Politique

S. f. (Politique) est une certaine étendue de pays déterminée par la juridiction d'un bureau des finances. L'établissement de ces bureaux, et les divisions des provinces en généralités, ont eu pour objet de faciliter la régie des finances du Roi. C'est aux généraux des finances qu'est dûe l'origine des généralités.

Sous les deux premières races, nos rois n'avaient point d'autres recettes que les revenus de leurs propres domaines ; bien avant sous la troisième, on ne parlait point de généralités, parce qu'il n'existait point de receveurs généraux. Il n'y avait alors qu'un seul officier qui avait l'intendance et l'administration du domaine, c'était le grand trésorier de France.

S. m. (Grammaire, Morale et Politique) ce mot ne signifiait autrefois qu'hôtellerie : les hôpitaux étaient des maisons publiques où les voyageurs étrangers recevaient les secours de l'hospitalité. Il n'y a plus de ces maisons ; ce sont aujourd'hui des lieux où des pauvres de toute espèce se réfugient, et où ils sont bien ou mal pourvus des choses nécessaires aux besoins urgens de la vie.

Dans les premiers temps de l'Eglise, l'évêque était chargé du soin immédiat des pauvres de son diocèse. Lorsque les ecclésiastiques eurent des rentes assurées, on en assigna le quart aux pauvres, et l'on fonda les maisons de piété que nous appelons hôpitaux. Voyez les articles DIXMES, CLERGE.

S. m. (Histoire moderne, Politique) c'est le titre que l'on donne en Pologne au primat du royaume, c'est-à-dire à l'archevêque de Gnesne, lorsque la mort du roi a laissé le trône vacant. Cet inter-roi a en quelque sorte un pouvoir plus étendu que les monarques de cette république jalouse de sa liberté. Sa fonction est de notifier aux cours étrangères la vacance du trône ; de convoquer la diete pour l'élection d'un nouveau roi ; d'expédier des ordres aux généraux, aux palatins, et aux starostes, pour veiller à la garde des forteresses, des châteaux, et des frontières de la république ; de donner des passe-ports aux ministres étrangers qui sont chargés de venir négocier, etc. Lorsque la diete de Pologne pour l'élection d'un roi est assemblée, le primat inter-roi expose à la noblesse les noms des candidats, et leur fait connaître leur mérite ; il les exhorte à choisir le plus digne ; et après avoir invoqué le ciel, il leur donne sa bénédiction : après quoi, les nonces procedent à l'élection. Le primat recueille les suffrages, il monte à cheval, et demande par trois fois si tout le monde est content, et alors il proclame le roi.
S. m. (Politique) Le législateur est celui qui a le pouvoir de donner ou d'abroger les lais. En France, le roi est le législateur ; à Genève, c'est le peuple ; à Venise, à Gènes, c'est la noblesse ; en Angleterre, ce sont les deux chambres et le roi.

Tout législateur doit se proposer la sécurité de l'état et le bonheur des citoyens.

Les hommes, en se réunissant en société, cherchent une situation plus heureuse que l'état de nature qui avait deux avantages, l'égalité et la liberté, et deux inconvéniens, la crainte de la violence et la privation des secours, soit dans les besoins nécessaires, soit dans les dangers. Les hommes, pour se mettre à l'abri de ces inconvéniens, ont consenti donc à perdre un peu de leur égalité et liberté ; et le législateur a rempli son objet, lorsqu'en ôtant aux hommes le moins qu'il est possible d'égalité et de liberté, il leur procure le plus qu'il est possible de sécurité et de bonheur.

S. f. (Grammaire et Politique) l'art de donner des loix aux peuples. La meilleure législation est celle qui est la plus simple et la plus conforme à la nature, il ne s'agit pas de s'opposer aux passions des hommes ; mais au contraire de les encourager en les appliquant à l'intérêt public et particulier. Par ce moyen, on diminuera le nombre des crimes et des criminels, et l'on réduira les lois à un très-petit nombre. Voyez les articles LEGISLATEUR et LOIX.