(Jurisprudence) terme usité dans le Béarn pour exprimer le droit que quelqu'un a de vendre seul son vin pendant tout le mois de Mai à l'exclusion de toutes autres personnes. Ce droit a pris sa dénomination du mois de Mai, pendant lequel se fait cette vente. Il est nommé dans les anciens titres maïade, majeneque et majesque : c'est la même chose que ce qu'on appelle ailleurs droit de banvin.

Centule, comte de Béarn, se réserva le droit de vendre ses vins et ses pommades ou cidres, provenans de ses rentes ou devoirs pendant tout le mois. Ce droit est domanial, il appartient au souverain dans les terres de son domaine, et aux seigneurs particuliers dans leurs villages ; mais présentement ce droit n'est presque plus usité, attendu que les seigneurs en ont traité avec les communautés moyennant une petite redevance en argent que l'on appelle maïade. On a aussi donné le nom de majesque au contrat que les communautés de vin passent avec un fermier pour en faire le fournissement nécessaire, aux conditions qui sont arrêtées entr'eux ; et comme ces sortes de monopoles sont défendus, ces contrats de majesque ne sont valables qu'autant que le parlement en accorde la permission. Voyez M. de Marca, hist. de Béarn, liv. IV. ch. xvij. et le glossaire de Laurière, au mot MAÏADE. (A)