S. m. (Histoire des Fossiles) le D. Hill a donné le nom d'ichtypéries, ichtypersa, aux palais osseux des poissons, qu'on trouve fréquemment fossiles, à une grande profondeur en terre, et ensevelis d'ordinaire dans des lits pierreux. M. Lhuyd les a nommés siliquastra, à cause de leur ressemblance dans cet état à des siliques, ou gousses de lupins, et autres plantes légumineuses.

C'est cette ressemblance qui a fait croire à plusieurs naturalistes, que c'était des fossiles qui provenaient des végétaux dans leur première origine ; mais ce sont uniquement des couvertures osseuses des différentes parties de la bouche de poissons cartilagineux, et peut-être d'autres espèces, dont la principale nourriture ayant été de coquillages, un palais osseux leur convenait pour les pouvoir briser ; en effet, les ichtypéries sont pour la plupart entiérement déchirés ou arrondis.

On les trouve quelquefois dans leur état fossile, en tas joints ensemble, tels qu'ils étaient dans la bouche du poisson ; cependant ils paraissent communément en pièces et en fragments.

Ils sont tous de la substance des crapaudines, et de cent figures différentes, conformément aux diverses espèces de poissons, ou aux différentes parties de la bouche du poisson.

Le plus grand nombre ressemble de figure à une demi-gousse de lupin, à un poids, ou à une feve de marais ; mais courts, larges, les autres longs et éfilés, bosselés, cintrés, aplatis, crochus à une extrémité, tortueux, rhomboïdes, triangulaires, en un mot de toutes sortes de formes et de grandeurs. Il y en a depuis un dixième de pouce jusqu'à deux pouces de long et un pouce de large ; les uns lisses et polis, d'autres striés, cannelés, et d'autres tout couverts de tubercules ; leur couleur n'est pas moins variée, on en voit de bruns, de fauves, de noirâtres, de noirs, de verds, de bleus, de jaunâtres, de blanchâtres, enfin de tachetés de diverses couleurs.

On les trouve enfouis dans différents lits pierreux, en Allemagne, en France, en Italie, dans les îles de l'Archipel, en Syrie, et plus fréquemment en Angleterre que par-tout ailleurs ; car il est peu de carrières de pierres de ce pays-là qui n'en fournissent plus ou moins. Voyez l'Histoire des fossiles, écrite par M. Hill, en anglais. (D.J.)