S. m. cette, Clus. (Histoire naturelle, Ichtyologie) très-grand poisson de mer, du genre des cétacées. Willughby fait la description, d'après Clusius, d'un cachalot qui fut jeté sur les côtes occidentales de la Hollande par une violente tempête : cet animal respirait encore lorsqu'on l'aperçut, environ dix heures après la tempête. Il avait cinquante-deux ou cinquante-trois pieds de longueur, et trente-un pieds de circonférence, et même beaucoup plus selon d'autres relations : on ne put pas avoir des mesures exactes, parce qu'une partie du corps s'était enfoncée dans le sable par les mouvements que fit l'animal avant que de mourir. Il y avait quinze pieds de distance depuis le bout de la mâchoire supérieure jusqu'aux yeux. Le palais était percé de quarante-deux alvéoles, vingt-un de chaque côté, dans lesquels entraient autant de dents de la mâchoire inférieure, qui étaient de la grandeur d'un pouce d'un homme de haute taille. Ce poisson avait sur sa tête auprès du dos un évent d'environ trois pieds de diamètre, par lequel il jetait de l'eau en l'air. La mâchoire inférieure était longue de sept pieds. Les yeux de cet animal étaient très petits à proportion de sa grosseur énorme : on aurait pu les entourer en faisant toucher l'extrémité du pouce avec celle du premier doigt. Il y avait quatre pieds de distance entre les yeux et les nageoires ; seize pieds depuis les mâchoires jusqu'au nombril ; trois pieds depuis le nombril jusqu'à la verge ; trois pieds et demi depuis la verge jusqu'à l'anus, et treize pieds et demi depuis l'anus jusqu'à la queue. Les nageoires avaient quatre pieds quatre pouces de longueur, et un pied d'épaisseur. La longueur du membre était de six pieds après la mort de l'animal. La queue était fort épaisse ; et elle avait treize pieds d'étendue. On tira de la tête de ce poisson du blanc de baleine en assez grande quantité, pour remplir plus du quart d'un tonneau ; et le corps entier rendit environ quarante tonneaux de graisse, sans compter celle qui se répandit sur la terre et dans la mer. La peau du dos était noire comme celle des dauphins ou des thons ; le ventre était blanc.

Clusius fait mention d'un autre cachalot qui avait soixante pieds de longueur, quatorze pieds de hauteur, et trente-six pieds de circonférence.

M. Anderson fait mention de plusieurs cachalots dans son histoire de Groenland, etc. Il y en a, dit cet auteur, qui ont de grosses dents plus ou moins longues, un peu arrondies et plates par le dessus ; les autres les ont minces et recourbées comme des faucilles. On ne trouve dans le détroit de Davis et aux environs de Spitzberg, qu'une espèce de cachalot. Il a les dents courtes, grosses, et aplaties ; la tête fort grosse ; deux nageoires longues aux côtés ; une sorte de petite nageoire qui s'élève sur le dos, et une queue large de douze ou quinze pieds. Les cachalots de cette espèce voyagent par troupes. On en a Ve qui avaient plus de cent pieds de longueur, et qui faisaient en soufflant l'eau un très-grand bruit, que l'on pourrait comparer au son des cloches. Ces poissons se trouvent en quantité au cap du Nord, et sur les côtes de Finmarchie : mais on en prend rarement, parce qu'ils sont plus agiles que les baleines de Groenland, et qu'ils n'ont que deux ou trois endroits au-dessus de la nageoire où le harpon puisse pénétrer ; d'ailleurs leur graisse est fort tendineuse, et ne rend pas beaucoup d'huile.

Les marins, dit M. Anderson, distinguent deux espèces de cachalots qui se ressemblent parfaitement par la figure du corps et par les dents, mais qui diffèrent en ce que les uns sont verdâtres, et ont un crane ou couvercle dur et osseux par-dessus le cerveau ; les autres sont gris sur le dos, et blancs sous le ventre, et leur cerveau n'est recouvert que par une forte membrane qui est de l'épaisseur du doigt. On prétend que cette différence ne dépend pas de l'âge du poisson.

Lorsqu'on a ôté la peau du haut de la tête des cachalots qui n'ont point de crane on trouve de la graisse de l'épaisseur de quatre doigts, et au-dessous une membrane épaisse et fort nerveuse qui sert de crane, et plus bas une autre cloison qui est assez semblable à la première, et qui s'étend dans toute la tête depuis le museau jusqu'à la nuque. La première chambre qui est entre ces deux membranes, renferme le cerveau le plus précieux, et dont on prépare le meilleur blanc de baleine. Cette chambre est divisée en plusieurs cellules, qui sont formées par une sorte de réseau ressemblant en quelque façon à un gros crêpe. Dans le cachalot sur lequel cette description a été faite, on tira de cette chambre sept petits tonneaux d'huile qui était claire et blanche : mais lorsqu'on la jetait sur l'eau, elle se coagulait comme du fromage ; et lorsqu'on l'en retirait, elle redevenait fluide comme auparavant. Au-dessous de la première chambre il y en a une autre qui se trouve au-dessus du palais, et qui a depuis quatre jusqu'à sept pieds et demi de hauteur, selon la grosseur du poisson, et est remplie de blanc de baleine ; il est renfermé comme le miel dans de petites cellules, dont les parois ressemblent à la pellicule intérieure d'un œuf. A mesure que l'on enlève le blanc de baleine qui est dans cette chambre, il en revient de nouveau en assez grande quantité, pour que le tout remplisse jusqu'à onze petits tonneaux. La matière qui remplace celle que l'on tire, sort d'un vaisseau qui est auprès de la tête du poisson, et qui est gros comme la cuisse d'un homme ; il s'étend le long de l'épine jusqu'à la queue, où il n'est pas plus gros que le doigt. Lorsqu'on coupe la graisse du cachalot, il faut éviter ce vaisseau ; car si on le coupe, le blanc de baleine s'écoule par l'ouverture.

Le cachalot que l'on prend sur les côtes de la nouvelle Angleterre et aux Bermudes, est une espèce différente. Ses dents sont plus grosses et plus larges, elles ressemblent aux dents de la roue d'un moulin, et sont de la grosseur du poignet. On trouve dans les cachalots de cette espèce des boules d'ambre-gris qui ont jusqu'à un pied de diamètre, et qui pesent jusqu'à vingt livres. Voyez l'article BALEINE. (I)