S. m. (Histoire naturelle, Ophiologie) Voyez la Pl. XII. fig. 3. C'est le nom américain d'un genre distinct d'oiseau, qu'on range parmi les pies ; c'est pourquoi quelques-uns de nos naturalistes le nomment pica brasiliensis, pie du Brésil ; et d'autres l'appellent ramphostos : voici les caractères de ce genre d'oiseau.

Son bec est considérablement large, égal en grandeur dans la plupart des espèces, à tout le corps. Il n'a aucune narine visible. Ses pieds ont chacun quatre orteils, deux devant et deux derrière, comme dans le perroquet.

On en connait quatre espèces : 1°. le toucan au croupion rouge : 2°. le toucan au croupion jaune : 3°. le toucan au croupion blanc : 4°. le toucan au croupion verd, avec un bec en partie coloré. Ces sortes d'oiseaux sont nommés par Linnaeus rostratae, à cause de la largeur de leur bec.

Cet oiseau est généralement en Amérique, de la grosseur d'un de nos pigeons. Son bec qui est extraordinaire, a rendu le toucan si célèbre, qu'on l'a placé dans le ciel parmi les constellations australes. Ce bec est crochu au bout ; il est large de deux à trois pouces, et long de cinq à six. Il est d'une substance membraneuse, osseuse, transparente, reluisante, creuse en-dedans, et d'une grande légéreté. La partie supérieure arrondie au-dessus, croit en forme de faulx, émoussée à sa pointe. Les bords qui le terminent sont découpés en dents de scie, d'un tranchant très-subtil, prenant leur naissance vers la racine du bec, et continuant jusqu'à son extrémité ; cette dentelure en forme de scie, l'empêche de se fermer exactement. Mais afin que ce bec qui est d'une si grande longueur, et d'une si grosse épaisseur fût bien soutenu, la tête de l'oiseau est à proportion du reste du corps grande et grosse.

Sa langue presque aussi longue que le bec, est composée d'une membrane blanchâtre, fort déliée, découpée profondément de chaque côté, et avec tant de délicatesse, qu'elle ressemble à une plume.

Ses jambes sont courtes, et couvertes de grandes écailles ; chacun de ses pieds est composé de quatre orteils, dont les plus courts sont en-dedans, et les plus longs en-dehors ; chacun de ces orteils est terminé par un ongle noir et émoussé.

On s'aperçoit si peu des narines de cet oiseau, que l'on a cru qu'il n'en avait point, et que l'air entrait dans son corps par les interstices de la dentelure du bec ; il est vrai cependant, que le toucan a des narines, mais qu'on ne découvre pas tout d'un coup, parce qu'elles sont cachées entre la tête et la racine du bec.

On peut dire en général que c'est un oiseau fort extraordinaire ; on en distingue les espèces par leur grosseur, et la variété de leur couleur. Il ne vit point dans les pays froids de l'Amérique, mais l'on en voit beaucoup au Brésil le long de la rivière de Janéiro ; et les plus petits vivent au Pérou. Le champ du pennage de ces derniers est tout noir sur le dos, excepté au bout de la queue ; ils ont quelques pennes aussi rouges que du sang, entrelacées parmi les noires ; et sous la poitrine ils sont d'un jaune-orangé des plus vifs. Les Sauvages se servent de leurs grosses plumes pour leur parure.

Cet oiseau se familiarise facilement avec les poules ; alors il se présente quand on l'appele, et n'est point difficile à nourrir, prenant indifféremment tout ce qu'on lui donne.

Thevet qui en parle dans ses voyages avec admiration, l'appelle l'oiseau mange-poivre. Il raconte que le dévorant avec avidité, il le rend tout aussitôt sans l'avoir digéré ; mais que les Américains font grand cas de ce poivre, parce que l'oiseau en a corrigé la chaleur âcre dans son estomac. C'est un bon conte de voyageur ; mais on peut lire des observations plus vraies sur cet oiseau dans le P. Feuillé.

TOUCAN, en Astronomie, c'est une constellation moderne de l'hémisphère méridional, composée de huit petites étoiles, que l'on appelle autrement anser americanus, l'oie d'Amérique. Voyez CONSTELLATION.