Drogues

S. m. Voyez POIVRE.
(Histoire naturelle, Drogues) suc épaissi tiré du règne des végétaux ; en anglais cashoo, en latin terra japonica, terre du Japon ; dénomination reçue depuis près d'un siècle, quoique très-fausse en elle-même, et d'autant plus impropre, que tout le cachou, qu'on trouve au Japon y est apporté d'ailleurs.

Il en est du cachou, suivant la remarque de M. de Jussieu, comme de la plupart des autres drogues, sur l'histoire desquelles il y a autant de variations que de relations de voyageurs.

(Histoire des Drogues) prononcez cahoutchou, c'est la résine qu'on trouve dans les pays de la province de Quito, voisins de la mer. Elle est aussi fort commune sur les bords du Maragnon, et est impénétrable à la pluie. Quand elle est fraiche, on lui donne avec des moules la forme qu'on veut ; mais ce qui la rend le plus remarquable, c'est sa grande élasticité. On en fait des bouteilles qui ne sont pas fragiles, et des boules creuses qui s'aplatissent quand on les presse, et qui dès qu'elles ne sont plus gênées, reprennent leur première figure.

S. m. (Histoire naturelle, Drogues) en latin thus masculum, olibanum off. , Théophr. et Diosc. , Hippoc. substance résineuse, d'un jaune-pâle ou transparent, en larmes semblables à celles du mastic, mais plus grosses. Voici ce qu'en dit M. Geoffroy, qui en a parlé avec le plus de briéveté et de vérité.

L'encens est sec et dur, d'un goût un peu amer, modérément acre et résineux, non desagréable, et d'une odeur pénétrante. Lorsqu'on le jette sur le feu, il devient aussi-tôt ardent, et répand une flamme vive qui a peine à s'éteindre : il ne coule pas comme le mastic. Si on le met sous les dents, il se brise aussitôt en petits morceaux ; mais il ne se réunit point comme le mastic, et on ne peut pas le rouler comme lui dans la bouche, parce qu'il s'attache aux dents.

S. m. (Histoire des Drogues, Matière médicale, Pharmacie) suc résineux et gommeux, fort connu des anciens, et qui distille d'une plante férulacée. C'est le chêne des Arabes, le de Dioscoride, le , chalbane des Hébreux, mot tiré de chalbanah, qui signifie gras, onctueux, gommeux ; et c'est aussi bien clairement du mot grec ou hébraique latinisé, que le terme français prend son origine.

Cette gomme-résine entrait dans la composition du parfum qui devait être brulé sur l'autel d'or. Le Seigneur dit à Moyse, prenez des parfums, du stacte, de l'onix, du galbanum odoriférant, avec de l'encens le plus pur, et que tout soit du même poids ; vous ferez un parfum composé avec soin du mélange de toutes ces choses. Exod. ch. xxx. vers. 34. Ce parfum ne déplairait point aujourd'hui à nos femmes hystériques, et à nos hommes hypochondriaques ; peut-être ne serait-il pas difficile de trouver les mêmes causes analogiques qui le rendaient autrefois agréable ou nécessaire au peuple juif, par son influence sur leur genre nerveux, également affoibli comme le nôtre : mais cette discussion me menerait trop loin.