S. m. (Histoire naturelle, Quadrupèdes) vulpes ; animal quadrupede qui a beaucoup de rapport au loup et au chien pour la conformation du corps. Il est de la grandeur des chiens de moyenne taille ; il a le museau effilé comme le lévrier, la tête grosse, les oreilles droites, les yeux obliques comme le loup, la queue touffue, et si longue qu'elle touche la terre. Le poil est de diverses couleurs, qui sont le noir, le fauve et le blanc, diversement distribués sur différentes parties du corps ; le roux domine dans la plupart des renards : il y en a qui ont le poil gris argenté ; tous ont le bout de la queue blanche ; les pieds des derniers sont plus noirs que ceux des autres. On les appelle en Bourgogne renards charbonniers. Le renard creuse en terre avec les ongles des trous, où il se retire dans les dangers pressants, où il s'établit, où il élève ses petits. Il se loge au bord des bois, à portée des hameaux ; il est attentif au chant des coqs et au cri de la volaille, et il tâche par toutes sortes de ruses d'en approcher. S'il peut franchir les clôtures d'une basse-cour, ou passer par-dessous, il met tout à mort ; ensuite il emporte sa proie ; il la cache sous la mousse ou dans un terrier ; il revient plusieurs fois de suite en chercher d'autres, jusqu'à ce que le jour ou le mouvement dans la maison l'empêche de revenir. Il s'empare des oiseaux qu'il trouve pris dans les pipées et au lacet ; il les emporte successivement ; il les dépose tous en différents endroits, surtout au bord des chemins, dans les ornières, sous un arbuste, etc. Ses appétits le portent à vivre de rapine comme le loup ; mais la nature ne lui a pas donné la même force. En échange elle lui a prodigué toutes les ressources de la faiblesse, l'industrie, la ruse, et même la patience ; ces qualités le servent ordinairement mieux pour assurer sa subsistance, que la force ne sert au loup. D'ailleurs il est infatigable, et doué d'une souplesse et d'une légéreté supérieures. J'en ai vu plusieurs sauter par-dessus des murs de neuf pieds de haut, pour éviter des embuscades de tireurs qu'ils éventaient. Le renard mérite donc sa réputation. Son caractère est composé d'industrie et de sagacité, quant à la recherche de ses besoins, de défiance et de précautions à l'égard de tout ce qu'il peut avoir à craindre. Il n'est point aussi vagabond que le loup. C'est un animal domicilié qui s'attache au sol, lorsque les environs peuvent lui fournir de quoi vivre. Il se creuse un terrier, s'y habitue, et en fait sa demeure ordinaire, à moins qu'il ne soit inquiété par la recherche des hommes, et qu'une juste crainte ne l'oblige à changer de retraite. Ceux que l'inquiétude ou le besoin forcent à chercher un nouveau pays, commencent par visiter les terriers qui ont été autrefois habités par des renards ; ils en écurent plusieurs, et ce n'est qu'après les avoir tous parcourus, qu'ils prennent enfin le parti d'en choisir un. Lorsqu'ils n'en trouvent point, ils s'emparent d'un terrier habité par des lapins, en élargissant les gueules, et l'accommodent à leur usage. Le renard n'habite cependant pas toujours son terrier. C'est un abri et une retraite dont il use dans le besoin ; mais la plus grande partie du temps il ne terre point, et il se tient couché dans les lieux les plus fourrés des bois.

Les renards dorment une partie du jour : ce n'est proprement qu'à la nuit qu'ils commencent à vivre. Leurs desseins ont besoin de l'obscurité, de l'absence des hommes, et du silence de la nature. En général ils ont les sens très-fins ; mais c'est le nez qui est le principal organe de leurs connaissances. C'est lui qui les dirige dans la recherche de leur proie, qui les avertit des dangers qui peuvent les menacer. Il assure et rectifie les apercevances que donnent les autres sens ; et c'est lui qui a la plus grande influence dans les derniers jugements qu'ils portent relativement à leur conservation. Les renards vont donc toujours le nez au vent. Dans les pays fort peuplés de gibier, ils ne s'approchent guère de la demeure des hommes, parce qu'ils trouvent dans les bois ou aux environs, une nourriture qu'ils se procurent facilement, et avec moins de péril. Ils surprennent les lapins, les lèvreaux, les perdrix lorsqu'elles couvent. Souvent même ils attaquent les jeunes faons à la reposée, et surtout ceux des chevreuils. Pendant l'été ils vivent donc ordinairement avec beaucoup de facilité ; ils mangent même les hannetons, saisissent les mulots, les rats de campagne, les grenouilles, etc. Pendant l'hiver, et surtout lorsqu'il gèle, la vie leur devient plus difficile. Le renard alors est souvent forcé de s'approcher des maisons. Toujours partagé entre le besoin et la crainte, sa marche est précautionnée, souvent suspendue ; la défiance et l'inquiétude l'accompagnent. Cependant la faim devenant plus pressante, le courage augmente, surtout lorsque la nuit est avancée. Le renard cherche alors à pénétrer dans une basse-cour, jusque dans le poulailler, où il fait beaucoup de ravages. Il prodigue les meurtres, et emporte à mesure les volailles qu'il a égorgées ; il les réserve pour le besoin, et les couvre avec de la terre et de la mousse. Souvent aussi il tue sans emporter, et seulement pour assouvir sa rage. On doit chercher à détruire un animal aussi dangereux pour les basse-cours et pour le gibier ; et tout le monde est intéressé à lui faire la guerre. On chasse le renard avec des bassets, des briquets ou des chiens courants de petite taille. Ces chiens le chassent chaudement, parce qu'il exhale une odeur très-forte. Mais la chasse ne serait pas longue, si l'on n'avait pas eu auparavant la précaution de boucher les terriers. On place des tireurs à portée de ces terriers, ou des autres refuites connues du renard. S'ils viennent à le manquer, l'animal effrayé cherche alors assez au loin une retraite qui le dérobe à la poursuite des chiens, et aux embuches des hommes. Il parvient enfin à trouver un terrier ; mais on le poursuit encore dans sa demeure souterraine ; on y fait entrer de petits bassets qui l'amusent, l'empêchent de creuser, et que souvent il mord cruellement. On fouille la terre pendant ce temps ; on arrive au fond ; on le saisit avec une fourche, et après l'avoir baillonné, on le livre aux jeunes chiens qui ont besoin d'être mis en curée.

On détruit de cette manière une assez grande quantité de renards ; mais on ne doit pas se flatter de réussir par ce moyen seul, à en anéantir la race dans un pays. Pour y parvenir, ou à-peu-près, il faut multiplier les pieges et les appâts, et par mille formes séduisantes et nouvelles, surprendre à tout moment leur défiance vigilante et réfléchie. Lorsque les renards ne connaissent point encore les pieges, il suffit d'en tendre dans les sentiers où ils ont l'habitude de passer, de les bien couvrir avec de la terre, de l'herbe hachée, de la mousse ; de manière que la place sous laquelle est le piege, ne diffère en rien à l'extérieur du terrain des environs. On y met pour appât un animal mort, auquel on donne la forme d'un abattis, et on l'y laisse pourrir jusqu'à un certain degré ; car l'odeur de la chair pourrie attire souvent plus le renard qu'un appât tout frais. On en prend beaucoup de cette manière, lorsqu'ils ne sont pas encore instruits. Mais s'ils ont vu d'autres renards pris à ces pieges ; si eux-mêmes y ont été manqués, il devient nécessaire de changer les appâts, et de chercher à les rendre plus friands. Des hannetons fricassés dans de la graisse de porc, attirent beaucoup les renards, surtout si l'on y mêle un peu de musc. Le grand art est d'assurer bien l'animal sur l'appât avant d'y mettre le piege, de préparer le terrain peu-à-peu, et de vaincre par la patience sa défiance inquiete. Ce qui attire le plus puissamment les renards, c'est l'odeur de la matrice d'une renarde tuée en pleine chaleur. On la fait sécher au four, et elle sert pendant toute l'année. On place des pierres dans les carrefours des bois ; on répand du sable autour ; on frotte la pierre avec la matrice ; les renards y viennent, mâles et femelles, s'y arrêtent, y grattent, etc. Lorsqu'ils y sont bien accoutumés, on frotte le piege de la même manière, on l'enterre à deux pouces dans le sable, et ordinairement l'attrait est assez fort pour vaincre l'inquiétude naturelle à cet animal. A ces soins il faut joindre celui d'observer avec la plus grande attention, les terriers que les femelles préparent pour déposer leurs petits. Ces animaux s'accouplent à la fin de Janvier et en Février ; on trouve des renardeaux dès le mois d'Avril. La portée est ordinairement de trois jusqu'à six. Le père et la mère les nourrissent en commun. Ils vont souvent en quête, surtout lorsque les petits commencent à devenir voraces. Ils leur apportent des volailles, des lapins, des perdrix, etc. et les bords du terrier qu'habite une portée de renards sont bientôt couverts de carcasses de toute espèce. Tout cela est aisé à reconnaitre ; mais il faut prendre garde d'inquiéter inutilement le père ou la mère. Dans la même nuit, ils transporteraient leurs petits, et souvent à une demi-lieue de là. Il faut donc assaillir tout d'un coup le terrier, tendre des pieges aux différentes gueules ; et comme on n'est pas toujours sur que les vieux renards soient enfermés dans le terrier, il faut assiéger aussi les chemins battus, appelés, coulées, par lesquels ils vont et viennent pour chercher à vivre. Alors la nécessité de nourrir leurs petits, les excite à braver le danger, et leur défiance est anéantie par ce besoin vif. Sans cela un renard assiégé de pieges dans un terrier n'en sort qu'à la dernière extrémité. J'en ai vu un qui y resta quinze jours, et qui n'avait plus que le souffle lorsqu'il se détermina à sortir. Ces animaux, lorsqu'ils sont pris, sont assez sujets à se couper le pied ; et cela arrive presque certainement lorsque le jour parait avant qu'on y arrive.

Ils sont, comme les chiens, à-peu-près dix-huit mois à croitre, et vivent de douze à quinze ans. On n'a jamais pu faire accoupler ensemble ces deux espèces ; mais on y parviendrait sans-doute en apprivoisant par degrés la race sauvage du renard, qui à la première génération conserve toujours son naturel farouche, et son penchant à la rapine.

Il mange des œufs, du lait, du fromage, des fruits, surtout des raisins, du poisson, des écrevisses. Il est très-avide de miel, et tire de terre les guépiers ; il attaque les abeilles sauvages : lorsqu'il sent les aiguillons des guepes, des frelons, des abeilles, qui tachent de le mettre en fuite, il se roule pour les écraser. Les femelles deviennent en chaleur en hiver, et on voit déjà de petits renards au mois d'Avril ; les portées sont au moins de trois, au plus de six : il n'y en a qu'une chaque année. Les renards naissent les yeux fermés ; ils sont comme les chiens, dix-huit mois ou deux ans à croitre, et vivent de même treize à quatorze ans. Le renard glapit, aboie, et pousse un son triste semblable à celui du paon. Il a différents tons, selon les sentiments dont il est affecté. Il se laisse tuer à coups de bâton comme le loup, sans crier. Il ne fait entendre le cri de la douleur que lorsqu'il reçoit un coup de feu qui lui casse quelque membre ; il est presque muet en été. C'est dans cette saison que son poil tombe et se renouvelle. Cet animal a une odeur très-forte et très-desagréable, et qui se fait sentir de loin, sur tout lorsqu'il fait chaud. Il mord dangereusement, et on ne peut lui faire quitter prise qu'en écartant ses mâchoires avec un levier. La chair du renard est moins mauvaise que celle du loup ; les chiens et même les hommes, en mangent en automne, surtout lorsqu'il s'est nourri et engraissé de raisins. Les renards se trouvent dans toute l'Europe, dans l'Asie septentrionale et tempérée, et même en Amérique ; mais ils sont rares en Afrique et dans les pays voisins de l'équateur. Dans les pays du nord il y a des renards noirs, des bleus, des gris, des gris de fer, des gris argentés, des blancs, des blancs à pieds fauves, des blancs à tête noire, des blancs avec le bout de la queue noire, des roux avec la gorge et le ventre entièrement blancs, et enfin des croisés ; ceux-ci ont une bande longitudinale qui s'étend depuis le bout du museau jusqu'au bout de la queue, en passant sur la tête et sur le dos, et une bande transversale qui passe sur le dos et s'étend sur les deux jambes de devant. La fourrure des renards noirs est la plus précieuse ; c'est même après celle de la zibeline, la plus rare et la plus chère ; on en trouve au Spitzberg, en Groenland, en Laponie, en Canada. Histoire naturelle gen. et part. tom. VII.

RENARD, (Matière médicale) les pharmacologistes ont vanté, selon leur usage, je ne sais combien de parties du renard, sa graisse, ses testicules, l'os de sa verge, sa fiente, son sang, etc. mais tous ces remèdes sont absolument oubliés. Le foie et le poumon sont les seules parties qui soient encore des remèdes, et principalement le dernier viscère qu'on garde dans les boutiques, après l'avoir lavé dans du vin et séché. Non-seulement le poumon de renard est recommandé contre les maladies de la rate et le flux de ventre opiniâtre, mais encore il est regardé comme un spécifique contre la phtisie, soit étant pris en aliment, soit en donnant à titre de remède, le poumon de renard préparé et réduit en poudre, à la dose d'une dragme ou de deux, dans un bouillon, dans un looch ou un syrop approprié. On fait infuser encore un nouet de cette poudre dans la boisson ordinaire des asthmatiques : sur quoi il faut remarquer qu'il s'agit ici d'un poumon regardé comme spécifique des maladies du poumon, et dont la vertu a été très-probablement déduite d'après le principe des signatures. Voyez SIGNATURE, (Pharmacologie). On garde ordinairement dans les boutiques une huile appelée de renard, oleum vulpinum, et qui est préparée par infusion et par décoction avec l'huile d'olive, et la chair de renard cuite dans l'eau et le vin avec un peu de sel commun et quelques plantes aromatiques, jusqu'à ce qu'elle se sépare des os ; faisant cuire ensuite ce bouillon avec de l'huile d'olive jusqu'à consommation de l'humidité, et faisant infuser de nouveau quelques substances végétales aromatiques dans la colature. Cette huile est une de ces préparations puériles et monstrueuses, dont l'absurdité est démontrée à l'article HUILE PAR DECOCTION. Voyez sous l'article général HUILE. (b)

RENARD, (Comm. de Fourreur) ce qu'on tire du renard pour le commerce, ne consiste qu'en sa peau, laquelle étant bien passée et apprêtée par le pelletier, s'emploie à diverses sortes de fourrures. La Natolie, l'Arménie et la petite Tartarie fournissent quantité de peaux de renards, dont celles qui se tirent d'Asoph, de Caffa, et de Krin, sont réputées les plus belles. Il s'en envoie beaucoup à Constantinople, et en quelques autres endroits de l'Europe. Celles de ces pays-là destinées pour la France, qui sont en petit nombre, viennent pour l'ordinaire par la voie de Marseille.

C'était autrefois la mode en France de porter des manchons de peaux de renards toutes entières, c'est-à-dire, avec les jambes, la queue, et la tête, à laquelle l'on conservait toutes les dents, et où l'on ajoutait une langue de drap écarlate, et des yeux d'émail, pour imiter, autant qu'il était possible, la vérité de la nature. Cette mode s'est tout à fait perdue. Savary. (D.J.)

RENARD MARIN, PORC MARIN, RAMART, s. m. (Histoire naturelle, Ichtyologie) vulpes marina. Rai. Paisson de mer cartilagineux du genre des chiens de mer. M. Perrault en a disséqué un qui avait huit pieds et demi de longueur, et un pied deux pouces de largeur prise à l'endroit le plus gros, c'est-à-dire, au ventre. La queue était presque aussi longue que tout le corps, et faite en manière de faux, un peu recourbée vers le ventre : il y avait une nageoire à l'endroit où commençait cette courbure. Le dos avait deux sortes de crêtes élevées, une grande au milieu de sa longueur, et une plus petite vers la queue. Les nageoires étaient au nombre de trois de chaque côté : une auprès de la tête qui avait un pied trois pouces de longueur, et cinq de largeur à la base, une sur le ventre qui était moins longue que celle de la tête, et elle avait une pointe pendante qui est le caractère des mâles. La dernière nageoire était placée près de la queue et fort petite. La peau n'avait point d'écailles, elle était lisse. Les crêtes et les nageoires avaient une couleur brune bleuâtre ; l'ouverture de la bouche était longue de cinq pouces ; les dents différaient entr'elles par la forme et par la dureté ; le côté droit de la mâchoire supérieure jusqu'à l'endroit où sont les canines des animaux quadrupedes, avait un rang de dents pointues, dures et fermes, étant toutes d'un seul os en forme de scie. Les autres dents qui se trouvaient de l'autre côté de cette mâchoire, et toutes celles de la mâchoire inférieure étaient mobiles, triangulaires, un peu pointues, et d'une substance beaucoup moins dure que celle des autres dents ; de sorte qu'il y en avait qui ne paraissaient être qu'une membrane durcie. La langue était entièrement adhérente à la mâchoire inférieure, et composée de plusieurs os fermement unis les uns aux autres, et recouverts d'une chair fibreuse. La peau de la langue était garnie de petites pointes brillantes qui la rendaient fort âpre et fort rude. Mem. de l'acad. royale des Sciences par M. Perrault, tom. III. part. I. Voyez POISSON.

RENARD du Pérou, (Histoire naturelle d'Amérique) cet animal que les naturels appellent chinche, est de la grosseur d'un de nos chats, et a les deux mâchoires formant une gueule fendue jusqu'aux petits angles des yeux ; ses pattes sont divisées en cinq doigts munis à leur extrémité de cinq ongles noirs, longs et pointus, qui lui servent à creuser son terrier. Son dos est vouté, semblable à celui d'un cochon, et le dessous du ventre est tout plat ; sa queue est aussi longue que son corps ; il fait sa demeure dans la terre, comme nos lapins, mais son terrier n'est pas si profond. (D.J.)

RENARD, s. m. (Architecture) ce terme a plusieurs significations. Les Maçons appellent ainsi les petits moilons qui pendent au bout de deux lignes attachées à deux lattes, et bandées, pour relever un mur de pareille épaisseur, dans toute sa longueur. Ils donnent aussi ce nom à un mur orbe, décoré pour la symétrie, d'une architecture pareille à celle d'un bâtiment qui lui est opposé.

Les Fontainiers appellent encore renard un petit pertuis ou fente, par où l'eau d'un bassin, ou d'un réservoir, se perd, parce qu'ils ont de la peine à la découvrir pour la réparer.

Enfin renard est un mot de signal entre des hommes qui battent ensemble des pieux, ou des pilots à la sonnette, de sorte qu'un d'entr'eux criant au renard, ils s'arrêtent tous en même temps ; ou pour se reposer après un certain nombre de coups, ou pour cesser tout à fait au refus du mouton. Il crie aussi au lard, pour les faire recommencer. Dict. d'Architecture (D.J.)

RENARD, (Marine) espèce de croc de fer avec lequel on prend les pièces de bois qui servent à la construction des vaisseaux, pour les transporter d'un lieu à un autre.

RENARD, (Marine) petite palette sur laquelle on a figuré les 32 airs ou rumbs de vent. A l'extrémité de chaque rumb il y a six petits trous qui sont en ligne droite. Les six trous représentent les six horloges, ou les six demi-heures du quart du timonnier, qui pendant son quart, marque avec une cheville sur chaque air de vent, combien il a été couru de demi-heures ou d'horloges. De manière que si le sillage du vaisseau a été sur le nord pendant quatre horloges, le timonnier met la cheville au quatrième trou du nord ; et cela sert à assurer l'estime et le pointage. On attache le renard à l'artimon proche l'habitacle.

On voit bien que ceci est une espèce de journal mécanique, par lequel on tient compte du sillage du vaisseau et de sa direction, bien inférieur à un journal véritable. Voyez JOURNAL. Aussi je ne connais que M. Aubin qui ait parlé de cette espèce d'instrument ; et on n'en trouve la description dans aucun traité du pilotage.