S. m. (Histoire naturelle, Lithologie) c'est une pierre, ou d'un verd pâle, ou olivâtre, ou grisâtre ; elle est d'une dureté extrême, au point qu'on ne peut la travailler qu'avec la poudre de diamant ; elle ne prend jamais un beau poli, mais sa surface parait toujours comme humide ou grasse ; elle donne des étincelles lorsqu'on la frappe avec de l'acier ; quand elle est brisée, son tissu intérieur est parfaitement semblable à celui du quartz ou du caillou ; elle n'a que très-peu de transparence, à-peu-près comme un morceau de cire blanche ; sa couleur, quoique toujours verte, varie pour les nuances ; on en trouve d'un verd jaunâtre très-clair, et d'un verd foncé et terne comme celui de l'olive.

On a donné au jade les noms de pierre divine, à cause des propriétés merveilleuses que les Indiens lui ont attribuées ; ils croyaient que cette pierre appliquée sur les reins était très-propre à en soulager les douleurs, et faisait passer le sable et la pierre par les urines ; ils la regardaient aussi comme un remède souverain contre l'épilepsie, et étaient persuadés que de la porter en amulete c'était un préservatif contre les morsures des bêtes venimeuses. On a un traité imprimé sous le nom de pierre divine, l'on y trouvera les détails des propriétés prétendues qu'on lui a attribuées. Il y a peu de temps que cette pierre était fort en vogue à Paris, ses grandes vertus la faisaient rechercher avec empressement par les dames, et elles en payaient très-chèrement les plus petits morceaux ; mais il parait que cet enthousiasme populaire est actuellement passé, et que le jade ou la pierre divine a perdu la réputation qu'on lui avait si légèrement accordée.

On a donné aussi au jade le nom de pierre néphrétique, mais il ne faut point le confondre avec d'autres pierres, à qui quelques auteurs ont aussi donné ce nom. Voyez PIERRE NEPHRETIQUE.

Les Turcs et les Polonais font avec le jade des manches de sabres et de coutelas, ainsi que d'autres ornements.

Quelques auteurs donnent au jade le nom de pierre des Amazones, parce qu'on assure qu'il se trouve sur les bords de la rivière des Amazones, dans l'Amérique méridionale ; quelques naturalistes ont prétendu que les pierres qu'on y trouve ne sont point la même chose que le vrai jade qui vient des Indes orientales, et qui se rencontre dans l île de Sumatra ; mais M. de la Condamine assure que la pierre des Amazones ne diffère en rien du jade oriental : elle se trouve chez les Topayos, nation indienne établie sur les bords de la rivière des Amazones, plus aisément que par-tout ailleurs.

Les morceaux de jade qu'on trouve en Amérique sont très-artistement travaillés, et paraissent l'avoir été par les anciens Américains ; on en rencontre des morceaux qui sont cylindriques, et percés depuis un bout jusqu'à l'autre ; cela parait d'autant plus surprenant, que la pierre est extrêmement dure, et que ces peuples ignoraient l'usage du touret et du fer ; cela a donné lieu de croire que cette pierre n'était que le limon de la rivière des Amazones, à qui on avait donné différentes formes en le paitrissant quand il était mou, et qu'il s'était ensuite durci à l'air, fable que l'expérience a suffisamment réfutée. Voyez le voyage de la rivière des Amazones, par M. de la Condamine, p. 140. et suiv. édit. in-8 °.

On trouve aussi des morceaux de jade creusés, et taillés en vases et en figures différentes ; d'autres sont en plaques, sur lesquelles on a gravé des figures d'animaux pour en faire des talismants, etc.

Quelques naturalistes regardent le jade comme une espèce de jaspe ; mais il semble en différer par sa dureté, qui est beaucoup plus considérable que celle du jaspe ; outre cela, il a plus de transparence que le jaspe, il ne prend point le poli comme lui, puisque, comme nous l'avons déjà remarqué, le jade a toujours un air gras à sa surface. (-)

JADE, (Matière médicale) Voyez PIERRE NEPHRETIQUE.