Droit naturel

S. m. (Droit naturel) conduite qui nous attire le juste blâme des autres membres de la société ; c'est la qualité opposée au mérite. Voyez ce mot. C'est-là que, pour éviter les répétitions, nous parlerons du mérite et du démérite des actions des hommes, relativement à la société. Article de M. le Chevalier DE JAUCOURT.
S. m. (Droit naturel, Religion, Morale) en latin officium. Le devoir est une action humaine exactement conforme aux lois qui nous en imposent l'obligation.

On peut considérer l'homme, ou comme créature de Dieu, ou comme doué par son Créateur de certaines facultés, tant du corps que de l'âme, desquelles l'effet est fort différent, selon l'usage qu'il en fait ; ou enfin comme porté et nécessité même par sa condition naturelle, à vivre en société avec ses semblables.

La première relation est la source propre de tous les devoirs de la loi naturelle, qui ont Dieu pour objet, et qui sont compris sous le nom de religion naturelle. Il n'est pas nécessaire de supposer autre chose : un homme qui serait seul dans le monde, devrait et pourrait pratiquer ces devoirs, du moins les principaux, d'où découlent tous les autres.

S. m. (Droit naturel, Religion, Morale) L'esclavage est l'établissement d'un droit fondé sur la force, lequel droit rend un homme tellement propre à un autre homme, qu'il est le maître absolu de sa vie, de ses biens, et de sa liberté.

Cette définition convient presque également à l'esclavage civil, et à l'esclavage politique : pour en crayonner l'origine, la nature, et le fondement, j'emprunterai bien des choses de l'auteur de l'esprit des lais, sans m'arrêter à louer la solidité de ses principes, parce que je ne peux rien ajouter à sa gloire.

S. f. (Droit naturel) degré de considération que chacun a dans la vie commune, en vertu duquel il peut être comparé, égalé, préféré, etc. à d'autres. On divise l'estime en estime simple, et en estime de distinction.

L'estime simple est ainsi nommée, parce qu'on est tenu généralement de regarder pour d'honnêtes gens tous ceux, qui, par leur conduite, ne se sont point rendus indignes de cette opinion favorable. Hobbes pense différemment sur cet article ; il prétend qu'il faudrait présumer la mécanceté des hommes jusqu'à-ce qu'ils eussent prouvé le contraire. Il est vrai, suivant la remarque de la Bruyere, qu'il serait imprudent de juger des hommes comme d'un tableau ou d'une figure, sur une première vue ; il y a un intérieur en eux qu'il faut approfondir : le voile de la modestie couvre le mérite, et le masque de l'hypocrisie cache la malignité. Il n'y a qu'un très-petit nombre de gens qui discernent, et qui soient en droit de prononcer définitivement. Ce n'est que peu-à-peu, et forcés même par le temps et les occasions, que la vertu parfaite et le vice consommé, viennent à se déclarer. Je conviens encore que les hommes peuvent avoir la volonté de se faire du mal les uns aux autres ; mais j'en conclurais seulement, qu'en estimant gens de bien tous ceux qui n'ont point donné atteinte à leur probité, il est sage et sensé de ne pas se confier à eux sans réserve.

(Droit naturel) état moral où l'on est mis en conséquence de quelqu'acte humain, soit en naissant, ou après être né. Voyez ETAT MORAL.

Un des premiers états accessoires, est celui de famille. Voyez FAMILLE.

La propriété des biens, autre établissement très-important, produit un second état accessoire. Voyez PROPRIETE.