S. m. (Monnaie de France) non d'une petite monnaie d'or, qui commença et finit sous Henri II. Ce nom d'homme appliqué à une monnaie, ne doit pas surprendre ; car il n'y a rien de si fréquent chez les Grecs, les Romains, et les autres peuples, que les monnaies qu'on appelait du nom du prince dont elles portaient l'image, témoin les philippes de Philippe de Macédoine, les dariques de Darius le Mede, et une infinité d'autres.

Le poids et le titre des henris était à vingt-trois karats un quart de remède ; il y en avait soixante-sept au marc ; chaque pièce pesait deux deniers vingt grains trébuchans, et par conséquent quatre grains plus que les écus d'or : cette monnaie valait dans son commencement cinquante sols ; on fit aussi des demi-henris, qui valaient vingt-cinq sols, et des doubles henris qui en valaient cent. Toutes ces espèces furent frappées au balancier, dont l'invention était alors nouvelle.

Les premiers représentaient d'un côté Henri armé et couronné de lauriers, et de l'autre portaient une H couronnée ; les derniers avaient sur leur revers, une femme armée représentant la France, assise sur des trophées d'armes ; elle tenait de la main droite une victoire, et pour légende Gallia optimo principi, ce qui est une imitation d'une médaille de Trajan, et ce fut la flatterie d'un particulier qui l'imagina ; mais le peuple que ce monarque accabla d'impôts durant son règne, était bien éloigné de la consacrer ; cependant le hasard fit que jamais les monnaies n'avaient été si belles, si bien faites et si bien monnoyées qu'elles le furent sous ce prince, à cause du balancier qu'on inventa pour les marquer. On fit bâtir en 1550 au bout du jardin des étuves, une maison pour y employer cette nouvelle machine : cette maison qu'on nomma la monnaie, fut enfin établie en 1553, et l'on fit alors des réglements pour sa police et pour ses officiers. (D.J.)