Gouvernement romain

S. m. (Gouvern. romain) magistrat romain qui avoit trois collegues destinés avec lui aux mêmes fonctions, ou à la même administration. IIII vir ou quatuorvir, c'étoit quelquefois à des quatuorvirs qu'on donnoit la charge de conduire & d'aller établir les colonies que l'on envoyoit dans les provinces, & quelquefois on en chargeoit cinq personnes, qu'on nommoit par cette raison quinquevirs. Il y avoit aussi des quatuorvirs dans l'empire pour veiller à l'entretien & réparation des chemins ; c'étoient les voyeurs de l'empire. Ils furent établis par un sénatus-consulte, parce que les censeurs, qui auparavant étoient chargés de ce soin, n'y pouvoient vaquer à cause de la multitude des affaires dont ils étoient accablés.

S. m. (Gouvernement romain) il y avoit à Rome des magistrats subalternes, ainsi nommés parce qu'ils étoient au nombre de cinq, employés aux mêmes fonctions ; mais ces fonctions étoient fort différentes, comme nous allons le prouver.

1°. Il y avoit des quinquevirs établis dans Rome deçà & de-là le Tibre, pour veiller pendant la nuit à la police de la ville, en la place des magistrats d'un certain ordre, qu'il ne convenoit pas de faire courir pendant les ténebres.

2°. Il y avoit des quinquevirs établis exprès pour conduire les colonies, & distribuer aux familles les terres des campagnes qu'on leur accordoit.

(Gouvernement romain) la république romaine avait englouti toutes les autres républiques, et avait anéanti tous les rois qui restaient encore, quand elle s'affaissa sous le poids de sa grandeur et de sa puissance. Les Romains en détruisant tous les peuples, se détruisaient eux-mêmes ; sans cesse dans l'action, l'effort, et la violence, ils s'usèrent comme s'use une arme dont on se sert toujours. Enfin, les discordes civiles, les triumvirats, les proscriptions, contribuèrent à affoiblir Rome, plus encore que toutes ses guerres précédentes.

S. m. (Gouvernement romain) officier subalterne de justice chez les Romains.

Les premiers scribes exerçaient chez les Romains à-peu-près le même office que les greffiers dans nos bureaux ; ils tenaient le registre des arrêts, des loix, des ordonnances, des sentences, des actes, et en délivraient copie aux intéressés ; ils formaient un corps subdivisé en différentes classes et différents degrés, suivant qu'ils étaient employés sous les magistrats supérieurs ou subalternes.

Mais cet office, même dans la première classe, était beaucoup plus honorable chez les Grecs que chez les Romains. Nous regardons, dit Emilius Probus, les scribes comme des mercenaires, parce qu'ils le sont effectivement ; au-lieu que chez les Grecs on n'en reçoit point qui ne soit d'une naissance, d'une intégrité et d'un mérite distingué, parce qu'on ne peut se dispenser de les faire entrer dans les secrets de l'état.

(Gouvernement romain) temple de sainteté, de majesté, de sagesse, la tête de la république, l'autel des nations alliées de Rome, l'espoir et le réfuge de tous les autres peuples ; c'est Cicéron qui donne cette belle définition du sénat dans son oraison pour Milon. Voici ses propres paroles : templum sanctitatis, amplitudinis, mentis, consiliique publici Romani, caput orbis, ara sociorum, portusque omnium gentium.

Tel était en effet ce corps respectable dans son institution, et sous les beaux jours de la république. Nous allons indiquer quelle fut son origine, sa constitution, sa juridiction, sa puissance, les lieux où il s'assemblait, le temps de la durée de ses assemblées.