moines du Val-des-choux suivaient les usages des citeaux et non ceux des chartreux : 2°. parce que le premier prieur du Val-des-choux ne fut point le frere Wiard, mais un nommé Gui, qui eut pour successeur Humbert, ainsi que le porte cette inscription de leur tombeau qu'on voit encore dans l'église de ce monastère.

Hic duo sunt fratres, caput ordinis, et prothopatres,

Guido et Humbertus : sit Christus utrisque misertus.

3°. parce qu'une autre inscription qu'on lit dans la même église, montre que le frere Wiard ne se retira au Val-des-choux qu'environ 100 ans après la fondation du monastère l'an 1293, anno Domini M. CC. XCIII. quarto nonas Novembris intravit frater Wiardus in chorum Vallis-caulium. On convient cependant que le premier prieur du Val-des-choux est venu de la chartreuse de Lugny : les constitutions le disent positivement. Voyez le supplément au diction. de Morery.

VAL-DES-ECOLIERS, (Théologie) abbaye dans le diocèse de Langres, et autrefois chef-d'ordre d'une congrégation de chanoines réguliers sous la règle de S. Augustin vers l'an 1212. Guillaume Richard et quelques autres docteurs de Paris, persuadés de la vanité des choses du monde, se retirèrent dans cette solitude avec permission de l'évêque diocésain, ils y furent bientôt suivis de grand nombre d'écoliers de la même université ; et c'est de-là que leur solitude prit le nom de Val-des-écoliers. Leur établissement s'augmenta avec tant de succès, que, suivant la chronique d'Alberic, en moins de vingt ans, ils eurent seize maisons. Saint Louis fonda celle de Ste Catherine à Paris, et en établit d'autres en France et dans les Pays-bas. Clément Cornuot, prieur général de cette congrégation, obtint du pape Paul III. la dignité d'abbé pour lui et pour ses successeurs. Depuis l'an 1653, cet institut a été uni à la congrégation des chanoines réguliers de Ste Génevieve de France. Albéric, in chron. Ste Marthe, t. IV. Gall. Christ. Du Molinet, description des habits des chanoines réguliers.

Le continuateur de Morery dit que le premier endroit que les fondateurs du Val-des-écoliers choisirent pour leur demeure, était si inaccessible par les bois et les rochers qui l'environnaient, qu'on fut obligé, trente ans après, de transporter l'habitation à une demi-lieue du premier monastère, dans un lieu encore fort solitaire, mais moins desagréable. On y transféra les ossements de ceux qui étaient déjà morts, et surtout des quatre fondateurs, qui sont sous une belle tombe au milieu du chœur, sur laquelle on lit ces quatre vers :

Gallia nos genuit, docuit Sorbona, recepit

Hospitio praesul, pavit eremus inops.

Justa pius solvit Christo, quem ereximus ordo,

Ossa que jam Vallis nostra scolaris habet.

Les PP. DD. Martenne et Durand, bénédictins, ont fait imprimer les premières constitutions de ce monastère, qui sont également instructives et édifiantes, dans leur voyage littéraire, tome I. part. I. et supplém. de Morery.

VAL-MADIA ou VAL-MAGIA, (Géographie moderne) par les Allemands Mayn - Thal ; petit bailliage d'Italie, dans la dépendance des douze anciens cantons suisses. Ce bailliage n'est qu'une longue vallée étroite, serrée entre de hautes montagnes, et arrosée dans sa longueur par une rivière de même nom, et qui de-là coule à Locarno. (D.J.)

VAL-OMBROSA, (Géographie moderne) monastère, chef d'ordre d'Italie, dans la Toscane, aux montagnes de l'Apennin, fondée dans le xj. siècle par S. Gualbert. (D.J.)

VAL-TELLINE, (Géographie moderne) les écrivains latins du moyen âge l'appellent Vallis-Telina, et nomment les habitants Voltureni. Les Allemands ont corrompu le nom de Vallis-Telina en celui de Veltlyn.

Seigneurie des Grisons, à l'entrée de l'Italie, au pied des Alpes, près du comté de Bormio. La vallée qui compose cette seigneurie est fort longue, mais d'une largeur très-inégale. L'Adda la traverse et la partage en deux parties. Elle est divisée en trois tiers, qui forment cinq petits bailliages. Le premier tiers a Tirano pour capitale ; le second tiers a Sondrio ; et le troisième qui est partagé en deux gouvernements, a Trahona et Morbegno. Le territoire de Teglio fait un gouvernement à part.

Les cinq gouvernements de cette vallée ont chacun leur conseil et leurs chefs, qui sont élus par toute la communauté. Ils ont aussi leurs officiers militaires, leurs syndics qui veillent à l'observation des loix, et leurs consuls de justice qui ont soin des orphelins. On fait des assemblées générales pour les affaires qui regardent tous les habitants ; ces assemblées se tiennent à Sondrio.

Plusieurs puissances ont tenté tour-à-tour de s'emparer de cette petite province au commencement du dernier siècle, lorsqu'elle appartenait aux ligues Grises réformées. On vit en 1620 éclore le projet de massacrer tous les protestants du pays. On en égorgea environ cinq cent, et ce fut le fruit des intrigues de la maison d'Autriche. Elle s'empara des comtés de Bormio et de Chiavenne, d'où elle chassa les protestants. Les Espagnols voulaient joindre la Val-Telline au Milanez. Le pape Urbain VIII. avait obtenu qu'on la séquestrât entre ses mains, et ne désespérait pas de la garder. La France jalouse affranchit ce pays de l'invasion autrichienne ; mais les ministres autrichiens engagèrent finalement les Grisons à s'allier avec l'empereur sous des conditions favorables. La capitulation fut conclue à Milan en 1639, et la religion protestante a été bannie du pays.

François I. roi de France, s'étant mis en possession du duché de Milan en 1516, céda aux Grisons la conquête qu'ils avaient faite de la Val-Telline, et des comtés de Chiavenne et de Bormio ; cependant quoique ce pays soit beaucoup meilleur que celui qu'ils habitent, ils n'ont point voulu s'y établir. Ils préfèrent le séjour de leur première patrie aux beautés d'une terre étrangère, et l'amour de la liberté les porte à croire qu'ils sont plus en sûreté dans leurs montagnes, dont aucune puissance ne tentera jamais de les débusquer. (D.J.)

VAL-VERD, (Histoire ecclésiastique) monastère de chanoines réguliers. Ce ne fut d'abord qu'un hermitage, où Jean de Bosco, descendu des anciens ducs de Brabant, se retira au commencement du xiv. siècle. L'hermitage fut successivement habité par deux ou trois hermites, et continua d'être pauvre jusqu'à ce qu'il eut une chapelle, une maison, des revenus, un habit, une règle, et devint chef de maison. Alors il s'unit avec d'autres, et perdit son nom.