S. f. (Morale) c'est le vice propre de l'homme double ; et l'homme double est un mécant qui a toutes les démonstrations de l'homme de bien, c'est-à-dire belle apparence, et mauvais jeu. La duplicité de caractère suppose, ce me semble, un mépris décidé de la vertu. L'homme double s'est dit à lui-même qu'il faut toujours être assez adroit pour se montrer honnête homme, mais qu'il ne faut jamais faire la sottise de l'être. Je croirais volontiers qu'il y a deux sortes de duplicité ; l'une systématique et raisonnée, l'autre naturelle et pour ainsi dire animale : on ne revient guère de la première ; on ne revient jamais de la seconde. Je doute qu'il y ait un homme d'une duplicité assez consommée pour ne s'être point décelé. Il y a des circonstances où la finesse est bien voisine de la duplicité. L'homme double vous trompe ; et l'homme fin au contraire, fait que vous vous trompez vous-même. Il faudrait quelquefois avoir égard au ton, au geste, au visage, à l'expression pour savoir si un homme a mis de la duplicité dans une action, ou s'il n'y a mis que de la finesse. Quoi que l'on puisse dire en faveur de la finesse, elle sera toujours une des nuances de la duplicité.