S. m. (Economie rustique) le petit de la chèvre. Il vient à-peu-près dans le même temps que l'agneau. Voyez AGNEAU. Sa chair est bonne, tendre, et délicate, mais il ne faut pas qu'il ait plus de six mois. Voyez les articles BOUC et CHEVRE. On le nourrit avec du lait, de la semence d'orme, de cytise, de lierre, etc. des feuilles tendres, des sommités de lentisque. On le châtre à six mois ou un an. Alors il devient gras. On fait des gants de sa peau ; on y conserve quelquefois le poil pour rendre les gants plus chauds ; on en fourre le dedans des manchons, ou on la passe en chamois ou en mégie. Voyez CHAMOISEUR.

CHEVREAU, (Médecine, Diete). La chair du chevreau, comme celle de la plupart des jeunes animaux, est humide, glaireuse, et de facile digestion, mais non pour tout estomac ; elle est trop fade et trop active pour celui des gens vigoureux et exercés ; elle ne saurait exciter leurs organes digestifs ; elle les affecte de la même façon que les viandes délicates, les laitages, etc. affectent les estomacs des paysans, accoutumés aux grosses viandes, à l'ail, etc. En général c'est un assez mauvais aliment que la viande de chevreau, malgré le sentiment de plusieurs médecins, de Schroder, de Duchêne, de Rivière, qui sur la foi des anciens en approuvent assez l'usage, et qui la préfèrent tous nommément à celle de l'agneau. Elle peut cependant devenir utile dans quelques cas, comme laxative : il peut se trouver aussi des estomacs faibles ou très-sensibles qui s'en accommodent à merveille. Voyez DIGESTION.

La meilleure façon d'apprêter le chevreau, qui est aussi la plus usitée, est de le mettre à la broche, et de le manger avec une sauce piquante, ou très-chargée d'épiceries. (b)