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Catégorie : Morale
S. m. (Morale) l'entêtement est une forte attache à son sentiment, qui rend insensible aux raisons de ceux qui veulent nous persuader le contraire.

L'entêtement nait de l'orgueil, c'est-à-dire de la trop bonne opinion que l'on a de soi-même, ou d'un défaut de capacité dans l'esprit, quelquefois aussi d'une dialectique vicieuse. Un entêté est toujours prévenu en sa faveur, et en garde contre les opinions des autres ; il ne cherche qu'à éluder la force des meilleures raisons, par des distinctions frivoles et de mauvais subterfuges. Il croirait se déshonorer, s'il se relâchait de ses sentiments. Il n'envisage les oppositions qu'il éprouve en les soutenant, que comme des effets d'un mauvais vouloir qu'on a contre lui. L'entêtement dans un homme du monde passe pour une grossiereté qui le fait mépriser ; c'est un vice opposé aux qualités sociales. Dans un homme en place, l'entêtement rend son gouvernement tyrannique et devient la source de mille injustices. Un dévot prend son entêtement pour du zèle : il regarde ceux qui sont opposés à son sentiment, comme les ennemis de la religion, il les hait et les persécute.

Il ne faut pas confondre la fermeté avec l'entêtement, l'homme ferme soutient et exécute avec vigueur ce qu'il croit vrai et conforme à son devoir, après avoir murement pesé les raisons pour et contre. L'entêté n'examine rien, son opinion fait sa loi.

L'opiniâtreté ne diffère de l'entêtement, que du plus au moins. On peut réduire un entêté en flattant son amour propre, jamais un opiniâtre, il est inflexible et arrêté dans ses sentiments. L'hérésie est un attachement opiniâtre à son sentiment.

D'où il résulte, que l'entêtement comme l'opiniâtreté, sont des vices du cœur ou de l'esprit, quelquefois aussi d'une mauvaise méthode de raisonner.

La manière artificielle de raisonner que l'on a introduite dans l'école a perverti le sens de la raison. On peut l'appeler la chicane du raisonnement, elle n'a servi qu'à perpétuer les disputes et à faire des entêtés. La forme de ses raisonnements diverge les rayons de la lumière naturelle, qui saisit plus promptement et plus surement la vérité, lorsque ses rayons sont réunis sous un seul point de vue. Article de M. MILLOT, curé de Laisey, diocèse de Toul.



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