turdus, s. f. (Ornithologie) genre d'oiseau dont on distingue quatre espèces, savoir la drenne, la grive, la litorne, et le mauvis : tous ces oiseaux passent communément sous le nom de grives, quoiqu'ils soient fort différents les uns des autres soit par la grandeur du corps et par la couleur du plumage, soit par la qualité de la chair. Je designe par le nom de grive, celle que l'on nomme en latin turdus simpliciter dictus, seu viscivorus minor, c'est-à-dire grive simplement dite, ou petite mangeuse de gui ; cependant elle ne mange point de baies de gui ; elle n'a été ainsi appelée, que parce qu'elle ressemble beaucoup à la drenne, qui mange réellement du gui.

La grive est plus petite que la litorne et un peu plus grosse que le mauvis ; elle pese environ trois onces, elle a neuf pouces de longueur depuis l'extrémité du bec jusqu'au bout de la queue ou des pattes ; le bec est long d'un pouce, et il a une couleur brune ; la langue parait fourchue quand on la regarde de près ; l'intérieur du bec est jaune, et l'iris des yeux a une couleur de naisette. La grive ressemble beaucoup à la drenne par la couleur et les taches de la poitrine et du ventre ; ces taches sont brunes, la poitrine a une couleur jaunâtre, et le ventre est blanc : les taches de la poitrine sont plus étendues et en plus grand nombre sur la grive que sur le mauvis. Les petites plumes qui couvrent la face inférieure de l'aile sont de couleur rousse jaunâtre, et celles qui couvrent les grandes plumes sont jaunâtres à la pointe ; les petites plumes du dessous de la queue ont une couleur blanchâtre. Il y a dix-huit grandes plumes dans les ailes ; la queue a trois pouces un quart de longueur, et elle est composée de douze plumes. Les jambes et les pieds sont d'un brun pâle ; la plante est jaunâtre, le doigt extérieur tient au doigt du milieu par la première phalange.

Cet oiseau se nourrit plutôt d'insectes que de baies, il mange de petits coquillages de terre : on ne connait point le sexe par les couleurs. La grive construit l'extérieur de son nid avec de la mousse et des brins d'herbe ou de petit bois, et elle enduit le dedans avec du limon ; elle dépose ses œufs à nud sur ce limon. Il y a d'une seule ponte cinq ou six œufs ; ils sont d'un bleu verdâtre parsemé de quelques taches noires. Cet oiseau chante au printemps, il est solitaire comme la drenne ; il se perche sur les arbres, mais il niche plutôt dans les haies que sur les grands arbres ; il est aisé à prendre et bon à manger. Willug. Ornith. Voyez DRENNE, LITORNE, MAUVIS, OISEAU, (I)