Droit naturel & morale

S. m. fils ou fille, (Droit naturel et Morale) relation de fils ou de fille à ses père et mère, quoique dans le droit romain le nom d'enfant comprenne aussi les petits-fils, soit qu'ils descendent des mâles ou des femelles.

Les enfants ayant une relation très-étroite avec ceux dont ils ont reçu le jour, la nourriture et l'éducation, sont tenus par ces motifs à remplir vis-à-vis de leurs père et mère des devoirs indispensables, tels que la déférence, l'obéissance, l'honneur, le respect ; comme aussi de leur rendre tous les services et leur donner tous les secours que peuvent inspirer leur situation et leur reconnaissance.

S. m. (Droit naturel et Morale) obligation que l'on contracte envers autrui.

Les engagements que l'on prend de soi-même envers autrui, sont des stipulations positives, par lesquelles on contracte quelque obligation où l'on n'était point auparavant.

Le devoir général que la loi naturelle prescrit ici, c'est que chacun tienne inviolablement sa parole, et qu'il effectue ce à quoi il s'est engagé par une promesse ou par une convention verbale. Sans cela, le genre humain perdrait la plus grande partie de l'utilité qui lui revient d'un tel commerce de services. D'ailleurs, si l'on n'était pas dans une obligation indispensable de tenir sa promesse, personne ne pourrait compter sur les secours d'autrui ; on appréhenderait toujours un manque de parole qui arriverait aussi très-souvent. De-là naitraient mille sujets légitimes de querelles et de guerres.

S. m. (Droit naturel et Morale) espèce de convention fort en usage, dans laquelle l'habileté, le hasard pur, ou le hasard mêlé d'habileté, selon la diversité des jeux, décide de la perte ou du gain, stipulés par cette convention, entre deux ou plusieurs personnes.

On peut dire que dans les jeux, qui passent pour être de pur esprit, d'adresse, ou d'habileté, le hasard même y entre, en ce qu'on ne connait pas toujours les forces de celui contre lequel on joue, qu'il survient quelquefois des cas imprévus, et qu'enfin l'esprit ou le corps ne se trouvent pas toujours également bien disposés, et ne font pas toujours leurs fonctions avec la même vigueur.

(Droit naturel et Morale) bienveillance envers les autres hommes.

La sociabilité est cette disposition qui nous porte à faire aux hommes tout le bien qui peut dépendre de nous, à concilier notre bonheur avec celui des autres, et à subordonner toujours notre avantage particulier, à l'avantage commun et général.

Plus nous nous étudierons nous-mêmes, plus nous serons convaincus que cette sociabilité est conforme à la volonté de Dieu ; car outre la nécessité de ce principe, nous le trouvons gravé dans notre cœur. Si d'un côté le Créateur y a mis l'amour de nous-mêmes, de l'autre la même main y a imprimé un sentiment de bienveillance pour nos semblables ; ces deux penchans, quoique distincts l'un de l'autre, n'ont rien d'opposé, et Dieu les a gravés dans nos âmes pour agir de concert. Aussi les cœurs généreux trouvent-ils la satisfaction la plus pure à faire du bien aux autres hommes, parce qu'ils ne font en cela que suivre un penchant naturel.

S. m. (Droit naturel, Morale, etc.) c'est tout ce qui est contraire aux loix naturelles, et aux devoirs.

Comme le fondement de l'erreur consiste dans de fausses mesures de probabilité, le fondement du vice consiste dans les fausses mesures du bien ; et comme ce bien est plus ou moins grand, les vices sont plus ou moins blâmables. Il en est qui peuvent être pour ainsi dire compensés, ou du-moins cachés sous l'éclat de grandes et brillantes qualités. On rapporte qu'Henri IV. demanda un jour à un ambassadeur d'Espagne, quelle maîtresse avait le roi son maître ? L'ambassadeur lui répondit d'un ton pédant, que son maître était un prince qui craignait Dieu, et qui n'avait d'autre maîtresse que la reine. Henri IV. qui sentit ce reproche, lui répartit avec un air de mépris, si son maître n'avait pas assez de vertus pour couvrir un vice.