Morale & Métaphysique

S. f. (Métaphysique et Morale) qualité par laquelle une chose est rendue croyable ou digne d'être crue. Voyez PROBABILITE et FOI.

On dit d'une chose qu'elle est croyable, lorsqu'elle n'est ni évidente par elle-même, ni de nature à pouvoir être déduite et inférée certainement de la cause ou de son effet, et que cependant il y a des preuves qui en établissent la vérité. Les choses qui paraissent immédiatement vraies ; comme la blancheur de la neige, ou que le tout est plus grand que sa partie, ne sont pas appelées croyables, mais évidentes. Dans l'école on met au rang des choses croyables, celles auxquelles nous ne donnons notre consentement qu'en vertu du témoignage ou de l'autorité ; par exemple, que J. C. s'est incarné, a été crucifié, etc. Voyez CROYANCE.

S. m. (Morale et Métaphysique) est proprement l'ordre, la disposition ou l'enchaînement des causes secondes, ordonné par la Providence, qui emporte l'infaillibilité de l'évenement. Voyez FATALITE.

Selon quelques philosophes payens, le destin était une vertu secrète et invisible, qui conduit avec une sagesse incompréhensible ce qui nous parait fortuit et déréglé ; et c'est ce que nous appelons Dieu. Voyez DIEU.

S. f. (Métaphysique et Morale) L'inégale mesure de lumière que Dieu a départies aux hommes ; l'étonnante variété de leurs caractères, de leurs tempéraments, de leurs préjugés, de leurs passions ; les différentes faces par lesquelles ils envisagent les choses qui les environnent, ont donné naissance à ce qu'on appelle dans les écoles dispute. A peine a-t-elle respecté un petit nombre de vérités armées de tout l'éclat de l'évidence. La révélation n'a pu lui inspirer le même respect pour celles qu'elle aurait dû lui rendre encore plus respectables. Les sciences en dissipant les ténèbres, n'ont fait que lui ouvrir un plus vaste champ. Tout ce que la nature renferme de mystérieux, les mœurs d'intéressant, l'histoire de ténébreux, a partagé les esprits en opinions opposées, et a formé des sectes, dont la dispute sera l'immortel exercice. La dispute, quoique née des défauts des hommes, deviendrait néanmoins pour eux une source d'avantages, s'ils savaient en bannir l'emportement ; excès dangereux qui en est le poison. C'est à cet excès que nous devons imputer tout ce qu'elle a d'odieux et de nuisible. La modération la rendrait également agréable et utile, soit qu'on l'envisage dans la société, soit qu'on la considère dans les sciences. 1°. Elle la rendrait agréable pour la société. Si nous défendons la vérité, pourquoi ne la pas défendre avec des armes dignes d'elle ? Ménageons ceux qui ne lui résistent qu'autant qu'ils la prennent pour le mensonge son ennemi. Un zèle aveugle pour ses intérêts les arme contre elle ; ils deviendront ses défenseurs, si nous avons l'adresse de dessiller leurs yeux sans intéresser leur orgueil. Sa cause ne souffrira point de nos égards pour leur faiblesse ; nos traits émoussés n'en auront que plus de force ; nos coups adoucis n'en seront que plus certains : nous vaincrons notre adversaire sans le blesser.