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Catégorie parente: Morale
Catégorie : Drogues
S. m. (Histoire naturelle, Drogues) écorce médicinale d'un arbre des Indes orientales, dont il est fait mention dans les écrits de Dioscoride, de Pline, de Galien, et des Arabes ; mais ils ne s'accordent ni les uns ni les autres sur l'arbre qui produit cette écorce, sur la partie de l'arbre d'où elle se tire, sur la qualité de son odeur et de sa saveur ; c'est à la variété de leurs relations sur ce point, et à l'ignorance des commentateurs qui confondaient le macer avec le macis, qu'il parait qu'on peut surtout attribuer la cause de l'oubli dans lequel a été chez nous cette drogue depuis Galien ; car pour ce qui est des Indes orientales d'où Pline, Sérapion, et Averroès conviennent qu'on la faisait venir ; Garcias-ab-Horto, Acosta, et Jean Mocquet qui dans le pénultième siècle y avaient voyagé, assurent qu'alors ce remède y était usité dans les hôpitaux, et qu'à Bengale il s'en faisait un commerce assez considérable.

Dioscoride donne à cette écorce le nom et . Il dit qu'elle est de couleur jaunâtre, assez épaisse, fort astringente, et qu'on l'apportait de Barbarie. C'est ainsi qu'on appelait alors les pays orientaux les plus reculés. On faisait de cette écorce une boisson pour remédier aux hémorragies, aux dyssenteries, et aux dévoiements. Pline appelle des mêmes noms dont s'est servi Dioscoride, l'écorce d'un arbre qui était apporté des Indes à Rome, et qu'il dit être rougeâtre. Galien qui dans les descriptions qu'il en fait, et sur les vertus qu'il lui attribue, s'accorde avec ces deux auteurs, ajoute seulement qu'elle est aromatique ; il n'est pas étonnant qu'Averroès et d'autres médecins arabes connussent le macer, puisque l'arbre dont il est l'écorce, croissait dans les pays orientaux.

Les relations de quelques-uns de nos voyageurs aux Indes orientales, c'est-à-dire à la côte de Malabar et à l'île sainte-Croix, parlent d'une écorce grisâtre qui étant desséchée, devient à ce qu'ils assurent, jaunâtre, fort astringente, et douée des mêmes vertus que le macer des anciens.

Christophe Acosta, l'un des premiers historiens des drogues simples qu'on apporte des Indes, et qui y était médecin du viceroi, dit que l'arbre qui porte cette écorce, était appelé arbore de las camaras, arbore sancto par les Portugais, c'est-à-dire, arbre pour les dyssenteries, et par excellence, arbre saint ; arbore de sancto Thome, arbre de saint Thomas par les chrétiens ; macruyre par les gens du pays, et macre par les médecins brachmants, ce qui est conforme avec l'ancien mot macer. Ce même historien qui est le seul qui nous ait donné la figure de cet arbre, le compare à un de nos ormes, et attribue des vertus admirables à l'usage de son écorce.

Enfin M. de Jussieu croit avoir retrouvé le macer des Indes orientales, dans le Simarouba d'Amérique ; mais il ne faut donner cette opinion que comme une légère conjecture ; car malgré la conformité qui se trouve dans les vertus entre le macer des anciens, le macre des Indiens orientaux, et le simarouba des occidentaux, il serait bien étonnant que ce fût la même plante. Il est vrai pourtant que l'Asie et l'Amérique ont d'autres plantes qui leur sont communes, à l'exclusion de l'Europe. Le ginzing en est un bel exemple. Voyez GINZING. (D.J.)




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