S. m. (Conchyliologie) genre de coquillage, dont le caractère générique est de ressembler à un vaisseau. Il a été ainsi nommé du mot grec , qui veut dire le poisson et le nautonnier.

Le nautile pris pour le coquillage, est une coquille univalve, de forme ronde et oblongue, mince, épaisse, à oreilles, sans oreilles, unie et quelquefois cannelée, imitant la figure d'un vaisseau.

Différents auteurs ont appelé le nautile en latin pompilus, nauplius, nauticus, cymbium, polypus testaceus, et plusieurs le nomment en français le voilier.

On distingue en général deux genres de nautile ; le nautile mince, aplati, et le nautile à coquilles épaisses. Le premier est le papyracé, dont la coquille n'est guère plus épaisse qu'une feuille de papier.

Le nautile papyracé n'est point attaché à sa coquille, et même, selon Pline, il la quitte souvent pour venir paitre sur la terre. On dit que quand il veut nager, il vuide son eau pour être plus léger ; il étend en haut deux de ses bras, entre lesquels est une membrane légère qui lui sert de voile, et les deux autres en bas dans la mer, qui lui tiennent lieu d'aviron : sa queue est son gouvernail. Dans une forte tempête, ou quand il entend du bruit, il retire ses pieds, remplit sa coquille d'eau, et par-là se donne plus de poids pour s'enfoncer. La manière de viderson eau quand il veut s'élever et naviger, se fait par un grand nombre de trous qui se trouvent le long de ses jambes.

Le nautile à coquille épaisse, nommé par Rumphius nautilus major, seu crassus, ne quitte jamais sa maison. Sa coquille est partagée en quarante cellules ou cloisons, qui diminuent de plus en plus à mesure qu'elles approchent de leur centre. Entre chacune de ses cloisons et les voisines, il y a une communication par le moyen d'un trou qui est au centre de chaque cellule. Il est vraisemblable que le poisson occupe l'espace le plus large de sa coquille, depuis son ouverture jusqu'à la première cloison, et que le nerf qui passe au-travers de toutes ses cloisons, sert à le retenir dans sa demeure, à donner la vie à toutes les cellules, et à y porter l'air et l'eau par le petit canal, proportionnellement au besoin qu'en a l'animal pour nager ou s'enfoncer dans l'eau.

Aristote a décrit bien nettement deux espèces de nautiles, mais non pas trois, comme Belon l'a imaginé.

Hook remarque que dans le creux des cellules du nautile, on trouve des efflorescences de sel marin ; et qu'ainsi l'air y a passé avec l'eau de la mer.

Ce testacé est commun à Amboine, à Batavia, aux Moluques et au cap de Bonne-Espérance. Rumphius en a donné des figures, ainsi que Ruysch. On dit que les nautiles à cloison ou à coques épaisses, ne vivent pas longtemps hors de leur coquille. Leur ventre est rempli d'une quantité d'œufs rouges, bons à manger, et faits comme de petits grains ronds, qui ont chacun un petit point noir comme un oeil ; ils forment une masse entourée d'une pellicule mince qu'on appelle ovaire, placée comme un coussin sur le cou.

Ces animaux se trouvent assez rarement avec leurs coquilles, dont ils se détachent très - aisément. Il faut que les pêcheurs soient bien adroits pour les prendre ensemble. Quand ils sont poursuivis, ils tournent leur nacelle tantôt à droite, tantôt à gauche. Enfin, les pêcheurs remarquant qu'ils veulent faire eau et se couler à fond, se jettent souvent à la nage pour les pouvoir joindre.

Les quatre principales différences de la classe des nautiles, c'est que les uns sont papyracés, les autres à cloison, les autres à oreilles et les autres ombiliqués.

Mais les diverses espèces de nautiles décrites par les naturalistes, sont les suivantes : 1°. le nautile de la grande espèce, poli et épais ; 2°. le nautile de la petite espèce à coquilles épaisses et polies ; 3°. le même nautile ombiliqué ; 4°. le nautile commun, chambré et partagé en plusieurs cellules ; 5°. le nautile cannelé, vuide, sans aucune séparation en - dedans ; 6°. le papyracé, aplati et mince ; 7°. le nautile à oreilles et à large carene ; 8°. le même nautile à carene ondée en sillon, et dentelée des deux côtés ; 9°. le nautile dont la carene est par-tout dentelée ; 10°. le nautile dit corne d'ammon.

Si cependant la pensée de M. de Jussieu, dans les mémoires de l'acad. des Sciences, année 1722. pag. 235. est vraie, savoir que toutes les cornes d'ammon se sont moulées dans les nautiles, il se trouverait autant d'espèces de nautiles que de cornes d'ammon ; et par conséquent le nombre des espèces de nautiles encore inconnues serait bien grand par rapport au nombre des espèces connues. (D.J.)