S. m. (Grammaire) système de règles auxquelles une société d'hommes consent de s'assujettir : tous les ordres religieux ont leur institut.

INSTITUT de Boulogne, (Histoire moderne) académie établie à Boulogne en Italie en 1712 pour les Sciences et les Arts, par les soins et la libéralité du comte Louis Ferdinand de Marsigli, noble boulonnais, et sous la protection du pape Clément XI. Le premier ayant ramassé un très-grand nombre de raretés, tant naturelles qu'artificielles, offrit ce trésor au sénat de Boulogne qui l'accepta et le plaça dans le palais Celeri, qui fut acheté pour le renfermer ; et afin que, suivant les intentions du comte de Marsigli, ce riche fonds put être utile à tous ceux qui aiment les Sciences et les Arts, et servir à se perfectionner dans l'étude des uns et des autres, il fut conclu que l'on formerait une société littéraire qui s'assemblerait à certains jours pour se communiquer ses lumières ; que chaque faculté aurait dans le palais Celeri sa chambre et ses professeurs particuliers ; que l'on distribuerait dans chaque chambre les capitaux ou assortiments convenables aux Sciences et aux Arts qui y seraient placés, et qu'on y construirait un observatoire commode avec tous les instruments nécessaires pour les observations astronomiques. Il fut aussi arrêté que cet institut aurait ses lois propres, émanées de l'autorité du sénat, et qu'à la porte du lieu de ses assemblées, outre les armes du pape Clément XI, on mettrait cette inscription latine : Bononiense Scientiarum et Artium institutum, ad publicum totius orbis usum. Ce projet fut exécuté, et le sénat unit à ce nouvel institut l'académie précédemment établie à Boulogne, sous le nom de l'académie des philosophes inquiets, c'est-à-dire destinés à travailler sans relâche à la perfection des Arts et des Sciences. Mais dans cette réunion l'académie quitta son ancien nom pour prendre celui d'académie du nouvel institut des Sciences. Les membres qui la composent sont partagés en quatre classes : la première est des ordinaires, c'est-à-dire de ceux qui selon les lois de l'académie, s'exerçent, travaillent, raisonnent dans les conférences, soit publiques, soit particulières : la seconde classe comprend les honoraires, ou ceux qui sans aucune charge et sans aucun travail, jouissent néanmoins de tous les avantages et de tous les honneurs de la société : la troisième est des numéraires, destinés à remplacer les ordinaires dans les emplois qui viennent à vaquer : la quatrième est celle des élèves ou des jeunes gens que les ordinaires ont sous eux pour les former. Les matières philosophiques qui se traitent dans l'académie sont partagées en six classes ; savoir la Physique, les Mathématiques, la Médecine, l'Anatomie, la Chimie, et l'Histoire naturelle. Il y a pour chacune un professeur et un substitut, outre un président, un bibliothéquaire, et un secrétaire pour tout le corps académique. L'institut et l'académie ont néanmoins chacun leurs lois et leurs règlements particuliers, et tout à fait distincts les uns des autres, mais tendant tous au même but. L'ouverture de l'institut de Boulogne se fit le 13 de Mars 1714 ; la cérémonie en fut magnifique et accompagnée de plusieurs discours très-éloquents sur l'utilité de cet établissement, et sur celle des différentes sciences qu'il se proposait pour objet. Quelques années après, on jugea à propos d'unir au nouvel institut l'académie clémentine des beaux Arts érigée à Boulogne en 1712, sous le nom et la protection du pape Clément XI, et qui a pour objet la Peinture, la Sculpture, et l'Architecture. Moréri.