S. f. (Conchyliologie) genre de coquille univalve qui a pris ce nom de sa propre figure, dont la bouche est toujours allongée, le sommet élevé, souvent aplati, quelquefois couronné.

La famille des volutes se confond aisément avec celle qui renferme les rouleaux ; mais pour peu qu'on examine ces coquilles dans leur figure extérieure, on observera que les volutes sont faites en cônes, dont une des extrémités est pyramidale, et l'autre se coupe à vives arêtes pour former une clavicule aplatie, ou une couronne dentelée. Le rouleau au contraire a la tête élevée, et est presque égal dans ses deux extrémités, avec les côtés un peu renflés dans le milieu ; on ne doit point s'arrêter à la bouche pour fixer son caractère générique, sa figure qui s'allonge en pointe par le bas, est tout ce qui le détermine, ainsi que sa tête aplatie et séparée du corps par une vive arête.

Le caractère spécifique le plus remarquable de cette famille est dans la clavicule ; il y en a de fort élevées, comme celle de la flamboyante ; et d'autres très-plates, telle qu'est la clavicule de la moire : la couronne impériale a aussi sa singularité dans la couronne dentelée qui orne sa tête.

Les volutes, qu'on nomme aussi cornets en français, sont appelées en latin par plusieurs auteurs rhombi, mot qui veut dire une lozange, et qui par conséquent est impropre pour désigner les coquilles dont il s'agit ici. On leur a donné plus justement le nom de volute, parce que dans l'architecture les volutes d'un chapiteau vont en diminuant jusqu'au point appelé l'oeil de la volute. D'autres disent, volutae, à volvendo, vel revolutione spirali dictae.

On peut distribuer avec M. Dargenville, les volutes sous cinq classes générales. 1°. Volutes dont le sommet est élevé. 2°. Volutes dont le sommet est aplati et coupé par différentes côtes. 3°. Volutes dont le sommet est couronné. 4°. Volutes dont le sommet est joint au corps sans aucune arête. 5°. Volutes dont le sommet est détaché du corps par un cercle, le corps renflé dans le milieu et la bouche évasée.

Dans la classe des volutes dont le sommet est élevé, on met les espèces suivantes. 1°. le grand-amiral ; 2°. le vice-amiral ; 3°. l'amiral d'orange ; 4°. l'amiral chagriné ; 5°. le faux amiral, ou le navet ; 6°. les spectres ; 7°. la volute entourée de lignes, et de couleur fauve ; 8°. la flamboyante ; 9°. la peau de chagrin ; 10°. la minime ; 11°. la guinée, ou la spéculation ; 12°. la volute fasciée à stries, et rougeâtre ; 13°. la pointillée ; 14°. l'hébraïque ; 15°. la volute brune, entourée de deux zônes blanches ; 16°. l'isabelle ; 17°. le drapeau ; 18°. la volute bariolée de deux zônes à réseaux ; 19°. la chauve-souris ; 20°. la volute blanche marquetée de points, et de taches jaunes.

Dans la classe des volutes dont le sommet est aplati et coupé par différentes côtes, on distingue les espèces suivantes. 1°. la moire, en latin bombix ; 2°. le léopard ou tigre noir ; 3°. le léopard jaune ; 4°. le léopard rouge ; 5°. le damier ; 6°. le damier à points bleus ; 7°. la volute fasciée de points jaunes et blancs ; 8°. la tinne de beurre, elle est quelquefois tachetée de petites lignes couleur d'agate ; 9°. la volute, dite esplandion ; 10°. la volute cerclée d'une fasce blanche ; 11°. le cierge brut, autrement dit l'onix ; quand il est poli, on l'appelle le cygne ; 12°. l'aile de papillon ; 13°. la volute verdâtre, cerclée de points et de zônes bariolées.

Dans la classe des volutes dont le sommet est couronné, on compte 1°. la couronne impériale toute fasciée ; 2°. la même moins fasciée ; 3°. la même bariolée de brun ; 4°. la même marbrée de noir.

A la classe des volutes dont le sommet est joint au corps sans aucune arête, appartiennent 1°. le drap d'or ; 2°. le drap d'argent ; 3°. le drap citron ; 4°. le drap d'or fascié ; 5°. la brunette ; 6°. l'omelette ; 7°. la volute à réseau ; 8°. la volute empennée, ou représentant des plumes d'oiseau ; 9°. la volute bariolée de taches bleues ; 10°. la volute grenue, entourée de taches et de pointes ; 11°. la même toute jaune.

La cinquième et dernière classe des volutes, contient 1°. l'écorchée ; 2°. le nuage ; 3°. le brocard de soie ; 4°. le brocard d'argent ; 5°. le taffetas, en latin pannus sericus ; 6°. la tulipe, toutes coquilles recherchées.

Aussi est il vrai que les volutes composent une des plus riches et des plus précieuses familles que l'on ait dans l'histoire des coquilles ; et Rumphius a eu raison de les nommer eximiae. Rien n'est au-dessus des compartiments de l'amiral ; l'éclat de ses couleurs, l'émail de sa blancheur, et sa belle forme, le rendent encore plus recommandable que sa rareté. Les Hollandais sont si curieux de cette coquille, que quelques uns l'ont achetée jusqu'à mille florins ; ainsi que le vice-amiral qui n'est guère moins estimé. Cette dernière est un fond blanc marqueté de taches longues, déchiquetées de couleur rouge foncé, avec une ligne ponctuée vers le milieu, comme à l'amiral. Comme elle vient de la mer et des pays éloignés, ils l'ont appelée par excellence le grand-amiral, l'amiral, l'amiral d'Orange. Quand au lieu d'une ligne ponctuée qui se trouve dans le bas ou au milieu de la grande fasce jaune, on compte jusqu'à trois ou quatre de ces lignes, cette singularité augmente le prix de la coquille. La volute nommée les spectres, est encore singulièrement recherchée. Voyez SPECTRES, les. (Conchyliologie)

La peau de chagrin est remarquable par sa surface grenue, tandis que sur une couleur fauve tachetée de blanc, s'élève par étages une tête pointillée. Les taches noires répandues sur la robe blanche de l'hébraïque, imitent assez bien des caractères hébreux.

Le tigre ou léopard jaune tacheté de blanc, est rare. L'aile de papillon l'est encore davantage : certains yeux et des taches faites en croissant sur les trois rangs de bandelettes qui l'entourent, ressemblent assez à celles des ailes de papillon. La couronne impériale a pris son nom d'une tête très-plate chargée de tubercules, qui régulièrement disposées, forment une espèce de couronne.

Remarque générale à faire sur la beauté des volutes. Leur clavicule ou sommet est ordinairement assez élevé et composé de huit à dix spires arrondies, souvent coupées dans leur contour par de petits filets qui tournent avec elles jusqu'à l'oeil de la volute dont la pointe est extrêmement fine ; quand les mêmes compartiments qui ornent la robe, se répètent régulièrement sur le sommet, ils rendent ces coquilles parfaites.

Deux mots sur l'animal qui habite les volutes, suffiront. Il est peu diffèrent de celui qui occupe le rouleau. Il sort de l'extrémité opposée au sommet un col penché avec une tête ronde, d'où partent deux cornes cylindriques, très pointues, au milieu desquelles sont situés deux points noirs saillans qui dénotent ses yeux, surmontés par la pointe de ses cornes. Un petit trou rond, ouvert au milieu d'une place assez large au haut de la tête, indique la position de la bouche. Elle fait l'office d'un suçoir pour attirer à soi les corps qui lui conviennent. (D.J.)

VOLUTE, (Conchyliographie) en latin helix, c'est le contour des spirales autour du fust de la coquille ; lequel fust, en latin columella, va en diminuant à un point comme centre qu'on appelle oeil de la volute. (D.J.)

VOLUTE, (Architect civile) c'est un des principaux ornements des chapiteaux ioniques et composites. Il représente une espèce d'écorce roulée en ligne spirale ; et les Grecs qui l'ont inventée, ont voulu représenter par-là les boucles des cheveux des femmes sur lesquelles ils proportionnèrent les colonnes ioniques. On dessine ainsi la volute, selon M. Perrault.

1°. Ayant marqué l'astragale qui doit avoir deux douziemes d'épaisseur, et s'étendre à droite et à gauche (autant que le diamètre du bas de la colonne peut le permettre) ; du haut de la colonne sur la face où l'on veut tracer la volute, tirez une ligne à niveau par le milieu de l'astragale, et faites la passer au-delà de l'extrémité de cette moulure.

2°. Faites descendre du haut de l'abaque une ligne perpendiculaire sur une autre ligne qui passe par le centre du cercle, dont la moitié décrit l'extrémité de l'astragale. Vitruve appelle oeil ce cercle qui a deux douziemes de diamètre ; et c'est dans ce cercle que sont placés douze points qui servent de centre aux quatre quartiers de chacune des trois révolutions dont la volute est composée. On fait l'opération suivante pour avoir ces douze points.

3°. Tracez dans l'oeil un carré dont les diagonales soient l'une dans la ligne horizontale, et l'autre dans la ligne verticale ; ces lignes se coupent au centre de l'oeil.

4°. Du milieu du côté de ce carré, tirez deux lignes qui séparent le carré en quatre parties égales ; ces parties donnent les douze points dont il s'agit. On trace ensuite la volute. Pour la faire, on met une jambe du compas sur le premier point qui est dans le milieu du côté intérieur et supérieur du carré, et l'autre jambe à l'endroit où la ligne verticale coupe la ligne du bas de l'abaque ; et on trace un quart de cercle en dehors et en bas, jusqu'à la ligne horizontale. De cet endroit au second point, on décrit un second quart de cercle tournant intérieurement jusqu'à la ligne verticale. On passe de là au troisième point, qui est dans le milieu du côté inférieur et extérieur du carré, pour tracer le troisième quart de cercle tournant en haut et en bas, jusqu'à la ligne horizontale. On vient ensuite au quatrième point d'où l'on décrit le quatrième quart de cercle tournant en haut et en bas jusqu'à la ligne verticale. Du cinquième point on décrit de même le cinquième quart de cercle, et de même le sixième, du sixième point qui est au-dessous du second ; et le septième, du septième qui est au dessous du troisième. En allant ainsi de point en point par le même ordre, on trace les douze quartiers qui font le contour spiral de la volute. (D.J.)

VOLUTE, s. f. (Architecture) enroulement en ligne spirale ionique, qui fait le principal ornement des chapiteaux ionique, corinthien et composite. Les volutes sont différentes dans ces trois ordres. Voyez là-dessus le cours d'architecture de Daviler, édition 1750, et la manière de dessiner les volutes. Les volutes du chapiteau corinthien qui sont au dessus des caulicoles, sont au nombre de seize, huit angulaires, et huit autres plus petites appelées hélices. Il y a quatre volutes dans le chapiteau ionique, et huit dans le composite. Mais cet ornement est particulier au chapiteau ionique. Il représente une espèce d'oreiller ou de coussin, posé entre l'abaque et l'échine, comme si l'on avait craint que la pesanteur de l'abaque, ou de l'entablement qui est au-dessus, ne rompit ou ne gâtât l'échine.

Si l'on en croit Vitruve, les volutes représentent la coèffure des femmes, et les boucles des cheveux. Leon-Baptiste Albert les appelle coquilles, parce qu'elles ressemblent à la coquille d'un limaçon, et par cette raison, les ouvriers leur donnent le nom de limaces.

Les volutes ne sont pas seulement des ornements aux chapiteaux ; il y en a encore aux consoles, aux modillons et ailleurs. Dans les modillons, ce sont deux enroulements inégaux du côté du modillon corinthien, et dans les consoles, les enroulements des côtés de la console sont presque semblables aux enroulements du modillon.

Volute à l'envers. Volute qui au sortir de la tigette se contourne en dedans. Il y a des volutes de cette façon à Saint-Jean-de Latran et à la Sapience à Rome, du dessein du cavalier Bernin.

Volute angulaire. Volute qui est pareille dans les quatre faces du chapiteau, comme au temple de la Concorde, à Rome.

Volute arasée. Volute dont le listel, dans ses trois contours, est sur une même ligne, comme les volutes de l'ionique antique, et la volute de Vignole.

Volute à tige droite. Volute dont la tige parallèle au tailloir, sort de derrière la fleur de l'abaque, comme aux chapiteaux composites de la grande salle des thermes de Dioclétien, à Rome.

Volute de parterre. Enroulement de buis ou de gazon dans un parterre.

Volute évuidée. Volute dont le canal d'une circonvolution est détaché du listel d'une autre par un vuide à jour. De toutes les volutes, celle-ci est la plus légère. On en voit de pareilles aux pilastres ioniques de l'Eglise des PP. Barnabites à Paris.

Volute fleuronnée. Volute dont le canal est enrichi d'un rinceau d'ornement, comme aux chapiteaux composites des arcs antiques à Rome.

Volute unissante. Volute qui semble sortir du vase par derrière l'orc, et qui monte dans l'abaque. On la pratique aux plus beaux chapiteaux composites.

Volute ovale. Volute qui a ses circonvolutions plus hautes que larges, comme on les pratique aux chapiteaux angulaires modernes, ioniques et composites, et comme elles sont au temple de la Fortune virile, et au théâtre de Marcellus à Rome.

Volute rentrante. Volute dont les circonvolutions rentrent en-dedans, comme les ioniques de Michel-Ange au Capitole à Rome.

Volute saillante. Volute dont les enroulements se jettent en-dehors, comme aux ordres ioniques du portail des PP. Feuillans, et de celui de Saint-Gervais à Paris. Daviler. (D.J.)