Morale & Théologie

S. f. (Théologie et Morale) est un don qu'on fait aux pauvres par compassion ou par charité. Voyez CHARITE.

Les ecclésiastiques ne subsistaient autrefois que d'aumône, la ferveur de la primitive église engageant les fidèles à vendre leurs biens et à en déposer le prix aux pieds des Apôtres pour l'entretien des pauvres, des veuves, des orphelins et des ministres de l'Evangile. Voyez CLERGE, DIXME. Depuis jusqu'à Constantin, les aumônes des fidèles se divisaient en trois parts, l'une pour l'évêque, l'autre pour les prêtres, la troisième pour les diacres, sous-diacres, et autres clercs. Quelquefois on en réservait une quatrième partie pour les réparations de l'église : mais les pauvres trouvaient toujours une ressource sure et des fonds abondants dans la libéralité de leurs freres. Julien, qui voulait réformer le paganisme sur le modèle de la religion chrétienne, reconnaissait dans celle-ci cet avantage. " Un prêtre, dit-il, dans une instruction qu'il donne à un pontife des faux dieux, épitr. 62. doit avoir soin d'instruire les peuples sur l'obligation de faire l'aumône : car il est honteux que les Galiléens (c'est ainsi qu'il nommait les Chrétiens) nourrissent leurs pauvres et les nôtres "

S. m. (Théologie et Morale, Droit naturelle) hommage que nous devons à Dieu parce qu'il est notre souverain maître. On distingue deux sortes de culte, l'un intérieur, et l'autre extérieur : l'intérieur est invariable, et de l'obligation la plus absolue ; l'extérieur n'est pas moins nécessaire dans la société civile, quoiqu'il dépende quelquefois des lieux et des temps.

Le culte intérieur réside dans l'âme ; la pente naturelle des hommes à implorer le secours d'un Etre suprême dans leurs calamités, l'amour et la vénération qui les saisissent en méditant sur les perfections divines, montrent que le culte intérieur est une suite des lumières de la raison, et découle d'un instinct de la nature. Il est fondé sur l'admiration qu'excite en nous l'idée de la grandeur de Dieu, sur le ressentiment de ses bienfaits, et sur l'aveu de sa souveraineté : le cœur pénétré de ses sentiments, les exprime par la plus vive reconnaissance et la plus profonde soumission. Voilà les offrandes et les sacrifices dignes de l'Etre suprême ; voilà le véritable culte qu'il demande et qu'il agrée : c'est aussi celui que voulait rétablir dans le monde J. C. quand la femme samaritaine l'interrogeant, si c'était sur la montagne de Sion ou sur celle de Séméron qu'il fallait adorer : le temps viendra, lui dit-il, que les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité. C'est ainsi qu'avaient adoré ces premiers pères du genre humain qu'on appelle patriarches. Debout, assis, couchés, la tête découverte ou voilée, ils louaient Dieu, le bénissaient, lui protestaient leur attachement et leur fidélité ; la divinité était sans-cesse et en tous lieux présente à leur esprit, ils la croyaient par-tout : toute la surface de la terre était leur temple ; la voute céleste en était le lambris. Ce culte saint et dégagé des sens, ne subsista pas longtemps dans sa pureté ; on y joignit des cérémonies, et ce fut là l'époque de sa décadence. Je m'explique.

S. m. (Théologie et Morale) nom que l'on donne aux dix commandements de Dieu gravés sur deux tables de pierre, et donnés à Moyse sur le mont Sinaï.

Ce mot est composé du grec , dix, et de , discours ou parole, comme si l'on disait les dix paroles ; c'est pourquoi les Juifs les appellent de temps immémorial les dix paroles.

Le nombre des dix préceptes est certain ; mais les commentateurs ne conviennent pas de leur distinction : car quelques-uns comptent dix préceptes qui regardent Dieu, en distinguant la défense de faire des figures taillées, du précepte qui ordonne de n'avoir point de dieux étrangers. Les autres n'en comptent que trois qui regardent le Seigneur, et sept qui concernent le prochain, en séparant ce précepte, Vous ne désirerez point la maison de votre prochain, d'avec celui-ci, ni sa femme, etc. Ces préceptes ont été conservés dans la loi évangelique, à l'exception de l'observation du sabbat, qui est changée en celle du dimanche, et ils obligent les Chrétiens comme les Juifs. Voyez DIMANCHE.

S. f. PERSÉVÉRANT, adj. (Théologie et Morale) la persévérance est le nom d'une vertu chrétienne qui nous rend capables de persister dans la voie du salut jusqu'à la fin.

Les Catholiques distinguent deux sortes de persévérances finales ; l'une purement passive et formelle, qui n'est autre chose que la jonction actuelle et formelle de la grâce sanctifiante avec l'instant de la mort. C'est celle qui se rencontre dans les enfants qui meurent avant que d'avoir atteint l'âge de raison, et dans les adultes qui meurent immédiatement après avoir reçu la grâce justifiante. L'autre qu'ils appellent active et efficiente, est celle qui nous fait persévérer constamment dans les bonnes œuvres depuis l'instant que nous avons reçu la grâce de la justification jusqu'à celui de la mort.